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    <title><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></title>
    <link>https://podcasts.institutdefrance.fr</link>
    <language>fr</language>
    <copyright><![CDATA[© Canal Académies - Tous droits réservés]]></copyright>
    <itunes:subtitle><![CDATA[L&#039;entretien de la semaine]]></itunes:subtitle>
    <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
    <itunes:summary><![CDATA[Honneur aux poètes... Dans cette émission qu&#039;il anime depuis 2011, Robert Werner propose d’écouter chaque semaine un poème de son choix. Ces lectures composent une anthologie sonore, des rondeaux médiévaux aux vers contemporains, des grands classiques aux textes plus confidentiels. Journaliste et écrivain, Robert Werner est correspondant de l’Académie des beaux-arts. Il nous partage ses découvertes et son amour de la langue : &quot;La poésie nous révèle à nous-mêmes. Elle nous écoute, nous console, nous secourt parfois... Savourer la richesse des mots, ceux du cœur, est un bonheur intense. »

La musique du générique de cette émission est le Psaume VIII pour chœur et orgue, composé par Jean-Jacques Werner en 1970 pour le collège Lucie Berger de Strasbourg. Il est chanté par la Maîtrise Notre-Dame de Paris, dirigée par Lionel Sow, avec Yannick Merlin à l&#039;orgue de Saint-Antoine-des-Quinze-Vingts. Éditions Billaudot. Disque Ctésibios.]]></itunes:summary>
    <description><![CDATA[Émission de culture générale. Chaque semaine, un nouvel invité (académicien, chercheur, etc) apporte des éclairages approfondis et nuancés sur un sujet tiré de sa spécialité.  ]]></description>
    <itunes:owner>
      <itunes:name>Institut de France</itunes:name>
      <itunes:email>communication@canalacademies.com</itunes:email>
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    <itunes:category text="Society &amp; Culture" />
          <item>
        <title><![CDATA[Stances à Marquise - Pierre Corneille]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Marquise, si mon visageA quelques traits un peu vieux,Souvenez-vous qu’à mon âgeVous ne vaudrez guère mieux. Le temps aux plus belles chosesSe plaît à faire un affront,Et saura faner vos rosesComme il a ridé mon front. Le même cours des planètesRègle nos jours et nos nuits :On m’a vu ce que vous êtesVous serez ce que je suis. Cependant j’ai quelques charmesQui sont assez éclatantsPour n’avoir pas trop d’alarmesDe ces ravages du temps. Vous en avez qu’on adore ;Mais ceux que vous méprisezPourraient bien durer encoreQuand ceux-là seront usés. Ils pourront sauver la gloireDes yeux qui me semblent doux,Et dans mille ans faire croireCe qu’il me plaira de vous. Chez cette race nouvelle,Où j’aurai quelque crédit,Vous ne passerez pour belleQu’autant que je l’aurai dit. Pensez-y, belle Marquise.Quoiqu’un grison fasse effroi,Il vaut bien qu’on le courtise,Quand il est fait comme moi. Stances à Marquise, Pierre Corneille]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Marquise, si mon visageA quelques traits un peu vieux,Souvenez-vous qu’à mon âgeVous ne vaudrez guère mieux. Le temps aux plus belles chosesSe plaît à faire un affront,Et saura faner vos rosesComme il a ridé mon front. Le même cours des planètesRègle nos jours et nos nuits :On m’a vu ce que vous êtesVous serez ce que je suis. Cependant j’ai quelques charmesQui sont assez éclatantsPour n’avoir pas trop d’alarmesDe ces ravages du temps. Vous en avez qu’on adore ;Mais ceux que vous méprisezPourraient bien durer encoreQuand ceux-là seront usés. Ils pourront sauver la gloireDes yeux qui me semblent doux,Et dans mille ans faire croireCe qu’il me plaira de vous. Chez cette race nouvelle,Où j’aurai quelque crédit,Vous ne passerez pour belleQu’autant que je l’aurai dit. Pensez-y, belle Marquise.Quoiqu’un grison fasse effroi,Il vaut bien qu’on le courtise,Quand il est fait comme moi. Stances à Marquise, Pierre Corneille]]></description>
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        <pubDate>Tue, 23 Jun 2026 09:59:14 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Aux Feuillantines - Victor Hugo]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Mes deux frères et moi, nous étions tout enfants.Notre mère disait: jouez, mais je défendsQu&#039;on marche dans les fleurs et qu&#039;on monte aux échelles.Abel était l&#039;aîné, j&#039;étais le plus petit.Nous mangions notre pain de si bon appétit,Que les femmes riaient quand nous passions près d&#039;elles.Nous montions pour jouer au grenier du couvent.Et là, tout en jouant, nous regardions souventSur le haut d&#039;une armoire un livre inaccessible.Nous grimpâmes un jour jusqu&#039;à ce livre noir ;Je ne sais pas comment nous fimes pour l&#039;avoir,Mais je me souviens bien que c&#039;était une Bible.Ce vieux livre sentait une odeur d&#039;encensoir.Nous allâmes ravis dans un coin nous asseoir.Des estampes partout ! quel bonheur ! quel délire!Nous l&#039;ouvrîmes alors tout grand sur nos genoux,Et dès le premier mot il nous parut si douxQu&#039;oubliant de jouer, nous nous mîmes à lire.Nous lûmes tous les trois ainsi, tout le matin,Joseph, Ruth et Booz, le bon Samaritain,Et, toujours plus charmés, le soir nous le relûmes.Tels des enfants, s&#039;ils ont pris un oiseau des cieux,S&#039;appellent en riant et s&#039;étonnent, joyeux,De sentir dans leur main la douceur de ses plumes. Aux Feuillantines, Victor Hugo]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Mes deux frères et moi, nous étions tout enfants.Notre mère disait: jouez, mais je défendsQu&#039;on marche dans les fleurs et qu&#039;on monte aux échelles.Abel était l&#039;aîné, j&#039;étais le plus petit.Nous mangions notre pain de si bon appétit,Que les femmes riaient quand nous passions près d&#039;elles.Nous montions pour jouer au grenier du couvent.Et là, tout en jouant, nous regardions souventSur le haut d&#039;une armoire un livre inaccessible.Nous grimpâmes un jour jusqu&#039;à ce livre noir ;Je ne sais pas comment nous fimes pour l&#039;avoir,Mais je me souviens bien que c&#039;était une Bible.Ce vieux livre sentait une odeur d&#039;encensoir.Nous allâmes ravis dans un coin nous asseoir.Des estampes partout ! quel bonheur ! quel délire!Nous l&#039;ouvrîmes alors tout grand sur nos genoux,Et dès le premier mot il nous parut si douxQu&#039;oubliant de jouer, nous nous mîmes à lire.Nous lûmes tous les trois ainsi, tout le matin,Joseph, Ruth et Booz, le bon Samaritain,Et, toujours plus charmés, le soir nous le relûmes.Tels des enfants, s&#039;ils ont pris un oiseau des cieux,S&#039;appellent en riant et s&#039;étonnent, joyeux,De sentir dans leur main la douceur de ses plumes. Aux Feuillantines, Victor Hugo]]></description>
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        <pubDate>Mon, 15 Jun 2026 12:49:17 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Chanson de grand-père - Victor Hugo]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Dansez, les petites filles,Toutes en rond.En vous voyant si gentilles,Les bois riront.Dansez, les petites reines,Toutes en rond.Les amoureux sous les frênesS&#039;embrasseront.Dansez, les petites folles,Toutes en rond.Les bouquins dans les écolesBougonneront.Dansez, les petites belles,Toutes en rond.Les oiseaux avec leurs ailesApplaudiront.Dansez, les petites fées,Toutes en rond.Dansez, de bleuets coiffées,L&#039;aurore au front.Dansez, les petites femmes,Toutes en rond.Les messieurs diront aux damesCe qu&#039;ils voudront. Chanson de grand-père, Victor Hugo]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Dansez, les petites filles,Toutes en rond.En vous voyant si gentilles,Les bois riront.Dansez, les petites reines,Toutes en rond.Les amoureux sous les frênesS&#039;embrasseront.Dansez, les petites folles,Toutes en rond.Les bouquins dans les écolesBougonneront.Dansez, les petites belles,Toutes en rond.Les oiseaux avec leurs ailesApplaudiront.Dansez, les petites fées,Toutes en rond.Dansez, de bleuets coiffées,L&#039;aurore au front.Dansez, les petites femmes,Toutes en rond.Les messieurs diront aux damesCe qu&#039;ils voudront. Chanson de grand-père, Victor Hugo]]></description>
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        <pubDate>Mon, 08 Jun 2026 15:49:44 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Complainte du petit cheval blanc - Paul Fort]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Le petit cheval dans le mauvais temps, qu&#039;il avait donc du courage !C&#039;était un petit cheval blanc, tous derrière et lui devant.Il n&#039;y avait jamais de beau temps dans ce pauvre paysage.Il n&#039;y avait jamais de printemps, ni derrière ni devant.Mais toujours il était content, menant les gars du village,A travers la pluie noire des champs, tous derrière et lui devant.Sa voiture allait poursuivant sa belle petite queue sauvage.C&#039;est alors qu&#039;il était content, eux derrière et lui devant.Mais un jour, dans le mauvais temps, un jour qu&#039;il était si sage,Il est mort par un éclair blanc, tous derrière et lui devant.Il est mort sans voir le beau temps, qu&#039;il avait donc du courage !Il est mort sans voir le printemps ni derrière ni devant. Complainte du petit cheval blanc, Paul Fort]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Le petit cheval dans le mauvais temps, qu&#039;il avait donc du courage !C&#039;était un petit cheval blanc, tous derrière et lui devant.Il n&#039;y avait jamais de beau temps dans ce pauvre paysage.Il n&#039;y avait jamais de printemps, ni derrière ni devant.Mais toujours il était content, menant les gars du village,A travers la pluie noire des champs, tous derrière et lui devant.Sa voiture allait poursuivant sa belle petite queue sauvage.C&#039;est alors qu&#039;il était content, eux derrière et lui devant.Mais un jour, dans le mauvais temps, un jour qu&#039;il était si sage,Il est mort par un éclair blanc, tous derrière et lui devant.Il est mort sans voir le beau temps, qu&#039;il avait donc du courage !Il est mort sans voir le printemps ni derrière ni devant. Complainte du petit cheval blanc, Paul Fort]]></description>
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        <pubDate>Mon, 01 Jun 2026 17:23:22 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans - Charles Baudelaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans.Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,De vers, de billets doux, de procès, de romances,Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,Cache moins de secrets que mon triste cerveau.C’est une pyramide, un immense caveau,Qui contient plus de morts que la fosse commune.— Je suis un cimetière abhorré de la lune,Où comme des remords se traînent de longs versQui s’acharnent toujours sur mes morts les plus chers.Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,Où gît tout un fouillis de modes surannées,Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher,Seuls, respirent l’odeur d’un flacon débouché.Rien n’égale en longueur les boiteuses journées,Quand sous les lourds flocons des neigeuses annéesL’ennui, fruit de la morne incuriosité,Prend les proportions de l’immortalité.— Désormais tu n’es plus, ô matière vivante !Qu’un granit entouré d’une vague épouvante,Assoupi dans le fond d’un Saharah brumeux ;Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux,Oublié sur la carte, et dont l’humeur faroucheNe chante qu’aux rayons du soleil qui se couche. Spleen (« J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans »), Charles Baudelaire]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans.Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,De vers, de billets doux, de procès, de romances,Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,Cache moins de secrets que mon triste cerveau.C’est une pyramide, un immense caveau,Qui contient plus de morts que la fosse commune.— Je suis un cimetière abhorré de la lune,Où comme des remords se traînent de longs versQui s’acharnent toujours sur mes morts les plus chers.Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,Où gît tout un fouillis de modes surannées,Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher,Seuls, respirent l’odeur d’un flacon débouché.Rien n’égale en longueur les boiteuses journées,Quand sous les lourds flocons des neigeuses annéesL’ennui, fruit de la morne incuriosité,Prend les proportions de l’immortalité.— Désormais tu n’es plus, ô matière vivante !Qu’un granit entouré d’une vague épouvante,Assoupi dans le fond d’un Saharah brumeux ;Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux,Oublié sur la carte, et dont l’humeur faroucheNe chante qu’aux rayons du soleil qui se couche. Spleen (« J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans »), Charles Baudelaire]]></description>
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        <pubDate>Tue, 26 May 2026 16:58:43 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Gaspard Hauser chante - Paul Verlaine]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Je suis venu, calme orphelin,Riche de mes seuls yeux tranquilles,Vers les hommes des grandes villes :Ils ne m&#039;ont pas trouvé malin.À vingt ans un trouble nouveauSous le nom d&#039;amoureuses flammesM&#039;a fait trouver belles les femmes :Elles ne m&#039;ont pas trouvé beau.Bien que sans patrie et sans roiEt très brave ne l&#039;étant guère,J&#039;ai voulu mourir à la guerre :La mort n&#039;a pas voulu de moi.Suis‑je né trop tôt ou trop tard ?Qu&#039;est‑ce que je fais en ce monde ?Ô vous tous, ma peine est profonde :Priez pour le pauvre Gaspard ! Gaspard Hauser chante, Paul Verlaine]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Je suis venu, calme orphelin,Riche de mes seuls yeux tranquilles,Vers les hommes des grandes villes :Ils ne m&#039;ont pas trouvé malin.À vingt ans un trouble nouveauSous le nom d&#039;amoureuses flammesM&#039;a fait trouver belles les femmes :Elles ne m&#039;ont pas trouvé beau.Bien que sans patrie et sans roiEt très brave ne l&#039;étant guère,J&#039;ai voulu mourir à la guerre :La mort n&#039;a pas voulu de moi.Suis‑je né trop tôt ou trop tard ?Qu&#039;est‑ce que je fais en ce monde ?Ô vous tous, ma peine est profonde :Priez pour le pauvre Gaspard ! Gaspard Hauser chante, Paul Verlaine]]></description>
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        <pubDate>Fri, 22 May 2026 09:09:50 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[A vingt ans - René-François Sully Prudhomme]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[À vingt ans on a l&#039;oeil difficile et très fier :On ne regarde pas la première venue,Mais la plus belle ! Et, plein d&#039;une extase ingénue,On prend pour de l&#039;amour le désir né d&#039;hier.Plus tard, quand on a fait l&#039;apprentissage amer,Le prestige insolent des grands yeux diminue,Et d&#039;autres, d&#039;une grâce autrefois méconnue,Révèlent un trésor plus intime et plus cher.Mais on ne fait jamais que changer d&#039;infortune :À l&#039;âge où l&#039;on croyait n&#039;en pouvoir aimer qu&#039;une,C&#039;est par elle déjà qu&#039;on apprit à souffrir ;Puis, quand on reconnaît que plus d&#039;une est charmante,On sent qu&#039;il est trop tard pour choisir une amanteEt que le coeur n&#039;a plus la force de s&#039;ouvrir. A vingt ans, René-François Sully Prudhomme]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[À vingt ans on a l&#039;oeil difficile et très fier :On ne regarde pas la première venue,Mais la plus belle ! Et, plein d&#039;une extase ingénue,On prend pour de l&#039;amour le désir né d&#039;hier.Plus tard, quand on a fait l&#039;apprentissage amer,Le prestige insolent des grands yeux diminue,Et d&#039;autres, d&#039;une grâce autrefois méconnue,Révèlent un trésor plus intime et plus cher.Mais on ne fait jamais que changer d&#039;infortune :À l&#039;âge où l&#039;on croyait n&#039;en pouvoir aimer qu&#039;une,C&#039;est par elle déjà qu&#039;on apprit à souffrir ;Puis, quand on reconnaît que plus d&#039;une est charmante,On sent qu&#039;il est trop tard pour choisir une amanteEt que le coeur n&#039;a plus la force de s&#039;ouvrir. A vingt ans, René-François Sully Prudhomme]]></description>
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        <pubDate>Mon, 11 May 2026 09:34:49 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[ Jamais Adieu - Marceline Desbordes-Valmore]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Ne t’en va pas, reste au rivage ;L’amour le veut, crois-en l’amour.La mort sépare tout un jour :Tu fais comme elle ; ah ! quel courage !Vivre et mourir au même lieu ;Dire : Au revoir, jamais : Adieu.Quitter l’amour pour l’opulence !Que faire seul avec de l’or ?Si tu reviens, vivrai-je encor ?Entendras-tu dans mon silence ?Vivre et mourir au même lieu ;Dire : Au revoir, jamais : Adieu.Leur diras-tu : Je suis fidèle !Ils répondront : Cris superflus,Elle repose, et n’entend plus.Le ciel du moins eut pitié d’elle !Vivre et mourir au même lieu ;Dire : Au revoir, jamais : Adieu. Jamais Adieu, Marceline Desbordes-Valmore]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Ne t’en va pas, reste au rivage ;L’amour le veut, crois-en l’amour.La mort sépare tout un jour :Tu fais comme elle ; ah ! quel courage !Vivre et mourir au même lieu ;Dire : Au revoir, jamais : Adieu.Quitter l’amour pour l’opulence !Que faire seul avec de l’or ?Si tu reviens, vivrai-je encor ?Entendras-tu dans mon silence ?Vivre et mourir au même lieu ;Dire : Au revoir, jamais : Adieu.Leur diras-tu : Je suis fidèle !Ils répondront : Cris superflus,Elle repose, et n’entend plus.Le ciel du moins eut pitié d’elle !Vivre et mourir au même lieu ;Dire : Au revoir, jamais : Adieu. Jamais Adieu, Marceline Desbordes-Valmore]]></description>
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        <pubDate>Tue, 05 May 2026 08:42:50 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Première solitude - Sully Prudhomme]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Première solitudeOn voit dans les sombres écolesDes petits qui pleurent toujours ;Les autres font leurs cabrioles,Eux, ils restent au fond des cours.Leurs blouses sont très bien tirées,Leurs pantalons en bon état,Leurs chaussures toujours cirées ;Ils ont l&#039;air sage et délicat.Les forts les appellent des filles,Et les malins des innocents :Ils sont doux, ils donnent leurs billes,Ils ne seront pas commerçants.Les plus poltrons leur font des niches,Et les gourmands sont leurs copains ;Leurs camarades les croient riches,Parce qu&#039;ils se lavent les mains.Ils frissonnent sous l&#039;oeil du maître,Son ombre les rend malheureux.Ces enfants n&#039;auraient pas dû naître,L&#039;enfance est trop dure pour eux !Oh ! La leçon qui n&#039;est pas sue,Le devoir qui n&#039;est pas fini !Une réprimande reçue,Le déshonneur d&#039;être puni !Tout leur est terreur et martyre :Le jour, c&#039;est la cloche, et, le soir,Quand le maître enfin se retire,C&#039;est le désert du grand dortoir ;La lueur des lampes y trembleSur les linceuls des lits de fer ;Le sifflet des dormeurs ressembleAu vent sur les tombes, l&#039;hiver.Pendant que les autres sommeillent,Faits au coucher de la prison,Ils pensent au dimanche, ils veillentPour se rappeler la maison ;Ils songent qu&#039;ils dormaient naguèresDouillettement ensevelisDans les berceaux, et que les mèresLes prenaient parfois dans leurs lits.Ô mères, coupables absentes,Qu&#039;alors vous leur paraissez loin !À ces créatures naissantesIl manque un indicible soin ;On leur a donné les chemises,Les couvertures qu&#039;il leur faut :D&#039;autres que vous les leur ont mises,Elles ne leur tiennent pas chaud.Mais, tout ingrates que vous êtes,Ils ne peuvent vous oublier,Et cachent leurs petites têtes,En sanglotant, sous l&#039;oreiller. Sully Prudhomme, Les solitudes]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Première solitudeOn voit dans les sombres écolesDes petits qui pleurent toujours ;Les autres font leurs cabrioles,Eux, ils restent au fond des cours.Leurs blouses sont très bien tirées,Leurs pantalons en bon état,Leurs chaussures toujours cirées ;Ils ont l&#039;air sage et délicat.Les forts les appellent des filles,Et les malins des innocents :Ils sont doux, ils donnent leurs billes,Ils ne seront pas commerçants.Les plus poltrons leur font des niches,Et les gourmands sont leurs copains ;Leurs camarades les croient riches,Parce qu&#039;ils se lavent les mains.Ils frissonnent sous l&#039;oeil du maître,Son ombre les rend malheureux.Ces enfants n&#039;auraient pas dû naître,L&#039;enfance est trop dure pour eux !Oh ! La leçon qui n&#039;est pas sue,Le devoir qui n&#039;est pas fini !Une réprimande reçue,Le déshonneur d&#039;être puni !Tout leur est terreur et martyre :Le jour, c&#039;est la cloche, et, le soir,Quand le maître enfin se retire,C&#039;est le désert du grand dortoir ;La lueur des lampes y trembleSur les linceuls des lits de fer ;Le sifflet des dormeurs ressembleAu vent sur les tombes, l&#039;hiver.Pendant que les autres sommeillent,Faits au coucher de la prison,Ils pensent au dimanche, ils veillentPour se rappeler la maison ;Ils songent qu&#039;ils dormaient naguèresDouillettement ensevelisDans les berceaux, et que les mèresLes prenaient parfois dans leurs lits.Ô mères, coupables absentes,Qu&#039;alors vous leur paraissez loin !À ces créatures naissantesIl manque un indicible soin ;On leur a donné les chemises,Les couvertures qu&#039;il leur faut :D&#039;autres que vous les leur ont mises,Elles ne leur tiennent pas chaud.Mais, tout ingrates que vous êtes,Ils ne peuvent vous oublier,Et cachent leurs petites têtes,En sanglotant, sous l&#039;oreiller. Sully Prudhomme, Les solitudes]]></description>
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        <pubDate>Wed, 29 Apr 2026 17:16:54 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Villanelle - Philippe Desportes]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Rosette, pour un peu d&#039;absence,Votre cœur vous avez changé,Et moi, sachant cette inconstance,Le mien autre part j&#039;ai rangé :Jamais plus, beauté si légèreSur moi tant de pouvoir n&#039;aura :Nous verrons, volage bergère,Qui premier s&#039;en repentira.Tandis qu&#039;en pleurs je me consume,Maudissant cet éloignement,Vous qui n&#039;aimez que par coutume,Caressiez un nouvel amant.Jamais légère girouetteAu vent si tôt ne se vira :Nous verrons, bergèreRosette,Qui premier s&#039;en repentira.Où sont tant de promesses saintes,Tant de pleurs versés en partant?Est-il vrai que ces tristes plaintesSortissent d&#039;un cœur inconstant?Dieux! que vous êtes mensongère!Maudit soit qui plus vous croira !Nous verrons, volage bergère,Qui premier s&#039;en repentira.Celui qui a gagné ma placeNe vous peut aimer tant que moi;Et celle que j&#039;aime vous passeDe beauté, d&#039;amour et de foi.Gardez bien votre amitié neuve,La mienne plus ne variera,Et puis, nous verrons à l&#039;épreuveQui premier s&#039;en repentira.Villanelle, Philippe Desportes]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Rosette, pour un peu d&#039;absence,Votre cœur vous avez changé,Et moi, sachant cette inconstance,Le mien autre part j&#039;ai rangé :Jamais plus, beauté si légèreSur moi tant de pouvoir n&#039;aura :Nous verrons, volage bergère,Qui premier s&#039;en repentira.Tandis qu&#039;en pleurs je me consume,Maudissant cet éloignement,Vous qui n&#039;aimez que par coutume,Caressiez un nouvel amant.Jamais légère girouetteAu vent si tôt ne se vira :Nous verrons, bergèreRosette,Qui premier s&#039;en repentira.Où sont tant de promesses saintes,Tant de pleurs versés en partant?Est-il vrai que ces tristes plaintesSortissent d&#039;un cœur inconstant?Dieux! que vous êtes mensongère!Maudit soit qui plus vous croira !Nous verrons, volage bergère,Qui premier s&#039;en repentira.Celui qui a gagné ma placeNe vous peut aimer tant que moi;Et celle que j&#039;aime vous passeDe beauté, d&#039;amour et de foi.Gardez bien votre amitié neuve,La mienne plus ne variera,Et puis, nous verrons à l&#039;épreuveQui premier s&#039;en repentira.Villanelle, Philippe Desportes]]></description>
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        <pubDate>Tue, 21 Apr 2026 10:54:43 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[L&#039;isolement - Alphonse de Lamartine]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne,Au coucher du soleil, tristement je m’assieds ;Je promène au hasard mes regards sur la plaine,Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.Ici, gronde le fleuve aux vagues écumantes ;Il serpente, et s’enfonce en un lointain obscur ;Là, le lac immobile étend ses eaux dormantesOù l’étoile du soir se lève dans l’azur.Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,Le crépuscule encor jette un dernier rayon,Et le char vaporeux de la reine des ombresMonte, et blanchit déjà les bords de l’horizon.Cependant, s’élançant de la flèche gothique,Un son religieux se répand dans les airs,Le voyageur s’arrête, et la cloche rustiqueAux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.Mais à ces doux tableaux mon âme indifférenteN’éprouve devant eux ni charme ni transports,Je contemple la terre ainsi qu’une ombre errante :Le soleil des vivants n’échauffe plus les morts.De colline en colline en vain portant ma vue,Du sud à l’aquilon, de l’aurore au couchant,Je parcours tous les points de l’immense étendue,Et je dis : « Nulle part le bonheur ne m’attend. »Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé.[...]L&#039;isolement, Alphonse de Lamartine]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne,Au coucher du soleil, tristement je m’assieds ;Je promène au hasard mes regards sur la plaine,Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.Ici, gronde le fleuve aux vagues écumantes ;Il serpente, et s’enfonce en un lointain obscur ;Là, le lac immobile étend ses eaux dormantesOù l’étoile du soir se lève dans l’azur.Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,Le crépuscule encor jette un dernier rayon,Et le char vaporeux de la reine des ombresMonte, et blanchit déjà les bords de l’horizon.Cependant, s’élançant de la flèche gothique,Un son religieux se répand dans les airs,Le voyageur s’arrête, et la cloche rustiqueAux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.Mais à ces doux tableaux mon âme indifférenteN’éprouve devant eux ni charme ni transports,Je contemple la terre ainsi qu’une ombre errante :Le soleil des vivants n’échauffe plus les morts.De colline en colline en vain portant ma vue,Du sud à l’aquilon, de l’aurore au couchant,Je parcours tous les points de l’immense étendue,Et je dis : « Nulle part le bonheur ne m’attend. »Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé.[...]L&#039;isolement, Alphonse de Lamartine]]></description>
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        <pubDate>Tue, 14 Apr 2026 16:51:54 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[La femme - Max Elskamp]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Mais maintenant vient une femme,Et lors voici qu’on va aimer,Mais maintenant vient une femmeEt lors voici qu’on va pleurer,Et puis qu’on va tout lui donnerDe sa maison et de son âme,Et puis qu’on va tout lui donnerEt lors après qu’on va pleurerCar à présent vient une femme,Avec ses lèvres pour aimer,Car à présent vient une femmeAvec sa chair tout en beauté,Et des robes pour la montrerSur des balcons, sur des terrasses,Et des robes pour la montrerA ceux qui vont, à ceux qui passent,Car maintenant vient une femmeSuivant sa vie pour des baisers,Car maintenant vient une femme,Pour s’y complaire et s’en aller.Max Elskamp, La femme]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Mais maintenant vient une femme,Et lors voici qu’on va aimer,Mais maintenant vient une femmeEt lors voici qu’on va pleurer,Et puis qu’on va tout lui donnerDe sa maison et de son âme,Et puis qu’on va tout lui donnerEt lors après qu’on va pleurerCar à présent vient une femme,Avec ses lèvres pour aimer,Car à présent vient une femmeAvec sa chair tout en beauté,Et des robes pour la montrerSur des balcons, sur des terrasses,Et des robes pour la montrerA ceux qui vont, à ceux qui passent,Car maintenant vient une femmeSuivant sa vie pour des baisers,Car maintenant vient une femme,Pour s’y complaire et s’en aller.Max Elskamp, La femme]]></description>
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        <pubDate>Mon, 30 Mar 2026 09:49:05 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[À une passante - Charles Baudelaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[La rue assourdissante autour de moi hurlait.Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,Une femme passa, d’une main fastueuseSoulevant, balançant le feston et l’ourlet;Agile et noble, avec sa jambe de statue.Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan,La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.Un éclair… puis la nuit! – Fugitive beautéDont le regard m’a fait soudainement renaître,Ne te verrai-je plus que dans l’éternité?Ailleurs, bien loin d’ici! trop tard! jamais peut-être!Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,O toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais!Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[La rue assourdissante autour de moi hurlait.Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,Une femme passa, d’une main fastueuseSoulevant, balançant le feston et l’ourlet;Agile et noble, avec sa jambe de statue.Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan,La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.Un éclair… puis la nuit! – Fugitive beautéDont le regard m’a fait soudainement renaître,Ne te verrai-je plus que dans l’éternité?Ailleurs, bien loin d’ici! trop tard! jamais peut-être!Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,O toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais!Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal]]></description>
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        <pubDate>Mon, 30 Mar 2026 09:44:15 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Souvenir - Alfred de Musset]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[J&#039;espérais bien pleurer, mais je croyais souffrirEn osant te revoir, place à jamais sacrée,O la plus chère tombe et la plus ignoréeOù dorme un souvenir !Que redoutiez-vous donc de cette solitude,Et pourquoi, mes amis, me preniez-vous la main,Alors qu&#039;une si douce et si vieille habitudeMe montrait ce chemin ?Les voilà, ces coteaux, ces bruyères fleuries,Et ces pas argentins sur le sable muet,Ces sentiers amoureux, remplis de causeries,Où son bras m&#039;enlaçait.Les voilà, ces sapins à la sombre verdure,Cette gorge profonde aux nonchalants détours,Ces sauvages amis, dont l&#039;antique murmureA bercé mes beaux jours.Les voilà, ces buissons où toute ma jeunesse,Comme un essaim d&#039;oiseaux, chante au bruit de mes pas.Lieux charmants, beau désert où passa ma maîtresse,Ne m&#039;attendiez-vous pas ?Ah ! laissez-les couler, elles me sont bien chères,Ces larmes que soulève un coeur encor blessé !Ne les essuyez pas, laissez sur mes paupièresCe voile du passé !Je ne viens point jeter un regret inutileDans l&#039;écho de ces bois témoins de mon bonheur.Fière est cette forêt dans sa beauté tranquille,Et fier aussi mon coeur.Que celui-là se livre à des plaintes amères,Qui s&#039;agenouille et prie au tombeau d&#039;un ami.Tout respire en ces lieux ; les fleurs des cimetièresNe poussent point ici.Voyez ! la lune monte à travers ces ombrages.Ton regard tremble encor, belle reine des nuits ;Mais du sombre horizon déjà tu te dégages,Et tu t&#039;épanouis.Ainsi de cette terre, humide encor de pluie,Sortent, sous tes rayons, tous les parfums du jour :Aussi calme, aussi pur, de mon âme attendrieSort mon ancien amour.Que sont-ils devenus, les chagrins de ma vie ?Tout ce qui m&#039;a fait vieux est bien loin maintenant ;Et rien qu&#039;en regardant cette vallée amieJe redeviens enfant.O puissance du temps ! ô légères années !Vous emportez nos pleurs, nos cris et nos regrets ;Mais la pitié vous prend, et sur nos fleurs fanéesVous ne marchez jamais.Tout mon coeur te bénit, bonté consolatrice !Je n&#039;aurais jamais cru que l&#039;on pût tant souffrirD&#039;une telle blessure, et que sa cicatriceFût si douce à sentir.Loin de moi les vains mots, les frivoles pensées,Des vulgaires douleurs linceul accoutumé,Que viennent étaler sur leurs amours passéesCeux qui n&#039;ont point aimé !Dante, pourquoi dis-tu qu&#039;il n&#039;est pire misèreQu&#039;un souvenir heureux dans les jours de douleur ?Quel chagrin t&#039;a dicté cette parole amère,Cette offense au malheur ?En est-il donc moins vrai que la lumière existe,Et faut-il l&#039;oublier du moment qu&#039;il fait nuit ?Est-ce bien toi, grande âme immortellement triste,Est-ce toi qui l&#039;as dit ?Non, par ce pur flambeau dont la splendeur m&#039;éclaire,Ce blasphème vanté ne vient pas de ton coeur.Un souvenir heureux est peut-être sur terrePlus vrai que le bonheur.[...]Souvenir, Alfred de Musset]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[J&#039;espérais bien pleurer, mais je croyais souffrirEn osant te revoir, place à jamais sacrée,O la plus chère tombe et la plus ignoréeOù dorme un souvenir !Que redoutiez-vous donc de cette solitude,Et pourquoi, mes amis, me preniez-vous la main,Alors qu&#039;une si douce et si vieille habitudeMe montrait ce chemin ?Les voilà, ces coteaux, ces bruyères fleuries,Et ces pas argentins sur le sable muet,Ces sentiers amoureux, remplis de causeries,Où son bras m&#039;enlaçait.Les voilà, ces sapins à la sombre verdure,Cette gorge profonde aux nonchalants détours,Ces sauvages amis, dont l&#039;antique murmureA bercé mes beaux jours.Les voilà, ces buissons où toute ma jeunesse,Comme un essaim d&#039;oiseaux, chante au bruit de mes pas.Lieux charmants, beau désert où passa ma maîtresse,Ne m&#039;attendiez-vous pas ?Ah ! laissez-les couler, elles me sont bien chères,Ces larmes que soulève un coeur encor blessé !Ne les essuyez pas, laissez sur mes paupièresCe voile du passé !Je ne viens point jeter un regret inutileDans l&#039;écho de ces bois témoins de mon bonheur.Fière est cette forêt dans sa beauté tranquille,Et fier aussi mon coeur.Que celui-là se livre à des plaintes amères,Qui s&#039;agenouille et prie au tombeau d&#039;un ami.Tout respire en ces lieux ; les fleurs des cimetièresNe poussent point ici.Voyez ! la lune monte à travers ces ombrages.Ton regard tremble encor, belle reine des nuits ;Mais du sombre horizon déjà tu te dégages,Et tu t&#039;épanouis.Ainsi de cette terre, humide encor de pluie,Sortent, sous tes rayons, tous les parfums du jour :Aussi calme, aussi pur, de mon âme attendrieSort mon ancien amour.Que sont-ils devenus, les chagrins de ma vie ?Tout ce qui m&#039;a fait vieux est bien loin maintenant ;Et rien qu&#039;en regardant cette vallée amieJe redeviens enfant.O puissance du temps ! ô légères années !Vous emportez nos pleurs, nos cris et nos regrets ;Mais la pitié vous prend, et sur nos fleurs fanéesVous ne marchez jamais.Tout mon coeur te bénit, bonté consolatrice !Je n&#039;aurais jamais cru que l&#039;on pût tant souffrirD&#039;une telle blessure, et que sa cicatriceFût si douce à sentir.Loin de moi les vains mots, les frivoles pensées,Des vulgaires douleurs linceul accoutumé,Que viennent étaler sur leurs amours passéesCeux qui n&#039;ont point aimé !Dante, pourquoi dis-tu qu&#039;il n&#039;est pire misèreQu&#039;un souvenir heureux dans les jours de douleur ?Quel chagrin t&#039;a dicté cette parole amère,Cette offense au malheur ?En est-il donc moins vrai que la lumière existe,Et faut-il l&#039;oublier du moment qu&#039;il fait nuit ?Est-ce bien toi, grande âme immortellement triste,Est-ce toi qui l&#039;as dit ?Non, par ce pur flambeau dont la splendeur m&#039;éclaire,Ce blasphème vanté ne vient pas de ton coeur.Un souvenir heureux est peut-être sur terrePlus vrai que le bonheur.[...]Souvenir, Alfred de Musset]]></description>
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        <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 13:42:32 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Qu&#039;en avez-vous fait ? - Marceline Desbordes-Valmore]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Vous aviez mon cœur,Moi, j&#039;avais le vôtre :Un cœur pour un cœur ;Bonheur pour bonheur !Le vôtre est rendu,Je n&#039;en ai plus d&#039;autre,Le vôtre est rendu,Le mien est perdu !La feuille et la fleurEt le fruit lui-même,La feuille et la fleur,L&#039;encens, la couleur :Qu&#039;en avez-vous fait,Mon maître suprême ?Qu&#039;en avez-vous fait,De ce doux bienfait ?Comme un pauvre enfantQuitté par sa mère,Comme un pauvre enfantQue rien ne défend,Vous me laissez là,Dans ma vie amère ;Vous me laissez là,Et Dieu voit cela !Savez-vous qu&#039;un jourL&#039;homme est seul au monde ?Savez-vous qu&#039;un jourIl revoit l&#039;amour ?Vous appellerez,Sans qu&#039;on vous réponde ;Vous appellerez,Et vous songerez !…Vous viendrez rêvantSonner à ma porte ;Ami comme avant,Vous viendrez rêvant.Et l&#039;on vous dira :«Personne !… elle est morte. »On vous le dira ;Mais qui vous plaindra ? Qu&#039;en avez-vous fait ?, Marceline Desbordes-Valmore]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Vous aviez mon cœur,Moi, j&#039;avais le vôtre :Un cœur pour un cœur ;Bonheur pour bonheur !Le vôtre est rendu,Je n&#039;en ai plus d&#039;autre,Le vôtre est rendu,Le mien est perdu !La feuille et la fleurEt le fruit lui-même,La feuille et la fleur,L&#039;encens, la couleur :Qu&#039;en avez-vous fait,Mon maître suprême ?Qu&#039;en avez-vous fait,De ce doux bienfait ?Comme un pauvre enfantQuitté par sa mère,Comme un pauvre enfantQue rien ne défend,Vous me laissez là,Dans ma vie amère ;Vous me laissez là,Et Dieu voit cela !Savez-vous qu&#039;un jourL&#039;homme est seul au monde ?Savez-vous qu&#039;un jourIl revoit l&#039;amour ?Vous appellerez,Sans qu&#039;on vous réponde ;Vous appellerez,Et vous songerez !…Vous viendrez rêvantSonner à ma porte ;Ami comme avant,Vous viendrez rêvant.Et l&#039;on vous dira :«Personne !… elle est morte. »On vous le dira ;Mais qui vous plaindra ? Qu&#039;en avez-vous fait ?, Marceline Desbordes-Valmore]]></description>
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        <pubDate>Mon, 16 Mar 2026 16:20:10 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[L&#039;Amour de l&#039;Amour - Germain Nouveau]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Aimez bien vos amours ; aimez l’amour qui rêveUne rose à la lèvre et des fleurs dans les yeux ;C’est lui que vous cherchez quand votre avril se lève,Lui dont reste un parfum quand vos ans se font vieux.Aimez l’amour qui joue au soleil des peintures,Sous l’azur de la Grèce, autour de ses autels,Et qui déroule au ciel la tresse et les ceintures,Ou qui vide un carquois sur des coeurs immortels.Aimez l’amour qui parle avec la lenteur basseDes Ave Maria chuchotés sous l’arceau ;C’est lui que vous priez quand votre tête est lasse,Lui dont la voix vous rend le rythme du berceau.Aimez l’amour que Dieu souffla sur notre fange,Aimez l’amour aveugle, allumant son flambeau,Aimez l’amour rêvé qui ressemble à notre ange,Aimez l’amour promis aux cendres du tombeau !Aimez l’antique amour du règne de Saturne,Aimez le dieu charmant, aimez le dieu caché,Qui suspendait, ainsi qu’un papillon nocturne,Un baiser invisible aux lèvres de Psyché !Car c’est lui dont la terre appelle encore la flamme,Lui dont la caravane humaine allait rêvant,Et qui, triste d’errer, cherchant toujours une âme,Gémissait dans la lyre et pleurait dans le vent.Il revient ; le voici : son aurore éternelleA frémi comme un monde au ventre de la nuit,C’est le commencement des rumeurs de son aile ;Il veille sur le sage, et la vierge le suit.Le songe que le jour dissipe au coeur des femmes,C’est ce Dieu. Le soupir qui traverse les bois,C’est ce Dieu. C’est ce Dieu qui tord les oriflammesSur les mâts des vaisseaux et des faîtes des toits.Il palpite toujours sous les tentes de toile,Au fond de tous les cris et de tous les secrets ;C’est lui que les lions contemplent dans l’étoile ;L’oiseau le chante au loup qui le hurle aux forêts.La source le pleurait, car il sera la mousse,Et l’arbre le nommait, car il sera le fruit,Et l’aube l’attendait, lui, l’épouvante douceQui fera reculer toute ombre et toute nuit.Le voici qui retourne à nous, son règne est proche,Aimez l’amour, riez ! Aimez l’amour, chantez !Et que l’écho des bois s’éveille dans la roche,Amour dans les déserts, amour dans les cités !Amour sur l’Océan, amour sur les collines !Amour dans les grands lys qui montent des vallons !Amour dans la parole et les brises câlines !Amour dans la prière et sur les violons !Amour dans tous les coeurs et sur toutes les lèvres !Amour dans tous les bras, amour dans tous les doigts !Amour dans tous les seins et dans toutes les fièvres !Amour dans tous les yeux et dans toutes les voix !Amour dans chaque ville : ouvrez-vous, citadelles !Amour dans les chantiers : travailleurs, à genoux !Amour dans les couvents : anges, battez des ailes !Amour dans les prisons : murs noirs, écroulez-vous !Mais adorez l’Amour terrible qui demeureDans l’éblouissement des futures Sions,Et dont la plaie, ouverte encor, saigne à toute heureSur la croix, dont les bras s’ouvrent aux nations. L’Amour de l’Amour, Germain Nouveau]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Aimez bien vos amours ; aimez l’amour qui rêveUne rose à la lèvre et des fleurs dans les yeux ;C’est lui que vous cherchez quand votre avril se lève,Lui dont reste un parfum quand vos ans se font vieux.Aimez l’amour qui joue au soleil des peintures,Sous l’azur de la Grèce, autour de ses autels,Et qui déroule au ciel la tresse et les ceintures,Ou qui vide un carquois sur des coeurs immortels.Aimez l’amour qui parle avec la lenteur basseDes Ave Maria chuchotés sous l’arceau ;C’est lui que vous priez quand votre tête est lasse,Lui dont la voix vous rend le rythme du berceau.Aimez l’amour que Dieu souffla sur notre fange,Aimez l’amour aveugle, allumant son flambeau,Aimez l’amour rêvé qui ressemble à notre ange,Aimez l’amour promis aux cendres du tombeau !Aimez l’antique amour du règne de Saturne,Aimez le dieu charmant, aimez le dieu caché,Qui suspendait, ainsi qu’un papillon nocturne,Un baiser invisible aux lèvres de Psyché !Car c’est lui dont la terre appelle encore la flamme,Lui dont la caravane humaine allait rêvant,Et qui, triste d’errer, cherchant toujours une âme,Gémissait dans la lyre et pleurait dans le vent.Il revient ; le voici : son aurore éternelleA frémi comme un monde au ventre de la nuit,C’est le commencement des rumeurs de son aile ;Il veille sur le sage, et la vierge le suit.Le songe que le jour dissipe au coeur des femmes,C’est ce Dieu. Le soupir qui traverse les bois,C’est ce Dieu. C’est ce Dieu qui tord les oriflammesSur les mâts des vaisseaux et des faîtes des toits.Il palpite toujours sous les tentes de toile,Au fond de tous les cris et de tous les secrets ;C’est lui que les lions contemplent dans l’étoile ;L’oiseau le chante au loup qui le hurle aux forêts.La source le pleurait, car il sera la mousse,Et l’arbre le nommait, car il sera le fruit,Et l’aube l’attendait, lui, l’épouvante douceQui fera reculer toute ombre et toute nuit.Le voici qui retourne à nous, son règne est proche,Aimez l’amour, riez ! Aimez l’amour, chantez !Et que l’écho des bois s’éveille dans la roche,Amour dans les déserts, amour dans les cités !Amour sur l’Océan, amour sur les collines !Amour dans les grands lys qui montent des vallons !Amour dans la parole et les brises câlines !Amour dans la prière et sur les violons !Amour dans tous les coeurs et sur toutes les lèvres !Amour dans tous les bras, amour dans tous les doigts !Amour dans tous les seins et dans toutes les fièvres !Amour dans tous les yeux et dans toutes les voix !Amour dans chaque ville : ouvrez-vous, citadelles !Amour dans les chantiers : travailleurs, à genoux !Amour dans les couvents : anges, battez des ailes !Amour dans les prisons : murs noirs, écroulez-vous !Mais adorez l’Amour terrible qui demeureDans l’éblouissement des futures Sions,Et dont la plaie, ouverte encor, saigne à toute heureSur la croix, dont les bras s’ouvrent aux nations. L’Amour de l’Amour, Germain Nouveau]]></description>
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        <pubDate>Tue, 10 Mar 2026 16:57:00 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Les enfants qui s&#039;aiment, Jacques Prévert]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Les enfants qui s&#039;aiment s&#039;embrassent deboutContre les portes de la nuitEt les passants qui passent les désignent du doigtMais les enfants qui s&#039;aimentNe sont là pour personneEt c&#039;est seulement leur ombreQui tremble dans la nuitExcitant la rage des passantsLeur rage leur mépris leurs rires et leur envieLes enfants qui s&#039;aiment ne sont là pour personneIls sont ailleurs bien plus loin que la nuitBien plus haut que le jourDans l&#039;éblouissante clarté de leur premier amour. Les enfants qui s&#039;aiment, Jacques Prévert]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Les enfants qui s&#039;aiment s&#039;embrassent deboutContre les portes de la nuitEt les passants qui passent les désignent du doigtMais les enfants qui s&#039;aimentNe sont là pour personneEt c&#039;est seulement leur ombreQui tremble dans la nuitExcitant la rage des passantsLeur rage leur mépris leurs rires et leur envieLes enfants qui s&#039;aiment ne sont là pour personneIls sont ailleurs bien plus loin que la nuitBien plus haut que le jourDans l&#039;éblouissante clarté de leur premier amour. Les enfants qui s&#039;aiment, Jacques Prévert]]></description>
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        <pubDate>Tue, 24 Feb 2026 12:27:03 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Le Cancre, Jacques Prévert]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Il dit non avec la têteMais il dit oui avec le cœurIl dit oui à ce qu&#039;il aimeIl dit non au professeurIl est deboutOn le questionneEt tous les problèmes sont posésSoudain le fou rire le prendEt il efface toutLes chiffres et les motsLes dates et les nomsLes phrases et les piègesEt malgré les menaces du maîtreSous les huées des enfants prodigesAvec des craies de toutes les couleursSur le tableau noir du malheurIl dessine le visage du bonheur. Le Cancre, Jacques Prévert]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Il dit non avec la têteMais il dit oui avec le cœurIl dit oui à ce qu&#039;il aimeIl dit non au professeurIl est deboutOn le questionneEt tous les problèmes sont posésSoudain le fou rire le prendEt il efface toutLes chiffres et les motsLes dates et les nomsLes phrases et les piègesEt malgré les menaces du maîtreSous les huées des enfants prodigesAvec des craies de toutes les couleursSur le tableau noir du malheurIl dessine le visage du bonheur. Le Cancre, Jacques Prévert]]></description>
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        <pubDate>Fri, 20 Feb 2026 09:16:47 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[L&#039;Espèce Humaine, Raymond Queneau]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[L&#039;espèce humaine m&#039;a donnéle droit d&#039;être mortelle devoir d&#039;être civiliséla conscience humainedeux yeux qui d&#039;ailleurs ne fonctionnent pas très bieale nez au milieu du visagedeux pieds deux mainsle langagel&#039;espèce humaine m&#039;a donnémon père et ma mèrepeut-être des frères on ne saitdes cousins à pelletéeset des arrière-grands-pèresl&#039;espèce humaine m&#039;a donnéses trois facultésle sentiment l&#039;intelligence et la volontéchaque chose de façon modéréel&#039;espèce humaine m&#039;a donnétrente-deux dents un cour un foied&#039;autres viscères et dix doigtsl&#039;espèce humaine m&#039;a donnéde quoi se dire satisfait L&#039;Espèce Humaine, Raymond Queneau]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Thu, 12 Feb 2026 09:50:34 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Amour, Francis Carco]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Tu riais. Tu te renversaisDans mes bras et l’aube amoureuseIlluminait ma tête creuseEt lourde, mais je te berçais, En chantant. Le jour, dans la pluie,Se levait et n’en pouvait plus.Contre ta hanche étroite et nue,Je tombais enfin d’insomnie. Matins amers, amour charmant,Épuisante et trouble folie,Au réveil, la mélancolieSépara plus tard ces amants. Francis Carco]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Tu riais. Tu te renversaisDans mes bras et l’aube amoureuseIlluminait ma tête creuseEt lourde, mais je te berçais, En chantant. Le jour, dans la pluie,Se levait et n’en pouvait plus.Contre ta hanche étroite et nue,Je tombais enfin d’insomnie. Matins amers, amour charmant,Épuisante et trouble folie,Au réveil, la mélancolieSépara plus tard ces amants. Francis Carco]]></description>
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        <pubDate>Fri, 06 Feb 2026 15:05:04 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[La maison des enfants, Louise de Vilmorin]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[La maison des enfants Est livrée au grand ventLeurs chambres sont désertes.Le grand vent du matinNe dénoue au jardinNul ruban de soie verte.  Plus de mots hésitantsEt plus de complimentsAu midi de ma fêteEt plus de petits pas, Plus de secrets tout basNi de cris à tue-tête.Loin de moi grandissezEnfants de mon passéQui vivez en voyage,Puis venez à mon cœurFontaine de mes pleursY puiser votre image. Usez de mon amour.Votre jour est toujoursL’objet de mon envie.Revenez à mes bras,Ne vous éloignez pasDu sein de votre vie.  Êtes-vous nés trop tôtRires de mes berceauxÀ l’âge du quadrille ?Êtes-vous nés trop tardEnfant de mes hasards,Enfants petites filles ? Le jardin est pareil,L’abeille et soleilY font leur course à l’aise,Mais sous les hauts sapinsPlus de jeux anciensPlus de chansons Françaises.Plus de baisers le soirNi de peur dans le noirOù vient rôder le diable,Plus de jouets cassés,Plus de genoux blessésNi de châteaux de sable.Enfants, c’est mon passéPassé que vous bercezAu jardin de Verrières,Car je riais aussiSous l’arbre que voiciEt que planta mon père.  Les jours sont abîmés.Aurais-je trop aiméLe pas qui déconcerte ?Je suis seule à présentVoyageuses enfantsDevant la porte ouverte.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[La maison des enfants Est livrée au grand ventLeurs chambres sont désertes.Le grand vent du matinNe dénoue au jardinNul ruban de soie verte.  Plus de mots hésitantsEt plus de complimentsAu midi de ma fêteEt plus de petits pas, Plus de secrets tout basNi de cris à tue-tête.Loin de moi grandissezEnfants de mon passéQui vivez en voyage,Puis venez à mon cœurFontaine de mes pleursY puiser votre image. Usez de mon amour.Votre jour est toujoursL’objet de mon envie.Revenez à mes bras,Ne vous éloignez pasDu sein de votre vie.  Êtes-vous nés trop tôtRires de mes berceauxÀ l’âge du quadrille ?Êtes-vous nés trop tardEnfant de mes hasards,Enfants petites filles ? Le jardin est pareil,L’abeille et soleilY font leur course à l’aise,Mais sous les hauts sapinsPlus de jeux anciensPlus de chansons Françaises.Plus de baisers le soirNi de peur dans le noirOù vient rôder le diable,Plus de jouets cassés,Plus de genoux blessésNi de châteaux de sable.Enfants, c’est mon passéPassé que vous bercezAu jardin de Verrières,Car je riais aussiSous l’arbre que voiciEt que planta mon père.  Les jours sont abîmés.Aurais-je trop aiméLe pas qui déconcerte ?Je suis seule à présentVoyageuses enfantsDevant la porte ouverte.]]></description>
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        <pubDate>Thu, 29 Jan 2026 15:54:00 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[La France, Paul Fort]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Ah quelle vie, quelle fraîcheur, quelle gaitéLa France court les bois et court sous les pommiersEt Dieu, quelle souplesse et quelle agilitéLa France court les airs et court les pigeonniersQuelle fougue de voir, quel désir de monterLa France court le ciel, est-ce un paradisier ?Quelle joie de sonder l’abîme et d’existerDe tout l’esprit du monde, elle est seule hantéeQuelle âme, quel amour, quel feu, quelle clartéLa France court l’espace et court l’éternité]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Ah quelle vie, quelle fraîcheur, quelle gaitéLa France court les bois et court sous les pommiersEt Dieu, quelle souplesse et quelle agilitéLa France court les airs et court les pigeonniersQuelle fougue de voir, quel désir de monterLa France court le ciel, est-ce un paradisier ?Quelle joie de sonder l’abîme et d’existerDe tout l’esprit du monde, elle est seule hantéeQuelle âme, quel amour, quel feu, quelle clartéLa France court l’espace et court l’éternité]]></description>
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        <pubDate>Fri, 23 Jan 2026 09:45:00 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Adieu à la Meuse, Charles Péguy]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Adieu, Meuse endormeuse et douce à mon enfance,Qui demeures aux prés, où tu coules tout bas.Meuse, adieu: j’ai déjà commencé ma partanceEn des pays nouveaux où tu ne coules pas.Voici que je m’en vais en des pays nouveaux:Je ferai la bataille et passerai les fleuves;Je m’en vais m’essayer à de nouveaux travaux,Je m’en vais commencer là-bas les tâches neuves.Et pendant ce temps-là, Meuse ignorante et douce,Tu couleras toujours, passante accoutumée,Dans la vallée heureuse où l’herbe vive pousse,Ô Meuse inépuisable et que j’avais aimée.Tu couleras toujours dans l’heureuse vallée;Où tu coulais hier, tu couleras demain.Tu ne sauras jamais la bergère en allée,Qui s’amusait, enfant, à creuser de sa mainDes canaux dans la terre, à jamais écroulés.La bergère s’en va, délaissant les moutons,Et la fileuse va, délaissant les fuseaux.Voici que je m’en vais loin de tes bonnes eaux,Voici que je m’en vais bien loin de nos maisons.Meuse qui ne sais rien de la souffrance humaine,Ô Meuse inaltérable et douce à toute enfance,Ô toi qui ne sais pas l’émoi de la partance,Toi qui passes toujours et qui ne pars jamais, Ô Meuse inaltérable, ô Meuse que j’aimais,Quand verrai-je tes flots qui passent par chez nous?Quand nous reverrons-nous? Et nous reverrons-nous?]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Adieu, Meuse endormeuse et douce à mon enfance,Qui demeures aux prés, où tu coules tout bas.Meuse, adieu: j’ai déjà commencé ma partanceEn des pays nouveaux où tu ne coules pas.Voici que je m’en vais en des pays nouveaux:Je ferai la bataille et passerai les fleuves;Je m’en vais m’essayer à de nouveaux travaux,Je m’en vais commencer là-bas les tâches neuves.Et pendant ce temps-là, Meuse ignorante et douce,Tu couleras toujours, passante accoutumée,Dans la vallée heureuse où l’herbe vive pousse,Ô Meuse inépuisable et que j’avais aimée.Tu couleras toujours dans l’heureuse vallée;Où tu coulais hier, tu couleras demain.Tu ne sauras jamais la bergère en allée,Qui s’amusait, enfant, à creuser de sa mainDes canaux dans la terre, à jamais écroulés.La bergère s’en va, délaissant les moutons,Et la fileuse va, délaissant les fuseaux.Voici que je m’en vais loin de tes bonnes eaux,Voici que je m’en vais bien loin de nos maisons.Meuse qui ne sais rien de la souffrance humaine,Ô Meuse inaltérable et douce à toute enfance,Ô toi qui ne sais pas l’émoi de la partance,Toi qui passes toujours et qui ne pars jamais, Ô Meuse inaltérable, ô Meuse que j’aimais,Quand verrai-je tes flots qui passent par chez nous?Quand nous reverrons-nous? Et nous reverrons-nous?]]></description>
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        <pubDate>Fri, 16 Jan 2026 11:00:00 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Le chat, Baudelaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Dans ma cervelle se promène,Ainsi qu’en son appartement,Un beau chat, fort, doux et charmant ;Quand il miaule, on l’entend à peine,Tant son timbre est tendre et discret ;Mais que sa voix s’apaise ou gronde,Elle est toujours suave et profonde.C’est là son charme et son secret.Cette voix, qui perle et qui filtreDans mon fonds le plus ténébreux,Me remplit comme un vers nombreuxEt me pénètre comme un philtre.Elle endort les plus cruels mauxEt contient toutes les extases ;Pour dire les plus longues phrases,Elle n’a pas besoin de mots.Non, il n’est pas d’archet qui mordeSur mon cœur, parfait instrument,Et fasse plus royalementChanter sa plus vibrante cordeQue ta voix, chat mystérieux,Chat séraphique, chat étrange,En qui tout est, comme en un ange,Aussi subtil qu’harmonieux.De sa fourrure blonde et bruneSort au parfum si doux qu’un soirJ’en fus embaumé, pour l’avoirCaressée une fois, rien qu’une.C’est l’esprit familier du lieu ;Il juge, il préside, il inspireToutes choses dans son empire ;Peut-être est-il fée, est-il dieu ?Quand mes yeux vers ce chat que j’aime,Tirés comme par un aimant,Se retournent docilement,Et que je regarde en moi-même,Je vois avec étonnementLe feu de ses prunelles pâles,Clairs fanaux, vivantes opales,Qui me contemplent fixement.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Dans ma cervelle se promène,Ainsi qu’en son appartement,Un beau chat, fort, doux et charmant ;Quand il miaule, on l’entend à peine,Tant son timbre est tendre et discret ;Mais que sa voix s’apaise ou gronde,Elle est toujours suave et profonde.C’est là son charme et son secret.Cette voix, qui perle et qui filtreDans mon fonds le plus ténébreux,Me remplit comme un vers nombreuxEt me pénètre comme un philtre.Elle endort les plus cruels mauxEt contient toutes les extases ;Pour dire les plus longues phrases,Elle n’a pas besoin de mots.Non, il n’est pas d’archet qui mordeSur mon cœur, parfait instrument,Et fasse plus royalementChanter sa plus vibrante cordeQue ta voix, chat mystérieux,Chat séraphique, chat étrange,En qui tout est, comme en un ange,Aussi subtil qu’harmonieux.De sa fourrure blonde et bruneSort au parfum si doux qu’un soirJ’en fus embaumé, pour l’avoirCaressée une fois, rien qu’une.C’est l’esprit familier du lieu ;Il juge, il préside, il inspireToutes choses dans son empire ;Peut-être est-il fée, est-il dieu ?Quand mes yeux vers ce chat que j’aime,Tirés comme par un aimant,Se retournent docilement,Et que je regarde en moi-même,Je vois avec étonnementLe feu de ses prunelles pâles,Clairs fanaux, vivantes opales,Qui me contemplent fixement.]]></description>
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        <pubDate>Fri, 09 Jan 2026 10:00:00 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Colloque sentimental, Paul Verlaine]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Dans le vieux parc solitaire et glacé,Deux formes ont tout à l’heure passé.Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,Et l’on entend à peine leurs paroles.Dans le vieux parc solitaire et glacé,Deux spectres ont évoqué le passé.– Te souvient-il de notre extase ancienne ?– Pourquoi voulez-vous donc qu’il m’en souvienne ?– Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom ?Toujours vois-tu mon âme en rêve ? – Non.– Ah ! les beaux jours de bonheur indicibleOù nous joignions nos bouches ! – C’est possible.– Qu’il était bleu, le ciel, et grand, l’espoir !– L’espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.Tels ils marchaient dans les avoines folles,Et la nuit seule entendit leurs paroles.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Dans le vieux parc solitaire et glacé,Deux formes ont tout à l’heure passé.Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,Et l’on entend à peine leurs paroles.Dans le vieux parc solitaire et glacé,Deux spectres ont évoqué le passé.– Te souvient-il de notre extase ancienne ?– Pourquoi voulez-vous donc qu’il m’en souvienne ?– Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom ?Toujours vois-tu mon âme en rêve ? – Non.– Ah ! les beaux jours de bonheur indicibleOù nous joignions nos bouches ! – C’est possible.– Qu’il était bleu, le ciel, et grand, l’espoir !– L’espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.Tels ils marchaient dans les avoines folles,Et la nuit seule entendit leurs paroles.]]></description>
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        <pubDate>Fri, 19 Dec 2025 11:00:00 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[A M. V. H, Alfred de Musset]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Alfred de Musset (1810/1857)Il faut, dans ce bas monde, aimer beaucoup de choses,Pour savoir, après tout, ce qu’on aime le mieux,Les bonbons, l’Océan, le jeu, l’azur des cieux,Les femmes, les chevaux, les lauriers et les roses.Il faut fouler aux pieds des fleurs à peine écloses ;Il faut beaucoup pleurer, dire beaucoup d’adieux.Puis le cœur s’aperçoit qu’il est devenu vieux,Et l’effet qui s’en va nous découvre les causes.De ces biens passagers que l’on goûte à demi,Le meilleur qui nous reste est un ancien ami.On se brouille, on se fuit. Qu’un hasard nous rassemble,On s’approche, on sourit, la main touche la main,Et nous nous souvenons que nous marchions ensemble,Que l’âme est immortelle, et qu’hier c’est demain.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Alfred de Musset (1810/1857)Il faut, dans ce bas monde, aimer beaucoup de choses,Pour savoir, après tout, ce qu’on aime le mieux,Les bonbons, l’Océan, le jeu, l’azur des cieux,Les femmes, les chevaux, les lauriers et les roses.Il faut fouler aux pieds des fleurs à peine écloses ;Il faut beaucoup pleurer, dire beaucoup d’adieux.Puis le cœur s’aperçoit qu’il est devenu vieux,Et l’effet qui s’en va nous découvre les causes.De ces biens passagers que l’on goûte à demi,Le meilleur qui nous reste est un ancien ami.On se brouille, on se fuit. Qu’un hasard nous rassemble,On s’approche, on sourit, la main touche la main,Et nous nous souvenons que nous marchions ensemble,Que l’âme est immortelle, et qu’hier c’est demain.]]></description>
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        <pubDate>Mon, 08 Dec 2025 10:42:45 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Lorsque l&#039;enfant paraît, Victor Hugo]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Lorsque l’enfant paraît, le cercle de familleApplaudit à grands cris ; son doux regard qui brilleFait briller tous les yeux,Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,Se dérident soudain à voir l’enfant paraître,Innocent et joyeux.Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembreFasse autour d’un grand feu vacillant dans la chambreLes chaises se toucher,Quand l’enfant vient, la joie arrive et nous éclaire.On rit, on se récrie, on l’appelle, et sa mèreTremble à le voir marcher.Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme,De patrie et de Dieu, des poètes, de l’âmeQui s’élève en priant ;L’enfant paraît, adieu le ciel et la patrieEt les poëtes saints ! la grave causerieS’arrête en souriant.La nuit, quand l’homme dort, quand l’esprit rêve, à l’heureOù l’on entend gémir, comme une voix qui pleure,L’onde entre les roseaux,Si l’aube tout à coup là-bas luit comme un phare,Sa clarté dans les champs éveille une fanfareDe cloches et d’oiseaux !Enfant, vous êtes l’aube et mon âme est la plaineQui des plus douces fleurs embaume son haleineQuand vous la respirez ;Mon âme est la forêt dont les sombres ramuresS’emplissent pour vous seul de suaves murmuresEt de rayons dorés !Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies,Car vos petites mains, joyeuses et béniesN’ont point mal fait encor ;Jamais vos jeunes pas n’ont touché notre fange ;Tête sacrée ! enfant aux cheveux blonds ! bel angeÀ l’auréole d’or !Vous êtes parmi nous la colombe de l’arche.Vos pieds tendres et purs n’ont point l’âge où l’on marche ;Vos ailes sont d’azur.Sans le comprendre encor, vous regardez le monde.Double virginité ! corps où rien n’est immonde,Âme où rien n’est impur !Il est si beau, l’enfant, avec son doux sourire,Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,Ses pleurs vite apaisés,Laissant errer sa vue étonnée et ravie,Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vieEt sa bouche aux baisers !Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j’aime,Frères, parents, amis, et mes ennemis mêmeDans le mal triomphants,De jamais voir, Seigneur ! l’été sans fleurs vermeilles,La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,La maison sans enfants !]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Lorsque l’enfant paraît, le cercle de familleApplaudit à grands cris ; son doux regard qui brilleFait briller tous les yeux,Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,Se dérident soudain à voir l’enfant paraître,Innocent et joyeux.Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembreFasse autour d’un grand feu vacillant dans la chambreLes chaises se toucher,Quand l’enfant vient, la joie arrive et nous éclaire.On rit, on se récrie, on l’appelle, et sa mèreTremble à le voir marcher.Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme,De patrie et de Dieu, des poètes, de l’âmeQui s’élève en priant ;L’enfant paraît, adieu le ciel et la patrieEt les poëtes saints ! la grave causerieS’arrête en souriant.La nuit, quand l’homme dort, quand l’esprit rêve, à l’heureOù l’on entend gémir, comme une voix qui pleure,L’onde entre les roseaux,Si l’aube tout à coup là-bas luit comme un phare,Sa clarté dans les champs éveille une fanfareDe cloches et d’oiseaux !Enfant, vous êtes l’aube et mon âme est la plaineQui des plus douces fleurs embaume son haleineQuand vous la respirez ;Mon âme est la forêt dont les sombres ramuresS’emplissent pour vous seul de suaves murmuresEt de rayons dorés !Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies,Car vos petites mains, joyeuses et béniesN’ont point mal fait encor ;Jamais vos jeunes pas n’ont touché notre fange ;Tête sacrée ! enfant aux cheveux blonds ! bel angeÀ l’auréole d’or !Vous êtes parmi nous la colombe de l’arche.Vos pieds tendres et purs n’ont point l’âge où l’on marche ;Vos ailes sont d’azur.Sans le comprendre encor, vous regardez le monde.Double virginité ! corps où rien n’est immonde,Âme où rien n’est impur !Il est si beau, l’enfant, avec son doux sourire,Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,Ses pleurs vite apaisés,Laissant errer sa vue étonnée et ravie,Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vieEt sa bouche aux baisers !Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j’aime,Frères, parents, amis, et mes ennemis mêmeDans le mal triomphants,De jamais voir, Seigneur ! l’été sans fleurs vermeilles,La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,La maison sans enfants !]]></description>
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        <pubDate>Mon, 01 Dec 2025 10:41:01 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Paris, Louis Amade - Bonjour Paris, Francis Carco - Sur Paris, Paul Scarron]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Bonjour, Paris - Francis CarcoC’est toujours la même chanson,O mon amour, que je fredonne :Tout ce que j’ai, je te le donne,Nos cœurs battent à l’unisson.Sur les quais, le long de la Seine,À Montmartre, près des moulins,Mes souvenirs entrent en scène :Bonjour, Paris des assassins !Bonjour, Paris des midinettes,Des filles, des mauvais garçons,Des bistrots et des bals-musettes !Si je te dois d’être poète,C’est sur un air d’accordéon.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Bonjour, Paris - Francis CarcoC’est toujours la même chanson,O mon amour, que je fredonne :Tout ce que j’ai, je te le donne,Nos cœurs battent à l’unisson.Sur les quais, le long de la Seine,À Montmartre, près des moulins,Mes souvenirs entrent en scène :Bonjour, Paris des assassins !Bonjour, Paris des midinettes,Des filles, des mauvais garçons,Des bistrots et des bals-musettes !Si je te dois d’être poète,C’est sur un air d’accordéon.]]></description>
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        <pubDate>Fri, 28 Nov 2025 10:13:27 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Automne, Guillaume Apollinaire - Paul-Jean Toulet - Chanson d’automne, Paul Verlaine]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Automne - Guillaume ApollinaireDans le brouillard s’en vont un paysan cagneuxEt son boeuf lentement dans le brouillard d’automneQui cache les hameaux pauvres et vergogneuxEt s’en allant là-bas le paysan chantonneUne chanson d’amour et d’infidélitéQui parle d’une bague et d’un coeur que l’on briseOh! l’automne l’automne a fait mourir l’étéDans le brouillard s’en vont deux silhouettes grisesPaul-Jean TouletLe temps irrévocable a fui. L’heure s’achève.Mais toi, quand tu reviens, et traverses mon rêve,Tes bras sont plus frais que le jour qui se lève,Tes yeux plus clairs.A travers le passé ma mémoire t’embrasse.Te voici. Tu descends en courant la terrasseOdorante, et tes faibles pas s’embarrassentParmi les fleurs.Par un après-midi de l’automne, au mirageDe ce tremble inconstant que varient les nuages,Ah ! verrai-je encore se farder ton visageD’ombre et de soleil ?Chanson d’automne - Paul VerlaineLes sanglots longsDes violonsDe l’automneBlessent mon coeurD’une langueurMonotone.Tout suffocantEt blême, quandSonne l’heure,Je me souviensDes jours anciensEt je pleureEt je m’en vaisAu vent mauvaisQui m’emporteDeçà, delà,Pareil à laFeuille morte. ]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Automne - Guillaume ApollinaireDans le brouillard s’en vont un paysan cagneuxEt son boeuf lentement dans le brouillard d’automneQui cache les hameaux pauvres et vergogneuxEt s’en allant là-bas le paysan chantonneUne chanson d’amour et d’infidélitéQui parle d’une bague et d’un coeur que l’on briseOh! l’automne l’automne a fait mourir l’étéDans le brouillard s’en vont deux silhouettes grisesPaul-Jean TouletLe temps irrévocable a fui. L’heure s’achève.Mais toi, quand tu reviens, et traverses mon rêve,Tes bras sont plus frais que le jour qui se lève,Tes yeux plus clairs.A travers le passé ma mémoire t’embrasse.Te voici. Tu descends en courant la terrasseOdorante, et tes faibles pas s’embarrassentParmi les fleurs.Par un après-midi de l’automne, au mirageDe ce tremble inconstant que varient les nuages,Ah ! verrai-je encore se farder ton visageD’ombre et de soleil ?Chanson d’automne - Paul VerlaineLes sanglots longsDes violonsDe l’automneBlessent mon coeurD’une langueurMonotone.Tout suffocantEt blême, quandSonne l’heure,Je me souviensDes jours anciensEt je pleureEt je m’en vaisAu vent mauvaisQui m’emporteDeçà, delà,Pareil à laFeuille morte. ]]></description>
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        <pubDate>Fri, 21 Nov 2025 14:28:47 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[À Mme du Châtelet, Voltaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Si vous voulez que j’aime encore,Rendez-moi l’âge des amours ;Au crépuscule de mes joursRejoignez, s’il se peut, l’aurore.Des beaux lieux où le dieu du vinAvec l’Amour tient son empire,Le Temps, qui me prend par la main,M’avertit que je me retire.De son inflexible rigueurTirons au moins quelque avantage.Qui n’a pas l’esprit de son âge,De son âge a tout le malheur.Laissons à la belle jeunesseSes folâtres emportements.Nous ne vivons que deux moments :Qu’il en soit un pour la sagesse.Quoi ! pour toujours vous me fuyez,Tendresse, illusion, folie,Dons du ciel, qui me consoliezDes amertumes de la vie !On meurt deux fois, je le vois bien :Cesser d’aimer et d’être aimable,C’est une mort insupportable ;Cesser de vivre, ce n’est rien. »Ainsi je déplorais la perteDes erreurs de mes premiers ans ;Et mon âme, aux désirs ouverte,Regrettait ses égarements.Du ciel alors daignant descendre,L’Amitié vint à mon secours ;Elle était peut-être aussi tendre,Mais moins vive que les Amours.Touché de sa beauté nouvelle,Et de sa lumière éclairé,Je la suivis; mais je pleuraiDe ne pouvoir plus suivre qu’elle.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Si vous voulez que j’aime encore,Rendez-moi l’âge des amours ;Au crépuscule de mes joursRejoignez, s’il se peut, l’aurore.Des beaux lieux où le dieu du vinAvec l’Amour tient son empire,Le Temps, qui me prend par la main,M’avertit que je me retire.De son inflexible rigueurTirons au moins quelque avantage.Qui n’a pas l’esprit de son âge,De son âge a tout le malheur.Laissons à la belle jeunesseSes folâtres emportements.Nous ne vivons que deux moments :Qu’il en soit un pour la sagesse.Quoi ! pour toujours vous me fuyez,Tendresse, illusion, folie,Dons du ciel, qui me consoliezDes amertumes de la vie !On meurt deux fois, je le vois bien :Cesser d’aimer et d’être aimable,C’est une mort insupportable ;Cesser de vivre, ce n’est rien. »Ainsi je déplorais la perteDes erreurs de mes premiers ans ;Et mon âme, aux désirs ouverte,Regrettait ses égarements.Du ciel alors daignant descendre,L’Amitié vint à mon secours ;Elle était peut-être aussi tendre,Mais moins vive que les Amours.Touché de sa beauté nouvelle,Et de sa lumière éclairé,Je la suivis; mais je pleuraiDe ne pouvoir plus suivre qu’elle.]]></description>
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        <pubDate>Fri, 07 Nov 2025 09:54:00 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Stances galantes, Molière - Stances à Marquise, Pierre Corneille]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Stances galantes, MolièreSouffrez qu&#039;Amour cette nuit vous réveille ;Par mes soupirs laissez-vous enflammer ;Vous dormez trop, adorable merveille,Car c&#039;est dormir que de ne point aimer.Ne craignez rien ; dans l&#039;amoureux empireLe mal n&#039;est pas si grand que l&#039;on le faitEt, lorsqu&#039;on aime et que le coeur soupire,Son propre mal souvent le satisfait.Le mal d&#039;aimer, c&#039;est de vouloir le taire :Pour l&#039;éviter, parlez en ma faveur.Amour le veut, n&#039;en faites point mystère.Mais vous tremblez, et ce dieu vous fait peur !Peut-on souffrir une plus douce peine ?Peut-on subir une plus douce loi ?Qu&#039;étant des coeurs la douce souveraine,Dessus le vôtre Amour agisse en roi ;Rendez-vous donc, ô divine Amarante !Soumettez-vous aux volontés d&#039;Amour ;Aimez pendant que vous êtes charmante,Car le temps passe et n&#039;a point de retour.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Stances galantes, MolièreSouffrez qu&#039;Amour cette nuit vous réveille ;Par mes soupirs laissez-vous enflammer ;Vous dormez trop, adorable merveille,Car c&#039;est dormir que de ne point aimer.Ne craignez rien ; dans l&#039;amoureux empireLe mal n&#039;est pas si grand que l&#039;on le faitEt, lorsqu&#039;on aime et que le coeur soupire,Son propre mal souvent le satisfait.Le mal d&#039;aimer, c&#039;est de vouloir le taire :Pour l&#039;éviter, parlez en ma faveur.Amour le veut, n&#039;en faites point mystère.Mais vous tremblez, et ce dieu vous fait peur !Peut-on souffrir une plus douce peine ?Peut-on subir une plus douce loi ?Qu&#039;étant des coeurs la douce souveraine,Dessus le vôtre Amour agisse en roi ;Rendez-vous donc, ô divine Amarante !Soumettez-vous aux volontés d&#039;Amour ;Aimez pendant que vous êtes charmante,Car le temps passe et n&#039;a point de retour.]]></description>
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        <pubDate>Fri, 31 Oct 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Le long du quai, Sully Prudhomme - Les Effarés, Arthur Rimbaud - Le Pont Mirabeau, Guillaume Apollinaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Le long du quai, Sully PrudhommeLe long des quais les grands vaisseaux,Que la houle incline en silence,Ne prennent pas garde aux berceauxQue la main des femmes balance.Mais viendra le jour des adieux ;Car il faut que les femmes pleurentEt que les hommes curieuxTentent les horizons qui leurrent.Et ce jour-là les grands vaisseaux,Fuyant le port qui diminue,Sentent leur masse retenuePar l’âme des lointains berceaux.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Le long du quai, Sully PrudhommeLe long des quais les grands vaisseaux,Que la houle incline en silence,Ne prennent pas garde aux berceauxQue la main des femmes balance.Mais viendra le jour des adieux ;Car il faut que les femmes pleurentEt que les hommes curieuxTentent les horizons qui leurrent.Et ce jour-là les grands vaisseaux,Fuyant le port qui diminue,Sentent leur masse retenuePar l’âme des lointains berceaux.]]></description>
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        <pubDate>Fri, 24 Oct 2025 00:00:00 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Le couvre-feu, Paul Éluard - Le doux caboulot, Francis Carco - La ronde autour du monde, Paul Fort]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Couvre-feu, Paul ÉluardQue voulez-vous la porte était gardée.Que voulez-vous nous étions enfermés.Que voulez-vous la rue était barrée.Que voulez-vous la ville était matée.Que voulez-vous elle était affamée.Que voulez-vous nous étions désarmés.Que voulez-vous la nuit était tombée.Que voulez-vous nous nous sommes aimés.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Couvre-feu, Paul ÉluardQue voulez-vous la porte était gardée.Que voulez-vous nous étions enfermés.Que voulez-vous la rue était barrée.Que voulez-vous la ville était matée.Que voulez-vous elle était affamée.Que voulez-vous nous étions désarmés.Que voulez-vous la nuit était tombée.Que voulez-vous nous nous sommes aimés.]]></description>
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        <pubDate>Thu, 16 Oct 2025 00:00:00 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Sonnet, Félix Arvers - Laisse-moi !, Gérard de Nerval]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Sonnet, Félix ArversMon âme a son secret, ma vie a son mystère,Un amour éternel en un moment conçu :Le mal est sans espoir, aussi j’ai dû le taire,Et celle qui l’a fait n’en a jamais rien su.Hélas ! j’aurai passé près d’elle inaperçu,Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire.Et j’aurai jusqu’au bout fait mon temps sur la terre,N’osant rien demander et n’ayant rien reçu.Pour elle, quoique Dieu l’ait faite douce et tendre,Elle suit son chemin, distraite et sans entendreCe murmure d’amour élevé sur ses pas.À l’austère devoir, pieusement fidèle,Elle dira, lisant ces vers tout remplis d’elle » Quelle est donc cette femme ?  » et ne comprendra pas.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Sonnet, Félix ArversMon âme a son secret, ma vie a son mystère,Un amour éternel en un moment conçu :Le mal est sans espoir, aussi j’ai dû le taire,Et celle qui l’a fait n’en a jamais rien su.Hélas ! j’aurai passé près d’elle inaperçu,Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire.Et j’aurai jusqu’au bout fait mon temps sur la terre,N’osant rien demander et n’ayant rien reçu.Pour elle, quoique Dieu l’ait faite douce et tendre,Elle suit son chemin, distraite et sans entendreCe murmure d’amour élevé sur ses pas.À l’austère devoir, pieusement fidèle,Elle dira, lisant ces vers tout remplis d’elle » Quelle est donc cette femme ?  » et ne comprendra pas.]]></description>
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        <pubDate>Thu, 09 Oct 2025 00:00:00 +0200</pubDate>
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        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Elle était déchaussée - Pour Jeanne seule, Victor Hugo]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Elle était déchaussée, elle était décoiffée,Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ;Moi, qui passais par là, je crus voir une fée,Et je lui dis : Veux-tu t’en venir dans les champs ?Elle me regarda de ce regard suprêmeQui reste à la beauté quand nous en triomphons,Et je lui dis : Veux-tu, c&#039;est le mois où l’on aime,Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ?Elle essuya ses pieds à l’herbe de la rive,Elle me regarda pour la première fois,Et la belle folâtre alors devint pensive.Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois !Comme l’eau caressait doucement le rivage !Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts,La belle fille heureuse, effarée et sauvage,Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers.Elle était déchaussée, Victor Hugo]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Elle était déchaussée, elle était décoiffée,Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ;Moi, qui passais par là, je crus voir une fée,Et je lui dis : Veux-tu t’en venir dans les champs ?Elle me regarda de ce regard suprêmeQui reste à la beauté quand nous en triomphons,Et je lui dis : Veux-tu, c&#039;est le mois où l’on aime,Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ?Elle essuya ses pieds à l’herbe de la rive,Elle me regarda pour la première fois,Et la belle folâtre alors devint pensive.Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois !Comme l’eau caressait doucement le rivage !Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts,La belle fille heureuse, effarée et sauvage,Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers.Elle était déchaussée, Victor Hugo]]></description>
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        <pubDate>Fri, 26 Sep 2025 10:05:53 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[La mémoire, François Coppée]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Souvent, lorsque la main sur les yeux je médite,Elle m’apparaît, svelte et la tête petite,Avec ses blonds cheveux coupés courts sur le front.Trouverai-je jamais des mots qui la peindront,La chère vision que malgré moi j’ai fuie ?Qu’est auprès de son teint la rose après la pluie ?Peut-on comparer même au chant du bengaliSon exotique accent, si clair et si joli ?Est-il une grenade entr’ouverte qui rendeL’incarnat de sa bouche adorablement grande ?Oui, les astres sont purs, mais aucun, dans les cieux,Aucun n’est éclatant et pur comme ses yeux ;Et l’antilope errant sous le taillis humideN’a pas ce long regard lumineux et timide.Ah ! devant tant de grâce et de charme innocent,Le poète qui veut décrire est impuissant ;Mais l’amant peut du moins s’écrier : « Sois bénie,O faculté sublime à l’égal du génie,Mémoire, qui me rends son sourire et sa voix,Et qui fais qu’exilé loin d’elle, je la vois !]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Souvent, lorsque la main sur les yeux je médite,Elle m’apparaît, svelte et la tête petite,Avec ses blonds cheveux coupés courts sur le front.Trouverai-je jamais des mots qui la peindront,La chère vision que malgré moi j’ai fuie ?Qu’est auprès de son teint la rose après la pluie ?Peut-on comparer même au chant du bengaliSon exotique accent, si clair et si joli ?Est-il une grenade entr’ouverte qui rendeL’incarnat de sa bouche adorablement grande ?Oui, les astres sont purs, mais aucun, dans les cieux,Aucun n’est éclatant et pur comme ses yeux ;Et l’antilope errant sous le taillis humideN’a pas ce long regard lumineux et timide.Ah ! devant tant de grâce et de charme innocent,Le poète qui veut décrire est impuissant ;Mais l’amant peut du moins s’écrier : « Sois bénie,O faculté sublime à l’égal du génie,Mémoire, qui me rends son sourire et sa voix,Et qui fais qu’exilé loin d’elle, je la vois !]]></description>
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        <pubDate>Fri, 19 Sep 2025 15:16:01 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Le déserteur, Boris Vian ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[]]></description>
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        <pubDate>Fri, 12 Sep 2025 15:40:00 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Notre Europe, André Pieyre de Mandiargues]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Rieuse Europe, Europe trop légère,Où vas-tu, si nue, sur cette mer troublée,Comme par le coup d’œil d’un dieu,Qui eut été jaloux de ton miroir ?Assise en amazone pour mieux te faire voir,En quel espace où tant que nul ne sait vas-tu ?Toi qui tiens à deux mains,Sans effort que l’on sente,Le guidon de moto des cornes du taureau,Où vas-tu, notre Europe ?Vas-tu mourir au bord où tu seras laissée ?Europe chérie des peintres et des poètes,Toi qui pendant plus de vingt-cinq siècles,Offrit à tes amants beauté si généreuse,Qu’à flots encore, elle déborde des musées,Autant que des bibliothèques,Comme gorge splendide hors du corset défait.De te défendre, il ne nous semble point que souvent soucis te soient venus,Ris donc Europe, tant qu’il t’est permis,Ou galamment souris le plus tard qu’il se puisse,Emporte nous avec toi sur les eaux,Nous qui, peut-être, ne sommes rien,Qu’un faible écho de tes fêtes passées.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Rieuse Europe, Europe trop légère,Où vas-tu, si nue, sur cette mer troublée,Comme par le coup d’œil d’un dieu,Qui eut été jaloux de ton miroir ?Assise en amazone pour mieux te faire voir,En quel espace où tant que nul ne sait vas-tu ?Toi qui tiens à deux mains,Sans effort que l’on sente,Le guidon de moto des cornes du taureau,Où vas-tu, notre Europe ?Vas-tu mourir au bord où tu seras laissée ?Europe chérie des peintres et des poètes,Toi qui pendant plus de vingt-cinq siècles,Offrit à tes amants beauté si généreuse,Qu’à flots encore, elle déborde des musées,Autant que des bibliothèques,Comme gorge splendide hors du corset défait.De te défendre, il ne nous semble point que souvent soucis te soient venus,Ris donc Europe, tant qu’il t’est permis,Ou galamment souris le plus tard qu’il se puisse,Emporte nous avec toi sur les eaux,Nous qui, peut-être, ne sommes rien,Qu’un faible écho de tes fêtes passées.]]></description>
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        <pubDate>Fri, 27 Jun 2025 10:51:44 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Réponse, Charles Cros - Il pleure dans mon cœur, Paul Verlaine ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Réponse - Charles CrosCe que je te suis te donne du doute ?Ma vie est à toi, si tu la veux, toute.Et loin que je sois maître de tes voeux,C&#039;est toi qui conduis mon rêve où tu veuxAvec la beauté du ciel, en toi vibreUn rhythme fatal ; car mon âme librePasse de la joie aux âpres soucisSelon que le veut l&#039;arc de tes sourcils.Que j&#039;aye ton coeur ou que tu me l&#039;ôtes,Je te bénirai dans des rimes hautes,Je me souviendrai qu&#039;un jour je te plusEt que je n&#039;ai rien à vouloir de plus. Il pleure dans mon cœur - Paul Verlaine Il pleure dans mon coeurComme il pleut sur la ville ;Quelle est cette langueurQui pénètre mon coeur ?Ô bruit doux de la pluiePar terre et sur les toits !Pour un coeur qui s’ennuie,Ô le chant de la pluie !Il pleure sans raisonDans ce coeur qui s’écoeure.Quoi ! nulle trahison ?…Ce deuil est sans raison.C’est bien la pire peineDe ne savoir pourquoiSans amour et sans haineMon coeur a tant de peine !]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Réponse - Charles CrosCe que je te suis te donne du doute ?Ma vie est à toi, si tu la veux, toute.Et loin que je sois maître de tes voeux,C&#039;est toi qui conduis mon rêve où tu veuxAvec la beauté du ciel, en toi vibreUn rhythme fatal ; car mon âme librePasse de la joie aux âpres soucisSelon que le veut l&#039;arc de tes sourcils.Que j&#039;aye ton coeur ou que tu me l&#039;ôtes,Je te bénirai dans des rimes hautes,Je me souviendrai qu&#039;un jour je te plusEt que je n&#039;ai rien à vouloir de plus. Il pleure dans mon cœur - Paul Verlaine Il pleure dans mon coeurComme il pleut sur la ville ;Quelle est cette langueurQui pénètre mon coeur ?Ô bruit doux de la pluiePar terre et sur les toits !Pour un coeur qui s’ennuie,Ô le chant de la pluie !Il pleure sans raisonDans ce coeur qui s’écoeure.Quoi ! nulle trahison ?…Ce deuil est sans raison.C’est bien la pire peineDe ne savoir pourquoiSans amour et sans haineMon coeur a tant de peine !]]></description>
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        <pubDate>Fri, 20 Jun 2025 09:41:24 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Le jour à peine écrit, Claude Esteban - Maintenant, Eugène Guillevic]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[]]></description>
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        <pubDate>Fri, 13 Jun 2025 09:49:46 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Roses de juin, vous les plus belles, Emile Verhaeren - La cueillette, Guillaume Apollinaire ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Roses de juin, vous les plus bellesRoses de juin, vous les plus belles,Avec vos coeurs de soleil transpercés ;Roses violentes et tranquilles, et tellesQu’un vol léger d’oiseaux sur les branches posés ;Roses de Juin et de Juillet, droites et neuves,Bouches, baisers qui tout à coup s’émeuventOu s’apaisent, au va-et-vient du vent,Caresse d’ombre et d’or, sur le jardin mouvant ;Roses d’ardeur muette et de volonté douce,Roses de volupté en vos gaines de mousse,Vous qui passez les jours du plein étéA vous aimer, dans la clarté ;Roses vives, fraîches, magnifiques, toutes nos rosesOh ! que pareils à vous nos multiples désirs,Dans la chère fatigue ou le tremblant plaisirS’entr’aiment, s’exaltent et se reposent !La cueillette, Nous vînmes au jardin fleuri pour la cueillette.Belle, sais-tu combien de fleurs, de roses-thé,Roses pâles d&#039;amour qui couronnent ta tête,S&#039;effeuillent chaque été ?Leurs tiges vont plier au grand vent qui s&#039;élève.Des pétales de rose ont chu dans le chemin.Ô Belle, cueille-les, puisque nos fleurs de rêveSe faneront demain !Mets-les dans une coupe et toutes portes doses,Alanguis et cruels, songeant aux jours défunts,Nous verrons l&#039;agonie amoureuse des rosesAux râles de parfums. Le grand jardin est défleuri, mon égoïste,Les papillons de jour vers d&#039;autres fleurs ont fui,Et seuls dorénavant viendront au jardin tristeLes papillons de nuit.Et les fleurs vont mourir dans la chambre profane.Nos roses tour à tour effeuillent leur douleur.Belle, sanglote un peu... Chaque fleur qui se fane,C&#039;est un amour qui meurt !]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Roses de juin, vous les plus bellesRoses de juin, vous les plus belles,Avec vos coeurs de soleil transpercés ;Roses violentes et tranquilles, et tellesQu’un vol léger d’oiseaux sur les branches posés ;Roses de Juin et de Juillet, droites et neuves,Bouches, baisers qui tout à coup s’émeuventOu s’apaisent, au va-et-vient du vent,Caresse d’ombre et d’or, sur le jardin mouvant ;Roses d’ardeur muette et de volonté douce,Roses de volupté en vos gaines de mousse,Vous qui passez les jours du plein étéA vous aimer, dans la clarté ;Roses vives, fraîches, magnifiques, toutes nos rosesOh ! que pareils à vous nos multiples désirs,Dans la chère fatigue ou le tremblant plaisirS’entr’aiment, s’exaltent et se reposent !La cueillette, Nous vînmes au jardin fleuri pour la cueillette.Belle, sais-tu combien de fleurs, de roses-thé,Roses pâles d&#039;amour qui couronnent ta tête,S&#039;effeuillent chaque été ?Leurs tiges vont plier au grand vent qui s&#039;élève.Des pétales de rose ont chu dans le chemin.Ô Belle, cueille-les, puisque nos fleurs de rêveSe faneront demain !Mets-les dans une coupe et toutes portes doses,Alanguis et cruels, songeant aux jours défunts,Nous verrons l&#039;agonie amoureuse des rosesAux râles de parfums. Le grand jardin est défleuri, mon égoïste,Les papillons de jour vers d&#039;autres fleurs ont fui,Et seuls dorénavant viendront au jardin tristeLes papillons de nuit.Et les fleurs vont mourir dans la chambre profane.Nos roses tour à tour effeuillent leur douleur.Belle, sanglote un peu... Chaque fleur qui se fane,C&#039;est un amour qui meurt !]]></description>
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        <pubDate>Thu, 05 Jun 2025 16:40:27 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Nevermore, Paul Verlaine - XLV, Tristan Derème ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Nevermore, Paul Verlaine  Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L’automneFaisait voler la grive à travers l’air atone,Et le soleil dardait un rayon monotoneSur le bois jaunissant où la bise détone.Nous étions seul à seule et marchions en rêvant,Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent.Soudain, tournant vers moi son regard émouvant :« Quel fut ton plus beau jour ? » fit sa voix d’or vivant,Sa voix douce et sonore, au frais timbre angélique.Un sourire discret lui donna la réplique,Et je baisai sa main blanche, dévotement.– Ah ! les premières fleurs, qu’elles sont parfumées !Et qu’il bruit avec un murmure charmantLe premier « oui » qui sort de lèvres bien-aimées ! XLV, Tristan Derème  La porte du jardin donne sur la ruelleEt c’est là qu’un beau soir elle est apparue, elleDe qui l’amour est clair, comme l’aube et l’azur.Elle m’attend. Le chat s’étire sur le mur.Elle m’attend. C’est le village après le steppe.Son sourire est léger comme une aile de guêpe.Elle m’attend sous la tonnelle de roseaux.Mon cœur est une cage où chantent mille oiseaux.Elle m’attend, elle regarde la pendule.J’arriverai dans la tiédeur du crépuscule,Et quand je la verrai me tendre les deux mains,Les roses de juillet pleuvront sur les chemins.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Nevermore, Paul Verlaine  Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L’automneFaisait voler la grive à travers l’air atone,Et le soleil dardait un rayon monotoneSur le bois jaunissant où la bise détone.Nous étions seul à seule et marchions en rêvant,Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent.Soudain, tournant vers moi son regard émouvant :« Quel fut ton plus beau jour ? » fit sa voix d’or vivant,Sa voix douce et sonore, au frais timbre angélique.Un sourire discret lui donna la réplique,Et je baisai sa main blanche, dévotement.– Ah ! les premières fleurs, qu’elles sont parfumées !Et qu’il bruit avec un murmure charmantLe premier « oui » qui sort de lèvres bien-aimées ! XLV, Tristan Derème  La porte du jardin donne sur la ruelleEt c’est là qu’un beau soir elle est apparue, elleDe qui l’amour est clair, comme l’aube et l’azur.Elle m’attend. Le chat s’étire sur le mur.Elle m’attend. C’est le village après le steppe.Son sourire est léger comme une aile de guêpe.Elle m’attend sous la tonnelle de roseaux.Mon cœur est une cage où chantent mille oiseaux.Elle m’attend, elle regarde la pendule.J’arriverai dans la tiédeur du crépuscule,Et quand je la verrai me tendre les deux mains,Les roses de juillet pleuvront sur les chemins.]]></description>
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        <pubDate>Thu, 15 May 2025 14:28:43 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Romance, Jean Pellerin]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[]]></description>
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        <pubDate>Wed, 07 May 2025 11:04:03 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Laisse-moi, Gérard de Nerval]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Non, laisse-moi, je t&#039;en supplie ;En vain, si jeune et si jolie,Tu voudrais ranimer mon coeur :Ne vois-tu pas, à ma tristesse,Que mon front pâle et sans jeunesseNe doit plus sourire au bonheur ?Quand l&#039;hiver aux froides haleinesDes fleurs qui brillent dans nos plainesGlace le sein épanoui,Qui peut rendre à la feuille morteSes parfums que la brise emporteEt son éclat évanoui !Oh ! si je t&#039;avais rencontréeAlors que mon âme enivréePalpitait de vie et d&#039;amours,Avec quel transport, quel délireJ&#039;aurais accueilli ton sourireDont le charme eût nourri mes jours.Mais à présent, Ô jeune fille !Ton regard, c&#039;est l&#039;astre qui brilleAux yeux troublés des matelots,Dont la barque en proie au naufrage,A l&#039;instant où cesse l&#039;orageSe brise et s&#039;enfuit sous les flots.Non, laisse-moi, je t&#039;en supplie ;En vain, si jeune et si jolie,Tu voudrais ranimer mon coeur :Sur ce front pâle et sans jeunesseNe vois-tu pas que la tristesseA banni l&#039;espoir du bonheur ?]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Non, laisse-moi, je t&#039;en supplie ;En vain, si jeune et si jolie,Tu voudrais ranimer mon coeur :Ne vois-tu pas, à ma tristesse,Que mon front pâle et sans jeunesseNe doit plus sourire au bonheur ?Quand l&#039;hiver aux froides haleinesDes fleurs qui brillent dans nos plainesGlace le sein épanoui,Qui peut rendre à la feuille morteSes parfums que la brise emporteEt son éclat évanoui !Oh ! si je t&#039;avais rencontréeAlors que mon âme enivréePalpitait de vie et d&#039;amours,Avec quel transport, quel délireJ&#039;aurais accueilli ton sourireDont le charme eût nourri mes jours.Mais à présent, Ô jeune fille !Ton regard, c&#039;est l&#039;astre qui brilleAux yeux troublés des matelots,Dont la barque en proie au naufrage,A l&#039;instant où cesse l&#039;orageSe brise et s&#039;enfuit sous les flots.Non, laisse-moi, je t&#039;en supplie ;En vain, si jeune et si jolie,Tu voudrais ranimer mon coeur :Sur ce front pâle et sans jeunesseNe vois-tu pas que la tristesseA banni l&#039;espoir du bonheur ?]]></description>
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        <pubDate>Wed, 30 Apr 2025 11:43:27 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Un amour de lumière, Pierre Perrin]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[J’aurais tant voulu vivre un amour de lumièreEt combler une femme à la fois mon amanteEt ma mère, avec qui, le jour, la nuit, liésTout n’eût été qu’espoir, partage et démesure.Cette femme, un matin, est entrée dans ma vie.Elle a souri, m’a pris la main, m’a entraînéSur ses pas, dans un lit, vers son âme avec grâce.Par son corps et son rire, elle était l’avenir.Naturelle, attentive, ingénieuse et secrète,Elle se livrait nue comme on roule dans l’herbe ;Elle ouvrait le mystère, agrandissait le temps.Pourquoi tout a croulé ? Pourquoi a-t-il falluQue le bonheur explose, et revienne l’absence ?Qui gouverne la vie sinon, partout la mort ? ]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[J’aurais tant voulu vivre un amour de lumièreEt combler une femme à la fois mon amanteEt ma mère, avec qui, le jour, la nuit, liésTout n’eût été qu’espoir, partage et démesure.Cette femme, un matin, est entrée dans ma vie.Elle a souri, m’a pris la main, m’a entraînéSur ses pas, dans un lit, vers son âme avec grâce.Par son corps et son rire, elle était l’avenir.Naturelle, attentive, ingénieuse et secrète,Elle se livrait nue comme on roule dans l’herbe ;Elle ouvrait le mystère, agrandissait le temps.Pourquoi tout a croulé ? Pourquoi a-t-il falluQue le bonheur explose, et revienne l’absence ?Qui gouverne la vie sinon, partout la mort ? ]]></description>
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        <pubDate>Thu, 24 Apr 2025 12:02:21 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Lorsque nous serons enfin des enfants, Jean Malrieu]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Lorsque nous serons enfin des enfants, nousnous dirons toutJusqu&#039;au frisson, lézard qui vit de peu dansla chaleur.Très tard, dans la cuisine, la vaisselle faite,L&#039;argenterie prise dans le tiroir comme lasource dans le gelNous voyagerons en regardant de vieilles cartespostalesDans des villes que n&#039;habite pas encore lamémoire.Sur la table, avec les trésors renversés desboîtes et des armoires,A partir de boutons dépareillés,Nous inventerons ce que furent nos habitsde gloire et de fumée.Ainsi, se souvenant de notre âge futur,Viendra vers nous l&#039;amour qui s&#039;appelle Toujours.Il habite au jardin de notre destinée.Sa main descend le temps qui nous a oubliésEt découvre la vie noyée dans la lumière.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Lorsque nous serons enfin des enfants, nousnous dirons toutJusqu&#039;au frisson, lézard qui vit de peu dansla chaleur.Très tard, dans la cuisine, la vaisselle faite,L&#039;argenterie prise dans le tiroir comme lasource dans le gelNous voyagerons en regardant de vieilles cartespostalesDans des villes que n&#039;habite pas encore lamémoire.Sur la table, avec les trésors renversés desboîtes et des armoires,A partir de boutons dépareillés,Nous inventerons ce que furent nos habitsde gloire et de fumée.Ainsi, se souvenant de notre âge futur,Viendra vers nous l&#039;amour qui s&#039;appelle Toujours.Il habite au jardin de notre destinée.Sa main descend le temps qui nous a oubliésEt découvre la vie noyée dans la lumière.]]></description>
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        <pubDate>Thu, 17 Apr 2025 16:39:29 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Première soirée, Arthur Rimbaud]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Première soirée, Arthur Rimbaud Elle était fort déshabilléeEt de grands arbres indiscretsAux vitres jetaient leur feuilléeMalinement, tout près, tout près.Assise sur ma grande chaise,Mi-nue, elle joignait les mains.Sur le plancher frissonnaient d’aiseSes petits pieds si fins, si fins.Je regardai, couleur de cireUn petit rayon buissonnierPapillonner dans son sourireEt sur son sein, – mouche au rosier.Je baisai ses fines chevilles.Elle eut un doux rire brutalQui s’égrenait en claires trilles,Un joli rire de cristal.Les petits pieds sous la chemiseSe sauvèrent : « Veux-tu finir ! »La première audace permise,Le rire feignait de punir !Pauvrets palpitants sous ma lèvre,Je baisai doucement ses yeux :Elle jeta sa tête mièvreEn arrière : « Oh ! c’est encor mieux !Monsieur, j’ai deux mots à te dire… »Je lui jetai le reste au seinDans un baiser, qui la fit rireD’un bon rire qui voulait bien…Elle était fort déshabilléeEt de grands arbres indiscretsAux vitres jetaient leur feuilléeMalinement, tout près, tout près.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Première soirée, Arthur Rimbaud Elle était fort déshabilléeEt de grands arbres indiscretsAux vitres jetaient leur feuilléeMalinement, tout près, tout près.Assise sur ma grande chaise,Mi-nue, elle joignait les mains.Sur le plancher frissonnaient d’aiseSes petits pieds si fins, si fins.Je regardai, couleur de cireUn petit rayon buissonnierPapillonner dans son sourireEt sur son sein, – mouche au rosier.Je baisai ses fines chevilles.Elle eut un doux rire brutalQui s’égrenait en claires trilles,Un joli rire de cristal.Les petits pieds sous la chemiseSe sauvèrent : « Veux-tu finir ! »La première audace permise,Le rire feignait de punir !Pauvrets palpitants sous ma lèvre,Je baisai doucement ses yeux :Elle jeta sa tête mièvreEn arrière : « Oh ! c’est encor mieux !Monsieur, j’ai deux mots à te dire… »Je lui jetai le reste au seinDans un baiser, qui la fit rireD’un bon rire qui voulait bien…Elle était fort déshabilléeEt de grands arbres indiscretsAux vitres jetaient leur feuilléeMalinement, tout près, tout près.]]></description>
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        <pubDate>Wed, 09 Apr 2025 09:36:53 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[L&#039;amour ressemble, Marguerite de France - La belle Crépusculaire, Tristan L&#039;Hermite]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[L&#039;amour ressemble  L&#039;amour ressemble un champ, le laboureur l&#039;amant;L&#039;un et l&#039;autre présument, à la fin de l&#039;année,Selon qu&#039;elle sera mauvaise ou fortunée,Moissonner le chardon, la paille ou le froment. La paille est la douceur d&#039;un vain contentement,Mais le vent la dérobe aussitôt qu&#039;elle est née;Le chardon, la rigueur d&#039;une Dame obstinée;Et la grâce est le grain qu&#039;on recueille en l&#039;aimant. L&#039;amant ne peut gagner, pour service qu&#039;il fasse,Un point d&#039;honneur plus haut qu&#039;être en la bonne grâceD&#039;une Dame accomplie, objet de sa langueur. La grâce vient du coeur, et toute autre espéranceS&#039;éloigne du devoir d&#039;honnête récompense.Que désire-t-on plus en amour que le coeur? La belle Crépusculaire Sur la fin de son cours le Soleil sommeillaitEt déjà ses coursiers abordaient la marine,Quand Élise passa dans un char qui brillaitDe la seule splendeur de sa beauté divine.Mille appas éclatants qui font un nouveau jourEt qui sont couronnés d&#039;une grâce immortelle,Les rayons de la gloire et les feux de l&#039;amourÉblouissaient la vue et brûlaient avec elle.Je regardais coucher le bel astre des cieux,Lorsque ce grand éclat me vint frapper les yeux,Et de cet accident ma raison fut surprise.Mon désordre fut grand, je ne le cèle pas.Voyant baisser le jour et rencontrant Élise,Je crus que le Soleil revenait sur ses pas.  ]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[L&#039;amour ressemble  L&#039;amour ressemble un champ, le laboureur l&#039;amant;L&#039;un et l&#039;autre présument, à la fin de l&#039;année,Selon qu&#039;elle sera mauvaise ou fortunée,Moissonner le chardon, la paille ou le froment. La paille est la douceur d&#039;un vain contentement,Mais le vent la dérobe aussitôt qu&#039;elle est née;Le chardon, la rigueur d&#039;une Dame obstinée;Et la grâce est le grain qu&#039;on recueille en l&#039;aimant. L&#039;amant ne peut gagner, pour service qu&#039;il fasse,Un point d&#039;honneur plus haut qu&#039;être en la bonne grâceD&#039;une Dame accomplie, objet de sa langueur. La grâce vient du coeur, et toute autre espéranceS&#039;éloigne du devoir d&#039;honnête récompense.Que désire-t-on plus en amour que le coeur? La belle Crépusculaire Sur la fin de son cours le Soleil sommeillaitEt déjà ses coursiers abordaient la marine,Quand Élise passa dans un char qui brillaitDe la seule splendeur de sa beauté divine.Mille appas éclatants qui font un nouveau jourEt qui sont couronnés d&#039;une grâce immortelle,Les rayons de la gloire et les feux de l&#039;amourÉblouissaient la vue et brûlaient avec elle.Je regardais coucher le bel astre des cieux,Lorsque ce grand éclat me vint frapper les yeux,Et de cet accident ma raison fut surprise.Mon désordre fut grand, je ne le cèle pas.Voyant baisser le jour et rencontrant Élise,Je crus que le Soleil revenait sur ses pas.  ]]></description>
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        <pubDate>Fri, 04 Apr 2025 11:06:14 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[A son altesse royale, Madame la princesse de Suède, Voltaire ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Souvent la plus belle princesse Languit dans l&#039;âge du bonheur; L&#039;étiquette de la grandeur, Quand rien n&#039;occupe et n&#039;intéresse. Laisse un vide afTreux dans le cœur. Souvent même un grand roi s&#039;étonne. Entouré de sujets soumis, Que tout l&#039;éclat de sa couronne Jamais en secret ne lui donne Ce bonheur qu&#039;elle avait promis. On croirait que le jeu console ; Mais l&#039;Ennui vient à pas comptés,A la table d&#039;un cavagnole. S&#039;asseoir entre des majestés]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Souvent la plus belle princesse Languit dans l&#039;âge du bonheur; L&#039;étiquette de la grandeur, Quand rien n&#039;occupe et n&#039;intéresse. Laisse un vide afTreux dans le cœur. Souvent même un grand roi s&#039;étonne. Entouré de sujets soumis, Que tout l&#039;éclat de sa couronne Jamais en secret ne lui donne Ce bonheur qu&#039;elle avait promis. On croirait que le jeu console ; Mais l&#039;Ennui vient à pas comptés,A la table d&#039;un cavagnole. S&#039;asseoir entre des majestés]]></description>
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        <pubDate>Wed, 26 Mar 2025 16:05:23 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Premier sourire de printemps, Théophile Gautier]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Tandis qu’à leurs œuvres perversesLes hommes courent haletants,Mars qui rit, malgré les averses,Prépare en secret le printemps.Pour les petites pâquerettes,Sournoisement lorsque tout dort,II repasse des collerettesEt cisèle des boutons-d’or.Dans le verger et dans la vigne,II s’en va, furtif perruquier,Avec une houppe de cygne,Poudrer à frimas l’amandier.La nature au lit se repose ;Lui, descend au jardin désertEt lace les boutons de roseDans leur corset de velours vert.Tout en composant des solfègesQu’aux merles il siffle à mi-voix,II sème aux prés les perce-neigeEt les violettes au bois.Sur le cresson de la fontaineOù le cerf boit, l’oreille au guet,De sa main cachée il égrèneLes grelots d’argent du muguet.Sous l’herbe, pour que tu la cueilles,II met la fraise au teint vermeil,Et te tresse un chapeau de feuillesPour te garantir du soleil.Puis, lorsque sa besogne est faite,Et que son règne va finir,Au seuil d’avril tournant la tête,II dit : « Printemps, tu peux venir ! »Théophile Gautier (1811-1872)]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Tandis qu’à leurs œuvres perversesLes hommes courent haletants,Mars qui rit, malgré les averses,Prépare en secret le printemps.Pour les petites pâquerettes,Sournoisement lorsque tout dort,II repasse des collerettesEt cisèle des boutons-d’or.Dans le verger et dans la vigne,II s’en va, furtif perruquier,Avec une houppe de cygne,Poudrer à frimas l’amandier.La nature au lit se repose ;Lui, descend au jardin désertEt lace les boutons de roseDans leur corset de velours vert.Tout en composant des solfègesQu’aux merles il siffle à mi-voix,II sème aux prés les perce-neigeEt les violettes au bois.Sur le cresson de la fontaineOù le cerf boit, l’oreille au guet,De sa main cachée il égrèneLes grelots d’argent du muguet.Sous l’herbe, pour que tu la cueilles,II met la fraise au teint vermeil,Et te tresse un chapeau de feuillesPour te garantir du soleil.Puis, lorsque sa besogne est faite,Et que son règne va finir,Au seuil d’avril tournant la tête,II dit : « Printemps, tu peux venir ! »Théophile Gautier (1811-1872)]]></description>
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        <pubDate>Wed, 19 Mar 2025 14:24:57 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Dans la rue des Blancs-Manteaux, Jean-Paul Sartre - Vous N&#039;écrivez Plus, Max Jacob]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Dans la rue des Blancs-ManteauxDans la rue des Blancs-ManteauxIls ont élevé des tréteauxEt mis du son dans un seauEt c’était un échafaudDans la rue des Blancs-ManteauxDans la rue des Blancs-ManteauxLe bourreau s’est levé tôtC’est qu’il avait du boulotFaut qu’il coupe des générauxDes évêques, des amiraux,Dans la rue des Blancs-ManteauxDans la rue des Blancs-ManteauxSont venues des dames comme il fautAvec de beaux affûtiauxMais la tête leur faisait défautElle avait roulé de son hautLa tête avec le chapeauDans le ruisseau des Blancs-Manteaux]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Dans la rue des Blancs-ManteauxDans la rue des Blancs-ManteauxIls ont élevé des tréteauxEt mis du son dans un seauEt c’était un échafaudDans la rue des Blancs-ManteauxDans la rue des Blancs-ManteauxLe bourreau s’est levé tôtC’est qu’il avait du boulotFaut qu’il coupe des générauxDes évêques, des amiraux,Dans la rue des Blancs-ManteauxDans la rue des Blancs-ManteauxSont venues des dames comme il fautAvec de beaux affûtiauxMais la tête leur faisait défautElle avait roulé de son hautLa tête avec le chapeauDans le ruisseau des Blancs-Manteaux]]></description>
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        <pubDate>Thu, 13 Mar 2025 14:25:56 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[La voie lactée, René-François Sully Prudhomme]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Aux étoiles j&#039;ai dit un soir :« Vous ne paraissez pas heureuses ;Vos lueurs, dans l&#039;infini noir,Ont des tendresses douloureuses ;« Et je crois voir au firmamentUn deuil blanc mené par des viergesQui portent d&#039;innombrables ciergesEt se suivent languissamment.« Êtes-vous toujours en prière ?Êtes-vous des astres blessés ?Car ce sont des pleurs de lumière,Non des rayons, que vous versez.« Vous, les étoiles, les aïeulesDes créatures et des dieux,Vous avez des pleurs dans les yeux... »Elles m&#039;ont dit : « Nous sommes seules...« Chacune de nous est très loinDes sœurs dont tu la crois voisine ;Sa clarté caressante et fineDans sa patrie est sans témoin ;« Et l&#039;intime ardeur de ses flammesExpire aux cieux indifférents. »Je leur ai dit : « Je vous comprends !Car vous ressemblez à des âmes :« Ainsi que vous, chacune luitLoin des sœurs qui semblent près d&#039;elle,Et la solitaire immortelleBrûle en silence dans la nuit. »]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Aux étoiles j&#039;ai dit un soir :« Vous ne paraissez pas heureuses ;Vos lueurs, dans l&#039;infini noir,Ont des tendresses douloureuses ;« Et je crois voir au firmamentUn deuil blanc mené par des viergesQui portent d&#039;innombrables ciergesEt se suivent languissamment.« Êtes-vous toujours en prière ?Êtes-vous des astres blessés ?Car ce sont des pleurs de lumière,Non des rayons, que vous versez.« Vous, les étoiles, les aïeulesDes créatures et des dieux,Vous avez des pleurs dans les yeux... »Elles m&#039;ont dit : « Nous sommes seules...« Chacune de nous est très loinDes sœurs dont tu la crois voisine ;Sa clarté caressante et fineDans sa patrie est sans témoin ;« Et l&#039;intime ardeur de ses flammesExpire aux cieux indifférents. »Je leur ai dit : « Je vous comprends !Car vous ressemblez à des âmes :« Ainsi que vous, chacune luitLoin des sœurs qui semblent près d&#039;elle,Et la solitaire immortelleBrûle en silence dans la nuit. »]]></description>
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        <pubDate>Wed, 05 Mar 2025 14:39:03 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Première solitude, René-François Sully Prudhomme]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[On voit dans les sombres écolesDes petits qui pleurent toujours ;Les autres font leurs cabrioles,Eux, ils restent au fond des cours.Leurs blouses sont très bien tirées,Leurs pantalons en bon état,Leurs chaussures toujours cirées ;Ils ont l&#039;air sage et délicat.Les forts les appellent des filles,Et les malins des innocents :Ils sont doux, ils donnent leurs billes,Ils ne seront pas commerçants.Les plus poltrons leur font des niches,Et les gourmands sont leurs copains ;Leurs camarades les croient riches,Parce qu&#039;ils se lavent les mains.Ils frissonnent sous l&#039;œil du maître,Son ombre les rend malheureux.Ces enfants n&#039;auraient pas dû naître,L&#039;enfance est trop dure pour eux !Oh ! La leçon qui n&#039;est pas sue,Le devoir qui n&#039;est pas fini !Une réprimande reçue,Le déshonneur d&#039;être puni !Tout leur est terreur et martyre :Le jour, c&#039;est la cloche, et, le soir,Quand le maître enfin se retire,C&#039;est le désert du grand dortoir ;La lueur des lampes y trembleSur les linceuls des lits de fer ;Le sifflet des dormeurs ressembleAu vent sur les tombes, l&#039;hiver.Pendant que les autres sommeillent,Faits au coucher de la prison,Ils pensent au dimanche, ils veillentPour se rappeler la maison ;Ils songent qu&#039;ils dormaient naguèresDouillettement ensevelisDans les berceaux, et que les mèresLes prenaient parfois dans leurs lits.Ô mères, coupables absentes,Qu&#039;alors vous leur paraissez loin !À ces créatures naissantesIl manque un indicible soin ;On leur a donné les chemises,Les couvertures qu&#039;il leur faut :D&#039;autres que vous les leur ont mises,Elles ne leur tiennent pas chaud.Mais, tout ingrates que vous êtes,Ils ne peuvent vous oublier,Et cachent leurs petites têtes,En sanglotant, sous l&#039;oreiller.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[On voit dans les sombres écolesDes petits qui pleurent toujours ;Les autres font leurs cabrioles,Eux, ils restent au fond des cours.Leurs blouses sont très bien tirées,Leurs pantalons en bon état,Leurs chaussures toujours cirées ;Ils ont l&#039;air sage et délicat.Les forts les appellent des filles,Et les malins des innocents :Ils sont doux, ils donnent leurs billes,Ils ne seront pas commerçants.Les plus poltrons leur font des niches,Et les gourmands sont leurs copains ;Leurs camarades les croient riches,Parce qu&#039;ils se lavent les mains.Ils frissonnent sous l&#039;œil du maître,Son ombre les rend malheureux.Ces enfants n&#039;auraient pas dû naître,L&#039;enfance est trop dure pour eux !Oh ! La leçon qui n&#039;est pas sue,Le devoir qui n&#039;est pas fini !Une réprimande reçue,Le déshonneur d&#039;être puni !Tout leur est terreur et martyre :Le jour, c&#039;est la cloche, et, le soir,Quand le maître enfin se retire,C&#039;est le désert du grand dortoir ;La lueur des lampes y trembleSur les linceuls des lits de fer ;Le sifflet des dormeurs ressembleAu vent sur les tombes, l&#039;hiver.Pendant que les autres sommeillent,Faits au coucher de la prison,Ils pensent au dimanche, ils veillentPour se rappeler la maison ;Ils songent qu&#039;ils dormaient naguèresDouillettement ensevelisDans les berceaux, et que les mèresLes prenaient parfois dans leurs lits.Ô mères, coupables absentes,Qu&#039;alors vous leur paraissez loin !À ces créatures naissantesIl manque un indicible soin ;On leur a donné les chemises,Les couvertures qu&#039;il leur faut :D&#039;autres que vous les leur ont mises,Elles ne leur tiennent pas chaud.Mais, tout ingrates que vous êtes,Ils ne peuvent vous oublier,Et cachent leurs petites têtes,En sanglotant, sous l&#039;oreiller.]]></description>
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        <pubDate>Thu, 27 Feb 2025 12:09:26 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[De sa grande amie, Clément Marot]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Dedans Paris, ville jolie,Un jour, passant mélancolie,Je pris alliance nouvelleA la plus gaie demoiselleQui soit d&#039;ici en Italie.D&#039;honnêteté elle est saisieEt crois (selon ma fantaisie)Qu&#039;il n&#039;en est guère de plus belleDedans Paris.Je ne vous la nommerai mie,Sinon, que c&#039;est ma grande Amie,Car l&#039;alliance se fit telle,Par un doux baiser, que j&#039;eus d&#039;elleSans penser aucune infamie,Dedans Paris.]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Fri, 21 Feb 2025 14:48:49 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Réponse à la pièce intitulée Le cœur du Chevalier de Boufflers, Voltaire  ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Certaine dame honnête et savante, et profonde,Ayant lu le traité du cœur, Disait en se pâmant : « Que j&#039;aime cet auteur ! Ah! je vois bien qu&#039;il a le plus grand cœur du monde!« De mon heureux printemps j&#039;ai vu passer la fleur: Le cœur pourtant me parle encore :Du nom de Petit-Cœur quand mon amant m&#039;honore, Je sens qu&#039;il me fait trop d&#039;honneur. »Hélas! faibles humains, quels destins sont les nôtres! Qu&#039;on a mal placé les grandeurs! Qu&#039;on serait heureux si les cœurs Étaient faits les uns pour les autres!  ]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Certaine dame honnête et savante, et profonde,Ayant lu le traité du cœur, Disait en se pâmant : « Que j&#039;aime cet auteur ! Ah! je vois bien qu&#039;il a le plus grand cœur du monde!« De mon heureux printemps j&#039;ai vu passer la fleur: Le cœur pourtant me parle encore :Du nom de Petit-Cœur quand mon amant m&#039;honore, Je sens qu&#039;il me fait trop d&#039;honneur. »Hélas! faibles humains, quels destins sont les nôtres! Qu&#039;on a mal placé les grandeurs! Qu&#039;on serait heureux si les cœurs Étaient faits les uns pour les autres!  ]]></description>
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        <pubDate>Fri, 14 Feb 2025 11:37:29 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Impromptu, Voltaire ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Il faut penser, sans quoi l&#039;homme devient, Malgré son âme, un vrai cheval de somme : Il faut aimer, c&#039;est ce qui nous soutient ; Sans rien aimer, il est triste d&#039;être homme.Il faut avoir douce sociétéDe gens savants, instruits sans suffisance,Et de plaisirs grande variété,Sans quoi les jours sont plus longs qu&#039;on ne pense.Il faut avoir un ami qu&#039;en tout temps. Pour son honheur, on écoute, on consulte. Qui puisse rendre à notre âme en tumulte Les maux moins vifs et les plaisirs plus grands.Il faut, le soir, un souper délectable. Où l&#039;on soit libre, où l&#039;on goûte à propos Les mets exquis, les bons vins, les bons mots ; Et sans être ivre il faut sortir de table.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Il faut penser, sans quoi l&#039;homme devient, Malgré son âme, un vrai cheval de somme : Il faut aimer, c&#039;est ce qui nous soutient ; Sans rien aimer, il est triste d&#039;être homme.Il faut avoir douce sociétéDe gens savants, instruits sans suffisance,Et de plaisirs grande variété,Sans quoi les jours sont plus longs qu&#039;on ne pense.Il faut avoir un ami qu&#039;en tout temps. Pour son honheur, on écoute, on consulte. Qui puisse rendre à notre âme en tumulte Les maux moins vifs et les plaisirs plus grands.Il faut, le soir, un souper délectable. Où l&#039;on soit libre, où l&#039;on goûte à propos Les mets exquis, les bons vins, les bons mots ; Et sans être ivre il faut sortir de table.]]></description>
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        <pubDate>Fri, 07 Feb 2025 10:46:04 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Sonnet, Sully Prudhomme et La vieillesse, Sully Prudhomme]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[SonnetÀ vingt ans on a l’œil difficile et très fier :On ne regarde pas la première venue,Mais la plus belle ! et, plein d’une extase ingénue,On prend pour de l’amour le désir né d’hier. Plus tard, quand on a fait l’apprentissage amer,Le prestige insolent des grands yeux diminue,Et d’autres, d’une grâce autrefois méconnue,Révèlent un trésor plus intime et plus cher. Mais on ne fait jamais que changer d’infortune :À l’âge où l’on croyait n’en pouvoir aimer qu’une,C’est par elle déjà qu’on apprit à souffrir ; Puis, quand on reconnaît que plus d’une est charmante,On sent qu’il est trop tard pour choisir une amante,Et que le cœur n’a plus la force de s’ouvrir.Sully Prudhomme]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[SonnetÀ vingt ans on a l’œil difficile et très fier :On ne regarde pas la première venue,Mais la plus belle ! et, plein d’une extase ingénue,On prend pour de l’amour le désir né d’hier. Plus tard, quand on a fait l’apprentissage amer,Le prestige insolent des grands yeux diminue,Et d’autres, d’une grâce autrefois méconnue,Révèlent un trésor plus intime et plus cher. Mais on ne fait jamais que changer d’infortune :À l’âge où l’on croyait n’en pouvoir aimer qu’une,C’est par elle déjà qu’on apprit à souffrir ; Puis, quand on reconnaît que plus d’une est charmante,On sent qu’il est trop tard pour choisir une amante,Et que le cœur n’a plus la force de s’ouvrir.Sully Prudhomme]]></description>
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        <pubDate>Fri, 31 Jan 2025 11:45:04 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[ Édifications, Charles Charras]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[]]></description>
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        <pubDate>Fri, 24 Jan 2025 10:42:32 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Chance, Paul Geraldy et Adieux, Louise de Vilmorin]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[ChanceEt pourtant, nous pouvions ne jamais nous connaître!Mon amour, imaginez-voustout ce que le Sort dû permettrepour que l&#039;on soit là, qu&#039;on s&#039;aime, et pour que ce soit nous?Tu dis: «Nous étions nés l&#039;un pour l&#039;autre». Mais penseà ce qu&#039;il a dû falloir de chances, de concours,de causes, de coïncidences,pour réaliser ça, simplement, notre amour!Songe qu&#039;avant d&#039;unir nos têtes vagabondes,nous avons vécu seuls, séparés, égarés,et que c&#039;est long, le temps, et que c&#039;est grand, le monde,et que nous aurions pu ne pas nous rencontrer.As-tu jamais pensé, ma jolie aventure,aux dangers que courut notre pauvre bonheurquand l&#039;un vers l&#039;autre, au fond de l&#039;infinie nature,mystérieusement gravitaient nos deux coeurs?Sais-tu que cette course était bien incertainequi vers un soir nous conduisait,et qu&#039;un caprice, une migraine,pouvaient nous écarter l&#039;un de l&#039;autre à jamais?Je ne t&#039;ai jamais dit cette chose inouïe:lorsque je t&#039;aperçus pour la première fois,je ne vis pas d&#039;abord que tu étais jolie.Je pris à peine garde à toi.Ton amie m&#039;occupait bien plus, avec son rire.C&#039;est tard, très tard, que nos regards se sont croisés.Songe, nous aurions pu ne pas savoir y lire,et toi ne pas comprendre, et moi ne pas oser.Où serions-nous ce soir si, ce soir-là, ta mèret&#039;avait reprise un peu plus tôt?Et si tu n&#039;avais pas rougi, sous les lumières,quand je voulus t&#039;aider à mettre ton manteau?Car souviens-toi, ce furent là toutes les causes.Un retard, un empêchement,et rien n&#039;aurait été du cher enivrement,de l&#039;exquise métamorphose!Notre amour aurait pu ne jamais advenir !Tu pourrais aujourd&#039;hui n&#039;être pas dans ma vie !...Mon petit coeur, mon coeur, ma petite chérie,je pense à cette maladiedont vous avez failli mourir...Paul Géraldy]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[ChanceEt pourtant, nous pouvions ne jamais nous connaître!Mon amour, imaginez-voustout ce que le Sort dû permettrepour que l&#039;on soit là, qu&#039;on s&#039;aime, et pour que ce soit nous?Tu dis: «Nous étions nés l&#039;un pour l&#039;autre». Mais penseà ce qu&#039;il a dû falloir de chances, de concours,de causes, de coïncidences,pour réaliser ça, simplement, notre amour!Songe qu&#039;avant d&#039;unir nos têtes vagabondes,nous avons vécu seuls, séparés, égarés,et que c&#039;est long, le temps, et que c&#039;est grand, le monde,et que nous aurions pu ne pas nous rencontrer.As-tu jamais pensé, ma jolie aventure,aux dangers que courut notre pauvre bonheurquand l&#039;un vers l&#039;autre, au fond de l&#039;infinie nature,mystérieusement gravitaient nos deux coeurs?Sais-tu que cette course était bien incertainequi vers un soir nous conduisait,et qu&#039;un caprice, une migraine,pouvaient nous écarter l&#039;un de l&#039;autre à jamais?Je ne t&#039;ai jamais dit cette chose inouïe:lorsque je t&#039;aperçus pour la première fois,je ne vis pas d&#039;abord que tu étais jolie.Je pris à peine garde à toi.Ton amie m&#039;occupait bien plus, avec son rire.C&#039;est tard, très tard, que nos regards se sont croisés.Songe, nous aurions pu ne pas savoir y lire,et toi ne pas comprendre, et moi ne pas oser.Où serions-nous ce soir si, ce soir-là, ta mèret&#039;avait reprise un peu plus tôt?Et si tu n&#039;avais pas rougi, sous les lumières,quand je voulus t&#039;aider à mettre ton manteau?Car souviens-toi, ce furent là toutes les causes.Un retard, un empêchement,et rien n&#039;aurait été du cher enivrement,de l&#039;exquise métamorphose!Notre amour aurait pu ne jamais advenir !Tu pourrais aujourd&#039;hui n&#039;être pas dans ma vie !...Mon petit coeur, mon coeur, ma petite chérie,je pense à cette maladiedont vous avez failli mourir...Paul Géraldy]]></description>
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        <pubDate>Tue, 17 Dec 2024 11:04:14 +0100</pubDate>
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        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Comme alors et Ici-bas, Sully Prudhomme]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Comme alorsQuand j&#039;étais tout enfant, ma boucheIgnorait un langage appris :Du fond de mon étroite coucheJ&#039;appelais les soins par des cris ;Ma peine était la peur cruelleDe perdre un jouet dans mes draps,Et ma convoitise était celleQui supplie en tendant les bras.Maintenant que sans être aidéesMes lèvres parlent couramment,J&#039;ai moins de signes que d&#039;idées :On a changé mon bégaiement.Et maintenant que les caressesNe me bercent plus quand je dors,J&#039;ai d&#039;inexprimables tendresses,Et je tends les bras comme alors.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Comme alorsQuand j&#039;étais tout enfant, ma boucheIgnorait un langage appris :Du fond de mon étroite coucheJ&#039;appelais les soins par des cris ;Ma peine était la peur cruelleDe perdre un jouet dans mes draps,Et ma convoitise était celleQui supplie en tendant les bras.Maintenant que sans être aidéesMes lèvres parlent couramment,J&#039;ai moins de signes que d&#039;idées :On a changé mon bégaiement.Et maintenant que les caressesNe me bercent plus quand je dors,J&#039;ai d&#039;inexprimables tendresses,Et je tends les bras comme alors.]]></description>
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        <pubDate>Fri, 13 Dec 2024 10:16:34 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Sur Paris, Paul Scarron et Jardins, Francis Carco]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Sur ParisUn amas confus de maisonsDes crottes dans toutes les ruesPonts, églises, palais, prisonsBoutiques bien ou mal pourvuesForce gens noirs, blancs, roux, grisonsDes prudes, des filles perdues,Des meurtres et des trahisonsDes gens de plume aux mains crochuesMaint poudré qui n&#039;a pas d&#039;argentMaint filou qui craint le sergentMaint fanfaron qui toujours tremble,Pages, laquais, voleurs de nuit,Carrosses, chevaux et grand bruitVoilà Paris que vous en semble ?Paul Scarron ]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Sur ParisUn amas confus de maisonsDes crottes dans toutes les ruesPonts, églises, palais, prisonsBoutiques bien ou mal pourvuesForce gens noirs, blancs, roux, grisonsDes prudes, des filles perdues,Des meurtres et des trahisonsDes gens de plume aux mains crochuesMaint poudré qui n&#039;a pas d&#039;argentMaint filou qui craint le sergentMaint fanfaron qui toujours tremble,Pages, laquais, voleurs de nuit,Carrosses, chevaux et grand bruitVoilà Paris que vous en semble ?Paul Scarron ]]></description>
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        <pubDate>Fri, 06 Dec 2024 10:34:32 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[ Fin d’automne, Germain Nouveau]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Fin d’automneC’est le soir au jardin du Luxembourg ; les portesVont se fermer ; le jour qui meurt à l’horizonSemble un dernier adieu de la douce saison ;Le pied foule un tapis mourant de feuilles mortes.La nuit lente descend ; on entend s’apaiserDes passants attardés les pas et les murmures ;Les groupes, sur leur socle, au milieu des ramures,Pour conjurer le froid échangent un baiser.Car voici que l’Hiver s’avance, triste et sombre !Vous allez être seuls, ô pauvres marbres nus!Les amoureux discrets, à vous tous bien connus,Ne viendront de longtemps s’abriter à votre ombre.Un brouillard gris et fin s’estompe dans les airs ;Le mystère se fait dans les mornes alléesQue hanteront bientôt les bises désolées ;Les moineaux sont partis et les bancs sont déserts.Oh ! le triste retour des saisons enrhumées !Déjà sur votre épaule un frisson vient courir ;Déjà le coeur se serre et, comme pour s’ouvrir,Aspire au chaud parfum des chambres bien fermées.Germain NOUVEAU ]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Fin d’automneC’est le soir au jardin du Luxembourg ; les portesVont se fermer ; le jour qui meurt à l’horizonSemble un dernier adieu de la douce saison ;Le pied foule un tapis mourant de feuilles mortes.La nuit lente descend ; on entend s’apaiserDes passants attardés les pas et les murmures ;Les groupes, sur leur socle, au milieu des ramures,Pour conjurer le froid échangent un baiser.Car voici que l’Hiver s’avance, triste et sombre !Vous allez être seuls, ô pauvres marbres nus!Les amoureux discrets, à vous tous bien connus,Ne viendront de longtemps s’abriter à votre ombre.Un brouillard gris et fin s’estompe dans les airs ;Le mystère se fait dans les mornes alléesQue hanteront bientôt les bises désolées ;Les moineaux sont partis et les bancs sont déserts.Oh ! le triste retour des saisons enrhumées !Déjà sur votre épaule un frisson vient courir ;Déjà le coeur se serre et, comme pour s’ouvrir,Aspire au chaud parfum des chambres bien fermées.Germain NOUVEAU ]]></description>
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        <pubDate>Fri, 29 Nov 2024 12:47:54 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[A Mme Lullin, Voltaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[A Mme LullinHé quoi ! vous êtes étonnéeQu’au bout de quatre-vingts hivers,Ma Muse faible et surannéePuisse encor fredonner des vers ?Quelquefois un peu de verdureRit sous les glaçons de nos champs ;Elle console la nature,Mais elle sèche en peu de temps.Un oiseau peut se faire entendreAprès la saison des beaux jours ;Mais sa voix n’a plus rien de tendre,Il ne chante plus ses amours.Ainsi je touche encor ma lyreQui n’obéit plus à mes doigts ;Ainsi j’essaie encor ma voixAu moment même qu’elle expire.« Je veux dans mes derniers adieux,Disait Tibulle à son amante,Attacher mes yeux sur tes yeux,Te presser de ma main mourante. »Mais quand on sent qu’on va passer,Quand l’âme fuit avec la vie,A-t-on des yeux pour voir Délie,Et des mains pour la caresser ?Dans ce moment chacun oublieTout ce qu’il a fait en santé.Quel mortel s’est jamais flattéD’un rendez-vous à l’agonie ?Délie elle-même, à son tour,S’en va dans la nuit éternelle,En oubliant qu’elle fut belle,Et qu’elle a vécu pour l’amour.Nous naissons, nous vivons, bergère,Nous mourons sans savoir comment ;Chacun est parti du néant :Où va-t-il ?… Dieu le sait, ma chère.Voltaire]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[A Mme LullinHé quoi ! vous êtes étonnéeQu’au bout de quatre-vingts hivers,Ma Muse faible et surannéePuisse encor fredonner des vers ?Quelquefois un peu de verdureRit sous les glaçons de nos champs ;Elle console la nature,Mais elle sèche en peu de temps.Un oiseau peut se faire entendreAprès la saison des beaux jours ;Mais sa voix n’a plus rien de tendre,Il ne chante plus ses amours.Ainsi je touche encor ma lyreQui n’obéit plus à mes doigts ;Ainsi j’essaie encor ma voixAu moment même qu’elle expire.« Je veux dans mes derniers adieux,Disait Tibulle à son amante,Attacher mes yeux sur tes yeux,Te presser de ma main mourante. »Mais quand on sent qu’on va passer,Quand l’âme fuit avec la vie,A-t-on des yeux pour voir Délie,Et des mains pour la caresser ?Dans ce moment chacun oublieTout ce qu’il a fait en santé.Quel mortel s’est jamais flattéD’un rendez-vous à l’agonie ?Délie elle-même, à son tour,S’en va dans la nuit éternelle,En oubliant qu’elle fut belle,Et qu’elle a vécu pour l’amour.Nous naissons, nous vivons, bergère,Nous mourons sans savoir comment ;Chacun est parti du néant :Où va-t-il ?… Dieu le sait, ma chère.Voltaire]]></description>
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        <pubDate>Fri, 22 Nov 2024 13:16:17 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Chanson de grand-père, Victor Hugo]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Chanson de grand-pèreDansez, les petites filles,Toutes en rond.En vous voyant si gentilles,Les bois riront.Dansez, les petites reines,Toutes en rond.Les amoureux sous les frênesS&#039;embrasseront.Dansez, les petites folles,Toutes en rond.Les bouquins dans les écolesBougonneront.Dansez, les petites belles,Toutes en rond.Les oiseaux avec leurs ailesApplaudiront.Dansez, les petites fées,Toutes en rond.Dansez, de bleuets coiffées,L&#039;aurore au front.Dansez, les petites femmes,Toutes en rond.Les messieurs diront aux damesCe qu&#039;ils voudront.Victor Hugo.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Chanson de grand-pèreDansez, les petites filles,Toutes en rond.En vous voyant si gentilles,Les bois riront.Dansez, les petites reines,Toutes en rond.Les amoureux sous les frênesS&#039;embrasseront.Dansez, les petites folles,Toutes en rond.Les bouquins dans les écolesBougonneront.Dansez, les petites belles,Toutes en rond.Les oiseaux avec leurs ailesApplaudiront.Dansez, les petites fées,Toutes en rond.Dansez, de bleuets coiffées,L&#039;aurore au front.Dansez, les petites femmes,Toutes en rond.Les messieurs diront aux damesCe qu&#039;ils voudront.Victor Hugo.]]></description>
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        <pubDate>Fri, 15 Nov 2024 10:10:05 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Chanson de la dernière fois, Anna Akhmatova et l&#039;Amour, Anna Akhmatova]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Chanson de la dernière fois J’avais froid sans recours à la poitrine.Et pourtant je marchais légèrement.J’ai mis à la main droitele gant de la main gauche.J’ai pensé : il y a beaucoup de marches.Il y en a trois. Je le savais.Entre les érables une voix d’automneMe chuchotait : « Meurs avec moi ! »Il m’a trompée, il est lugubre,Il est changeant, méchant, mon destin.J’ai répondu : « Mon amour ! mon amour !Moi aussi ! Je vais mourir ! Avec toi !  »C’est la chanson de la dernière fois !J’ai jeté un coup d’œil dans la maison obscure.Rien, sinon, près du lit, dans la chambreLes bougies, leur lumière jaune, indifférente.Anna AkhmatovaL&#039;Amour C’est parfois un serpent magicien,Lové près de ton cœur.C’est parfois un pigeon qui roucoule,Sur la fenêtre blanche.C’est parfois sous le givre qui brilleLa vision d’une fleur.Mais mène, en secret, à coup sur,Loin de la joie tranquille.Il sait pleurer si doucementDans la prière du violon,Il fait peur quand on le devineSur des lèvres que jamais on n’avait vues.Anna Akhmatova ]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Chanson de la dernière fois J’avais froid sans recours à la poitrine.Et pourtant je marchais légèrement.J’ai mis à la main droitele gant de la main gauche.J’ai pensé : il y a beaucoup de marches.Il y en a trois. Je le savais.Entre les érables une voix d’automneMe chuchotait : « Meurs avec moi ! »Il m’a trompée, il est lugubre,Il est changeant, méchant, mon destin.J’ai répondu : « Mon amour ! mon amour !Moi aussi ! Je vais mourir ! Avec toi !  »C’est la chanson de la dernière fois !J’ai jeté un coup d’œil dans la maison obscure.Rien, sinon, près du lit, dans la chambreLes bougies, leur lumière jaune, indifférente.Anna AkhmatovaL&#039;Amour C’est parfois un serpent magicien,Lové près de ton cœur.C’est parfois un pigeon qui roucoule,Sur la fenêtre blanche.C’est parfois sous le givre qui brilleLa vision d’une fleur.Mais mène, en secret, à coup sur,Loin de la joie tranquille.Il sait pleurer si doucementDans la prière du violon,Il fait peur quand on le devineSur des lèvres que jamais on n’avait vues.Anna Akhmatova ]]></description>
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        <pubDate>Thu, 07 Nov 2024 11:39:39 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Au cabaret des assassins, Montmartre, Victor Meusy et Bonjour, Paris !, Francis Carco]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Bonjour, Paris !C’est toujours la même chanson,O mon amour, que je fredonne :Tout ce que j’ai, je te le donne,Nos cœurs battent à l’unisson.Sur les quais, le long de la Seine,À Montmartre, près des moulins,Mes souvenirs entrent en scène :Bonjour, Paris des assassins !Bonjour, Paris des midinettes,Des filles, des mauvais garçons,Des clochards et des bals-musettes !Si je te dois d’être poète,C’est sur un air d’accordéon.Francis Carco]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Bonjour, Paris !C’est toujours la même chanson,O mon amour, que je fredonne :Tout ce que j’ai, je te le donne,Nos cœurs battent à l’unisson.Sur les quais, le long de la Seine,À Montmartre, près des moulins,Mes souvenirs entrent en scène :Bonjour, Paris des assassins !Bonjour, Paris des midinettes,Des filles, des mauvais garçons,Des clochards et des bals-musettes !Si je te dois d’être poète,C’est sur un air d’accordéon.Francis Carco]]></description>
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        <pubDate>Thu, 31 Oct 2024 10:51:27 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Jamais, Alfred de Musset et Tristesse, Alfred de Musset]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[JamaisJamais, avez-vous dit, tandis qu&#039;autour de nousRésonnait de Schubert la plaintive musique ;Jamais, avez-vous dit, tandis que, malgré vous,Brillait de vos grands yeux l&#039;azur mélancolique.Jamais, répétiez-vous, pâle et d&#039;un air si douxQu&#039;on eût cru voir sourire une médaille antique.Mais des trésors secrets l&#039;instinct fier et pudiqueVous couvrit de rougeur, comme un voile jaloux.Quel mot vous prononcez, marquise, et quel dommage !Hélas ! je ne voyais ni ce charmant visage,Ni ce divin sourire, en vous parlant d&#039;aimer.Vos yeux bleus sont moins doux que votre âme n&#039;est belle.Même en les regardant, je ne regrettais qu&#039;elle,Et de voir dans sa fleur un tel coeur se fermer.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[JamaisJamais, avez-vous dit, tandis qu&#039;autour de nousRésonnait de Schubert la plaintive musique ;Jamais, avez-vous dit, tandis que, malgré vous,Brillait de vos grands yeux l&#039;azur mélancolique.Jamais, répétiez-vous, pâle et d&#039;un air si douxQu&#039;on eût cru voir sourire une médaille antique.Mais des trésors secrets l&#039;instinct fier et pudiqueVous couvrit de rougeur, comme un voile jaloux.Quel mot vous prononcez, marquise, et quel dommage !Hélas ! je ne voyais ni ce charmant visage,Ni ce divin sourire, en vous parlant d&#039;aimer.Vos yeux bleus sont moins doux que votre âme n&#039;est belle.Même en les regardant, je ne regrettais qu&#039;elle,Et de voir dans sa fleur un tel coeur se fermer.]]></description>
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        <pubDate>Thu, 24 Oct 2024 11:14:07 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Le vin des chiffonniers, Charles Baudelaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Souvent à la clarté rouge d’un réverbèreDont le vent bat la flamme et tourmente le verre,Au cœur d’un vieux faubourg, labyrinthe fangeuxOù l’humanité grouille en ferments orageux,On voit un chiffonnier qui vient, hochant la tête,Butant, et se cognant aux murs comme un poète,Et, sans prendre souci des mouchards, ses sujets,Epanche tout son cœur en glorieux projets.Il prête des serments, dicte des lois sublimes,Terrasse les méchants, relève les victimes,Et sous le firmament comme un dais suspenduS’enivre des splendeurs de sa propre vertu.Oui, ces gens harcelés de chagrins de ménageMoulus par le travail et tourmentés par l’âgeEreintés et pliant sous un tas de débris,Vomissement confus de l’énorme Paris,Reviennent, parfumés d’une odeur de futailles,Suivis de compagnons, blanchis dans les batailles,Dont la moustache pend comme les vieux drapeaux.Les bannières, les fleurs et les arcs triomphauxSe dressent devant eux, solennelle magie !Et dans l’étourdissante et lumineuse orgieDes clairons, du soleil, des cris et du tambour,Ils apportent la gloire au peuple ivre d’amour !C’est ainsi qu’à travers l’Humanité frivoleLe vin roule de l’or, éblouissant Pactole;Par le gosier de l’homme il chante ses exploitsEt règne par ses dons ainsi que les vrais rois.Pour noyer la rancœur et bercer l’indolenceDe tous ces vieux maudits qui meurent en silence,Dieu, touché de remords, avait fait le sommeil;L’Homme ajouta le Vin, fils sacré du Soleil !Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, 1857]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Souvent à la clarté rouge d’un réverbèreDont le vent bat la flamme et tourmente le verre,Au cœur d’un vieux faubourg, labyrinthe fangeuxOù l’humanité grouille en ferments orageux,On voit un chiffonnier qui vient, hochant la tête,Butant, et se cognant aux murs comme un poète,Et, sans prendre souci des mouchards, ses sujets,Epanche tout son cœur en glorieux projets.Il prête des serments, dicte des lois sublimes,Terrasse les méchants, relève les victimes,Et sous le firmament comme un dais suspenduS’enivre des splendeurs de sa propre vertu.Oui, ces gens harcelés de chagrins de ménageMoulus par le travail et tourmentés par l’âgeEreintés et pliant sous un tas de débris,Vomissement confus de l’énorme Paris,Reviennent, parfumés d’une odeur de futailles,Suivis de compagnons, blanchis dans les batailles,Dont la moustache pend comme les vieux drapeaux.Les bannières, les fleurs et les arcs triomphauxSe dressent devant eux, solennelle magie !Et dans l’étourdissante et lumineuse orgieDes clairons, du soleil, des cris et du tambour,Ils apportent la gloire au peuple ivre d’amour !C’est ainsi qu’à travers l’Humanité frivoleLe vin roule de l’or, éblouissant Pactole;Par le gosier de l’homme il chante ses exploitsEt règne par ses dons ainsi que les vrais rois.Pour noyer la rancœur et bercer l’indolenceDe tous ces vieux maudits qui meurent en silence,Dieu, touché de remords, avait fait le sommeil;L’Homme ajouta le Vin, fils sacré du Soleil !Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, 1857]]></description>
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        <pubDate>Fri, 18 Oct 2024 10:20:45 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[À M. Haussmann, Charles Cros et Sérénade, Théophile Gautier]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[À M. Haussmann, Charles Cros.La maison est démolie,Le petit nid est en l’airOù j’eus ton cœur et ta chair,Ma maîtresse si jolie !... Je vois toujours dans l’ouest clairCette comète abolie.Tombez pierre, ciment, fer !L’amour jamais ne s’oublie. Démolissez les maisons,Changez le cours des saisons,Plongez-moi dans l’opulence, Vous ne pourrez effacerLa trace de son baiser.Le vrai c’est ce que je pense.Charles Cros.Sérénade Sur le balcon où tu te penchesJe veux monter… efforts perdus !Il est trop haut, et tes mains blanchesN’atteignent pas mes bras tendus.Pour déjouer ta duègne avare,Jette un collier, un ruban d’or ;Ou des cordes de ta guitareTresse une échelle, ou bien encor…Ôte tes fleurs, défais ton peigne,Penche sur moi tes cheveux longs,Torrent de jais dont le flot baigneTa jambe ronde et tes talons.Aidé par cette échelle étrange,Légèrement je gravirai,Et jusqu’au ciel, sans être un ange,Dans les parfums je monterai !Théophile Gautier.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[À M. Haussmann, Charles Cros.La maison est démolie,Le petit nid est en l’airOù j’eus ton cœur et ta chair,Ma maîtresse si jolie !... Je vois toujours dans l’ouest clairCette comète abolie.Tombez pierre, ciment, fer !L’amour jamais ne s’oublie. Démolissez les maisons,Changez le cours des saisons,Plongez-moi dans l’opulence, Vous ne pourrez effacerLa trace de son baiser.Le vrai c’est ce que je pense.Charles Cros.Sérénade Sur le balcon où tu te penchesJe veux monter… efforts perdus !Il est trop haut, et tes mains blanchesN’atteignent pas mes bras tendus.Pour déjouer ta duègne avare,Jette un collier, un ruban d’or ;Ou des cordes de ta guitareTresse une échelle, ou bien encor…Ôte tes fleurs, défais ton peigne,Penche sur moi tes cheveux longs,Torrent de jais dont le flot baigneTa jambe ronde et tes talons.Aidé par cette échelle étrange,Légèrement je gravirai,Et jusqu’au ciel, sans être un ange,Dans les parfums je monterai !Théophile Gautier.]]></description>
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        <pubDate>Tue, 08 Oct 2024 10:18:06 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Aux vaincus, Charles Bonnet]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Wed, 02 Oct 2024 10:22:27 +0200</pubDate>
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      </item>
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        <title><![CDATA[La verdure dorée, Tristan Derème]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Quand on n’a plus ni sou, ni bûche, ni fagot,Quand on a le cœur froid comme un vieil escargot,Hélas ! et pas un brin de tabac pour trois pipes,On évoque un jardin torride où des tulipesFastueuses dans la fournaise des juilletsS’épanouissent ; et les yeux émerveillés,L’on rêve. Mais alors doucement tu murmures,Ma lampe, et songeant au verger des figues mûres,Aux corbeilles de fruits lourds sur le guéridon,Le cœur s’en va comme un navire à l’abandon.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Quand on n’a plus ni sou, ni bûche, ni fagot,Quand on a le cœur froid comme un vieil escargot,Hélas ! et pas un brin de tabac pour trois pipes,On évoque un jardin torride où des tulipesFastueuses dans la fournaise des juilletsS’épanouissent ; et les yeux émerveillés,L’on rêve. Mais alors doucement tu murmures,Ma lampe, et songeant au verger des figues mûres,Aux corbeilles de fruits lourds sur le guéridon,Le cœur s’en va comme un navire à l’abandon.]]></description>
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        <pubDate>Thu, 26 Sep 2024 10:40:00 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
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      </item>
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        <title><![CDATA[Je t’écris ô mon Lou, de Guillaume Apollinaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit Je t’écris ô mon Lou de Guillaume Apollinaire.]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit Je t’écris ô mon Lou de Guillaume Apollinaire.
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        <pubDate>Fri, 20 Sep 2024 10:33:00 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
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      </item>
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        <title><![CDATA[Dernier Madrigal, Germain Nouveau]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Quand je mourrai, ce soir peut-être,Je n’ai pas de jour préféré,Si je voulais, je suis le maître,Mais… ce serait mal me connaître,N’importe, enfin, quand je mourrai.Mes chers amis, qu’on me prometteDe laisser le bois… au lapin,Et, s’il vous plaît, qu’on ne me mettePas, comme une simple allumette,Dans une boîte de sapin ;Ni, comme un hareng, dans sa tonne ;Ne me couchez pas tout du long,Pour le coup de fusil qui tonne,Dans la bière qu’on capitonneSous sa couverture de plomb.Car, je ne veux rien, je vous jure ;Pas de cercueil ; quant au tombeau,J’y ferais mauvaise figure,Je suis peu fait pour la sculpture,Je le refuse, fût-il beau.Mon voeu jusque-là ne se hausse ;Ça me laisserait des remords,Je vous dis (ma voix n’est pas fausse) :Je ne veux pas même la fosse,Où sont les lions et les morts.Je ne suis ni puissant ni riche,Je ne suis rien que le toutou,Que le toutou de ma Niniche ;Je ne suis que le vieux canicheDe tous les gens de n’importe où.Je ne veux pas que l’on m’enferreNi qu’on m’enmarbre, non, je veuxTout simplement que l’on m’enterre,En faisant un trou… dans ma Mère,C’est le plus ardent de mes voeux.Moi, l’enterrement qui m’enlève,C’est un enterrement d’un sou,Je trouve ça chic ! Oui, mon rêve,C’est de pourrir, comme une fève ;Et, maintenant, je vais dire où.Eh ! pardieu ! c’est au cimetièrePrès d’un ruisseau (prononcez l’Ar),Du beau village de PourrièreDe qui j’implore une prière,Oui, c’est bien à Pourrières, Var.Croisez-moi les mains sous la tête,Qu’on laisse mon oeil gauche ouvert ;Alors ma paix sera complète,Vraiment je me fais une fêteD’être enfoui comme un pois vert.Creusez-moi mon trou dans la terre,Sous la bière, au fond du caveau,Où tout à côté de son père,Dort déjà ma petite mère,Madame Augustine Nouveau.Puis… comblez-moi de terre… fine,Sur moi, replacez le cercueil ;Que comme avant dorme Augustine !Nous dormirons bien, j’imagine,Fût-ce en ne dormant… que d’un oeil.Et… retournez-la sur le ventre,Car, il ne faut oublier rien,Pour qu’en son regard le mien entre,Nous serons deux tigres dans l’antreMais deux tigres qui s’aiment bien.Je serai donc avec les FemmesQui m’ont fait et qui m’ont reçu,Bonnes et respectables Dames,Dont l’une sans coeur et sans flammesPour le fruit qu’elles ont conçu.Ah ! comme je vais bien m’étendre,Avec ma mère sur mon nez.Comme je vais pouvoir lui rendreLes baisers qu’en mon âge tendreElle ne m’a jamais donnés.Paix au caveau ! Murez la porte !Je ressuscite, au dernier jour.Entre mes bras je prends la Morte,Je m’élève d’une aile forte,Nous montons au ciel dans l’Amour.Un point… important… qui m’importe,Pour vous ça doit vous être égal,Je ne veux pas que l’on m’emporteDans des habits d’aucune sorte,Fût-ce un habit de carnaval.Pas de suaire en toile bise…Tiens ! c’est presque un vers de Gautier ;Pas de linceul, pas de chemise ;Puisqu’il faut que je vous le dise,Nu, tout nu, mais nu tout entier.Comme sans fourreau la rapière,Comme sans gant du tout la main,Nu comme un ver sous ma paupière,Et qu’on ne grave sur leur pierre,Qu’un nom, un mot, un seul, GERMAIN.Fou de corps, fou d’esprit, fou d’âme,De coeur, si l’on veut de cerveau,J’ai fait mon testament, Madame ;Qu’il reste entre vos mains de femme,Dûment signé : GERMAIN NOUVEAU.Germain Nouveau, Dernier Madrigal.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Quand je mourrai, ce soir peut-être,Je n’ai pas de jour préféré,Si je voulais, je suis le maître,Mais… ce serait mal me connaître,N’importe, enfin, quand je mourrai.Mes chers amis, qu’on me prometteDe laisser le bois… au lapin,Et, s’il vous plaît, qu’on ne me mettePas, comme une simple allumette,Dans une boîte de sapin ;Ni, comme un hareng, dans sa tonne ;Ne me couchez pas tout du long,Pour le coup de fusil qui tonne,Dans la bière qu’on capitonneSous sa couverture de plomb.Car, je ne veux rien, je vous jure ;Pas de cercueil ; quant au tombeau,J’y ferais mauvaise figure,Je suis peu fait pour la sculpture,Je le refuse, fût-il beau.Mon voeu jusque-là ne se hausse ;Ça me laisserait des remords,Je vous dis (ma voix n’est pas fausse) :Je ne veux pas même la fosse,Où sont les lions et les morts.Je ne suis ni puissant ni riche,Je ne suis rien que le toutou,Que le toutou de ma Niniche ;Je ne suis que le vieux canicheDe tous les gens de n’importe où.Je ne veux pas que l’on m’enferreNi qu’on m’enmarbre, non, je veuxTout simplement que l’on m’enterre,En faisant un trou… dans ma Mère,C’est le plus ardent de mes voeux.Moi, l’enterrement qui m’enlève,C’est un enterrement d’un sou,Je trouve ça chic ! Oui, mon rêve,C’est de pourrir, comme une fève ;Et, maintenant, je vais dire où.Eh ! pardieu ! c’est au cimetièrePrès d’un ruisseau (prononcez l’Ar),Du beau village de PourrièreDe qui j’implore une prière,Oui, c’est bien à Pourrières, Var.Croisez-moi les mains sous la tête,Qu’on laisse mon oeil gauche ouvert ;Alors ma paix sera complète,Vraiment je me fais une fêteD’être enfoui comme un pois vert.Creusez-moi mon trou dans la terre,Sous la bière, au fond du caveau,Où tout à côté de son père,Dort déjà ma petite mère,Madame Augustine Nouveau.Puis… comblez-moi de terre… fine,Sur moi, replacez le cercueil ;Que comme avant dorme Augustine !Nous dormirons bien, j’imagine,Fût-ce en ne dormant… que d’un oeil.Et… retournez-la sur le ventre,Car, il ne faut oublier rien,Pour qu’en son regard le mien entre,Nous serons deux tigres dans l’antreMais deux tigres qui s’aiment bien.Je serai donc avec les FemmesQui m’ont fait et qui m’ont reçu,Bonnes et respectables Dames,Dont l’une sans coeur et sans flammesPour le fruit qu’elles ont conçu.Ah ! comme je vais bien m’étendre,Avec ma mère sur mon nez.Comme je vais pouvoir lui rendreLes baisers qu’en mon âge tendreElle ne m’a jamais donnés.Paix au caveau ! Murez la porte !Je ressuscite, au dernier jour.Entre mes bras je prends la Morte,Je m’élève d’une aile forte,Nous montons au ciel dans l’Amour.Un point… important… qui m’importe,Pour vous ça doit vous être égal,Je ne veux pas que l’on m’emporteDans des habits d’aucune sorte,Fût-ce un habit de carnaval.Pas de suaire en toile bise…Tiens ! c’est presque un vers de Gautier ;Pas de linceul, pas de chemise ;Puisqu’il faut que je vous le dise,Nu, tout nu, mais nu tout entier.Comme sans fourreau la rapière,Comme sans gant du tout la main,Nu comme un ver sous ma paupière,Et qu’on ne grave sur leur pierre,Qu’un nom, un mot, un seul, GERMAIN.Fou de corps, fou d’esprit, fou d’âme,De coeur, si l’on veut de cerveau,J’ai fait mon testament, Madame ;Qu’il reste entre vos mains de femme,Dûment signé : GERMAIN NOUVEAU.Germain Nouveau, Dernier Madrigal.]]></description>
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        <pubDate>Thu, 12 Sep 2024 16:55:11 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Montblainville, Charles Vildrac]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Maison, maison de Montblainville,Abri d’une nuit frissonnanteEntre les coups de feu du soir et ceux de l’aube !Tes habitants étaient partisMais la vie en toi persistaitComme la forme et la chaleurD’un corps au creux d’un lit.Contre ton âtre raniméJe suis resté blotti des heuresPendant que les autres dormaient.Je regardais, je regardaisChaque objet fidèle à sa place ;J’imaginais toute une vieOii je m’étais servi de lui ;Et j’étreignais de tout mon coeur,Humble maison de paysan,Ton vieux bonheur intact encore.J’avais toujours connuTes assiettes sur le mur,Ta lampe et son abat-jour,Ton seau de bois et ta huche ;Et j’écoutais sans m’en lasser le balancierDe la haute horloge sonoreQui m’assurait avec lenteurDe l’égalité de la nuit.Maison, maison de Montblainville,Le lendemain tu flambais touteEt l’herbe, aujourd’hui, à ta placeDoit recouvrir un éboulis de pierres.Je pense à ceux qui t’ont perdueCeux dont je fus le dernier hôteEt qu’un autre toit que leur toitAbrite aujourd’hui quelque part.Ils ne me connaîtront jamais ;Et pourtant nous sommes peut-être,Eux et moi, les seuls au mondeEn qui survive ô maison morteLa douce image de ton coeur.Charles Vildrac, Montblainville]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Maison, maison de Montblainville,Abri d’une nuit frissonnanteEntre les coups de feu du soir et ceux de l’aube !Tes habitants étaient partisMais la vie en toi persistaitComme la forme et la chaleurD’un corps au creux d’un lit.Contre ton âtre raniméJe suis resté blotti des heuresPendant que les autres dormaient.Je regardais, je regardaisChaque objet fidèle à sa place ;J’imaginais toute une vieOii je m’étais servi de lui ;Et j’étreignais de tout mon coeur,Humble maison de paysan,Ton vieux bonheur intact encore.J’avais toujours connuTes assiettes sur le mur,Ta lampe et son abat-jour,Ton seau de bois et ta huche ;Et j’écoutais sans m’en lasser le balancierDe la haute horloge sonoreQui m’assurait avec lenteurDe l’égalité de la nuit.Maison, maison de Montblainville,Le lendemain tu flambais touteEt l’herbe, aujourd’hui, à ta placeDoit recouvrir un éboulis de pierres.Je pense à ceux qui t’ont perdueCeux dont je fus le dernier hôteEt qu’un autre toit que leur toitAbrite aujourd’hui quelque part.Ils ne me connaîtront jamais ;Et pourtant nous sommes peut-être,Eux et moi, les seuls au mondeEn qui survive ô maison morteLa douce image de ton coeur.Charles Vildrac, Montblainville]]></description>
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        <pubDate>Thu, 05 Sep 2024 13:04:42 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Dernier madrigal, Germain Nouveau]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
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        <pubDate>Wed, 17 Jul 2024 13:09:56 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[La mort des oiseaux - Vous êtes dans le vrai, canotiers, calicots, François Coppée]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Le soir, au coin du feu, j’ai pensé bien des fois,A la mort d’un oiseau, quelque part, dans les bois,Pendant les tristes jours de l’hiver monotoneLes pauvres nids déserts, les nids qu’on abandonne,Se balancent au vent sur le ciel gris de fer.Oh ! comme les oiseaux doivent mourir l’hiver !Pourtant lorsque viendra le temps des violettes,Nous ne trouverons pas leurs délicats squelettes.Dans le gazon d’avril où nous irons courir.Est-ce que  « les oiseaux se cachent pour mourir ?  » François Coppée, La mort des oiseaux   Vous êtes dans le vrai, canotiers, calicots !Pour voir des boutons d&#039;or et des coquelicots,Vous partez, le dimanche, et remplissez les garesDe femmes, de chansons, de joie et de cigares,Et, pour être charmants et faire votre cour,Vous savez imiter les cris de basse-cour.Vous avez la gaîté peinte sur la figure.Pour vous, le soir qui vient, c&#039;est la tonnelle obscureOù, bruyants et grivois, vous prenez le repas ;Et le soleil couchant ne vous attriste pas. François Coppée, Vous êtes dans le vrai, canotiers, calicots]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Le soir, au coin du feu, j’ai pensé bien des fois,A la mort d’un oiseau, quelque part, dans les bois,Pendant les tristes jours de l’hiver monotoneLes pauvres nids déserts, les nids qu’on abandonne,Se balancent au vent sur le ciel gris de fer.Oh ! comme les oiseaux doivent mourir l’hiver !Pourtant lorsque viendra le temps des violettes,Nous ne trouverons pas leurs délicats squelettes.Dans le gazon d’avril où nous irons courir.Est-ce que  « les oiseaux se cachent pour mourir ?  » François Coppée, La mort des oiseaux   Vous êtes dans le vrai, canotiers, calicots !Pour voir des boutons d&#039;or et des coquelicots,Vous partez, le dimanche, et remplissez les garesDe femmes, de chansons, de joie et de cigares,Et, pour être charmants et faire votre cour,Vous savez imiter les cris de basse-cour.Vous avez la gaîté peinte sur la figure.Pour vous, le soir qui vient, c&#039;est la tonnelle obscureOù, bruyants et grivois, vous prenez le repas ;Et le soleil couchant ne vous attriste pas. François Coppée, Vous êtes dans le vrai, canotiers, calicots]]></description>
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        <pubDate>Mon, 15 Jul 2024 09:47:36 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[À Laure, Alfred de Musset]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Si tu ne m’aimais pas, dis-moi, fille insensée,Que balbutiais-tu dans ces fatales nuits ?Exerçais-tu ta langue à railler ta pensée ?Que voulaient donc ces pleurs, cette gorge oppressée,Ces sanglots et ces cris ?Ah ! si le plaisir seul t’arrachait ces tendresses,Si ce n’était que lui qu’en ce triste momentSur mes lèvres en feu tu couvrais de caressesComme un unique amant ;Si l’esprit et les sens, les baisers et les larmes,Se tiennent par la main de ta bouche à ton cœur,Et s’il te faut ainsi, pour y trouver des charmes,Sur l’autel du plaisir profaner le bonheur :Ah ! Laurette ! ah ! Laurette, idole de ma vie,Si le sombre démon de tes nuits d’insomnieSans ce masque de feu ne saurait faire un pas,Pourquoi l’évoquais-tu, si tu ne m’aimais pas ? Alfred de Musset, À Laure]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Si tu ne m’aimais pas, dis-moi, fille insensée,Que balbutiais-tu dans ces fatales nuits ?Exerçais-tu ta langue à railler ta pensée ?Que voulaient donc ces pleurs, cette gorge oppressée,Ces sanglots et ces cris ?Ah ! si le plaisir seul t’arrachait ces tendresses,Si ce n’était que lui qu’en ce triste momentSur mes lèvres en feu tu couvrais de caressesComme un unique amant ;Si l’esprit et les sens, les baisers et les larmes,Se tiennent par la main de ta bouche à ton cœur,Et s’il te faut ainsi, pour y trouver des charmes,Sur l’autel du plaisir profaner le bonheur :Ah ! Laurette ! ah ! Laurette, idole de ma vie,Si le sombre démon de tes nuits d’insomnieSans ce masque de feu ne saurait faire un pas,Pourquoi l’évoquais-tu, si tu ne m’aimais pas ? Alfred de Musset, À Laure]]></description>
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        <pubDate>Mon, 08 Jul 2024 09:40:30 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Notre Europe, André Pieyre de Mandiargues]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Rieuse Europe, Europe trop légère,Où vas-tu, si nue, sur cette mer troublée,Comme par le coup d’œil d’un dieu,Qui eut été jaloux de ton miroir ?Assise en amazone pour mieux te faire voir,En quel espace où tant que nul ne sait vas-tu ?Toi qui tiens à deux mains,Sans effort que l’on sente,Le guidon de moto des cornes du taureau,Où vas-tu, notre Europe ?Vas-tu mourir au bord où tu seras laissée ?Europe chérie des peintres et des poètes,Toi qui pendant plus de vingt-cinq siècles,Offrit à tes amants beauté si généreuse,Qu’à flots encore, elle déborde des musées,Autant que des bibliothèques,Comme gorge splendide hors du corset défait.De te défendre, il ne nous semble point que souvent soucis te soient venus,Ris donc Europe, tant qu’il t’est permis,Ou galamment souris le plus tard qu’il se puisse,Emporte nous avec toi sur les eaux,Nous qui, peut-être, ne sommes rien,Qu’un faible écho de tes fêtes passées. André Pieyre de Mandiargues, Notre Europe]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Rieuse Europe, Europe trop légère,Où vas-tu, si nue, sur cette mer troublée,Comme par le coup d’œil d’un dieu,Qui eut été jaloux de ton miroir ?Assise en amazone pour mieux te faire voir,En quel espace où tant que nul ne sait vas-tu ?Toi qui tiens à deux mains,Sans effort que l’on sente,Le guidon de moto des cornes du taureau,Où vas-tu, notre Europe ?Vas-tu mourir au bord où tu seras laissée ?Europe chérie des peintres et des poètes,Toi qui pendant plus de vingt-cinq siècles,Offrit à tes amants beauté si généreuse,Qu’à flots encore, elle déborde des musées,Autant que des bibliothèques,Comme gorge splendide hors du corset défait.De te défendre, il ne nous semble point que souvent soucis te soient venus,Ris donc Europe, tant qu’il t’est permis,Ou galamment souris le plus tard qu’il se puisse,Emporte nous avec toi sur les eaux,Nous qui, peut-être, ne sommes rien,Qu’un faible écho de tes fêtes passées. André Pieyre de Mandiargues, Notre Europe]]></description>
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        <pubDate>Mon, 01 Jul 2024 10:50:22 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Si j&#039;étais votre député, Aristide Bruant]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Si j&#039;étais votre député,- Ohé ! ohé ! qu&#039;on se le dise !J&#039;ajouterais &quot;Humanité &quot;,Aux trois mots de notre devise...Au lieu de parler tous les joursPour la république ou l&#039;empireEt de faire de longs discours,Pour ne rien dire,Je parlerais des petits fieux,Des filles-mères, des pauvres vieuxQui, l&#039;hiver, gèlent par la ville...Ils auraient chaud, comme en été,Si j&#039;étais nommé député,À Belleville.Je parlerais des tristes gueux,Des purotins batteurs de dèche,Des ventres-plats, des ventres-creux.Et je parlerais d&#039;une crèchePour les pauvres filles sans lit,Que l&#039;on repousse et qu&#039;on envoieDans la rue !... avec leur petit !...Mères de joie!...Je parlerais de leurs mignons,De ces minables chérubinsDont les pauvres petits fignonsNe connaissent pas l&#039;eau des bains.Chérubins dont l&#039;âme et le sangSe pourrissent à l&#039;air des bougesEt qu&#039;on voit passer le teint blancEt les yeux rouges.Je parlerais des vieux perclusQui voudraient travailler encore,Mais dont l&#039;atelier ne veut plus...Et qui traînent, jusqu&#039;à l&#039;aurore,Sur le dur pavé de Paris,- Leur refuge, leurs invalides, ?Errants... chassés... honteux... meurtris,Les boyaux vides.Je parlerais des petits lieux,Des filles-mères, des pauvres vieuxQui, l&#039;hiver, gèlent par la ville...Ils auraient chaud, comme en été,Si j&#039;étais nommé député,À Belleville. Aristide Bruant, Si j&#039;étais votre député]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Si j&#039;étais votre député,- Ohé ! ohé ! qu&#039;on se le dise !J&#039;ajouterais &quot;Humanité &quot;,Aux trois mots de notre devise...Au lieu de parler tous les joursPour la république ou l&#039;empireEt de faire de longs discours,Pour ne rien dire,Je parlerais des petits fieux,Des filles-mères, des pauvres vieuxQui, l&#039;hiver, gèlent par la ville...Ils auraient chaud, comme en été,Si j&#039;étais nommé député,À Belleville.Je parlerais des tristes gueux,Des purotins batteurs de dèche,Des ventres-plats, des ventres-creux.Et je parlerais d&#039;une crèchePour les pauvres filles sans lit,Que l&#039;on repousse et qu&#039;on envoieDans la rue !... avec leur petit !...Mères de joie!...Je parlerais de leurs mignons,De ces minables chérubinsDont les pauvres petits fignonsNe connaissent pas l&#039;eau des bains.Chérubins dont l&#039;âme et le sangSe pourrissent à l&#039;air des bougesEt qu&#039;on voit passer le teint blancEt les yeux rouges.Je parlerais des vieux perclusQui voudraient travailler encore,Mais dont l&#039;atelier ne veut plus...Et qui traînent, jusqu&#039;à l&#039;aurore,Sur le dur pavé de Paris,- Leur refuge, leurs invalides, ?Errants... chassés... honteux... meurtris,Les boyaux vides.Je parlerais des petits lieux,Des filles-mères, des pauvres vieuxQui, l&#039;hiver, gèlent par la ville...Ils auraient chaud, comme en été,Si j&#039;étais nommé député,À Belleville. Aristide Bruant, Si j&#039;étais votre député]]></description>
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        <pubDate>Mon, 24 Jun 2024 09:47:38 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Cousinons la cousine, Marc Papillon de Lasphrise]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Cousinons la cousine, elle est cointe et jolie,Elle aime à cousiner, et ne refuse rienAu cousin cousinant, qui la cousine bien,Car il a bouche à cour, et la chambre garnie.En si beau cousinage un cousin ne s’ennuie,Ce n’est que sucre et miel, ce n’est qu’humble entretien,Il ne manque d’attraits, de faveurs, de moyen,Tant qu’il peut cousiner sa cousine s’amie.Cousinons donc, cousins, un chacun à son tour,Cousinant à rangette on cousine en amour,Que chaque cousineux en cousinant s’assemble !Mais non, nobles cousins, fuyons ce cœur paillard,Laissons le cousiner au cousin grand pendard,Car au cheval Séjan la cousine ressemble. Marc Papillon de Lasphrise, Cousinons la cousine]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Cousinons la cousine, elle est cointe et jolie,Elle aime à cousiner, et ne refuse rienAu cousin cousinant, qui la cousine bien,Car il a bouche à cour, et la chambre garnie.En si beau cousinage un cousin ne s’ennuie,Ce n’est que sucre et miel, ce n’est qu’humble entretien,Il ne manque d’attraits, de faveurs, de moyen,Tant qu’il peut cousiner sa cousine s’amie.Cousinons donc, cousins, un chacun à son tour,Cousinant à rangette on cousine en amour,Que chaque cousineux en cousinant s’assemble !Mais non, nobles cousins, fuyons ce cœur paillard,Laissons le cousiner au cousin grand pendard,Car au cheval Séjan la cousine ressemble. Marc Papillon de Lasphrise, Cousinons la cousine]]></description>
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        <pubDate>Mon, 17 Jun 2024 09:32:28 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Tant que mes yeux pourront larmes épandre, Louise Labé]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Tant que mes yeux pourront larmes épandreÀ l&#039;heur passé avec toi regretter,Et qu&#039;aux sanglots et soupirs résisterPourra ma voix, et un peu faire entendre ;Tant que ma main pourra les cordes tendreDu mignard luth, pour tes grâces chanter ;Tant que l&#039;esprit voudra se contenterDe ne vouloir rien fors que toi comprendre ;Je ne souhaite encore point mourir.Mais, quand mes yeux je sentirai tarir,Ma voix cassée, et ma main impuissante,Et mon esprit en ce mortel séjourNe pouvant plus montrer signe d&#039;amante,Prierai la mort noircir mon plus clair jour. Louise Labé, Tant que mes yeux pourront larmes épandre]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Tant que mes yeux pourront larmes épandreÀ l&#039;heur passé avec toi regretter,Et qu&#039;aux sanglots et soupirs résisterPourra ma voix, et un peu faire entendre ;Tant que ma main pourra les cordes tendreDu mignard luth, pour tes grâces chanter ;Tant que l&#039;esprit voudra se contenterDe ne vouloir rien fors que toi comprendre ;Je ne souhaite encore point mourir.Mais, quand mes yeux je sentirai tarir,Ma voix cassée, et ma main impuissante,Et mon esprit en ce mortel séjourNe pouvant plus montrer signe d&#039;amante,Prierai la mort noircir mon plus clair jour. Louise Labé, Tant que mes yeux pourront larmes épandre]]></description>
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        <pubDate>Mon, 10 Jun 2024 10:13:30 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Le départ, Henri de Régnier]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Je n&#039;emporte avec moi sur la mer sans retourQu&#039;une rose cueillie à notre long amour.J&#039;ai tout quitté; mon pas laisse encore sur la grèveEmpreinte au sable insoucieux sa trace brèveEt la mer en montant aura vite effacéCe vestige incertain qu&#039;y laissa mon passé.Partons! que l&#039;âpre vent en mes voiles tenduesSouffle et m&#039;entraîne loin de la terre perdueLà-bas. Qu&#039;un autre pleure en fuite à l&#039;horizonLa tuile rouge encore au toit de sa maison,Là-bas, diminuée et déjà si lointaine!Qu&#039;il regrette le clos, le champ et la fontaine!Moi je ferme la porte et je ne pleure pas.Et puissent, si les dieux me mènent au trépas,Les flots m&#039;ensevelir en la tombe que creuseAu voyageur la mer perfide et dangereuse!Car je mourrai debout comme tu m&#039;auras vu,Sur la proue, au départ, heureux et gai pourvuQue la rose à jamais de mon amour vivantEmbaume la tempête et parfume le vent. Henri de Régnier, Le départ]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Je n&#039;emporte avec moi sur la mer sans retourQu&#039;une rose cueillie à notre long amour.J&#039;ai tout quitté; mon pas laisse encore sur la grèveEmpreinte au sable insoucieux sa trace brèveEt la mer en montant aura vite effacéCe vestige incertain qu&#039;y laissa mon passé.Partons! que l&#039;âpre vent en mes voiles tenduesSouffle et m&#039;entraîne loin de la terre perdueLà-bas. Qu&#039;un autre pleure en fuite à l&#039;horizonLa tuile rouge encore au toit de sa maison,Là-bas, diminuée et déjà si lointaine!Qu&#039;il regrette le clos, le champ et la fontaine!Moi je ferme la porte et je ne pleure pas.Et puissent, si les dieux me mènent au trépas,Les flots m&#039;ensevelir en la tombe que creuseAu voyageur la mer perfide et dangereuse!Car je mourrai debout comme tu m&#039;auras vu,Sur la proue, au départ, heureux et gai pourvuQue la rose à jamais de mon amour vivantEmbaume la tempête et parfume le vent. Henri de Régnier, Le départ]]></description>
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        <pubDate>Thu, 06 Jun 2024 13:49:14 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Le cœur volé, Arthur Rimbaud]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Mon pauvre cœur bave à la poupe,Mon cœur est plein de caporal ;Ils lui lancent des jets de soupe,Mon triste cœur bave à la poupe :Sous les quolibets de la troupeQui pousse un rire général,Mon triste cœur bave à la poupeMon cœur est plein de caporal !Ithyphalliques et pioupiesques,Leurs insultes l’ont dépravé.À la vesprée, ils font des fresquesIthyphalliques et pioupiesques,Ô flots abracadabrantesquesPrenez mon cœur, qu’il soit sauvé !Ithyphalliques et pioupiesquesLeurs insultes l’ont dépravé !Quand ils auront tari leurs chiques,Comment agir, ô cœur volé ?Ce seront des refrains bachiquesQuand ils auront tari leurs chiques :J’aurai des sursauts stomachiquesSi mon cœur triste est ravalé :Quand ils auront tari leurs chiques,Comment agir, ô cœur volé ? Arthur Rimbaud, Le cœur volé]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Mon pauvre cœur bave à la poupe,Mon cœur est plein de caporal ;Ils lui lancent des jets de soupe,Mon triste cœur bave à la poupe :Sous les quolibets de la troupeQui pousse un rire général,Mon triste cœur bave à la poupeMon cœur est plein de caporal !Ithyphalliques et pioupiesques,Leurs insultes l’ont dépravé.À la vesprée, ils font des fresquesIthyphalliques et pioupiesques,Ô flots abracadabrantesquesPrenez mon cœur, qu’il soit sauvé !Ithyphalliques et pioupiesquesLeurs insultes l’ont dépravé !Quand ils auront tari leurs chiques,Comment agir, ô cœur volé ?Ce seront des refrains bachiquesQuand ils auront tari leurs chiques :J’aurai des sursauts stomachiquesSi mon cœur triste est ravalé :Quand ils auront tari leurs chiques,Comment agir, ô cœur volé ? Arthur Rimbaud, Le cœur volé]]></description>
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        <pubDate>Mon, 27 May 2024 11:02:49 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Apparition, Stéphane Mallarmé]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[La lune s’attristait. Des séraphins en pleursRêvant, l’archet aux doigts, dans le calme des fleursVaporeuses, tiraient de mourantes violesDe blancs sanglots glissant sur l’azur des corolles.C’était le jour béni de ton premier baiser.Ma songerie aimant à me martyriserS’énivrait savamment du parfum de tristesseQue même sans regret et sans déboire laisseLa cueillaison d’un rêve au cœur qui l’a cueilli.J’errais donc, l’œil rivé sur le pavé vieilliQuand avec du soleil aux cheveux, dans la rueEt dans le soir, tu m’es en riant apparueEt j’ai cru voir la fée au chapeau de clartéQui jadis sur mes beaux sommeils d’enfant gâtéPassait, laissant toujours de ses mains mal ferméesNeiger de blancs bouquets d’étoiles parfumées. Stéphane Mallarmé, Apparition]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[La lune s’attristait. Des séraphins en pleursRêvant, l’archet aux doigts, dans le calme des fleursVaporeuses, tiraient de mourantes violesDe blancs sanglots glissant sur l’azur des corolles.C’était le jour béni de ton premier baiser.Ma songerie aimant à me martyriserS’énivrait savamment du parfum de tristesseQue même sans regret et sans déboire laisseLa cueillaison d’un rêve au cœur qui l’a cueilli.J’errais donc, l’œil rivé sur le pavé vieilliQuand avec du soleil aux cheveux, dans la rueEt dans le soir, tu m’es en riant apparueEt j’ai cru voir la fée au chapeau de clartéQui jadis sur mes beaux sommeils d’enfant gâtéPassait, laissant toujours de ses mains mal ferméesNeiger de blancs bouquets d’étoiles parfumées. Stéphane Mallarmé, Apparition]]></description>
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        <pubDate>Tue, 21 May 2024 10:10:50 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Maussaderie, Charles Cros]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[À notre époque froide, on ne fait plus l’amour.Loin des bois endormeurs et loin des femmes nuesLes pauvres vont, cherchant ces sommes inconnuesQue cachent les banquiers, inquiets nuit et jour.C’était bien bon l’odeur des pains sortant du four,C’était bien beau, dans l’ouest, l’éclat doré des nues,Quand les brumes d’automne étaient déjà venues,Alors qu’on ramenait les bœufs las du labour !Les aspirations n’étaient pas étouffées,Et dans la ville heureuse on voyait des trophées,On entendait sonner la victoire au tambour.On rêvait d’or, d’azur, de fêtes à la cour,Et du prince Charmant, filleul des belles fées.À notre époque froide, on ne fait plus l’amour ! Charles Cros, Maussaderie]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[À notre époque froide, on ne fait plus l’amour.Loin des bois endormeurs et loin des femmes nuesLes pauvres vont, cherchant ces sommes inconnuesQue cachent les banquiers, inquiets nuit et jour.C’était bien bon l’odeur des pains sortant du four,C’était bien beau, dans l’ouest, l’éclat doré des nues,Quand les brumes d’automne étaient déjà venues,Alors qu’on ramenait les bœufs las du labour !Les aspirations n’étaient pas étouffées,Et dans la ville heureuse on voyait des trophées,On entendait sonner la victoire au tambour.On rêvait d’or, d’azur, de fêtes à la cour,Et du prince Charmant, filleul des belles fées.À notre époque froide, on ne fait plus l’amour ! Charles Cros, Maussaderie]]></description>
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        <pubDate>Mon, 13 May 2024 09:40:18 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Après la bataille - Saison des semailles, le soir, Victor Hugo]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Mon père, ce héros au sourire si doux,Suivi d’un seul housard qu’il aimait entre tousPour sa grande bravoure et pour sa haute taille,Parcourait à cheval, le soir d’une bataille,Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.Il lui sembla dans l’ombre entendre un faible bruit.C’était un Espagnol de l’armée en dérouteQui se traînait sanglant sur le bord de la route,Râlant, brisé, livide, et mort plus qu’à moitié.Et qui disait:  » A boire! à boire par pitié !  »Mon père, ému, tendit à son housard fidèleUne gourde de rhum qui pendait à sa selle,Et dit: « Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé.  »Tout à coup, au moment où le housard baisséSe penchait vers lui, l’homme, une espèce de maure,Saisit un pistolet qu’il étreignait encore,Et vise au front mon père en criant: « Caramba!  »Le coup passa si près que le chapeau tombaEt que le cheval fit un écart en arrière.« Donne-lui tout de même à boire », dit mon père.Victor Hugo, Après la bataille]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Mon père, ce héros au sourire si doux,Suivi d’un seul housard qu’il aimait entre tousPour sa grande bravoure et pour sa haute taille,Parcourait à cheval, le soir d’une bataille,Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.Il lui sembla dans l’ombre entendre un faible bruit.C’était un Espagnol de l’armée en dérouteQui se traînait sanglant sur le bord de la route,Râlant, brisé, livide, et mort plus qu’à moitié.Et qui disait:  » A boire! à boire par pitié !  »Mon père, ému, tendit à son housard fidèleUne gourde de rhum qui pendait à sa selle,Et dit: « Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé.  »Tout à coup, au moment où le housard baisséSe penchait vers lui, l’homme, une espèce de maure,Saisit un pistolet qu’il étreignait encore,Et vise au front mon père en criant: « Caramba!  »Le coup passa si près que le chapeau tombaEt que le cheval fit un écart en arrière.« Donne-lui tout de même à boire », dit mon père.Victor Hugo, Après la bataille]]></description>
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        <pubDate>Mon, 06 May 2024 10:00:00 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[À Fanny, André Chénier]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Fanny, l’heureux mortel qui près de toi respireSait, à te voir parler et rougir et sourire,De quels hôtes divins le ciel est habité.La grâce, la candeur, la naïve innocenceOnt, depuis ton enfance,De tout ce qui peut plaire enrichi ta beauté.Sur tes traits, où ton âme imprime sa noblesse,Elles ont su mêler aux roses de jeunesseCes roses de pudeur, charmes plus séduisants,Et remplir tes regards, tes lèvres, ton langage,De ce miel dont le sageCherche lui-même en vain à défendre ses sens.Oh ! que n’ai-je moi seul tout l’éclat et la gloireQue donnent les talents, la beauté, la victoire,Pour fixer sur moi seul ta pensée et tes yeux ;Que, loin de moi, ton coeur fût plein de ma présence,Comme, dans ton absence,Ton aspect bien-aimé m’est présent en tous lieux !Je pense : Elle était là ; tous disaient :  » Qu’elle est belle !  »Tels furent ses regards, sa démarche fut telle,Et tels ses vêtements, sa voix et ses discours.Sur ce gazon assise, et dominant la plaine,Des méandres de Seine,Rêveuse, elle suivait les obliques détours.Ainsi dans les forêts j’erre avec ton image ;Ainsi le jeune faon, dans son désert sauvage,D’un plomb volant percé, précipite ses pas.Il emporte en fuyant sa mortelle blessure ;Couché près d’une eau pure,Palpitant, hors d’haleine, il attend le trépas. André Chénier, À Fanny]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Fanny, l’heureux mortel qui près de toi respireSait, à te voir parler et rougir et sourire,De quels hôtes divins le ciel est habité.La grâce, la candeur, la naïve innocenceOnt, depuis ton enfance,De tout ce qui peut plaire enrichi ta beauté.Sur tes traits, où ton âme imprime sa noblesse,Elles ont su mêler aux roses de jeunesseCes roses de pudeur, charmes plus séduisants,Et remplir tes regards, tes lèvres, ton langage,De ce miel dont le sageCherche lui-même en vain à défendre ses sens.Oh ! que n’ai-je moi seul tout l’éclat et la gloireQue donnent les talents, la beauté, la victoire,Pour fixer sur moi seul ta pensée et tes yeux ;Que, loin de moi, ton coeur fût plein de ma présence,Comme, dans ton absence,Ton aspect bien-aimé m’est présent en tous lieux !Je pense : Elle était là ; tous disaient :  » Qu’elle est belle !  »Tels furent ses regards, sa démarche fut telle,Et tels ses vêtements, sa voix et ses discours.Sur ce gazon assise, et dominant la plaine,Des méandres de Seine,Rêveuse, elle suivait les obliques détours.Ainsi dans les forêts j’erre avec ton image ;Ainsi le jeune faon, dans son désert sauvage,D’un plomb volant percé, précipite ses pas.Il emporte en fuyant sa mortelle blessure ;Couché près d’une eau pure,Palpitant, hors d’haleine, il attend le trépas. André Chénier, À Fanny]]></description>
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        <pubDate>Mon, 29 Apr 2024 09:54:06 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Marc Papillon de Lasphrise, XVIᵉ siècle]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Poème de Marc Papillon de Lasphrise, XVIᵉ siècle]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Poème de Marc Papillon de Lasphrise, XVIᵉ siècle]]></description>
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        <pubDate>Mon, 22 Apr 2024 11:34:23 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Amour, Francis Carco]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Tu riais. Tu te renversaisDans mes bras et l’aube amoureuseIlluminait ma tête creuseEt lourde, mais je te berçais, En chantant. Le jour, dans la pluie,Se levait et n’en pouvait plus.Contre ta hanche étroite et nue,Je tombais enfin d’insomnie. Matins amers, amour charmant,Épuisante et trouble folie,Au réveil, la mélancolieSépara plus tard ces amants. Pourquoi ? Nul ne le sait. Lui-mêmePleurait en s’éloignant de toi.Et, depuis ce jour, que de foisL’aube a fripé ses roses blêmes ! Francis Carco, Amour]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Tu riais. Tu te renversaisDans mes bras et l’aube amoureuseIlluminait ma tête creuseEt lourde, mais je te berçais, En chantant. Le jour, dans la pluie,Se levait et n’en pouvait plus.Contre ta hanche étroite et nue,Je tombais enfin d’insomnie. Matins amers, amour charmant,Épuisante et trouble folie,Au réveil, la mélancolieSépara plus tard ces amants. Pourquoi ? Nul ne le sait. Lui-mêmePleurait en s’éloignant de toi.Et, depuis ce jour, que de foisL’aube a fripé ses roses blêmes ! Francis Carco, Amour]]></description>
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        <pubDate>Mon, 15 Apr 2024 10:00:00 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Le mespris de la vie et consolation contre la mort, Jean-Baptiste Chassignet]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Qu’est-ce de votre vie ? une bouteille molleQui s’enfle dessus l’eau, quand le ciel fait pleuvoirEt se perd aussitôt comme elle se fait voir,S’entre-brisant à l’heurt d’une moindre bricole :Qu’est-ce de votre vie ? un mensonge frivoleQui sous ombre du vrai nous vient à décevoir,Un songe qui n’a plus ni force, ni pouvoir,Lors que l’œil au réveil sa paupière décolle :Qu’est-ce de votre vie ? un tourbillon rouantDe fumière à flot gris, parmi l’air se jouant,Qui passe plus soudain que foudre meurtrière.Puis vous négligerez dorénavant le bienDurable, et permanent, pour un point, qui n’est rienQu’une confle, un mensonge, un songe, une fumière. Jean-Baptiste Chassignet, Le mespris de la vie et consolation contre la mort (version originale)]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Qu’est-ce de votre vie ? une bouteille molleQui s’enfle dessus l’eau, quand le ciel fait pleuvoirEt se perd aussitôt comme elle se fait voir,S’entre-brisant à l’heurt d’une moindre bricole :Qu’est-ce de votre vie ? un mensonge frivoleQui sous ombre du vrai nous vient à décevoir,Un songe qui n’a plus ni force, ni pouvoir,Lors que l’œil au réveil sa paupière décolle :Qu’est-ce de votre vie ? un tourbillon rouantDe fumière à flot gris, parmi l’air se jouant,Qui passe plus soudain que foudre meurtrière.Puis vous négligerez dorénavant le bienDurable, et permanent, pour un point, qui n’est rienQu’une confle, un mensonge, un songe, une fumière. Jean-Baptiste Chassignet, Le mespris de la vie et consolation contre la mort (version originale)]]></description>
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        <pubDate>Mon, 08 Apr 2024 09:35:39 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Joies sans causes, René-François Sully Prudhomme]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[On connaît toujours trop les causes de sa peine,Mais on cherche parfois celles de son plaisir ;Je m’éveille parfois l’âme toute sereine,Sous un charme étranger que je ne peux saisir.Un ciel rose envahit mon être et ma demeure,J’aime tout l’univers, et, sans savoir pourquoi,Je rayonne. Cela ne dure pas une heure,Et je sens refluer les ténèbres en moi.D’où viennent ces lueurs de joie instantanées,Ces paradis ouverts qu’on ne fait qu’entrevoir,Ces étoiles sans noms dans la nuit des années,Qui filent en laissant le fond du cœur plus noir ?Est-ce un avril ancien dont l’azur se rallume,Printemps qui renaîtrait de la cendre des joursComme un feu mort jetant une clarté posthume ?Est-ce un présage heureux des futures amours ?Non. Ce mystérieux et rapide sillageN’a rien du souvenir ni du pressentiment ;C’est peut-être un bonheur égaré qui voyageEt, se trompant de cœur, ne nous luit qu’un moment. René-François Sully Prudhomme, Joies sans causes]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[On connaît toujours trop les causes de sa peine,Mais on cherche parfois celles de son plaisir ;Je m’éveille parfois l’âme toute sereine,Sous un charme étranger que je ne peux saisir.Un ciel rose envahit mon être et ma demeure,J’aime tout l’univers, et, sans savoir pourquoi,Je rayonne. Cela ne dure pas une heure,Et je sens refluer les ténèbres en moi.D’où viennent ces lueurs de joie instantanées,Ces paradis ouverts qu’on ne fait qu’entrevoir,Ces étoiles sans noms dans la nuit des années,Qui filent en laissant le fond du cœur plus noir ?Est-ce un avril ancien dont l’azur se rallume,Printemps qui renaîtrait de la cendre des joursComme un feu mort jetant une clarté posthume ?Est-ce un présage heureux des futures amours ?Non. Ce mystérieux et rapide sillageN’a rien du souvenir ni du pressentiment ;C’est peut-être un bonheur égaré qui voyageEt, se trompant de cœur, ne nous luit qu’un moment. René-François Sully Prudhomme, Joies sans causes]]></description>
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        <pubDate>Tue, 02 Apr 2024 11:09:19 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Stances à Thirsis, Honorat de Bueil de Racan]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Thirsis, il faut penser à faire la retraite :La course de nos jours est plus qu&#039;à demi faite.L&#039;âge insensiblement nous conduit à la mort.Nous avons assez vu sur la mer de ce mondeErrer au gré des flots notre nef vagabonde ;Il est temps de jouir des délices du port.Le bien de la fortune est un bien périssable ;Quand on bâtit sur elle on bâtit sur le sable.Plus on est élevé, plus on court de dangers :Les grands pins sont en butte aux coups de la tempêteEt la rage des vents brise plutôt le faîteDes maisons de nos rois que les toits des bergers.Ô bienheureux celui qui peut de sa mémoireEffacer pour jamais ce vain espoir de gloireDont l&#039;inutile soin traverse nos plaisirs,Et qui, loin, retiré de la foule importune,Vivant dans sa maison content de sa fortune,A selon son pouvoir mesuré ses désirs.Il laboure le champ que labourait son père ;Il ne s&#039;informe point de ce qu&#039;on délibèreDans ces graves conseils d&#039;affaires accablés ;Il voit sans intérêt la mer grosse d&#039;orages,Et n&#039;observe des vents les sinistres présagesQue pour le soin qu&#039;il a du salut de ses blés.Roi des passions, il a ce qu&#039;il désire,Son fertile domaine est son petit empire ;Sa cabane est son Louvre et son Fontainebleau ;Ses champs et ses jardins sont autant de provinces,Et sans porter envie à la pompe des princes,Se contente chez lui de les voir en tableau.Il voit de toute part combler d&#039;heur sa famine,La javelle à plein poing tomber sous la faucille,Le vendangeur ployer sous le faix des paniers ;Et semble qu&#039;à l&#039;envi les fertiles montagnes,Les humides vallons et les grasses campagnesS&#039;efforcent à remplir sa cave et ses greniers.Il suit aucunes fois un cerf par les foulées,Dans ces vieilles forêts du peuple reculéesEt qui même du jour ignorent le flambeau ;Aucunes fois des chiens il suit les voix confusesEt voit enfin le lièvre, après toutes ses ruses,Du lieu de sa naissance en faire son tombeau.Tantôt il se promène au long des fontaines,De qui les petits flots font luire dans les plainesL&#039;argent de leurs ruisseaux parmi l&#039;or des moissons ;Tantôt il se repose avecque les bergèresSur des lits naturels de mousse et de fougères,Qui n&#039;ont d&#039;autres rideaux que l&#039;ombre des buissons.Il soupire en repos l&#039;ennui de sa vieillesseDans ce même foyer où sa tendre jeunesseA vu dans le berceau ses bras emmaillotés.Il tient par les moissons registre des années,Et voit de temps en temps, leurs courses enchaînées,Vieillir avecque lui les bois qu&#039;il a plantés.Il ne va point fouiller aux terres inconnues,A la merci des vents et des ondes chenues,Ce que nature avare a caché de trésors,Et ne recherche point, pour honorer sa vie,De plus illustre mort ni plus digne d&#039;envieQue de mourir au lit où ses pères sont morts.Il contemple du port les insolentes ragesDes vents de la faveur, auteurs de nos orages,Allumer des mutins les desseins factieux,Et voit en un clin d&#039;œil, par un contraire échange,L&#039;un déchiré du peuple au milieu de la fange,Et l&#039;autre en même temps élevé dans les cieux.S&#039;il ne possède point ces maisons magnifiques,Ces tours, ces chapiteaux, ces superbes portiques,Où la magnificence étale ses attraits,Il jouit des beautés qu&#039;ont les saisons nouvelles,Il voit de la verdure et des fleurs naturellesQu&#039;en ces riches lambris l&#039;on ne voit qu&#039;en portraits.Crois-moi, retirons-nous hors de la multitudeEt vivons désormais loin de la servitudeDe ces palais dorés où tout le monde accourt.Sous un chêne élevé, les arbrisseaux s&#039;ennuientEt devant le soleil tous les astres s&#039;enfuientDe peur d&#039;être obligés de lui faire la cour.Après qu&#039;on a suivi sans aucune assuranceCette vaine faveur qui nous paît d&#039;espérance,L&#039;envie en un moment tous nos desseins détruit.Ce n&#039;est qu&#039;une fumée, il n&#039;est rien de si frêle ;Sa plus belle moisson est sujette à la grêleEt souvent elle n&#039;a que des fleurs pour du fruit.Agréables déserts, séjour de l&#039;innocence,Où, loin des vanités, de la magnificence,Commence mon repos et finit mon tourment,Vallons, fleuves, rochers, plaisante solitude,Si vous fûtes témoins de mon inquiétude,Soyez-le désormais de mon contentement. Honorat de Bueil de Racan, Stances à Thirsis]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Thirsis, il faut penser à faire la retraite :La course de nos jours est plus qu&#039;à demi faite.L&#039;âge insensiblement nous conduit à la mort.Nous avons assez vu sur la mer de ce mondeErrer au gré des flots notre nef vagabonde ;Il est temps de jouir des délices du port.Le bien de la fortune est un bien périssable ;Quand on bâtit sur elle on bâtit sur le sable.Plus on est élevé, plus on court de dangers :Les grands pins sont en butte aux coups de la tempêteEt la rage des vents brise plutôt le faîteDes maisons de nos rois que les toits des bergers.Ô bienheureux celui qui peut de sa mémoireEffacer pour jamais ce vain espoir de gloireDont l&#039;inutile soin traverse nos plaisirs,Et qui, loin, retiré de la foule importune,Vivant dans sa maison content de sa fortune,A selon son pouvoir mesuré ses désirs.Il laboure le champ que labourait son père ;Il ne s&#039;informe point de ce qu&#039;on délibèreDans ces graves conseils d&#039;affaires accablés ;Il voit sans intérêt la mer grosse d&#039;orages,Et n&#039;observe des vents les sinistres présagesQue pour le soin qu&#039;il a du salut de ses blés.Roi des passions, il a ce qu&#039;il désire,Son fertile domaine est son petit empire ;Sa cabane est son Louvre et son Fontainebleau ;Ses champs et ses jardins sont autant de provinces,Et sans porter envie à la pompe des princes,Se contente chez lui de les voir en tableau.Il voit de toute part combler d&#039;heur sa famine,La javelle à plein poing tomber sous la faucille,Le vendangeur ployer sous le faix des paniers ;Et semble qu&#039;à l&#039;envi les fertiles montagnes,Les humides vallons et les grasses campagnesS&#039;efforcent à remplir sa cave et ses greniers.Il suit aucunes fois un cerf par les foulées,Dans ces vieilles forêts du peuple reculéesEt qui même du jour ignorent le flambeau ;Aucunes fois des chiens il suit les voix confusesEt voit enfin le lièvre, après toutes ses ruses,Du lieu de sa naissance en faire son tombeau.Tantôt il se promène au long des fontaines,De qui les petits flots font luire dans les plainesL&#039;argent de leurs ruisseaux parmi l&#039;or des moissons ;Tantôt il se repose avecque les bergèresSur des lits naturels de mousse et de fougères,Qui n&#039;ont d&#039;autres rideaux que l&#039;ombre des buissons.Il soupire en repos l&#039;ennui de sa vieillesseDans ce même foyer où sa tendre jeunesseA vu dans le berceau ses bras emmaillotés.Il tient par les moissons registre des années,Et voit de temps en temps, leurs courses enchaînées,Vieillir avecque lui les bois qu&#039;il a plantés.Il ne va point fouiller aux terres inconnues,A la merci des vents et des ondes chenues,Ce que nature avare a caché de trésors,Et ne recherche point, pour honorer sa vie,De plus illustre mort ni plus digne d&#039;envieQue de mourir au lit où ses pères sont morts.Il contemple du port les insolentes ragesDes vents de la faveur, auteurs de nos orages,Allumer des mutins les desseins factieux,Et voit en un clin d&#039;œil, par un contraire échange,L&#039;un déchiré du peuple au milieu de la fange,Et l&#039;autre en même temps élevé dans les cieux.S&#039;il ne possède point ces maisons magnifiques,Ces tours, ces chapiteaux, ces superbes portiques,Où la magnificence étale ses attraits,Il jouit des beautés qu&#039;ont les saisons nouvelles,Il voit de la verdure et des fleurs naturellesQu&#039;en ces riches lambris l&#039;on ne voit qu&#039;en portraits.Crois-moi, retirons-nous hors de la multitudeEt vivons désormais loin de la servitudeDe ces palais dorés où tout le monde accourt.Sous un chêne élevé, les arbrisseaux s&#039;ennuientEt devant le soleil tous les astres s&#039;enfuientDe peur d&#039;être obligés de lui faire la cour.Après qu&#039;on a suivi sans aucune assuranceCette vaine faveur qui nous paît d&#039;espérance,L&#039;envie en un moment tous nos desseins détruit.Ce n&#039;est qu&#039;une fumée, il n&#039;est rien de si frêle ;Sa plus belle moisson est sujette à la grêleEt souvent elle n&#039;a que des fleurs pour du fruit.Agréables déserts, séjour de l&#039;innocence,Où, loin des vanités, de la magnificence,Commence mon repos et finit mon tourment,Vallons, fleuves, rochers, plaisante solitude,Si vous fûtes témoins de mon inquiétude,Soyez-le désormais de mon contentement. Honorat de Bueil de Racan, Stances à Thirsis]]></description>
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        <pubDate>Mon, 25 Mar 2024 11:27:30 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Enfance, Francis Carco]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Les persiennes ouvraient sur le grand jardin clairEt, quand on se penchait pour se griser à l’airHumide et pénétré de fraîcheurs matinales,Un vertige inconnu montait à nos fronts pâlesEt nos cœurs se gonflaient comme un ruisseau grossi,Car c’était tout un vol de parfums adoucisDans l’éblouissement heureux de la lumière :Les lilas avaient des langueurs particulièresOù se décomposait une odeur de terreau.Tout le printemps chantait de l’éveil des oiseauxEt, dans le déploiement des ailes engourdies,Passait le grand élan paisible de la vie.Une rumeur sonore emplissait la maison.On entendait des bruits d’insectes ; des frissonsFaisaient trembler les grappes mauves des glycinesTandis qu’allègrement des collines voisinesUn parfum de sous-bois arrivait jusqu’à nous.Ô matins lumineux ! matins dorés et flous,Je vous respirerai plus tard à la croiséeEt vous aurez l’odeur des feuilles reposées.Et ce sera comme un très ancien rendez-vous. Francis Carco, Enfance]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Les persiennes ouvraient sur le grand jardin clairEt, quand on se penchait pour se griser à l’airHumide et pénétré de fraîcheurs matinales,Un vertige inconnu montait à nos fronts pâlesEt nos cœurs se gonflaient comme un ruisseau grossi,Car c’était tout un vol de parfums adoucisDans l’éblouissement heureux de la lumière :Les lilas avaient des langueurs particulièresOù se décomposait une odeur de terreau.Tout le printemps chantait de l’éveil des oiseauxEt, dans le déploiement des ailes engourdies,Passait le grand élan paisible de la vie.Une rumeur sonore emplissait la maison.On entendait des bruits d’insectes ; des frissonsFaisaient trembler les grappes mauves des glycinesTandis qu’allègrement des collines voisinesUn parfum de sous-bois arrivait jusqu’à nous.Ô matins lumineux ! matins dorés et flous,Je vous respirerai plus tard à la croiséeEt vous aurez l’odeur des feuilles reposées.Et ce sera comme un très ancien rendez-vous. Francis Carco, Enfance]]></description>
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        <pubDate>Mon, 18 Mar 2024 09:59:41 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
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        <title><![CDATA[Méditation, Paul Géraldy]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[On aime d’abord par hasard,Par jeu, par curiosité,Pour avoir dans un regardLu des possibilités.Et puis comme au fond soi-mêmeOn s’aime beaucoup,Si quelqu’un vous aime, on l’aimePar conformité de goût.On se rend grâce, on s’inviteA partager ses moindres maux.On prend l’habitude, vite,D’échanger de petits mots.Quand on a longtemps dit les mêmes,On les redit sans y penser.Et alors, mon Dieu, l’on aimeParce qu’on a commencé. Paul Géraldy, Méditation]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[On aime d’abord par hasard,Par jeu, par curiosité,Pour avoir dans un regardLu des possibilités.Et puis comme au fond soi-mêmeOn s’aime beaucoup,Si quelqu’un vous aime, on l’aimePar conformité de goût.On se rend grâce, on s’inviteA partager ses moindres maux.On prend l’habitude, vite,D’échanger de petits mots.Quand on a longtemps dit les mêmes,On les redit sans y penser.Et alors, mon Dieu, l’on aimeParce qu’on a commencé. Paul Géraldy, Méditation]]></description>
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        <pubDate>Mon, 11 Mar 2024 09:34:53 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Quant je fus prins ou pavillon, Charles d&#039;Orléans]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Quant je fus prins ou pavillonDe ma dame tres gente et belle,Je me brulé a la chandelleAinsi que fait le papillon.Je rougis comme vermillonAussi flambant qu&#039;une estincelleQuant je fus prins ou pavillonDe ma dame tres gente et belle.Si j&#039;eusse esté esmerillonOu que j&#039;eusse eu aussi bonne ailleJe me fusse gardé de celleQui me bailla de l&#039;esguillon. Charles d&#039;Orléans, Quant je fus prins ou pavillon (version originale)]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Quant je fus prins ou pavillonDe ma dame tres gente et belle,Je me brulé a la chandelleAinsi que fait le papillon.Je rougis comme vermillonAussi flambant qu&#039;une estincelleQuant je fus prins ou pavillonDe ma dame tres gente et belle.Si j&#039;eusse esté esmerillonOu que j&#039;eusse eu aussi bonne ailleJe me fusse gardé de celleQui me bailla de l&#039;esguillon. Charles d&#039;Orléans, Quant je fus prins ou pavillon (version originale)]]></description>
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        <pubDate>Thu, 07 Mar 2024 11:24:22 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Yver, vous n’estes qu’un villain, Charles d&#039;Orléans]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Yver, vous n’estes qu’un villain !Esté est plaisant et gentil,En tesmoing de May et d’AvrilQui l’acompaignent soir et main.Esté revest champs, bois et fleurs,De sa livree de verdureEt de maintes autres couleurs,Par l’ordonnance de Nature.Mais vous, Yver, trop estes plainDe nege, vent, pluye et grezil ;On vous deust banir en essil.Sans point flater, je parle plain,Yver, vous n’estes qu’un villain ! Charles d&#039;Orléans, Yver vous n&#039;estes qu&#039;un villain (version originale)]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Yver, vous n’estes qu’un villain !Esté est plaisant et gentil,En tesmoing de May et d’AvrilQui l’acompaignent soir et main.Esté revest champs, bois et fleurs,De sa livree de verdureEt de maintes autres couleurs,Par l’ordonnance de Nature.Mais vous, Yver, trop estes plainDe nege, vent, pluye et grezil ;On vous deust banir en essil.Sans point flater, je parle plain,Yver, vous n’estes qu’un villain ! Charles d&#039;Orléans, Yver vous n&#039;estes qu&#039;un villain (version originale)]]></description>
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        <pubDate>Thu, 07 Mar 2024 11:14:17 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Du mouron pour les p&#039;tits oiseaux, Jean Richepin]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Grand’mère, fillette et garçonChantent tour à tour la chanson.Tous trois s’en vont levant la tête :La vieille à la jaune binette,Les enfants aux roses museaux.Que la voix soit rude ou jolie,L’air est plein de mélancolie :Du mouron pour les p’tits oiseaux !Le mouron vert est ramasséDans la haie et dans le fossé.Au bout de sa tige qui bougeLa fleur bonne est blanche et non rouge.Il sent la verdure et les eaux ;Il sent les champs et l’azur libreOù l’alouette vole et vibre.Du mouron pour les p’tits oiseaux !C’est ce matin avant le jourQue la vieille a fait son grand tour.Elle a marché deux ou trois lieuesHors du faubourg, dans les banlieues,Jusqu’à Clamart ou jusqu’à Sceaux.Elle est bien lasse sous sa hotte !Et l’on ne vend qu’un sou la botteDu mouron pour les p’tits oiseaux !Les petits trouvant le temps longTraînent en allant leur talon.La sœur fait la grimace au frèreQui, sans la voir, pour se distraire,Trempe ses pieds dans les ruisseaux,Tandis qu’au cinquième peut-êtreOn demande par la fenêtreDu mouron pour les p’tits oiseaux !Mais la grand’mère a vu cela.Un sou par-ci, deux sous par-là !C’est elle encor, la pauvre vieille,Qui le mieux des trois tend l’oreille,Et dont les jambes en fuseaux,Quand à monter quelqu’un l’invite,Savent apporter le plus viteDu mouron pour les p’tits oiseaux !Un sou par-là, deux sous par-ci !La bonne femme dit merci.C’est avec les gros sous de cuivreQue l’on achète de quoi vivre,Et qu’elle, la peau sur les os,Peut donner, à l’heure où l’on dîne,A son bambin, à sa bambine,Du mouron pour les p’tits oiseaux ! Jean Richepin, Du mouron pour les p&#039;tits oiseaux]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Grand’mère, fillette et garçonChantent tour à tour la chanson.Tous trois s’en vont levant la tête :La vieille à la jaune binette,Les enfants aux roses museaux.Que la voix soit rude ou jolie,L’air est plein de mélancolie :Du mouron pour les p’tits oiseaux !Le mouron vert est ramasséDans la haie et dans le fossé.Au bout de sa tige qui bougeLa fleur bonne est blanche et non rouge.Il sent la verdure et les eaux ;Il sent les champs et l’azur libreOù l’alouette vole et vibre.Du mouron pour les p’tits oiseaux !C’est ce matin avant le jourQue la vieille a fait son grand tour.Elle a marché deux ou trois lieuesHors du faubourg, dans les banlieues,Jusqu’à Clamart ou jusqu’à Sceaux.Elle est bien lasse sous sa hotte !Et l’on ne vend qu’un sou la botteDu mouron pour les p’tits oiseaux !Les petits trouvant le temps longTraînent en allant leur talon.La sœur fait la grimace au frèreQui, sans la voir, pour se distraire,Trempe ses pieds dans les ruisseaux,Tandis qu’au cinquième peut-êtreOn demande par la fenêtreDu mouron pour les p’tits oiseaux !Mais la grand’mère a vu cela.Un sou par-ci, deux sous par-là !C’est elle encor, la pauvre vieille,Qui le mieux des trois tend l’oreille,Et dont les jambes en fuseaux,Quand à monter quelqu’un l’invite,Savent apporter le plus viteDu mouron pour les p’tits oiseaux !Un sou par-là, deux sous par-ci !La bonne femme dit merci.C’est avec les gros sous de cuivreQue l’on achète de quoi vivre,Et qu’elle, la peau sur les os,Peut donner, à l’heure où l’on dîne,A son bambin, à sa bambine,Du mouron pour les p’tits oiseaux ! Jean Richepin, Du mouron pour les p&#039;tits oiseaux]]></description>
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        <pubDate>Mon, 19 Feb 2024 10:31:15 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
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        <title><![CDATA[Et la fête continue, Jacques Prévert]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Debout devant le zincSur le coup de dix heuresUn grand plombier zingueurHabillé en dimanche et pourtant c’est lundiChante pour lui tout seulChante que c’est jeudiQu’il n’ira pas en classeQue la guerre est finieEt le travail aussiQue la vie est si belleEt les filles si joliesEt titubant devant le zincMais guidé par son fil à plombIl s’arrête pile devant le patronTrois paysans passeront et vous paierontPuis disparaît dans le soleilSans régler les consommationsDisparait dans le soleil tout en continuant sa chanson Jacques Prévert, Et la fête continue]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Debout devant le zincSur le coup de dix heuresUn grand plombier zingueurHabillé en dimanche et pourtant c’est lundiChante pour lui tout seulChante que c’est jeudiQu’il n’ira pas en classeQue la guerre est finieEt le travail aussiQue la vie est si belleEt les filles si joliesEt titubant devant le zincMais guidé par son fil à plombIl s’arrête pile devant le patronTrois paysans passeront et vous paierontPuis disparaît dans le soleilSans régler les consommationsDisparait dans le soleil tout en continuant sa chanson Jacques Prévert, Et la fête continue]]></description>
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        <pubDate>Mon, 12 Feb 2024 09:42:26 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[La grand-mère voltairienne et son petit-fils qui ne l’était pas, Raymond Queneau]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Tudieu dit la grand-mèredu tout petit JéromeTudieu dit la grand-mèreTu n’iras pas à RomeBien bien dit cet enfantsi c’est pas chos’ permisebien bien dit cet enfantj’fais tout d’mêm’ mes valisesEt puis je prendrai l’trainou bien le chemin d’ferl’avion le zeppelinou bien l’hélicoptèreJ’veux aller voir le papeajout’ le petit garsje veux aller voir le papeet tu m’empêch’ras pasTudieu dit la grand-mèredu tout petit JéromeTudieu dit la grand-mèremais le voilà-z à Rome !Et je l’vois qu’est assisTudieu c’est pas croyab’au milieu du Concileil est pt’êt’ mêm’ papableIl a donc pris le trainou bien le chemin d’ferl’avion le zeppelinou bien l’hélicoptèreVoilà ce qui arriveavec tous ces transportsc’est plus qu’on devient conplus qu’on arrive au portRaymond Queneau, La grand-mère voltairienne et son petit-fils qui ne l’était pas]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Tudieu dit la grand-mèredu tout petit JéromeTudieu dit la grand-mèreTu n’iras pas à RomeBien bien dit cet enfantsi c’est pas chos’ permisebien bien dit cet enfantj’fais tout d’mêm’ mes valisesEt puis je prendrai l’trainou bien le chemin d’ferl’avion le zeppelinou bien l’hélicoptèreJ’veux aller voir le papeajout’ le petit garsje veux aller voir le papeet tu m’empêch’ras pasTudieu dit la grand-mèredu tout petit JéromeTudieu dit la grand-mèremais le voilà-z à Rome !Et je l’vois qu’est assisTudieu c’est pas croyab’au milieu du Concileil est pt’êt’ mêm’ papableIl a donc pris le trainou bien le chemin d’ferl’avion le zeppelinou bien l’hélicoptèreVoilà ce qui arriveavec tous ces transportsc’est plus qu’on devient conplus qu’on arrive au portRaymond Queneau, La grand-mère voltairienne et son petit-fils qui ne l’était pas]]></description>
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        <pubDate>Mon, 05 Feb 2024 10:29:26 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[La chambre, Paul Géraldy ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[J’aime plus fort, aux fins des soirs trop doux, ma chambre tiède, intime, quotidienne, intérieure, où dans des clartés miennes, tout mon passé m’a donné rendez-vous. Je l’ai peuplée avec de vieilles lettres. Je m’y suis fait mes amours en lisant. Et le miroir où se rit ma fenêtre double pour moi le ciel insuffisant. Le grand fauteuil est tout plein des histoires d&#039;un livre rouge et or que j&#039;ai aimé.Et mon enfance est là, dans les armoires, Qui dort tout bas sous des jouets brisés.Parfois cependant, des fadeurs remontent des murs gris et lourds d&#039;ennuis amassés.Je n&#039;écoute plus ce qu&#039;il me racontent,je n&#039;ai plus d&#039;amour pour mon temps passé. Et tandis qu&#039;usé par des habitudeset n&#039;évoquant plus ce qui dort en eux,les objets qui me font une solitude,je rêve à la chambre où nous serions deux.Paul Géraldy, « La Chambre », Les Petites Âmes]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[J’aime plus fort, aux fins des soirs trop doux, ma chambre tiède, intime, quotidienne, intérieure, où dans des clartés miennes, tout mon passé m’a donné rendez-vous. Je l’ai peuplée avec de vieilles lettres. Je m’y suis fait mes amours en lisant. Et le miroir où se rit ma fenêtre double pour moi le ciel insuffisant. Le grand fauteuil est tout plein des histoires d&#039;un livre rouge et or que j&#039;ai aimé.Et mon enfance est là, dans les armoires, Qui dort tout bas sous des jouets brisés.Parfois cependant, des fadeurs remontent des murs gris et lourds d&#039;ennuis amassés.Je n&#039;écoute plus ce qu&#039;il me racontent,je n&#039;ai plus d&#039;amour pour mon temps passé. Et tandis qu&#039;usé par des habitudeset n&#039;évoquant plus ce qui dort en eux,les objets qui me font une solitude,je rêve à la chambre où nous serions deux.Paul Géraldy, « La Chambre », Les Petites Âmes]]></description>
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        <pubDate>Mon, 29 Jan 2024 15:49:02 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Page d’écriture, Jacques Prévert]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Deux et deux quatreQuatre et quatre huitHuit et huit font seize…Répétez! dit le maîtreDeux et deux quatreQuatre et quatre huitHuit et huit font seize…Mais voilà l’oiseau-lyreQui passe dans le cielL’enfant le voitL’enfant l’entendL’enfant l’appelle :Sauve-moiJoue avec moiOiseau!Alors l’oiseau descendEt joue avec l’enfantDeux et deux quatre…Répétez! dit le maîtreEt l’enfant joueL’oiseau joue avec lui…Quatre et quatre huitHuit et huit font seizeEt seize et seize qu’est-ce qu’ils font ?Ils ne font rien seize et seizeEt surtout pas trente-deuxDe toute façonEt ils s’en vont.Et l’enfant a caché l’oiseauDans son pupitreEt tous les enfantsEntendent sa chansonEt tous les enfantsEntendent la musiqueEt huit et huit à leur tour s’en vontEt quatre et quatre et deux et deuxA leur tour fichent le campEt un et un ne font ni une ni deuxUn à un s’en vont également.Et l’oiseau-lyre joueEt l’enfant chanteEt le professeur crie :Quand vous aurez fini de faire le pitre!Mais tous les autres enfantsÉcoutent la musiqueEt les murs de la classeS’écroulent tranquillement.Et les vitres redeviennent sableL’encre redevient eauLes pupitres redeviennent arbresLa craie redevient falaiseLe porte-plume redevient oiseau.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Deux et deux quatreQuatre et quatre huitHuit et huit font seize…Répétez! dit le maîtreDeux et deux quatreQuatre et quatre huitHuit et huit font seize…Mais voilà l’oiseau-lyreQui passe dans le cielL’enfant le voitL’enfant l’entendL’enfant l’appelle :Sauve-moiJoue avec moiOiseau!Alors l’oiseau descendEt joue avec l’enfantDeux et deux quatre…Répétez! dit le maîtreEt l’enfant joueL’oiseau joue avec lui…Quatre et quatre huitHuit et huit font seizeEt seize et seize qu’est-ce qu’ils font ?Ils ne font rien seize et seizeEt surtout pas trente-deuxDe toute façonEt ils s’en vont.Et l’enfant a caché l’oiseauDans son pupitreEt tous les enfantsEntendent sa chansonEt tous les enfantsEntendent la musiqueEt huit et huit à leur tour s’en vontEt quatre et quatre et deux et deuxA leur tour fichent le campEt un et un ne font ni une ni deuxUn à un s’en vont également.Et l’oiseau-lyre joueEt l’enfant chanteEt le professeur crie :Quand vous aurez fini de faire le pitre!Mais tous les autres enfantsÉcoutent la musiqueEt les murs de la classeS’écroulent tranquillement.Et les vitres redeviennent sableL’encre redevient eauLes pupitres redeviennent arbresLa craie redevient falaiseLe porte-plume redevient oiseau.]]></description>
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        <pubDate>Fri, 26 Jan 2024 10:53:01 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Rose Blanche, Aristide Bruant]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Elle avait sous sa toque d’martre,Sur la butte Montmartre,Un p’tit air innocent.On l’appelait rose, elle était belle,A’ sentait bon la fleur nouvelle,Rue Saint-Vincent.On n’ avait pas connu son p ère,A n’ avait p’us d’mère,Et depuis 1900,A’ d’meurait chez sa vieille aïeuleOù qu’a’ s’élevait comme ça, toute seule,Rue Saint-Vincent.A’ travaillait déjà pour vivreEt les soirs de givre,Sous l’froid noir et glaçant,Son p’tit fichu sur les épaules,A’ rentrait par la rue des Saules,Rue Saint-Vincent.A voyait dans les nuit d’gelée,La nappe étoilée,Et la lune en croissantQui brillait, blanche et fatidiqueSur la p’tite croix d’la basilique,Rue Saint-Vincent.L’été, par les chauds crépuscules,A rencontrait Jules,Qu’était si caressant,Qu’a’ restait la soirée entière,Avec lui près du vieux cim’tière,Rue Saint-Vincent.Mais le p’tit Jules était d’la tierceQui soutient la gerce,Aussi l’adolescent,Voyant qu’a n’marchait pas au pantre,D’un coup d’surin lui troua l’ventre,Rue Saint-Vincent.Quand ils l’ont couché sur la planche,Elle était toute blanche,Même qu’en l’ensevelissant,Les croqu’morts disaient qu’la pauv’ gosseEtait claqué’ l’soir de sa noce,Rue Saint-Vincent.Elle avait sous sa toque d’martre,Sur la butte Montmartre,Un p’tit air innocent.On l’appelait rose, elle était belle,A’ sentait bon la fleur nouvelle,Rue Saint-Vincent.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Elle avait sous sa toque d’martre,Sur la butte Montmartre,Un p’tit air innocent.On l’appelait rose, elle était belle,A’ sentait bon la fleur nouvelle,Rue Saint-Vincent.On n’ avait pas connu son p ère,A n’ avait p’us d’mère,Et depuis 1900,A’ d’meurait chez sa vieille aïeuleOù qu’a’ s’élevait comme ça, toute seule,Rue Saint-Vincent.A’ travaillait déjà pour vivreEt les soirs de givre,Sous l’froid noir et glaçant,Son p’tit fichu sur les épaules,A’ rentrait par la rue des Saules,Rue Saint-Vincent.A voyait dans les nuit d’gelée,La nappe étoilée,Et la lune en croissantQui brillait, blanche et fatidiqueSur la p’tite croix d’la basilique,Rue Saint-Vincent.L’été, par les chauds crépuscules,A rencontrait Jules,Qu’était si caressant,Qu’a’ restait la soirée entière,Avec lui près du vieux cim’tière,Rue Saint-Vincent.Mais le p’tit Jules était d’la tierceQui soutient la gerce,Aussi l’adolescent,Voyant qu’a n’marchait pas au pantre,D’un coup d’surin lui troua l’ventre,Rue Saint-Vincent.Quand ils l’ont couché sur la planche,Elle était toute blanche,Même qu’en l’ensevelissant,Les croqu’morts disaient qu’la pauv’ gosseEtait claqué’ l’soir de sa noce,Rue Saint-Vincent.Elle avait sous sa toque d’martre,Sur la butte Montmartre,Un p’tit air innocent.On l’appelait rose, elle était belle,A’ sentait bon la fleur nouvelle,Rue Saint-Vincent.]]></description>
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        <pubDate>Thu, 04 Jan 2024 15:26:23 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Le temps perdu, René-François Sully Prudhomme]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Si peu d’oeuvres pour tant de fatigue et d’ennui !De stériles soucis notre journée est pleine :Leur meute sans pitié nous chasse à perdre haleine,Nous pousse, nous dévore, et l’heure utile a fui…« Demain ! J’irai demain voir ce pauvre chez lui,« Demain je reprendrai ce livre ouvert à peine,« Demain je te dirai, mon âme, où je te mène,« Demain je serai juste et fort… pas aujourd’hui. »Aujourd’hui, que de soins, de pas et de visites !Oh ! L’implacable essaim des devoirs parasitesQui pullulent autour de nos tasses de thé !Ainsi chôment le coeur, la pensée et le livre,Et, pendant qu’on se tue à différer de vivre,Le vrai devoir dans l’ombre attend la volonté.René-François Sully Prudhomme, Les vaines tendresses]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Si peu d’oeuvres pour tant de fatigue et d’ennui !De stériles soucis notre journée est pleine :Leur meute sans pitié nous chasse à perdre haleine,Nous pousse, nous dévore, et l’heure utile a fui…« Demain ! J’irai demain voir ce pauvre chez lui,« Demain je reprendrai ce livre ouvert à peine,« Demain je te dirai, mon âme, où je te mène,« Demain je serai juste et fort… pas aujourd’hui. »Aujourd’hui, que de soins, de pas et de visites !Oh ! L’implacable essaim des devoirs parasitesQui pullulent autour de nos tasses de thé !Ainsi chôment le coeur, la pensée et le livre,Et, pendant qu’on se tue à différer de vivre,Le vrai devoir dans l’ombre attend la volonté.René-François Sully Prudhomme, Les vaines tendresses]]></description>
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        <pubDate>Wed, 20 Dec 2023 16:39:56 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Les Effarés, Arthur Rimbaud]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Noirs dans la neige et dans la brume,Au grand soupirail qui s’allume,Leurs culs en rondA genoux, cinq petits, -misère!-Regardent le boulanger faireLe lourd pain blond…Ils voient le fort bras blanc qui tourneLa pâte grise, et qui l’enfourneDans un trou clair.Ils écoutent le bon pain cuire.Le boulanger au gras sourireChante un vieil air.Ils sont blottis, pas un ne bougeAu souffle du soupirail rougeChaud comme un sein.Et quand, pendant que minuit sonne,Façonné, pétillant et jaune,On sort le pain,Quand, sous les poutres enfuméesChantent les croûtes parfuméesEt les grillons,Quand ce trou chaud souffle la vie;Ils ont leur âme si ravieSous leurs haillons,Ils se ressentent si bien vivre,Les pauvres petits pleins de givre,-Qu’ils sont là, tous,Collant leurs petits museaux rosesAu grillage, chantant des choses,Entre les trous,Mais bien bas, -comme une prière…Repliés vers cette lumièreDu ciel rouvert,-Si fort, qu’ils crèvent leur culotte-Et que leur lange blanc tremblotteAu vent d’hiver… ]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Noirs dans la neige et dans la brume,Au grand soupirail qui s’allume,Leurs culs en rondA genoux, cinq petits, -misère!-Regardent le boulanger faireLe lourd pain blond…Ils voient le fort bras blanc qui tourneLa pâte grise, et qui l’enfourneDans un trou clair.Ils écoutent le bon pain cuire.Le boulanger au gras sourireChante un vieil air.Ils sont blottis, pas un ne bougeAu souffle du soupirail rougeChaud comme un sein.Et quand, pendant que minuit sonne,Façonné, pétillant et jaune,On sort le pain,Quand, sous les poutres enfuméesChantent les croûtes parfuméesEt les grillons,Quand ce trou chaud souffle la vie;Ils ont leur âme si ravieSous leurs haillons,Ils se ressentent si bien vivre,Les pauvres petits pleins de givre,-Qu’ils sont là, tous,Collant leurs petits museaux rosesAu grillage, chantant des choses,Entre les trous,Mais bien bas, -comme une prière…Repliés vers cette lumièreDu ciel rouvert,-Si fort, qu’ils crèvent leur culotte-Et que leur lange blanc tremblotteAu vent d’hiver… ]]></description>
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        <pubDate>Thu, 30 Nov 2023 16:00:53 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Le Doigt de Dieu, Georges Fourest]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Il avait violé sa sœur, coupé sa mèreen tous petits morceaux : jugeant la vie amèreet voulant se donner quelque distraction,il servit à son père une décoctionvénéneuse, du foie et des reins ennemie(car il avait un peu potassé la chimie).Cette mixture fit mourir le doux vieillard.Il était mal poli, journaliste, paillardtrichait au jeu, faisait des vers, fumait la pipedans la rue, et le soir se gavait de tripesà la mode de Caen parmi les croquemorts.Cependant, il n’éprouvait pas l’ombre d’un remordset vivait très tranquille et très digne et coulait debien beaux jours (comme fait M. Paul Déroulède).Mais Dieu possède un DOIGT et l’immoraliténe saurait échapper à la fatalité…Un matin, comme il avait fait la grande fêteUn pot de réséda lui tomba sur la tête,et le Seigneur l’admit au Paradis profondcar il était plus vif que méchant dans le fond.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Il avait violé sa sœur, coupé sa mèreen tous petits morceaux : jugeant la vie amèreet voulant se donner quelque distraction,il servit à son père une décoctionvénéneuse, du foie et des reins ennemie(car il avait un peu potassé la chimie).Cette mixture fit mourir le doux vieillard.Il était mal poli, journaliste, paillardtrichait au jeu, faisait des vers, fumait la pipedans la rue, et le soir se gavait de tripesà la mode de Caen parmi les croquemorts.Cependant, il n’éprouvait pas l’ombre d’un remordset vivait très tranquille et très digne et coulait debien beaux jours (comme fait M. Paul Déroulède).Mais Dieu possède un DOIGT et l’immoraliténe saurait échapper à la fatalité…Un matin, comme il avait fait la grande fêteUn pot de réséda lui tomba sur la tête,et le Seigneur l’admit au Paradis profondcar il était plus vif que méchant dans le fond.]]></description>
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        <pubDate>Wed, 22 Nov 2023 15:38:44 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Sagesse, Paul Géraldy]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Ne soyons pas trop exigeants :Le bonheur n’est pas accessibleA toutes les sortes de gens.Il faudrait être moins sensible,Ou bien avoir beaucoup d’argent...Ne demandons pas l’impossible.Nous devons nous trouver contentsD’être les êtres que nous sommes:Des amoureux intermittentsQui sont fous l’un de l’autre en sommeDe temps en temps.C’est déjà beaucoup d’être deux,Deux côte à côte sur la Terre,Qui peuvent souffrir entre euxEt vivre sans trop se taire.Et si l’on est plus exigeant,Si l’on se sent en y songeantL’âme encore trop célibataire,C’est qu’on a mauvais caractère...Ou qu’on est trop intelligent...]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Ne soyons pas trop exigeants :Le bonheur n’est pas accessibleA toutes les sortes de gens.Il faudrait être moins sensible,Ou bien avoir beaucoup d’argent...Ne demandons pas l’impossible.Nous devons nous trouver contentsD’être les êtres que nous sommes:Des amoureux intermittentsQui sont fous l’un de l’autre en sommeDe temps en temps.C’est déjà beaucoup d’être deux,Deux côte à côte sur la Terre,Qui peuvent souffrir entre euxEt vivre sans trop se taire.Et si l’on est plus exigeant,Si l’on se sent en y songeantL’âme encore trop célibataire,C’est qu’on a mauvais caractère...Ou qu’on est trop intelligent...]]></description>
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        <pubDate>Tue, 14 Nov 2023 16:33:14 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Déjeuner du matin, Jacques Prévert]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Il a mis le café Dans la tasse Il a mis le lait Dans la tasse de café Il a mis le sucre Dans le café au lait Avec la petite cuillèreIl a tourné Il a bu le café au lait Et il a reposé la tasse Sans me parlerIl a allumé Une cigarette Il a fait des ronds Avec la fumée Il a mis les cendres Dans le cendrier Sans me parler Sans me regarderIl s’est levé Il a mis Son chapeau sur sa tête Il a mis son manteau de pluie Parce qu’il pleuvait Et il est parti Sous la pluie Sans une parole Sans me regarderEt moi j’ai pris Ma tête dans ma main Et j’ai pleuré]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Il a mis le café Dans la tasse Il a mis le lait Dans la tasse de café Il a mis le sucre Dans le café au lait Avec la petite cuillèreIl a tourné Il a bu le café au lait Et il a reposé la tasse Sans me parlerIl a allumé Une cigarette Il a fait des ronds Avec la fumée Il a mis les cendres Dans le cendrier Sans me parler Sans me regarderIl s’est levé Il a mis Son chapeau sur sa tête Il a mis son manteau de pluie Parce qu’il pleuvait Et il est parti Sous la pluie Sans une parole Sans me regarderEt moi j’ai pris Ma tête dans ma main Et j’ai pleuré]]></description>
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        <pubDate>Wed, 08 Nov 2023 16:59:12 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Les yeux, René-François Sully Prudhomme]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,Des yeux sans nombre ont vu l’aurore ;Ils dorment au fond des tombeauxEt le soleil se lève encore.Les nuits plus douces que les joursOnt enchanté des yeux sans nombre ;Les étoiles brillent toujoursEt les yeux se sont remplis d’ombre.Oh ! qu’ils aient perdu le regard,Non, non, cela n’est pas possible !Ils se sont tournés quelque partVers ce qu’on nomme l’invisible ;Et comme les astres penchants,Nous quittent, mais au ciel demeurent,Les prunelles ont leurs couchants,Mais il n’est pas vrai qu’elles meurent :Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,Ouverts à quelque immense aurore,De l’autre côté des tombeauxLes yeux qu’on ferme voient encore.René-François Sully Prudhomme, La vie intérieure]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,Des yeux sans nombre ont vu l’aurore ;Ils dorment au fond des tombeauxEt le soleil se lève encore.Les nuits plus douces que les joursOnt enchanté des yeux sans nombre ;Les étoiles brillent toujoursEt les yeux se sont remplis d’ombre.Oh ! qu’ils aient perdu le regard,Non, non, cela n’est pas possible !Ils se sont tournés quelque partVers ce qu’on nomme l’invisible ;Et comme les astres penchants,Nous quittent, mais au ciel demeurent,Les prunelles ont leurs couchants,Mais il n’est pas vrai qu’elles meurent :Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,Ouverts à quelque immense aurore,De l’autre côté des tombeauxLes yeux qu’on ferme voient encore.René-François Sully Prudhomme, La vie intérieure]]></description>
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        <pubDate>Mon, 30 Oct 2023 17:00:59 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[La maison des enfants, Louise de Vilmorin]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[La maison des enfantsEst livrée au grand ventLeurs chambres sont désertes.Le grand vent du matinNe dénoue au jardinNul ruban de soie verte.Plus de mots hésitantsEt plus de complimentsAu midi de ma fêteEt plus de petits pas,Plus de secrets tout basNi de cris à tue-tête.Loin de moi grandissezEnfants de mon passéQui vivez en voyage,Puis venez à mon cœurFontaine de mes pleursY puiser votre image.Usez de mon amour.Votre jour est toujoursL’objet de mon envie.Revenez à mes bras,Ne vous éloignez pasDu sein de votre vie.Êtes-vous nés trop tôtRires de mes berceauxÀ l’âge du quadrille ?Êtes-vous nés trop tardEnfant de mes hasards,Enfants petites filles ?Le jardin est pareil,L’abeille et soleilY font leur course à l’aise,Mais sous les hauts sapinsPlus de jeux anciensPlus de chansons Françaises.Plus de baisers le soirNi de peur dans le noirOù vient rôder le diable,Plus de jouets cassés,Plus de genoux blessésNi de châteaux de sable.Enfants, c’est mon passéPassé que vous bercezAu jardin de Verrières,Car je riais aussiSous l’arbre que voiciEt que planta mon père.Les jours sont abîmés.Aurais-je trop aiméLe pas qui déconcerte ?Je suis seule à présentVoyageuses enfantsDevant la porte ouverte.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[La maison des enfantsEst livrée au grand ventLeurs chambres sont désertes.Le grand vent du matinNe dénoue au jardinNul ruban de soie verte.Plus de mots hésitantsEt plus de complimentsAu midi de ma fêteEt plus de petits pas,Plus de secrets tout basNi de cris à tue-tête.Loin de moi grandissezEnfants de mon passéQui vivez en voyage,Puis venez à mon cœurFontaine de mes pleursY puiser votre image.Usez de mon amour.Votre jour est toujoursL’objet de mon envie.Revenez à mes bras,Ne vous éloignez pasDu sein de votre vie.Êtes-vous nés trop tôtRires de mes berceauxÀ l’âge du quadrille ?Êtes-vous nés trop tardEnfant de mes hasards,Enfants petites filles ?Le jardin est pareil,L’abeille et soleilY font leur course à l’aise,Mais sous les hauts sapinsPlus de jeux anciensPlus de chansons Françaises.Plus de baisers le soirNi de peur dans le noirOù vient rôder le diable,Plus de jouets cassés,Plus de genoux blessésNi de châteaux de sable.Enfants, c’est mon passéPassé que vous bercezAu jardin de Verrières,Car je riais aussiSous l’arbre que voiciEt que planta mon père.Les jours sont abîmés.Aurais-je trop aiméLe pas qui déconcerte ?Je suis seule à présentVoyageuses enfantsDevant la porte ouverte.]]></description>
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        <pubDate>Wed, 25 Oct 2023 16:18:01 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Le grand métingue du métropolitain, Maurice Mac-Nab]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[C&#039;était hier, samedi, jour de paye,Et le soleil se levait sur nos frontsJ&#039;avais déjà vidé plus d&#039;un&#039; bouteille,Si bien qu&#039; j&#039;m&#039;avais jamais trouvé si rondV&#039;là la bourgeois&#039; qui rappliqu&#039; devant l&#039; zingue:&quot;Feignant, qu&#039;ell&#039; dit, t&#039;as donc lâché l&#039; turbin?&quot;&quot;Oui, que j&#039; réponds, car je vais au métingue,Au grand métingu&#039; du métropolitain !&quot;Les citoyens, dans un élan sublime,Etaient venus guidés par la raisonA la porte, on donnait vingt-cinq centimesPour soutenir les grèves de VierzonBref à part quatr&#039; municipaux qui chlinguentEt trois sergents déguisés en pékins,J&#039;ai jamais vu de plus chouette métingue,Que le métingu&#039; du métropolitain !Y avait Basly, le mineur indomptable,Camélinat, l&#039;orgueille du paysIls sont grimpés tous deux sur une table,Pour mettre la question sur le tapisMais, tout à coup, on entend du bastringue;C&#039;est un mouchard qui veut fair&#039; le malin !Il est venu pour troubler le métingue,Le grand métingu&#039; du métropolitain !Moi j&#039; tomb&#039; dessus, et pendant qu&#039;il proteste,D&#039;un grand coup d&#039; poing, j&#039;y renfonc&#039; son chapeau.Il déguerpit sans demander son reste,En faisant signe aux quatr&#039; municipauxA la faveur de c&#039;que j&#039;étais brind&#039;zingueOn m&#039;a conduit jusqu&#039;au poste voisinEt c&#039;est comm&#039; ça qu&#039;a fini le métingue,Le grand métingu&#039; du métropolitain ]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[C&#039;était hier, samedi, jour de paye,Et le soleil se levait sur nos frontsJ&#039;avais déjà vidé plus d&#039;un&#039; bouteille,Si bien qu&#039; j&#039;m&#039;avais jamais trouvé si rondV&#039;là la bourgeois&#039; qui rappliqu&#039; devant l&#039; zingue:&quot;Feignant, qu&#039;ell&#039; dit, t&#039;as donc lâché l&#039; turbin?&quot;&quot;Oui, que j&#039; réponds, car je vais au métingue,Au grand métingu&#039; du métropolitain !&quot;Les citoyens, dans un élan sublime,Etaient venus guidés par la raisonA la porte, on donnait vingt-cinq centimesPour soutenir les grèves de VierzonBref à part quatr&#039; municipaux qui chlinguentEt trois sergents déguisés en pékins,J&#039;ai jamais vu de plus chouette métingue,Que le métingu&#039; du métropolitain !Y avait Basly, le mineur indomptable,Camélinat, l&#039;orgueille du paysIls sont grimpés tous deux sur une table,Pour mettre la question sur le tapisMais, tout à coup, on entend du bastringue;C&#039;est un mouchard qui veut fair&#039; le malin !Il est venu pour troubler le métingue,Le grand métingu&#039; du métropolitain !Moi j&#039; tomb&#039; dessus, et pendant qu&#039;il proteste,D&#039;un grand coup d&#039; poing, j&#039;y renfonc&#039; son chapeau.Il déguerpit sans demander son reste,En faisant signe aux quatr&#039; municipauxA la faveur de c&#039;que j&#039;étais brind&#039;zingueOn m&#039;a conduit jusqu&#039;au poste voisinEt c&#039;est comm&#039; ça qu&#039;a fini le métingue,Le grand métingu&#039; du métropolitain ]]></description>
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        <pubDate>Tue, 17 Oct 2023 14:57:42 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[La verdure dorée, Tristan Derème]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Nous nous taisons. Le vent balanceLes deux saules sur l’abreuvoir ;Et je sais malgré ton silenceQue ce soir est le dernier soir.Adieu. Les feuilles tombent. LuneCoutumière. Décor banal.Tourterelles, crépuscule. UneÉtoile, comme un point final.Tu as la force de sourireEt dans mon cœur je reconnaisL’odeur des buis que l’on respireDans les jardins abandonnés.Six heures tombent de l’horlogeComme six noix dans un chaudronDéjà le soir triste grelotteSous un lourd nuage marron.Elle, naguère sous le sauleÀ cette heure elle souriait…Faudra-t-il que je me consoleDe son doux regard inquiet ?Roses chaudes de sa jeunesse,Hélas ! j’en ai mal à mourir.Comme un colibri dans la neigeMon cœur se glace au souvenir.Et ce soir morose d’automneDans le vieux jardin qu’elle aima,Il tombe d’un marronnier jauneDes feuilles sur mon panama.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Nous nous taisons. Le vent balanceLes deux saules sur l’abreuvoir ;Et je sais malgré ton silenceQue ce soir est le dernier soir.Adieu. Les feuilles tombent. LuneCoutumière. Décor banal.Tourterelles, crépuscule. UneÉtoile, comme un point final.Tu as la force de sourireEt dans mon cœur je reconnaisL’odeur des buis que l’on respireDans les jardins abandonnés.Six heures tombent de l’horlogeComme six noix dans un chaudronDéjà le soir triste grelotteSous un lourd nuage marron.Elle, naguère sous le sauleÀ cette heure elle souriait…Faudra-t-il que je me consoleDe son doux regard inquiet ?Roses chaudes de sa jeunesse,Hélas ! j’en ai mal à mourir.Comme un colibri dans la neigeMon cœur se glace au souvenir.Et ce soir morose d’automneDans le vieux jardin qu’elle aima,Il tombe d’un marronnier jauneDes feuilles sur mon panama.]]></description>
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        <pubDate>Wed, 11 Oct 2023 15:04:27 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Montmartre, Francis Carco]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Montmartre a connu d’autre jeux,D’autres voix, d’autres rires jeunes.Mais cela n’importe : le jauneMatin brille dans les carreaux.Hélas ! l’Amour nous trompe et pleure,Nous l’accueillons et le fêtons.Le matin bleuit tristement,L’horloge ne marque pas l’heure.Ceux qui nous ont quittés sont là :L’un chante et l’autre est près du feu.Ils boivent et se rient entre euxDu jour et de son mauve éclat.Voici Mimi, Blanche et Germaine ;La plus sévère a les yeux faits.Le jour envahit tout à faitLes carreaux encrassés et blêmes.Et toi, buttée contre mon cœur,Pauvre petite abandonnée,Tu te plains à la dérobéeDe quel cruel et doux malheur ?Tais-toi : mes souvenirs blessésDorlotent tes mauvais sourires.Je t’adorais sans te le dire.Tu pleuras quand j’en eus assez.O Moreau, poète ! Hégésippe !Parle lui, tu sais consoler.Moi, dans le matin violet,(Jaune, bleu, mauve, violet)Je descends en fumant ma pipe]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Montmartre a connu d’autre jeux,D’autres voix, d’autres rires jeunes.Mais cela n’importe : le jauneMatin brille dans les carreaux.Hélas ! l’Amour nous trompe et pleure,Nous l’accueillons et le fêtons.Le matin bleuit tristement,L’horloge ne marque pas l’heure.Ceux qui nous ont quittés sont là :L’un chante et l’autre est près du feu.Ils boivent et se rient entre euxDu jour et de son mauve éclat.Voici Mimi, Blanche et Germaine ;La plus sévère a les yeux faits.Le jour envahit tout à faitLes carreaux encrassés et blêmes.Et toi, buttée contre mon cœur,Pauvre petite abandonnée,Tu te plains à la dérobéeDe quel cruel et doux malheur ?Tais-toi : mes souvenirs blessésDorlotent tes mauvais sourires.Je t’adorais sans te le dire.Tu pleuras quand j’en eus assez.O Moreau, poète ! Hégésippe !Parle lui, tu sais consoler.Moi, dans le matin violet,(Jaune, bleu, mauve, violet)Je descends en fumant ma pipe]]></description>
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        <pubDate>Mon, 02 Oct 2023 16:29:42 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Pater Noster, Jacques Prévert]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Notre Père qui êtes au Cieux, restez-yEt nous, nous resterons sur la Terre qui est quelquefois si jolieAvec ses mystères de New York et puis ses mystères de ParisQui valent bien celui de la Trinité avec son petit canal de l&#039;OurcqSa grande muraille de Chine, sa rivière de Morlaix, ses bêtises de CambraiAvec son océan Pacifique et ses deux bassins aux TuileriesAvec ses bons enfants et ses mauvais sujetsAvec toutes les merveilles du monde qui sont là, simplement sur la TerreOffertes à tout le monde, éparpilléesÉmerveillées elles-mêmes d&#039;être de telles merveilles et qui n&#039;osent se l&#039;avouerComme une jolie fille nue qui n&#039;ose se montrerAvec les épouvantables malheurs du monde qui sont légionAvec leurs légionnaires, avec leurs tortionnaires, avec les maîtres de ce mondeLes maîtres avec leurs prêtres, leurs traîtres et leurs reîtresAvec les saisons, avec les annéesAvec les jolies filles et avec les vieux consAvec la paille de la misère pourrissant dans l&#039;acier des canons]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Notre Père qui êtes au Cieux, restez-yEt nous, nous resterons sur la Terre qui est quelquefois si jolieAvec ses mystères de New York et puis ses mystères de ParisQui valent bien celui de la Trinité avec son petit canal de l&#039;OurcqSa grande muraille de Chine, sa rivière de Morlaix, ses bêtises de CambraiAvec son océan Pacifique et ses deux bassins aux TuileriesAvec ses bons enfants et ses mauvais sujetsAvec toutes les merveilles du monde qui sont là, simplement sur la TerreOffertes à tout le monde, éparpilléesÉmerveillées elles-mêmes d&#039;être de telles merveilles et qui n&#039;osent se l&#039;avouerComme une jolie fille nue qui n&#039;ose se montrerAvec les épouvantables malheurs du monde qui sont légionAvec leurs légionnaires, avec leurs tortionnaires, avec les maîtres de ce mondeLes maîtres avec leurs prêtres, leurs traîtres et leurs reîtresAvec les saisons, avec les annéesAvec les jolies filles et avec les vieux consAvec la paille de la misère pourrissant dans l&#039;acier des canons]]></description>
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        <pubDate>Mon, 25 Sep 2023 16:18:13 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[J&#039;écris pour que le jour, Anna de Noailles]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[J’écris pour que le jour où je ne serai plus
On sache comme l’air et le plaisir m’ont plu,
Et que mon livre porte à la foule future
Comme j’aimais la vie et l’heureuse Nature.

Attentive aux travaux des champs et des maisons,
J’ai marqué chaque jour la forme des saisons,
Parce que l’eau, la terre et la montante flamme
En nul endroit ne sont si belles qu’en mon âme !

J’ai dit ce que j’ai vu et ce que j’ai senti,
D’un cœur pour qui le vrai ne fut point trop hardi,
Et j’ai eu cette ardeur, par l’amour intimée,
Pour être, après la mort, parfois encore aimée,

Et qu’un jeune homme, alors, lisant ce que j’écris,
Sentant par moi son cœur ému, troublé, surpris,
Ayant tout oublié des épouses réelles,
M’accueille dans son âme et me préfère à elles…
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[J’écris pour que le jour où je ne serai plus
On sache comme l’air et le plaisir m’ont plu,
Et que mon livre porte à la foule future
Comme j’aimais la vie et l’heureuse Nature.

Attentive aux travaux des champs et des maisons,
J’ai marqué chaque jour la forme des saisons,
Parce que l’eau, la terre et la montante flamme
En nul endroit ne sont si belles qu’en mon âme !

J’ai dit ce que j’ai vu et ce que j’ai senti,
D’un cœur pour qui le vrai ne fut point trop hardi,
Et j’ai eu cette ardeur, par l’amour intimée,
Pour être, après la mort, parfois encore aimée,

Et qu’un jeune homme, alors, lisant ce que j’écris,
Sentant par moi son cœur ému, troublé, surpris,
Ayant tout oublié des épouses réelles,
M’accueille dans son âme et me préfère à elles…
]]></description>
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        <pubDate>Wed, 20 Sep 2023 16:25:03 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Si je mourais là-bas, Guillaume Apollinaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Si je mourais là-bas sur le front de l’armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s’éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l’armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur

Et puis ce souvenir éclaté dans l’espace
Couvrirait de mon sang le monde tout entier
La mer les monts les vals et l’étoile qui passe
Les soleils merveilleux mûrissant dans l’espace
Comme font les fruits d’or autour de Baratier

Souvenir oublié vivant dans toutes choses
Je rougirais le bout de tes jolis seins roses
Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants
Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses
Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants

Le fatal giclement de mon sang sur le monde
Donnerait au soleil plus de vive clarté
Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l’onde
Un amour inouï descendrait sur le monde
L’amant serait plus fort dans ton corps écarté

Lou si je meurs là-bas souvenir qu’on oublie
— Souviens-t’en quelquefois aux instants de folie
De jeunesse et d’amour et d’éclatante ardeur —
Mon sang c’est la fontaine ardente du bonheur
Et sois la plus heureuse étant la plus jolie

Ô mon unique amour et ma grande folie
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Si je mourais là-bas sur le front de l’armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s’éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l’armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur

Et puis ce souvenir éclaté dans l’espace
Couvrirait de mon sang le monde tout entier
La mer les monts les vals et l’étoile qui passe
Les soleils merveilleux mûrissant dans l’espace
Comme font les fruits d’or autour de Baratier

Souvenir oublié vivant dans toutes choses
Je rougirais le bout de tes jolis seins roses
Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants
Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses
Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants

Le fatal giclement de mon sang sur le monde
Donnerait au soleil plus de vive clarté
Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l’onde
Un amour inouï descendrait sur le monde
L’amant serait plus fort dans ton corps écarté

Lou si je meurs là-bas souvenir qu’on oublie
— Souviens-t’en quelquefois aux instants de folie
De jeunesse et d’amour et d’éclatante ardeur —
Mon sang c’est la fontaine ardente du bonheur
Et sois la plus heureuse étant la plus jolie

Ô mon unique amour et ma grande folie
]]></description>
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        <pubDate>Mon, 11 Sep 2023 09:00:00 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Sagesse, Paul Verlaine]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[]]></description>
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        <pubDate>Mon, 24 Jul 2023 09:00:00 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[L&#039;exil, Victor Hugo ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Si je pouvais voir, ô patrie,
Tes amandiers et tes lilas,
Et fouler ton herbe fleurie,
Hélas !

Si je pouvais, - mais, ô mon père,
Ô ma mère, je ne peux pas, -
Prendre pour chevet votre pierre,
Hélas !

Dans le froid cercueil qui vous gêne,
Si je pouvais vous parler bas,
Mon frère Abel, mon frère Eugène,
Hélas !

Si je pouvais, ô ma colombe,
Et toi, mère, qui t&#039;envolas,
M&#039;agenouiller sur votre tombe,
Hélas !

Oh ! vers l&#039;étoile solitaire,
Comme je lèverais les bras !
Comme je baiserais la terre,
Hélas !

Loin de vous, ô morts que je pleure,
Des flots noirs j&#039;écoute le glas ;
Je voudrais fuir, mais je demeure,
Hélas !

Pourtant le sort, caché dans l&#039;ombre,
Se trompe si, comptant mes pas,
Il croit que le vieux marcheur sombre
Est las.
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Si je pouvais voir, ô patrie,
Tes amandiers et tes lilas,
Et fouler ton herbe fleurie,
Hélas !

Si je pouvais, - mais, ô mon père,
Ô ma mère, je ne peux pas, -
Prendre pour chevet votre pierre,
Hélas !

Dans le froid cercueil qui vous gêne,
Si je pouvais vous parler bas,
Mon frère Abel, mon frère Eugène,
Hélas !

Si je pouvais, ô ma colombe,
Et toi, mère, qui t&#039;envolas,
M&#039;agenouiller sur votre tombe,
Hélas !

Oh ! vers l&#039;étoile solitaire,
Comme je lèverais les bras !
Comme je baiserais la terre,
Hélas !

Loin de vous, ô morts que je pleure,
Des flots noirs j&#039;écoute le glas ;
Je voudrais fuir, mais je demeure,
Hélas !

Pourtant le sort, caché dans l&#039;ombre,
Se trompe si, comptant mes pas,
Il croit que le vieux marcheur sombre
Est las.
]]></description>
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        <pubDate>Mon, 17 Jul 2023 09:00:00 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[À la musique, Arthur Rimbaud]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Sur la place taillée en mesquines pelouses,
Square où tout est correct, les arbres et les fleurs,
Tous les bourgeois poussifs qu’étranglent les chaleurs
Portent, les jeudis soirs, leurs bêtises jalouses.

– L’orchestre militaire, au milieu du jardin,
Balance ses schakos dans la Valse des fifres :
Autour, aux premiers rangs, parade le gandin ;
Le notaire pend à ses breloques à chiffres.

Des rentiers à lorgnons soulignent tous les couacs :
Les gros bureaux bouffis traînant leurs grosses dames
Auprès desquelles vont, officieux cornacs,
Celles dont les volants ont des airs de réclames ;

Sur les bancs verts, des clubs d’épiciers retraités
Qui tisonnent le sable avec leur canne à pomme,
Fort sérieusement discutent les traités,
Puis prisent en argent, et reprennent :  » En somme !…  »

Épatant sur son banc les rondeurs de ses reins,
Un bourgeois à boutons clairs, bedaine flamande,
Savoure son onnaing d’où le tabac par brins
Déborde – vous savez, c’est de la contrebande ; –

Le long des gazons verts ricanent les voyous ;
Et, rendus amoureux par le chant des trombones,
Très naïfs, et fumant des roses, les pioupious
Caressent les bébés pour enjôler les bonnes…

– Moi, je suis, débraillé comme un étudiant,
Sous les marronniers verts les alertes fillettes :
Elles le savent bien ; et tournent en riant,
Vers moi, leurs yeux tout pleins de choses indiscrètes.

Je ne dis pas un mot : je regarde toujours
La chair de leurs cous blancs brodés de mèches folles :
Je suis, sous le corsage et les frêles atours,
Le dos divin après la courbe des épaules.

J’ai bientôt déniché la bottine, le bas…
– Je reconstruis les corps, brûlé de belles fièvres.
Elles me trouvent drôle et se parlent tout bas…
– Et je sens les baisers qui me viennent aux lèvres…

Arthur Rimbaud, Poésies, 1870-1871
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Sur la place taillée en mesquines pelouses,
Square où tout est correct, les arbres et les fleurs,
Tous les bourgeois poussifs qu’étranglent les chaleurs
Portent, les jeudis soirs, leurs bêtises jalouses.

– L’orchestre militaire, au milieu du jardin,
Balance ses schakos dans la Valse des fifres :
Autour, aux premiers rangs, parade le gandin ;
Le notaire pend à ses breloques à chiffres.

Des rentiers à lorgnons soulignent tous les couacs :
Les gros bureaux bouffis traînant leurs grosses dames
Auprès desquelles vont, officieux cornacs,
Celles dont les volants ont des airs de réclames ;

Sur les bancs verts, des clubs d’épiciers retraités
Qui tisonnent le sable avec leur canne à pomme,
Fort sérieusement discutent les traités,
Puis prisent en argent, et reprennent :  » En somme !…  »

Épatant sur son banc les rondeurs de ses reins,
Un bourgeois à boutons clairs, bedaine flamande,
Savoure son onnaing d’où le tabac par brins
Déborde – vous savez, c’est de la contrebande ; –

Le long des gazons verts ricanent les voyous ;
Et, rendus amoureux par le chant des trombones,
Très naïfs, et fumant des roses, les pioupious
Caressent les bébés pour enjôler les bonnes…

– Moi, je suis, débraillé comme un étudiant,
Sous les marronniers verts les alertes fillettes :
Elles le savent bien ; et tournent en riant,
Vers moi, leurs yeux tout pleins de choses indiscrètes.

Je ne dis pas un mot : je regarde toujours
La chair de leurs cous blancs brodés de mèches folles :
Je suis, sous le corsage et les frêles atours,
Le dos divin après la courbe des épaules.

J’ai bientôt déniché la bottine, le bas…
– Je reconstruis les corps, brûlé de belles fièvres.
Elles me trouvent drôle et se parlent tout bas…
– Et je sens les baisers qui me viennent aux lèvres…

Arthur Rimbaud, Poésies, 1870-1871
]]></description>
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        <pubDate>Mon, 10 Jul 2023 14:00:00 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Moi, mes souliers, Félix Leclerc]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Moi, mes souliers ont beaucoup voyagé
Ils m’ont porté de l’école à la guerre
J’ai traversé sur mes souliers ferrés
Le monde et sa misère

Moi, mes souliers ont passé dans les prés
Moi, mes souliers ont piétiné la lune
Puis mes souliers ont couché chez les fées
Et fait danser plus d’une

Sur mes souliers y a de l’eau des rochers
D’la boue des champs et des pleurs de femmes
J’peux dire qu’ils ont respecté le curé
L’pays, l’bon Dieu et l’âme

S’ils ont marché pour trouver l’débouché
S’ils ont traîné de village en village

Suis pas rendu plus loin qu’à mon lever
Mais devenu plus sage

Tous les souliers qui bougent dans les cités
Souliers de gueux et souliers de reine
Un jour cesseront d’user les planchers
Peut-être cette semaine

Moi, mes souliers n’ont pas foulé Athènes
Moi, mes souliers ont préféré les plaines;
Quand mes souliers iront dans les musées
Ce s’ra pour s’y,s’y accrocher

Au paradis, paraît-il, mes amis
C’est pas la place pour les souliers vernis
Dépêchez-vous de salir vos souliers
Si vous voulez être pardonnés...
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Moi, mes souliers ont beaucoup voyagé
Ils m’ont porté de l’école à la guerre
J’ai traversé sur mes souliers ferrés
Le monde et sa misère

Moi, mes souliers ont passé dans les prés
Moi, mes souliers ont piétiné la lune
Puis mes souliers ont couché chez les fées
Et fait danser plus d’une

Sur mes souliers y a de l’eau des rochers
D’la boue des champs et des pleurs de femmes
J’peux dire qu’ils ont respecté le curé
L’pays, l’bon Dieu et l’âme

S’ils ont marché pour trouver l’débouché
S’ils ont traîné de village en village

Suis pas rendu plus loin qu’à mon lever
Mais devenu plus sage

Tous les souliers qui bougent dans les cités
Souliers de gueux et souliers de reine
Un jour cesseront d’user les planchers
Peut-être cette semaine

Moi, mes souliers n’ont pas foulé Athènes
Moi, mes souliers ont préféré les plaines;
Quand mes souliers iront dans les musées
Ce s’ra pour s’y,s’y accrocher

Au paradis, paraît-il, mes amis
C’est pas la place pour les souliers vernis
Dépêchez-vous de salir vos souliers
Si vous voulez être pardonnés...
]]></description>
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        <pubDate>Mon, 03 Jul 2023 09:30:00 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Vieille chanson du jeune temps, Victor Hugo ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Je ne songeais pas à Rose ;
Rose au bois vint avec moi ;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.

J&#039;étais froid comme les marbres ;
Je marchais à pas distraits ;
Je parlais des fleurs, des arbres
Son oeil semblait dire : &quot; Après ? &quot;

La rosée offrait ses perles,
Le taillis ses parasols ;
J&#039;allais ; j&#039;écoutais les merles,
Et Rose les rossignols.

Moi, seize ans, et l&#039;air morose ;
Elle, vingt ; ses yeux brillaient.
Les rossignols chantaient Rose
Et les merles me sifflaient.

Rose, droite sur ses hanches,
Leva son beau bras tremblant
Pour prendre une mûre aux branches
Je ne vis pas son bras blanc.

Une eau courait, fraîche et creuse,
Sur les mousses de velours ;
Et la nature amoureuse
Dormait dans les grands bois sourds.

Rose défit sa chaussure,
Et mit, d&#039;un air ingénu,
Son petit pied dans l&#039;eau pure
Je ne vis pas son pied nu.

Je ne savais que lui dire ;
Je la suivais dans le bois,
La voyant parfois sourire
Et soupirer quelquefois.

Je ne vis qu&#039;elle était belle
Qu&#039;en sortant des grands bois sourds.
&quot; Soit ; n&#039;y pensons plus ! &quot; dit-elle.
Depuis, j&#039;y pense toujours.
 
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Je ne songeais pas à Rose ;
Rose au bois vint avec moi ;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.

J&#039;étais froid comme les marbres ;
Je marchais à pas distraits ;
Je parlais des fleurs, des arbres
Son oeil semblait dire : &quot; Après ? &quot;

La rosée offrait ses perles,
Le taillis ses parasols ;
J&#039;allais ; j&#039;écoutais les merles,
Et Rose les rossignols.

Moi, seize ans, et l&#039;air morose ;
Elle, vingt ; ses yeux brillaient.
Les rossignols chantaient Rose
Et les merles me sifflaient.

Rose, droite sur ses hanches,
Leva son beau bras tremblant
Pour prendre une mûre aux branches
Je ne vis pas son bras blanc.

Une eau courait, fraîche et creuse,
Sur les mousses de velours ;
Et la nature amoureuse
Dormait dans les grands bois sourds.

Rose défit sa chaussure,
Et mit, d&#039;un air ingénu,
Son petit pied dans l&#039;eau pure
Je ne vis pas son pied nu.

Je ne savais que lui dire ;
Je la suivais dans le bois,
La voyant parfois sourire
Et soupirer quelquefois.

Je ne vis qu&#039;elle était belle
Qu&#039;en sortant des grands bois sourds.
&quot; Soit ; n&#039;y pensons plus ! &quot; dit-elle.
Depuis, j&#039;y pense toujours.
 
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        <pubDate>Tue, 09 May 2023 15:58:09 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Bal chez temporelle, André Hardellet]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[]]></description>
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        <pubDate>Tue, 09 May 2023 15:55:14 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[L&#039;espèce humaine, Raymond Queneau]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
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        <pubDate>Tue, 09 May 2023 15:52:51 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Si la vie s&#039;en va, Raymond Queneau ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[]]></description>
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        <pubDate>Tue, 09 May 2023 15:47:07 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Ce jour là, Charles Ferdinand Ramuz ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[]]></description>
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        <pubDate>Tue, 09 May 2023 15:43:08 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Souvenir de Grenelle, Pierre Mac Orlan  ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Extrait : 

« C&#039;est la chanson du mois du gai muguet

Le renouveau de Javel et Marie

Le long du bord de l&#039;eau et n&#039;importe où

Entre le merle insouciant et la pie. »
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Extrait : 

« C&#039;est la chanson du mois du gai muguet

Le renouveau de Javel et Marie

Le long du bord de l&#039;eau et n&#039;importe où

Entre le merle insouciant et la pie. »
]]></description>
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        <pubDate>Tue, 09 May 2023 15:38:24 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Ayant tant de malheurs gémi profondément, Joachim du Bellay]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Ayant tant de malheurs gémi profondément,
Je vis une cité quasi semblable à celle
Que vit le messager de la bonne nouvelle,
Mais bâti sur le sable était son fondement.

Il semblait que son chef touchât au firmament,
Et sa forme n’était moins superbe que belle :
Digne, s’il en fut onc, digne d’être immortelle,
Si rien dessous le ciel se fondait fermement.

J’étais émerveillé de voir si bel ouvrage,
Quand du côté du nord vint le cruel orage,
Qui soufflant la fureur de son coeur dépité

Sur tout ce qui s’oppose encontre sa venue,
Renversa sur-le-champ, d’une poudreuse nue,
Les faibles fondements de la grande cité.
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Ayant tant de malheurs gémi profondément,
Je vis une cité quasi semblable à celle
Que vit le messager de la bonne nouvelle,
Mais bâti sur le sable était son fondement.

Il semblait que son chef touchât au firmament,
Et sa forme n’était moins superbe que belle :
Digne, s’il en fut onc, digne d’être immortelle,
Si rien dessous le ciel se fondait fermement.

J’étais émerveillé de voir si bel ouvrage,
Quand du côté du nord vint le cruel orage,
Qui soufflant la fureur de son coeur dépité

Sur tout ce qui s’oppose encontre sa venue,
Renversa sur-le-champ, d’une poudreuse nue,
Les faibles fondements de la grande cité.
]]></description>
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        <pubDate>Tue, 18 Apr 2023 16:33:21 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Lise, Victor Hugo ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[J’avais douze ans ; elle en avait bien seize.
Elle était grande, et, moi, j’étais petit.
Pour lui parler le soir plus à mon aise,
Moi, j’attendais que sa mère sortît ;
Puis je venais m’asseoir près de sa chaise
Pour lui parler le soir plus à mon aise.

Que de printemps passés avec leurs fleurs !
Que de feux morts, et que de tombes closes !
Se souvient-on qu’il fut jadis des coeurs ?
Se souvient-on qu’il fut jadis des roses ?
Elle m’aimait. Je l’aimais. Nous étions
Deux purs enfants, deux parfums, deux rayons.

Dieu l’avait faite ange, fée et princesse.
Comme elle était bien plus grande que moi,
Je lui faisais des questions sans cesse
Pour le plaisir de lui dire : Pourquoi ?
Et par moments elle évitait, craintive,
Mon oeil rêveur qui la rendait pensive.

Puis j’étalais mon savoir enfantin,
Mes jeux, la balle et la toupie agile ;
J’étais tout fier d’apprendre le latin ;
Je lui montrais mon Phèdre et mon Virgile ;
Je bravais tout; rien ne me faisait mal ;
Je lui disais : Mon père est général.

Quoiqu’on soit femme, il faut parfois qu’on lise
Dans le latin, qu’on épelle en rêvant ;
Pour lui traduire un verset, à l’église,
Je me penchais sur son livre souvent.
Un ange ouvrait sur nous son aile blanche,
Quand nous étions à vêpres le dimanche.

Elle disait de moi : C’est un enfant !
Je l’appelais mademoiselle Lise.
Pour lui traduire un psaume, bien souvent,
Je me penchais sur son livre à l’église ;
Si bien qu’un jour, vous le vîtes, mon Dieu !
Sa joue en fleur toucha ma lèvre en feu.

Jeunes amours, si vite épanouies,
Vous êtes l’aube et le matin du coeur.
Charmez l’enfant, extases inouïes !
Et quand le soir vient avec la douleur,
Charmez encor nos âmes éblouies,
Jeunes amours, si vite épanouies !
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[J’avais douze ans ; elle en avait bien seize.
Elle était grande, et, moi, j’étais petit.
Pour lui parler le soir plus à mon aise,
Moi, j’attendais que sa mère sortît ;
Puis je venais m’asseoir près de sa chaise
Pour lui parler le soir plus à mon aise.

Que de printemps passés avec leurs fleurs !
Que de feux morts, et que de tombes closes !
Se souvient-on qu’il fut jadis des coeurs ?
Se souvient-on qu’il fut jadis des roses ?
Elle m’aimait. Je l’aimais. Nous étions
Deux purs enfants, deux parfums, deux rayons.

Dieu l’avait faite ange, fée et princesse.
Comme elle était bien plus grande que moi,
Je lui faisais des questions sans cesse
Pour le plaisir de lui dire : Pourquoi ?
Et par moments elle évitait, craintive,
Mon oeil rêveur qui la rendait pensive.

Puis j’étalais mon savoir enfantin,
Mes jeux, la balle et la toupie agile ;
J’étais tout fier d’apprendre le latin ;
Je lui montrais mon Phèdre et mon Virgile ;
Je bravais tout; rien ne me faisait mal ;
Je lui disais : Mon père est général.

Quoiqu’on soit femme, il faut parfois qu’on lise
Dans le latin, qu’on épelle en rêvant ;
Pour lui traduire un verset, à l’église,
Je me penchais sur son livre souvent.
Un ange ouvrait sur nous son aile blanche,
Quand nous étions à vêpres le dimanche.

Elle disait de moi : C’est un enfant !
Je l’appelais mademoiselle Lise.
Pour lui traduire un psaume, bien souvent,
Je me penchais sur son livre à l’église ;
Si bien qu’un jour, vous le vîtes, mon Dieu !
Sa joue en fleur toucha ma lèvre en feu.

Jeunes amours, si vite épanouies,
Vous êtes l’aube et le matin du coeur.
Charmez l’enfant, extases inouïes !
Et quand le soir vient avec la douleur,
Charmez encor nos âmes éblouies,
Jeunes amours, si vite épanouies !
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        <pubDate>Tue, 18 Apr 2023 16:31:00 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Villanelle, Philippe Desportes]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Rosette, pour un peu d&#039;absence,
Votre cœur vous avez changé,
Et moi, sachant cette inconstance,
Le mien autre part j&#039;ai rangé :
Jamais plus, beauté si légère
Sur moi tant de pouvoir n&#039;aura :
Nous verrons, volage bergère,
Qui premier s&#039;en repentira.


Tandis qu&#039;en pleurs je me consume,
Maudissant cet éloignement,
Vous qui n&#039;aimez que par coutume,
Caressiez un nouvel amant.
Jamais légère girouette
Au vent si tôt ne se vira :
Nous verrons, bergère
Rosette,
Qui premier s&#039;en repentira.


Où sont tant de promesses saintes,
Tant de pleurs versés en partant?
Est-il vrai que ces tristes plaintes
Sortissent d&#039;un cœur inconstant?
Dieux! que vous êtes mensongère!
Maudit soit qui plus vous croira !
Nous verrons, volage bergère,
Qui premier s&#039;en repentira.


Celui qui a gagné ma place
Ne vous peut aimer tant que moi;
Et celle que j&#039;aime vous passe
De beauté, d&#039;amour et de foi.
Gardez bien votre amitié neuve,
La mienne plus ne variera,
Et puis, nous verrons à l&#039;épreuve
Qui premier s&#039;en repentira.
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Rosette, pour un peu d&#039;absence,
Votre cœur vous avez changé,
Et moi, sachant cette inconstance,
Le mien autre part j&#039;ai rangé :
Jamais plus, beauté si légère
Sur moi tant de pouvoir n&#039;aura :
Nous verrons, volage bergère,
Qui premier s&#039;en repentira.


Tandis qu&#039;en pleurs je me consume,
Maudissant cet éloignement,
Vous qui n&#039;aimez que par coutume,
Caressiez un nouvel amant.
Jamais légère girouette
Au vent si tôt ne se vira :
Nous verrons, bergère
Rosette,
Qui premier s&#039;en repentira.


Où sont tant de promesses saintes,
Tant de pleurs versés en partant?
Est-il vrai que ces tristes plaintes
Sortissent d&#039;un cœur inconstant?
Dieux! que vous êtes mensongère!
Maudit soit qui plus vous croira !
Nous verrons, volage bergère,
Qui premier s&#039;en repentira.


Celui qui a gagné ma place
Ne vous peut aimer tant que moi;
Et celle que j&#039;aime vous passe
De beauté, d&#039;amour et de foi.
Gardez bien votre amitié neuve,
La mienne plus ne variera,
Et puis, nous verrons à l&#039;épreuve
Qui premier s&#039;en repentira.
]]></description>
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        <pubDate>Tue, 18 Apr 2023 16:27:44 +0200</pubDate>
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        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[« Il fera longtemps clair ce soir », Anna de Noailles ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[« Il fera longtemps clair ce soir, les jours allongent,
La rumeur du jour vif se disperse et s’enfuit,
Et les arbres, surpris de ne pas voir la nuit,
Demeurent éveillés dans le soir blanc, et songent…

Les marronniers, sur l’air plein d’or et de lourdeur,
Répandent leurs parfums et semblent les étendre ;
On n’ose pas marcher ni remuer l’air tendre
De peur de déranger le sommeil des odeurs.

De lointains roulements arrivent de la ville…
La poussière, qu’un peu de brise soulevait,
Quittant l’arbre mouvant et las qu’elle revêt,
Redescend doucement sur les chemins tranquilles.

Nous avons tous les jours l’habitude de voir
Cette route si simple et si souvent suivie,
Et pourtant quelque chose est changé dans la vie,
Nous n’aurons plus jamais notre âme de ce soir… »

« Il fera longtemps clair ce soir », Anna de Noailles
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[« Il fera longtemps clair ce soir, les jours allongent,
La rumeur du jour vif se disperse et s’enfuit,
Et les arbres, surpris de ne pas voir la nuit,
Demeurent éveillés dans le soir blanc, et songent…

Les marronniers, sur l’air plein d’or et de lourdeur,
Répandent leurs parfums et semblent les étendre ;
On n’ose pas marcher ni remuer l’air tendre
De peur de déranger le sommeil des odeurs.

De lointains roulements arrivent de la ville…
La poussière, qu’un peu de brise soulevait,
Quittant l’arbre mouvant et las qu’elle revêt,
Redescend doucement sur les chemins tranquilles.

Nous avons tous les jours l’habitude de voir
Cette route si simple et si souvent suivie,
Et pourtant quelque chose est changé dans la vie,
Nous n’aurons plus jamais notre âme de ce soir… »

« Il fera longtemps clair ce soir », Anna de Noailles
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        <pubDate>Tue, 18 Apr 2023 15:40:59 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Le plus beau vers de la langue française, René de Obaldia ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[« Le geai gélatineux geignait dans le jasmin »

Voici, mes zinfints

Sans en avoir l&#039;air

Le plus beau vers

De la langue française.

Ai, eu, ai, in

Le geai gélatineux geignait dans le jasmin...

Le poite aurait pu dire

Tout à son aise :

« Le geai volumineux picorait des pois fins »

Eh bien ! non, mes zinfints.

Le poite qui a du génie

Jusque dans son délire

D&#039;une main moite

A écrit :

« C&#039;était l&#039;heure divine où, sous le ciel gamin,

LE
GEAI
GÉLATINEUX
GEIGNAIT
DANS
LE
JASMIN.»

Gé, gé, gé, les gé expirent dans le ji.
Là, le geai est agi
Par le génie du poite

Du poite qui s&#039;identifie À l&#039;oiseau sorti de son nid
Sorti de sa ouate.

Quand vous serez grinds

Mes zinfints

Et que vous aurez une petite amie anglaise

yous pourrez murmurer

A son oreille dénaturée

Ce vers, le plus beau de la langue française

Et qui vient tout droit du gallo-romain :

« Le geai gélatineux geignait dans le jasmin. »

 

Le plus beau vers de la langue française, René de Obaldia 
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[« Le geai gélatineux geignait dans le jasmin »

Voici, mes zinfints

Sans en avoir l&#039;air

Le plus beau vers

De la langue française.

Ai, eu, ai, in

Le geai gélatineux geignait dans le jasmin...

Le poite aurait pu dire

Tout à son aise :

« Le geai volumineux picorait des pois fins »

Eh bien ! non, mes zinfints.

Le poite qui a du génie

Jusque dans son délire

D&#039;une main moite

A écrit :

« C&#039;était l&#039;heure divine où, sous le ciel gamin,

LE
GEAI
GÉLATINEUX
GEIGNAIT
DANS
LE
JASMIN.»

Gé, gé, gé, les gé expirent dans le ji.
Là, le geai est agi
Par le génie du poite

Du poite qui s&#039;identifie À l&#039;oiseau sorti de son nid
Sorti de sa ouate.

Quand vous serez grinds

Mes zinfints

Et que vous aurez une petite amie anglaise

yous pourrez murmurer

A son oreille dénaturée

Ce vers, le plus beau de la langue française

Et qui vient tout droit du gallo-romain :

« Le geai gélatineux geignait dans le jasmin. »

 

Le plus beau vers de la langue française, René de Obaldia 
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        <pubDate>Mon, 20 Feb 2023 14:22:58 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Le Balcon, Charles Baudelaire ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses,
Ô toi, tous mes plaisirs ! ô toi, tous mes devoirs !
Tu te rappelleras la beauté des caresses,
La douceur du foyer et le charme des soirs,
Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses !

Les soirs illuminés par l&#039;ardeur du charbon,
Et les soirs au balcon, voilés de vapeurs roses.
Que ton sein m&#039;était doux ! que ton cœur m&#039;était bon !
Nous avons dit souvent d&#039;impérissables choses
Les soirs illuminés par l&#039;ardeur du charbon.

Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées !
Que l&#039;espace est profond ! que le cœur est puissant !
En me penchant vers toi, reine des adorées,
Je croyais respirer le parfum de ton sang.
Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées !

La nuit s&#039;épaississait ainsi qu&#039;une cloison,
Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles,
Et je buvais ton souffle, ô douceur ! ô poison !
Et tes pieds s&#039;endormaient dans mes mains fraternelles.
La nuit s&#039;épaississait ainsi qu&#039;une cloison.

Je sais l&#039;art d&#039;évoquer les minutes heureuses,
Et revis mon passé blotti dans tes genoux.
Car à quoi bon chercher tes beautés langoureuses
Ailleurs qu&#039;en ton cher corps et qu&#039;en ton cœur si doux ?
Je sais l&#039;art d&#039;évoquer les minutes heureuses !

Ces serments, ces parfums, ces baisers infinis,
Renaîtront-ils d&#039;un gouffre interdit à nos sondes,
Comme montent au ciel les soleils rajeunis
Après s&#039;être lavés au fond des mers profondes ?
- Ô serments ! ô parfums ! ô baisers infinis !
 

Le Balcon, Charles Baudelaire 
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses,
Ô toi, tous mes plaisirs ! ô toi, tous mes devoirs !
Tu te rappelleras la beauté des caresses,
La douceur du foyer et le charme des soirs,
Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses !

Les soirs illuminés par l&#039;ardeur du charbon,
Et les soirs au balcon, voilés de vapeurs roses.
Que ton sein m&#039;était doux ! que ton cœur m&#039;était bon !
Nous avons dit souvent d&#039;impérissables choses
Les soirs illuminés par l&#039;ardeur du charbon.

Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées !
Que l&#039;espace est profond ! que le cœur est puissant !
En me penchant vers toi, reine des adorées,
Je croyais respirer le parfum de ton sang.
Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées !

La nuit s&#039;épaississait ainsi qu&#039;une cloison,
Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles,
Et je buvais ton souffle, ô douceur ! ô poison !
Et tes pieds s&#039;endormaient dans mes mains fraternelles.
La nuit s&#039;épaississait ainsi qu&#039;une cloison.

Je sais l&#039;art d&#039;évoquer les minutes heureuses,
Et revis mon passé blotti dans tes genoux.
Car à quoi bon chercher tes beautés langoureuses
Ailleurs qu&#039;en ton cher corps et qu&#039;en ton cœur si doux ?
Je sais l&#039;art d&#039;évoquer les minutes heureuses !

Ces serments, ces parfums, ces baisers infinis,
Renaîtront-ils d&#039;un gouffre interdit à nos sondes,
Comme montent au ciel les soleils rajeunis
Après s&#039;être lavés au fond des mers profondes ?
- Ô serments ! ô parfums ! ô baisers infinis !
 

Le Balcon, Charles Baudelaire 
]]></description>
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        <pubDate>Mon, 20 Feb 2023 14:17:58 +0100</pubDate>
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        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Barbara, Jacques Prévert ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t’ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même jour-là
N’oublie pas
Un homme sous un porche s’abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t’es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m’en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j’aime
Même si je ne les ai vus qu’une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s’aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N’oublie pas Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l’arsenal
Sur le bateau d’Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu’es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d’acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n’est plus pareil et tout est abimé
C’est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n’est même plus l’orage
De fer d’acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l’eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.

 

Barbara, Jacques Prévert
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t’ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même jour-là
N’oublie pas
Un homme sous un porche s’abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t’es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m’en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j’aime
Même si je ne les ai vus qu’une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s’aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N’oublie pas Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l’arsenal
Sur le bateau d’Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu’es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d’acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n’est plus pareil et tout est abimé
C’est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n’est même plus l’orage
De fer d’acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l’eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.

 

Barbara, Jacques Prévert
]]></description>
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        <pubDate>Mon, 20 Feb 2023 14:15:28 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Ballade des mauvaises personnes, Charles Cros]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Qu’on vive dans les étincelles
Ou qu’on dorme sur le gazon
Au bruit des râteaux et des pelles,
On entend mâles et femelles
Prêtes à toute trahison,
Les personnes perpétuelles
Aiguisant leurs griffes cruelles,
Les personnes qui ont raison.

Elles rêvent (choses nouvelles !)
Le pistolet et le poison.
Elles ont des chants de crécelles
Elles n’ont rien dans leurs cervelles
Ni dans le coeur aucun tison,
Froissant les fleurs sous leurs semelles
Et courant des routes (lesquelles ?)
Les personnes qui ont raison.

Malgré tant d’injures mortelles
Les roses poussent à foison
Et les seins gonflent les dentelles
Et rose est encor l’horizon ;
Roses sont Marie et Suzon !
Mais, les autres, que veulent-elles ?
Elles ne sont vraiment pas belles,
Les personnes qui ont raison.

Prince, qui, gracieux, excelles
A nous tirer de la prison,
Chasse au loin par tes ritournelles
Les personnes qui ont raison.

Ballade des mauvaises personnes, Charles Cros 

 
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Qu’on vive dans les étincelles
Ou qu’on dorme sur le gazon
Au bruit des râteaux et des pelles,
On entend mâles et femelles
Prêtes à toute trahison,
Les personnes perpétuelles
Aiguisant leurs griffes cruelles,
Les personnes qui ont raison.

Elles rêvent (choses nouvelles !)
Le pistolet et le poison.
Elles ont des chants de crécelles
Elles n’ont rien dans leurs cervelles
Ni dans le coeur aucun tison,
Froissant les fleurs sous leurs semelles
Et courant des routes (lesquelles ?)
Les personnes qui ont raison.

Malgré tant d’injures mortelles
Les roses poussent à foison
Et les seins gonflent les dentelles
Et rose est encor l’horizon ;
Roses sont Marie et Suzon !
Mais, les autres, que veulent-elles ?
Elles ne sont vraiment pas belles,
Les personnes qui ont raison.

Prince, qui, gracieux, excelles
A nous tirer de la prison,
Chasse au loin par tes ritournelles
Les personnes qui ont raison.

Ballade des mauvaises personnes, Charles Cros 

 
]]></description>
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        <pubDate>Mon, 20 Feb 2023 14:12:17 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Dédicace, Paul Verlaine]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Vous souvient-il, cocodette un peu mûre
Qui gobergez vos flemmes de bourgeoise,
Du temps joli quand, gamine un peu sure,
Tu m&#039;écoutais, blanc-bec fou qui dégoise ?

Gardâtes-vous fidèle la mémoire,
O grasse en des jerseys de poult-de-soie,
De t&#039;être plu jadis à mon grimoire,
Cour par écrit, postale petite oye ?

Avez-vous oublié, Madame Mère,
Non, n&#039;est-ce pas, même en vos bêtes fêtes,
Mes fautes de goût, mais non de grammaire,
Au rebours de tes chères lettres bêtes ?

Et quand sonna l&#039;heure des justes noces,
Sorte d&#039;Ariane qu&#039;on me dit lourde,
Mes yeux gourmands et mes baisers féroces
A tes nennis faisant l&#039;oreille sourde ?

Rappelez-vous aussi, s&#039;il est loisible
A votre coeur de veuve mal morose,
Ce moi toujours tout prêt, terrible, horrible,
Ce toi mignon prenant goût à la chose,

Et tout le train, tout l&#039;entrain d&#039;un manège
Qui par malheur devint notre ménage.
Que n&#039;avez-vous, en ces jours-là, que n&#039;ai-je
Compris les torts de votre et de mon âge !

C&#039;est bien fâcheux : me voici, lamentable
Epave éparse à tous les flots du vice.
Vous voici, toi, coquine détestable,
Et ceci fallait que je l&#039;écrivisse !

 

Paul Verlaine, Dédicace 
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Vous souvient-il, cocodette un peu mûre
Qui gobergez vos flemmes de bourgeoise,
Du temps joli quand, gamine un peu sure,
Tu m&#039;écoutais, blanc-bec fou qui dégoise ?

Gardâtes-vous fidèle la mémoire,
O grasse en des jerseys de poult-de-soie,
De t&#039;être plu jadis à mon grimoire,
Cour par écrit, postale petite oye ?

Avez-vous oublié, Madame Mère,
Non, n&#039;est-ce pas, même en vos bêtes fêtes,
Mes fautes de goût, mais non de grammaire,
Au rebours de tes chères lettres bêtes ?

Et quand sonna l&#039;heure des justes noces,
Sorte d&#039;Ariane qu&#039;on me dit lourde,
Mes yeux gourmands et mes baisers féroces
A tes nennis faisant l&#039;oreille sourde ?

Rappelez-vous aussi, s&#039;il est loisible
A votre coeur de veuve mal morose,
Ce moi toujours tout prêt, terrible, horrible,
Ce toi mignon prenant goût à la chose,

Et tout le train, tout l&#039;entrain d&#039;un manège
Qui par malheur devint notre ménage.
Que n&#039;avez-vous, en ces jours-là, que n&#039;ai-je
Compris les torts de votre et de mon âge !

C&#039;est bien fâcheux : me voici, lamentable
Epave éparse à tous les flots du vice.
Vous voici, toi, coquine détestable,
Et ceci fallait que je l&#039;écrivisse !

 

Paul Verlaine, Dédicace 
]]></description>
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        <pubDate>Mon, 20 Feb 2023 14:07:56 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Élévation, Charles Baudelaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,
Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l’air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse
S’élancer vers les champs lumineux et sereins ;

Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
– Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !

 

Charles Baudelaire, Les fleurs du mal
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,
Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l’air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse
S’élancer vers les champs lumineux et sereins ;

Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
– Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !

 

Charles Baudelaire, Les fleurs du mal
]]></description>
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        <pubDate>Mon, 20 Feb 2023 14:06:03 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Il y a, Guillaume Apollinaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Il y a des petits ponts épatants
Il y a mon cœur qui bat pour toi
Il y a une femme triste sur la route
Il y a un beau petit cottage dans un jardin
Il y a six soldats qui s’amusent comme des fous
Il y a mes yeux qui cherchent ton image
Il y a un petit bois charmant sur la colline
Et un vieux territorial pisse quand nous passons
Il y a un poète qui rêve au ptit Lou
Il y a un ptit Lou exquis dans ce grand Paris
Il y a une batterie dans une forêt
Il y a un berger qui paît ses moutons
Il y a ma vie qui t’appartient
Il y a mon porte-plume réservoir qui court, qui court
Il y a un rideau de peupliers délicat, délicat
Il y a toute ma vie passée qui est bien passée
Il y a des rues étroites à Menton où nous nous sommes aimés
Il y a une petite fille de Sospel qui fouette ses camarades
Il y a mon fouet de conducteur dans mon sac à avoine
Il y a des wagons belges sur la voie
Il y a mon amour
Il y a toute la vie
Je t’adore

 

Guillaume Apollinaire, Poèmes à Lou
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Il y a des petits ponts épatants
Il y a mon cœur qui bat pour toi
Il y a une femme triste sur la route
Il y a un beau petit cottage dans un jardin
Il y a six soldats qui s’amusent comme des fous
Il y a mes yeux qui cherchent ton image
Il y a un petit bois charmant sur la colline
Et un vieux territorial pisse quand nous passons
Il y a un poète qui rêve au ptit Lou
Il y a un ptit Lou exquis dans ce grand Paris
Il y a une batterie dans une forêt
Il y a un berger qui paît ses moutons
Il y a ma vie qui t’appartient
Il y a mon porte-plume réservoir qui court, qui court
Il y a un rideau de peupliers délicat, délicat
Il y a toute ma vie passée qui est bien passée
Il y a des rues étroites à Menton où nous nous sommes aimés
Il y a une petite fille de Sospel qui fouette ses camarades
Il y a mon fouet de conducteur dans mon sac à avoine
Il y a des wagons belges sur la voie
Il y a mon amour
Il y a toute la vie
Je t’adore

 

Guillaume Apollinaire, Poèmes à Lou
]]></description>
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        <pubDate>Mon, 20 Feb 2023 14:02:09 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Mon âme a son secret, Félix Arvers]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Mon âme a son secret, ma vie a son mystère,
Un amour éternel en un moment conçu :
Le mal est sans espoir, aussi j’ai dû le taire,
Et celle qui l’a fait n’en a jamais rien su.

Hélas ! j’aurai passé près d’elle inaperçu,
Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire.
Et j’aurai jusqu’au bout fait mon temps sur la terre,
N’osant rien demander et n’ayant rien reçu.

Pour elle, quoique Dieu l’ait faite douce et tendre,
Elle ira son chemin, distraite et sans entendre
Ce murmure d’amour élevé sur ses pas.

À l’austère devoir, pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d’elle
« Quelle est donc cette femme ?  » et ne comprendra pas.

Félix Arvers, « Mon âme a son secret »
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Mon âme a son secret, ma vie a son mystère,
Un amour éternel en un moment conçu :
Le mal est sans espoir, aussi j’ai dû le taire,
Et celle qui l’a fait n’en a jamais rien su.

Hélas ! j’aurai passé près d’elle inaperçu,
Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire.
Et j’aurai jusqu’au bout fait mon temps sur la terre,
N’osant rien demander et n’ayant rien reçu.

Pour elle, quoique Dieu l’ait faite douce et tendre,
Elle ira son chemin, distraite et sans entendre
Ce murmure d’amour élevé sur ses pas.

À l’austère devoir, pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d’elle
« Quelle est donc cette femme ?  » et ne comprendra pas.

Félix Arvers, « Mon âme a son secret »
]]></description>
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        <pubDate>Mon, 20 Feb 2023 13:44:46 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[« Aimez-vous le passé »]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Paul-Jean Toulet]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[« Aimez-vous le passé
Et rêver d’histoires
Évocatoires
Aux contours effacés ?

Les vieilles chambres
Veuves de pas
Qui sentent tout bas
L’iris et l’ambre ;

La pâleur des portraits,
Les reliques usées
Que des morts ont baisées,
Chère, je voudrais

Qu’elles vous soient chères,
Et vous parlent un peu
D’un coeur poussiéreux
Et plein de mystère. »

Paul-Jean Toulet, « Aimez-vous le passé », Chansons (1900)
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[« Aimez-vous le passé
Et rêver d’histoires
Évocatoires
Aux contours effacés ?

Les vieilles chambres
Veuves de pas
Qui sentent tout bas
L’iris et l’ambre ;

La pâleur des portraits,
Les reliques usées
Que des morts ont baisées,
Chère, je voudrais

Qu’elles vous soient chères,
Et vous parlent un peu
D’un coeur poussiéreux
Et plein de mystère. »

Paul-Jean Toulet, « Aimez-vous le passé », Chansons (1900)
]]></description>
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        <pubDate>Wed, 15 Feb 2023 12:19:11 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Jalousie, Paul Géraldy]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Jalousie

Je suis jaloux. Tu es là-bas, à la campagne,
et moi je suis là, tout seul, à présent !
Des parents, je sais, t’accompagnent
qui ne sont pas très amusants.
Mais je suis jaloux tout de même,
jaloux de te savoir là-bas par ce printemps…
Tout ce bleu doit te faire oublier que tu m’aimes…
Moi je pense à toi tout le temps !
J’ai l’âme ivre et comme défaite.
Je pleure d’amour et d’ennui.
Ton image est là, dans ma tête :
tu es joliment bien, petite âme, aujourd’hui !
Je suis jaloux, quoi que je fasse ou que je veuille.
Il fait tiède et doux dans Paris !
C’est adorable ! Et moi je rage et je t’écris,
à toi, à toi, petit chéri,
qui est là-bas, où sont les feuilles…
Tu dois avoir ton grand chapeau
de paille blonde et de glycines
qui met des petits ronds de soleil sur ta peau.
Tu dois bien m’oublier ! Et moi je te devine
jolie, heureuse… Il fait si beau !
Ah ! je pleurerais de colère !
Il a plu pendant tout un mois :
Il faut qu’on t’écarte de moi
quand tu m’es le plus nécessaire !
Je ne t’ai jamais tant aimée qu’en ce moment.
Cet air tiède et doux m’exaspère
qui pénètre l’appartement
Je t’en veux, je souffre, et souhaite
que là-bas tu souffres autant.
Ce n’est pas très gentil, bien sûr ! C’est un peu bête.
Mais, que veux-tu ! je t’aime tant !
Je voudrais que tu me regrettes
au point de haïr ce printemps…
Je serais même très content
s’il te faisait un peu mal à la tête. 

Paul Géraldy, «Jalousie », Toi et Moi (1922)
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Jalousie

Je suis jaloux. Tu es là-bas, à la campagne,
et moi je suis là, tout seul, à présent !
Des parents, je sais, t’accompagnent
qui ne sont pas très amusants.
Mais je suis jaloux tout de même,
jaloux de te savoir là-bas par ce printemps…
Tout ce bleu doit te faire oublier que tu m’aimes…
Moi je pense à toi tout le temps !
J’ai l’âme ivre et comme défaite.
Je pleure d’amour et d’ennui.
Ton image est là, dans ma tête :
tu es joliment bien, petite âme, aujourd’hui !
Je suis jaloux, quoi que je fasse ou que je veuille.
Il fait tiède et doux dans Paris !
C’est adorable ! Et moi je rage et je t’écris,
à toi, à toi, petit chéri,
qui est là-bas, où sont les feuilles…
Tu dois avoir ton grand chapeau
de paille blonde et de glycines
qui met des petits ronds de soleil sur ta peau.
Tu dois bien m’oublier ! Et moi je te devine
jolie, heureuse… Il fait si beau !
Ah ! je pleurerais de colère !
Il a plu pendant tout un mois :
Il faut qu’on t’écarte de moi
quand tu m’es le plus nécessaire !
Je ne t’ai jamais tant aimée qu’en ce moment.
Cet air tiède et doux m’exaspère
qui pénètre l’appartement
Je t’en veux, je souffre, et souhaite
que là-bas tu souffres autant.
Ce n’est pas très gentil, bien sûr ! C’est un peu bête.
Mais, que veux-tu ! je t’aime tant !
Je voudrais que tu me regrettes
au point de haïr ce printemps…
Je serais même très content
s’il te faisait un peu mal à la tête. 

Paul Géraldy, «Jalousie », Toi et Moi (1922)
]]></description>
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        <pubDate>Mon, 16 Jan 2023 17:04:26 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[À la santé, Guillaume Apollinaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[A la santé

Avant d’entrer dans ma cellule
Il a fallu me mettre nu
Et quelle voix sinistre ulule
Guillaume qu’es-tu devenu

Le Lazare entrant dans la tombe
Au lieu d’en sortir comme il fit
Adieu Adieu chantante ronde
Ô mes années ô jeunes filles

Dans une fosse comme un ours
Chaque matin je me promène
Tournons tournons tournons toujours
Le ciel est bleu comme une chaîne
Dans une fosse comme un ours
Chaque matin je me promène

Dans la cellule d’à côté
On y fait couler la fontaine
Avec les clefs qu’il fait tinter
Que le geôlier aille et revienne
Dans la cellule d’à côté
On y fait couler la fontaine

J’écoute les bruits de la ville
Et prisonnier sans horizon
Je ne vois rien qu’un ciel hostile
Et les murs nus de ma prison

Le jour s’en va voici que brûle
Une lampe dans la prison
Nous sommes seuls dans ma cellule
Belle clarté, Chère raison

Guillaume Apollinaire, « À la santé », Alcools (1913)
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[A la santé

Avant d’entrer dans ma cellule
Il a fallu me mettre nu
Et quelle voix sinistre ulule
Guillaume qu’es-tu devenu

Le Lazare entrant dans la tombe
Au lieu d’en sortir comme il fit
Adieu Adieu chantante ronde
Ô mes années ô jeunes filles

Dans une fosse comme un ours
Chaque matin je me promène
Tournons tournons tournons toujours
Le ciel est bleu comme une chaîne
Dans une fosse comme un ours
Chaque matin je me promène

Dans la cellule d’à côté
On y fait couler la fontaine
Avec les clefs qu’il fait tinter
Que le geôlier aille et revienne
Dans la cellule d’à côté
On y fait couler la fontaine

J’écoute les bruits de la ville
Et prisonnier sans horizon
Je ne vois rien qu’un ciel hostile
Et les murs nus de ma prison

Le jour s’en va voici que brûle
Une lampe dans la prison
Nous sommes seuls dans ma cellule
Belle clarté, Chère raison

Guillaume Apollinaire, « À la santé », Alcools (1913)
]]></description>
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        <pubDate>Mon, 16 Jan 2023 16:57:57 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Réponse, Charles Cros]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Réponse

Ce que je te suis te donne du doute ?
Ma vie est à toi, si tu la veux, toute.
Et loin que je sois maître de tes voeux,
C&#039;est toi qui conduis mon rêve où tu veux

Avec la beauté du ciel, en toi vibre
Un rythme fatal ; car mon âme libre
Passe de la joie aux âpres soucis
Selon que le veut l&#039;arc de tes sourcils.

Que j&#039;aye ton coeur ou que tu me l&#039;ôtes,
Je te bénirai dans des rimes hautes,
Je me souviendrai qu&#039;un jour je te plus
Et que je n&#039;ai rien à vouloir de plus.

Charles Cros (1873)
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Réponse

Ce que je te suis te donne du doute ?
Ma vie est à toi, si tu la veux, toute.
Et loin que je sois maître de tes voeux,
C&#039;est toi qui conduis mon rêve où tu veux

Avec la beauté du ciel, en toi vibre
Un rythme fatal ; car mon âme libre
Passe de la joie aux âpres soucis
Selon que le veut l&#039;arc de tes sourcils.

Que j&#039;aye ton coeur ou que tu me l&#039;ôtes,
Je te bénirai dans des rimes hautes,
Je me souviendrai qu&#039;un jour je te plus
Et que je n&#039;ai rien à vouloir de plus.

Charles Cros (1873)
]]></description>
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        <pubDate>Mon, 16 Jan 2023 16:54:12 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[À Villequier, Victor Hugo]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[À Villequier

Maintenant que Paris, ses pavés et ses marbres,
Et sa brume et ses toits sont bien loin de mes yeux ;
Maintenant que je suis sous les branches des arbres,
Et que je puis songer à la beauté des cieux ;

Maintenant que du deuil qui m&#039;a fait l&#039;âme obscure
Je sors, pâle et vainqueur,
Et que je sens la paix de la grande nature
Qui m&#039;entre dans le cœur ;

Maintenant que je puis, assis au bord des ondes,
Emu par ce superbe et tranquille horizon,
Examiner en moi les vérités profondes
Et regarder les fleurs qui sont dans le gazon ;

Maintenant, ô mon Dieu ! que j&#039;ai ce calme sombre
De pouvoir désormais
Voir de mes yeux la pierre où je sais que dans l&#039;ombre
Elle dort pour jamais ;

Maintenant qu&#039;attendri par ces divins spectacles,
Plaines, forêts, rochers, vallons, fleuve argenté,
Voyant ma petitesse et voyant vos miracles,
Je reprends ma raison devant l&#039;immensité ;

Je viens à vous, Seigneur, père auquel il faut croire ;
Je vous porte, apaisé,
Les morceaux de ce cœur tout plein de votre gloire 
Que vous avez brisé ;

(...)

Nous ne voyons jamais qu&#039;un seul côté des choses ;
L&#039;autre plonge en la nuit d&#039;un mystère effrayant.
L&#039;homme subit le joug sans connaître les causes.
Tout ce qu&#039;il voit est court, inutile et fuyant.

(...)

Dès qu&#039;il possède un bien, le sort le lui retire.
Rien ne lui fut donné, dans ses rapides jours,
Pour qu&#039;il s&#039;en puisse faire une demeure, et dire :
C&#039;est ici ma maison, mon champ et mes amours !

Il doit voir peu de temps tout ce que ses yeux voient ;
Il vieillit sans soutiens.
Puisque ces choses sont, c&#039;est qu&#039;il faut qu&#039;elles soient ;
J&#039;en conviens, j&#039;en conviens !

Le monde est sombre, ô Dieu ! l&#039;immuable harmonie
Se compose des pleurs aussi bien que des chants ;
L&#039;homme n&#039;est qu&#039;un atome en cette ombre infinie,
Nuit où montent les bons, où tombent les méchants.

Je sais que vous avez bien autre chose à faire
Que de nous plaindre tous,
Et qu&#039;un enfant qui meurt, désespoir de sa mère,
Ne vous fait rien, à vous !

Je sais que le fruit tombe au vent qui le secoue,
Que l&#039;oiseau perd sa plume et la fleur son parfum ;
Que la création est une grande roue
Qui ne peut se mouvoir sans écraser quelqu&#039;un ;

Les mois, les jours, les flots des mers, les yeux qui pleurent,
Passent sous le ciel bleu ;
Il faut que l&#039;herbe pousse et que les enfants meurent ;
Je le sais, ô mon Dieu !

(...)

Considérez encor que j&#039;avais, dès l&#039;aurore,
Travaillé, combattu, pensé, marché, lutté,
Expliquant la nature à l&#039;homme qui l&#039;ignore,
Eclairant toute chose avec votre clarté ;

Que j&#039;avais, affrontant la haine et la colère,
Fait ma tâche ici-bas,
Que je ne pouvais pas m&#039;attendre à ce salaire,
Que je ne pouvais pas

Prévoir que, vous aussi, sur ma tête qui ploie
Vous appesantiriez votre bras triomphant,
Et que, vous qui voyiez comme j&#039;ai peu de joie,
Vous me reprendriez si vite mon enfant !

(...)


Considérez qu&#039;on doute, ô mon Dieu ! quand on souffre,
Que l&#039;œil qui pleure trop finit par s&#039;aveugler,
Qu&#039;un être que son deuil plonge au plus noir du gouffre,
Quand il ne vous voit plus, ne peut vous contempler,

(...)

Hélas ! laissez les pleurs couler de ma paupière,
Puisque vous avez fait les hommes pour cela !
Laissez-moi me pencher sur cette froide pierre
Et dire à mon enfant : Sens-tu que je suis là ?

Laissez-moi lui parler, incliné sur ses restes,
Le soir, quand tout se tait,
Comme si, dans sa nuit rouvrant ses yeux célestes,
Cet ange m&#039;écoutait !

Hélas ! vers le passé tournant un œil d&#039;envie,
Sans que rien ici-bas puisse m&#039;en consoler,
Je regarde toujours ce moment de ma vie
Où je l&#039;ai vue ouvrir son aile et s&#039;envoler !

Je verrai cet instant jusqu&#039;à ce que je meure,
L&#039;instant, pleurs superflus !
Où je criai : L&#039;enfant que j&#039;avais tout à l&#039;heure,
Quoi donc ! je ne l&#039;ai plus !

Ne vous irritez pas que je sois de la sorte,
Ô mon Dieu ! cette plaie a si longtemps saigné !
L&#039;angoisse dans mon âme est toujours la plus forte,
Et mon cœur est soumis, mais n&#039;est pas résigné.

Ne vous irritez pas ! fronts que le deuil réclame,
Mortels sujets aux pleurs,
Il nous est malaisé de retirer notre âme
De ces grandes douleurs.

Voyez-vous, nos enfants nous sont bien nécessaires,
Seigneur ; quand on a vu dans sa vie, un matin,
Au milieu des ennuis, des peines, des misères,
Et de l&#039;ombre que fait sur nous notre destin,

Apparaître un enfant, tête chère et sacrée,
Petit être joyeux,
Si beau, qu&#039;on a cru voir s&#039;ouvrir à son entrée
Une porte des cieux ;

Quand on a vu, seize ans, de cet autre soi-même
Croître la grâce aimable et la douce raison,
Lorsqu&#039;on a reconnu que cet enfant qu&#039;on aime
Fait le jour dans notre âme et dans notre maison,

Que c&#039;est la seule joie ici-bas qui persiste
De tout ce qu&#039;on rêva,
Considérez que c&#039;est une chose bien triste
De le voir qui s&#039;en va !

Victor Hugo, « À Villequier », Les Contemplations (1856)
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[À Villequier

Maintenant que Paris, ses pavés et ses marbres,
Et sa brume et ses toits sont bien loin de mes yeux ;
Maintenant que je suis sous les branches des arbres,
Et que je puis songer à la beauté des cieux ;

Maintenant que du deuil qui m&#039;a fait l&#039;âme obscure
Je sors, pâle et vainqueur,
Et que je sens la paix de la grande nature
Qui m&#039;entre dans le cœur ;

Maintenant que je puis, assis au bord des ondes,
Emu par ce superbe et tranquille horizon,
Examiner en moi les vérités profondes
Et regarder les fleurs qui sont dans le gazon ;

Maintenant, ô mon Dieu ! que j&#039;ai ce calme sombre
De pouvoir désormais
Voir de mes yeux la pierre où je sais que dans l&#039;ombre
Elle dort pour jamais ;

Maintenant qu&#039;attendri par ces divins spectacles,
Plaines, forêts, rochers, vallons, fleuve argenté,
Voyant ma petitesse et voyant vos miracles,
Je reprends ma raison devant l&#039;immensité ;

Je viens à vous, Seigneur, père auquel il faut croire ;
Je vous porte, apaisé,
Les morceaux de ce cœur tout plein de votre gloire 
Que vous avez brisé ;

(...)

Nous ne voyons jamais qu&#039;un seul côté des choses ;
L&#039;autre plonge en la nuit d&#039;un mystère effrayant.
L&#039;homme subit le joug sans connaître les causes.
Tout ce qu&#039;il voit est court, inutile et fuyant.

(...)

Dès qu&#039;il possède un bien, le sort le lui retire.
Rien ne lui fut donné, dans ses rapides jours,
Pour qu&#039;il s&#039;en puisse faire une demeure, et dire :
C&#039;est ici ma maison, mon champ et mes amours !

Il doit voir peu de temps tout ce que ses yeux voient ;
Il vieillit sans soutiens.
Puisque ces choses sont, c&#039;est qu&#039;il faut qu&#039;elles soient ;
J&#039;en conviens, j&#039;en conviens !

Le monde est sombre, ô Dieu ! l&#039;immuable harmonie
Se compose des pleurs aussi bien que des chants ;
L&#039;homme n&#039;est qu&#039;un atome en cette ombre infinie,
Nuit où montent les bons, où tombent les méchants.

Je sais que vous avez bien autre chose à faire
Que de nous plaindre tous,
Et qu&#039;un enfant qui meurt, désespoir de sa mère,
Ne vous fait rien, à vous !

Je sais que le fruit tombe au vent qui le secoue,
Que l&#039;oiseau perd sa plume et la fleur son parfum ;
Que la création est une grande roue
Qui ne peut se mouvoir sans écraser quelqu&#039;un ;

Les mois, les jours, les flots des mers, les yeux qui pleurent,
Passent sous le ciel bleu ;
Il faut que l&#039;herbe pousse et que les enfants meurent ;
Je le sais, ô mon Dieu !

(...)

Considérez encor que j&#039;avais, dès l&#039;aurore,
Travaillé, combattu, pensé, marché, lutté,
Expliquant la nature à l&#039;homme qui l&#039;ignore,
Eclairant toute chose avec votre clarté ;

Que j&#039;avais, affrontant la haine et la colère,
Fait ma tâche ici-bas,
Que je ne pouvais pas m&#039;attendre à ce salaire,
Que je ne pouvais pas

Prévoir que, vous aussi, sur ma tête qui ploie
Vous appesantiriez votre bras triomphant,
Et que, vous qui voyiez comme j&#039;ai peu de joie,
Vous me reprendriez si vite mon enfant !

(...)


Considérez qu&#039;on doute, ô mon Dieu ! quand on souffre,
Que l&#039;œil qui pleure trop finit par s&#039;aveugler,
Qu&#039;un être que son deuil plonge au plus noir du gouffre,
Quand il ne vous voit plus, ne peut vous contempler,

(...)

Hélas ! laissez les pleurs couler de ma paupière,
Puisque vous avez fait les hommes pour cela !
Laissez-moi me pencher sur cette froide pierre
Et dire à mon enfant : Sens-tu que je suis là ?

Laissez-moi lui parler, incliné sur ses restes,
Le soir, quand tout se tait,
Comme si, dans sa nuit rouvrant ses yeux célestes,
Cet ange m&#039;écoutait !

Hélas ! vers le passé tournant un œil d&#039;envie,
Sans que rien ici-bas puisse m&#039;en consoler,
Je regarde toujours ce moment de ma vie
Où je l&#039;ai vue ouvrir son aile et s&#039;envoler !

Je verrai cet instant jusqu&#039;à ce que je meure,
L&#039;instant, pleurs superflus !
Où je criai : L&#039;enfant que j&#039;avais tout à l&#039;heure,
Quoi donc ! je ne l&#039;ai plus !

Ne vous irritez pas que je sois de la sorte,
Ô mon Dieu ! cette plaie a si longtemps saigné !
L&#039;angoisse dans mon âme est toujours la plus forte,
Et mon cœur est soumis, mais n&#039;est pas résigné.

Ne vous irritez pas ! fronts que le deuil réclame,
Mortels sujets aux pleurs,
Il nous est malaisé de retirer notre âme
De ces grandes douleurs.

Voyez-vous, nos enfants nous sont bien nécessaires,
Seigneur ; quand on a vu dans sa vie, un matin,
Au milieu des ennuis, des peines, des misères,
Et de l&#039;ombre que fait sur nous notre destin,

Apparaître un enfant, tête chère et sacrée,
Petit être joyeux,
Si beau, qu&#039;on a cru voir s&#039;ouvrir à son entrée
Une porte des cieux ;

Quand on a vu, seize ans, de cet autre soi-même
Croître la grâce aimable et la douce raison,
Lorsqu&#039;on a reconnu que cet enfant qu&#039;on aime
Fait le jour dans notre âme et dans notre maison,

Que c&#039;est la seule joie ici-bas qui persiste
De tout ce qu&#039;on rêva,
Considérez que c&#039;est une chose bien triste
De le voir qui s&#039;en va !

Victor Hugo, « À Villequier », Les Contemplations (1856)
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        <pubDate>Mon, 16 Jan 2023 16:28:00 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Ma seule amour, Charles d&#039;Orléans]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Ma seule amour, ma joye et ma maistresse,
Puisqu&#039;il me fault loing de vous demorer,
Je n&#039;ay plus riens, à me reconforter,
Qu&#039;un souvenir pour retenir lyesse.

En allegant, par Espoir, ma destresse,
Me couvendra le temps ainsi passer,
Ma seule amour, ma joye et ma maistresse,
Puisqu&#039;il me fault loing de vous demorer.

Car mon las cueur, bien garny de tristesse,
S&#039;en est voulu avecques vous aler,
Ne je ne puis jamais le recouvrer,
Jusques verray vostre belle jeunesse,
Ma seule amour, ma joye et ma maistresse.

Charles d&#039;Orléans, XVe siècle.
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Ma seule amour, ma joye et ma maistresse,
Puisqu&#039;il me fault loing de vous demorer,
Je n&#039;ay plus riens, à me reconforter,
Qu&#039;un souvenir pour retenir lyesse.

En allegant, par Espoir, ma destresse,
Me couvendra le temps ainsi passer,
Ma seule amour, ma joye et ma maistresse,
Puisqu&#039;il me fault loing de vous demorer.

Car mon las cueur, bien garny de tristesse,
S&#039;en est voulu avecques vous aler,
Ne je ne puis jamais le recouvrer,
Jusques verray vostre belle jeunesse,
Ma seule amour, ma joye et ma maistresse.

Charles d&#039;Orléans, XVe siècle.
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        <pubDate>Mon, 21 Nov 2022 15:09:06 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Il est d&#039;étranges soirs, Albert Samain]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Il est d&#039;étranges soirs où les fleurs ont une âme,
Où dans l&#039;air énervé flotte du repentir,
Où sur la vague lente et lourde d&#039;un soupir
Le coeur le plus secret aux lèvres vient mourir.
Il est d&#039;étranges soirs, où les fleurs ont une âme,
Et, ces soirs-là, je vais tendre comme une femme.

Il est de clairs matins, de roses se coiffant,
Où l&#039;âme a des gaietés d&#039;eaux vives dans les roches,
Où le coeur est un ciel de Pâques plein de cloches,
Où la chair est sans tache et l&#039;esprit sans reproches.
Il est de clairs matins, de roses se coiffant,
Ces matins-là, je vais joyeux comme un enfant.

Il est de mornes jours, où las de se connaître
Le coeur, vieux de mille ans, s&#039;assied sur son butin,
Où le plus cher passé semble un décor déteint,
Où s&#039;agite un minable et vague cabotin.
Il est de mornes jours las du poids de connaître,
Et, ces jours-là, je vais courbé comme un ancêtre.

Il est des nuits de doute, où l&#039;angoisse vous tord,
Où l&#039;âme, au bout de la spirale descendue,
Pâle et sur l&#039;infini terrible suspendue,
Sent le vent de l&#039;abîme, et recule éperdue !
Il est des nuits de doute, où l&#039;angoisse vous tord,
Et, ces nuits-là, je suis dans l&#039;ombre comme un mort.

Albert Samain, « Il est d&#039;étranges soirs », Au Jardin de l&#039;Infante, 1893.
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Il est d&#039;étranges soirs où les fleurs ont une âme,
Où dans l&#039;air énervé flotte du repentir,
Où sur la vague lente et lourde d&#039;un soupir
Le coeur le plus secret aux lèvres vient mourir.
Il est d&#039;étranges soirs, où les fleurs ont une âme,
Et, ces soirs-là, je vais tendre comme une femme.

Il est de clairs matins, de roses se coiffant,
Où l&#039;âme a des gaietés d&#039;eaux vives dans les roches,
Où le coeur est un ciel de Pâques plein de cloches,
Où la chair est sans tache et l&#039;esprit sans reproches.
Il est de clairs matins, de roses se coiffant,
Ces matins-là, je vais joyeux comme un enfant.

Il est de mornes jours, où las de se connaître
Le coeur, vieux de mille ans, s&#039;assied sur son butin,
Où le plus cher passé semble un décor déteint,
Où s&#039;agite un minable et vague cabotin.
Il est de mornes jours las du poids de connaître,
Et, ces jours-là, je vais courbé comme un ancêtre.

Il est des nuits de doute, où l&#039;angoisse vous tord,
Où l&#039;âme, au bout de la spirale descendue,
Pâle et sur l&#039;infini terrible suspendue,
Sent le vent de l&#039;abîme, et recule éperdue !
Il est des nuits de doute, où l&#039;angoisse vous tord,
Et, ces nuits-là, je suis dans l&#039;ombre comme un mort.

Albert Samain, « Il est d&#039;étranges soirs », Au Jardin de l&#039;Infante, 1893.
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        <pubDate>Mon, 21 Nov 2022 15:02:30 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[À Madame Lullin, Voltaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[À Madame Lullin

Hé quoi ! vous êtes étonnée
Qu’au bout de quatre-vingts hivers,
Ma Muse faible et surannée
Puisse encor fredonner des vers ?

Quelquefois un peu de verdure
Rit sous les glaçons de nos champs ;
Elle console la nature,
Mais elle sèche en peu de temps.

Un oiseau peut se faire entendre
Après la saison des beaux jours ;
Mais sa voix n’a plus rien de tendre,
Il ne chante plus ses amours.

Ainsi je touche encor ma lyre
Qui n’obéit plus à mes doigts ;
Ainsi j’essaie encor ma voix
Au moment même qu’elle expire.

« Je veux dans mes derniers adieux,
Disait Tibulle à son amante,
Attacher mes yeux sur tes yeux,
Te presser de ma main mourante. »

Mais quand on sent qu’on va passer,
Quand l’âme fuit avec la vie,
A-t-on des yeux pour voir Délie,
Et des mains pour la caresser ?

Dans ce moment chacun oublie
Tout ce qu’il a fait en santé.
Quel mortel s’est jamais flatté
D’un rendez-vous à l’agonie ?

Délie elle-même, à son tour,
S’en va dans la nuit éternelle,
En oubliant qu’elle fut belle,
Et qu’elle a vécu pour l’amour.

Nous naissons, nous vivons, bergère,
Nous mourons sans savoir comment ;
Chacun est parti du néant :
Où va-t-il ?… Dieu le sait, ma chère.

Voltaire
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[À Madame Lullin

Hé quoi ! vous êtes étonnée
Qu’au bout de quatre-vingts hivers,
Ma Muse faible et surannée
Puisse encor fredonner des vers ?

Quelquefois un peu de verdure
Rit sous les glaçons de nos champs ;
Elle console la nature,
Mais elle sèche en peu de temps.

Un oiseau peut se faire entendre
Après la saison des beaux jours ;
Mais sa voix n’a plus rien de tendre,
Il ne chante plus ses amours.

Ainsi je touche encor ma lyre
Qui n’obéit plus à mes doigts ;
Ainsi j’essaie encor ma voix
Au moment même qu’elle expire.

« Je veux dans mes derniers adieux,
Disait Tibulle à son amante,
Attacher mes yeux sur tes yeux,
Te presser de ma main mourante. »

Mais quand on sent qu’on va passer,
Quand l’âme fuit avec la vie,
A-t-on des yeux pour voir Délie,
Et des mains pour la caresser ?

Dans ce moment chacun oublie
Tout ce qu’il a fait en santé.
Quel mortel s’est jamais flatté
D’un rendez-vous à l’agonie ?

Délie elle-même, à son tour,
S’en va dans la nuit éternelle,
En oubliant qu’elle fut belle,
Et qu’elle a vécu pour l’amour.

Nous naissons, nous vivons, bergère,
Nous mourons sans savoir comment ;
Chacun est parti du néant :
Où va-t-il ?… Dieu le sait, ma chère.

Voltaire
]]></description>
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        <pubDate>Mon, 21 Nov 2022 14:57:50 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Bonne justice, Paul Éluard]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[C’est la chaude loi des hommes
Du raisin ils font du vin
Du charbon ils font du feu
Des baisers ils font des hommes
 
C’est la dure loi des hommes
Se garder intact malgré
Les guerres et la misère
Malgré les dangers de mort
 
C’est la douce loi des hommes
De changer l’eau en lumière
Le rêve en réalité
Et les ennemis en frères
 
Une loi vieille et nouvelle
Qui va se perfectionnant
Du fond du cœur de l’enfant
Jusqu’à la raison suprême.

Paul Éluard, « Bonne justice », Pouvoir tout dire, 1951
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[C’est la chaude loi des hommes
Du raisin ils font du vin
Du charbon ils font du feu
Des baisers ils font des hommes
 
C’est la dure loi des hommes
Se garder intact malgré
Les guerres et la misère
Malgré les dangers de mort
 
C’est la douce loi des hommes
De changer l’eau en lumière
Le rêve en réalité
Et les ennemis en frères
 
Une loi vieille et nouvelle
Qui va se perfectionnant
Du fond du cœur de l’enfant
Jusqu’à la raison suprême.

Paul Éluard, « Bonne justice », Pouvoir tout dire, 1951
]]></description>
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        <pubDate>Mon, 21 Nov 2022 14:54:36 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Hôtels, Guillaume Apollinaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[La chambre est veuve
Chacun pour soi
Présence neuve
On paye au mois

Le patron doute
Payera-t-on
Je tourne en route
Comme un toton

Le bruit des fiacres
Mon voisin laid
Qui fume un âcre
Tabac anglais

Ô La Vallière
Qui boite et rit
De mes prières
Table de nuit

Et tous ensemble
Dans cet hôtel
Savons la langue
Comme à Babel

Fermons nos portes
À double tour
Chacun apporte
Son seul amour

Guillaume Apollinaire, « Hôtels » Alcools, 1913
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[La chambre est veuve
Chacun pour soi
Présence neuve
On paye au mois

Le patron doute
Payera-t-on
Je tourne en route
Comme un toton

Le bruit des fiacres
Mon voisin laid
Qui fume un âcre
Tabac anglais

Ô La Vallière
Qui boite et rit
De mes prières
Table de nuit

Et tous ensemble
Dans cet hôtel
Savons la langue
Comme à Babel

Fermons nos portes
À double tour
Chacun apporte
Son seul amour

Guillaume Apollinaire, « Hôtels » Alcools, 1913
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        <pubDate>Mon, 21 Nov 2022 14:48:17 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Habitude, Paul Géraldy]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Tu veux savoir pourquoi, sans cause,
je fais ce soir mes yeux mauvais...
Je pense à d&#039;anciennes choses,
à des robes que tu avais...

J&#039;ai beau chercher, je ne vois point
en nous de changements notables.
A peine y a t-il un peu moins
de fleurs aujourd&#039;hui sur nos tables...

Pourtant, pourtant, je me souviens
d&#039;un autre temps, d&#039;une autre flamme...
Il me semble que tu deviens
une femme comme les femmes.

Paul Géraldy, Habitude 
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Tu veux savoir pourquoi, sans cause,
je fais ce soir mes yeux mauvais...
Je pense à d&#039;anciennes choses,
à des robes que tu avais...

J&#039;ai beau chercher, je ne vois point
en nous de changements notables.
A peine y a t-il un peu moins
de fleurs aujourd&#039;hui sur nos tables...

Pourtant, pourtant, je me souviens
d&#039;un autre temps, d&#039;une autre flamme...
Il me semble que tu deviens
une femme comme les femmes.

Paul Géraldy, Habitude 
]]></description>
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        <pubDate>Mon, 21 Nov 2022 11:13:51 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Sonnet, Alfred de Musset]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[ 

Que j’aime le premier frisson d’hiver ! le chaume,
Sous le pied du chasseur, refusant de ployer !
Quand vient la pie aux champs que le foin vert embaume,
Au fond du vieux château s’éveille le foyer ;

C’est le temps de la ville. — Oh ! lorsque, l’an dernier,
J’y revins, que je vis ce bon Louvre et son dôme,
Paris et sa fumée, et tout ce beau royaume 
(J’entends encore au vent les postillons crier),

Que j’aimais ce temps gris, ces passants, et la Seine 
Sous ses mille falots assise en souveraine !
J’allais revoir l’hiver. — Et toi, ma vie, et toi,

Oh ! dans tes longs regards j’allais tremper mon âme ;
Je saluais tes murs. — Car, qui m’eût dit, madame,
Que votre cœur sitôt avait changé pour moi ?

 

Alfred de Musset, « Sonnet », Premières Poésies, Août 1829.
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[ 

Que j’aime le premier frisson d’hiver ! le chaume,
Sous le pied du chasseur, refusant de ployer !
Quand vient la pie aux champs que le foin vert embaume,
Au fond du vieux château s’éveille le foyer ;

C’est le temps de la ville. — Oh ! lorsque, l’an dernier,
J’y revins, que je vis ce bon Louvre et son dôme,
Paris et sa fumée, et tout ce beau royaume 
(J’entends encore au vent les postillons crier),

Que j’aimais ce temps gris, ces passants, et la Seine 
Sous ses mille falots assise en souveraine !
J’allais revoir l’hiver. — Et toi, ma vie, et toi,

Oh ! dans tes longs regards j’allais tremper mon âme ;
Je saluais tes murs. — Car, qui m’eût dit, madame,
Que votre cœur sitôt avait changé pour moi ?

 

Alfred de Musset, « Sonnet », Premières Poésies, Août 1829.
]]></description>
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        <pubDate>Mon, 21 Nov 2022 10:36:51 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[L&#039;angoisse, Paul Verlaine]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Nature, rien de toi ne m’émeut, ni les champs
Nourriciers, ni l’écho vermeil des pastorales
Siciliennes, ni les pompes aurorales,
Ni la solennité dolente des couchants.

Je ris de l’Art, je ris de l’Homme aussi, des chants,
Des vers, des temples grecs et des tours en spirales
Qu’étirent dans le ciel vide les cathédrales,
Et je vois du même oeil les bons et les méchants.

Je ne crois pas en Dieu, j’abjure et je renie
Toute pensée, et quant à la vieille ironie,
L’Amour, je voudrais bien qu’on ne m’en parlât plus.

Lasse de vivre, ayant peur de mourir, pareille
Au brick perdu jouet du flux et du reflux,
Mon âme pour d’affreux naufrages appareille.

Paul Verlaine, « L&#039;angoisse », Poèmes saturniens.
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Nature, rien de toi ne m’émeut, ni les champs
Nourriciers, ni l’écho vermeil des pastorales
Siciliennes, ni les pompes aurorales,
Ni la solennité dolente des couchants.

Je ris de l’Art, je ris de l’Homme aussi, des chants,
Des vers, des temples grecs et des tours en spirales
Qu’étirent dans le ciel vide les cathédrales,
Et je vois du même oeil les bons et les méchants.

Je ne crois pas en Dieu, j’abjure et je renie
Toute pensée, et quant à la vieille ironie,
L’Amour, je voudrais bien qu’on ne m’en parlât plus.

Lasse de vivre, ayant peur de mourir, pareille
Au brick perdu jouet du flux et du reflux,
Mon âme pour d’affreux naufrages appareille.

Paul Verlaine, « L&#039;angoisse », Poèmes saturniens.
]]></description>
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        <pubDate>Fri, 14 Oct 2022 11:18:22 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Il pleut, Francis Carco]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[ 

Il pleut — c’est merveilleux. Je t’aime.
Nous resterons à la maison :
Rien ne nous plaît plus que nous-mêmes
Par ce temps d’arrière-saison.
 
Il pleut. Les taxis vont et viennent.
On voit rouler les autobus
Et les remorqueurs sur la Seine
Font un bruit... qu’on ne s’entend plus !
 
C’est merveilleux : il pleut. J’écoute
La pluie dont le crépitement
Heurte la vitre goutte à goutte...
Et tu me souris tendrement.
 
Je t’aime. Oh ! ce bruit d’eau qui pleure,
Qui sanglote comme un adieu.
Tu vas me quitter tout à l’heure :
On dirait qu’il pleut dans tes yeux.

Il pleut, Francis Carco.
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[ 

Il pleut — c’est merveilleux. Je t’aime.
Nous resterons à la maison :
Rien ne nous plaît plus que nous-mêmes
Par ce temps d’arrière-saison.
 
Il pleut. Les taxis vont et viennent.
On voit rouler les autobus
Et les remorqueurs sur la Seine
Font un bruit... qu’on ne s’entend plus !
 
C’est merveilleux : il pleut. J’écoute
La pluie dont le crépitement
Heurte la vitre goutte à goutte...
Et tu me souris tendrement.
 
Je t’aime. Oh ! ce bruit d’eau qui pleure,
Qui sanglote comme un adieu.
Tu vas me quitter tout à l’heure :
On dirait qu’il pleut dans tes yeux.

Il pleut, Francis Carco.
]]></description>
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        <pubDate>Fri, 14 Oct 2022 11:12:29 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Renaissance, Sully Prudhomme]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Je voudrais, les prunelles closes, 
Oublier, renaître, et jouir 
De la nouveauté, fleur des choses, 
Que l&#039;âge fait évanouir.

Je resaluerais la lumière, 
Mais je déplierais lentement 
Mon âme vierge et ma paupière 
Pour savourer l&#039;étonnement ;

Et je devinerais moi-même 
Les secrets que nous apprenons ; 
J&#039;irais seul aux êtres que j&#039;aime 
Et je leur donnerais des noms ;

Émerveillé des bleus abîmes 
Où le vrai Dieu semble endormi, 
Je cacherais mes pleurs sublimes 
Dans des vers sonnant l&#039;infini ;

Et pour toi, mon premier poème, 
Ô mon aimée, ô ma douleur, 
Je briserais d&#039;un cri suprême 
Un vers frêle comme une fleur.

Si pour nous il existe un monde 
Où s&#039;enchaînent de meilleurs jours, 
Que sa face ne soit pas ronde, 
Mais s&#039;étende toujours, toujours...

Et que la beauté, désapprise 
Par un continuel oubli, 
Par une incessante surprise 
Nous fasse un bonheur accompli.

Renaissance, René-François Sully Prudhomme.
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Je voudrais, les prunelles closes, 
Oublier, renaître, et jouir 
De la nouveauté, fleur des choses, 
Que l&#039;âge fait évanouir.

Je resaluerais la lumière, 
Mais je déplierais lentement 
Mon âme vierge et ma paupière 
Pour savourer l&#039;étonnement ;

Et je devinerais moi-même 
Les secrets que nous apprenons ; 
J&#039;irais seul aux êtres que j&#039;aime 
Et je leur donnerais des noms ;

Émerveillé des bleus abîmes 
Où le vrai Dieu semble endormi, 
Je cacherais mes pleurs sublimes 
Dans des vers sonnant l&#039;infini ;

Et pour toi, mon premier poème, 
Ô mon aimée, ô ma douleur, 
Je briserais d&#039;un cri suprême 
Un vers frêle comme une fleur.

Si pour nous il existe un monde 
Où s&#039;enchaînent de meilleurs jours, 
Que sa face ne soit pas ronde, 
Mais s&#039;étende toujours, toujours...

Et que la beauté, désapprise 
Par un continuel oubli, 
Par une incessante surprise 
Nous fasse un bonheur accompli.

Renaissance, René-François Sully Prudhomme.
]]></description>
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        <pubDate>Fri, 14 Oct 2022 11:05:19 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Trouver l&#039;âge de ce village, Maurice Fombeure]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Autour des sentiers blancs, le sommeil de la mer,
Autour des tamaris le sommeil et l&#039;amour,
Risque en alexandrins ces rixes, ces paresses,
Le sommeil de la mort sur la plage des jours.

Au coucher du soleil, mon village écarlate,
La mairie à la chaux puis le curé dodu,
Un jardin fou criblé d&#039;oiseaux, de mille-pattes
Et l&#039;église écoutant ses orgues suspendues.

Le bruit clair des lavoirs et le bruit des sources.
Sur la place, un tilleul aveugle et répandu
Un chariot que la lune attelle à la grande Ourse
Et Saint Eloi, patron des forgerons perdus.

Mon lit où la mort prend la forme du sommeil,
Disperse les songes assoupis sous mon toit,
Où je dors toujours seul et toujours avec toi
Car tu es sur ma vie comme une étoile blanche.

Au fond des prunelliers mon village éternel
Au fond de ta forêt, déchiré par l&#039;orée
Au bas d&#039;un doux ciel clos cravaché d&#039;hirondelles,
Je t&#039;aime mon village éternel, éternel,

Tes fumées tremblent dans mon coeur,
Tes volets s&#039;ouvrent dans mes yeux ;
Je t&#039;aime mon village innocent et joyeux
Où la vie fait un doux bruit d&#039;ailes.

Trouver l&#039;âge de ce village, Maurice Fombeure (1906-1981)
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Autour des sentiers blancs, le sommeil de la mer,
Autour des tamaris le sommeil et l&#039;amour,
Risque en alexandrins ces rixes, ces paresses,
Le sommeil de la mort sur la plage des jours.

Au coucher du soleil, mon village écarlate,
La mairie à la chaux puis le curé dodu,
Un jardin fou criblé d&#039;oiseaux, de mille-pattes
Et l&#039;église écoutant ses orgues suspendues.

Le bruit clair des lavoirs et le bruit des sources.
Sur la place, un tilleul aveugle et répandu
Un chariot que la lune attelle à la grande Ourse
Et Saint Eloi, patron des forgerons perdus.

Mon lit où la mort prend la forme du sommeil,
Disperse les songes assoupis sous mon toit,
Où je dors toujours seul et toujours avec toi
Car tu es sur ma vie comme une étoile blanche.

Au fond des prunelliers mon village éternel
Au fond de ta forêt, déchiré par l&#039;orée
Au bas d&#039;un doux ciel clos cravaché d&#039;hirondelles,
Je t&#039;aime mon village éternel, éternel,

Tes fumées tremblent dans mon coeur,
Tes volets s&#039;ouvrent dans mes yeux ;
Je t&#039;aime mon village innocent et joyeux
Où la vie fait un doux bruit d&#039;ailes.

Trouver l&#039;âge de ce village, Maurice Fombeure (1906-1981)
]]></description>
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        <pubDate>Fri, 14 Oct 2022 11:01:31 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Les yeux, Sully Prudhomme]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Des yeux sans nombre ont vu l’aurore ;
Ils dorment au fond des tombeaux
Et le soleil se lève encore.

Les nuits plus douces que les jours
Ont enchanté des yeux sans nombre ;
Les étoiles brillent toujours
Et les yeux se sont remplis d’ombre.

Oh ! qu’ils aient perdu le regard,
Non, non, cela n’est pas possible !
Ils se sont tournés quelque part
Vers ce qu’on nomme l’invisible ;

Et comme les astres penchants,
Nous quittent, mais au ciel demeurent,
Les prunelles ont leurs couchants,
Mais il n’est pas vrai qu’elles meurent :

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Ouverts à quelque immense aurore,
De l’autre côté des tombeaux
Les yeux qu’on ferme voient encore.

René-François Sully Prudhomme, « Les yeux », La vie intérieure
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Des yeux sans nombre ont vu l’aurore ;
Ils dorment au fond des tombeaux
Et le soleil se lève encore.

Les nuits plus douces que les jours
Ont enchanté des yeux sans nombre ;
Les étoiles brillent toujours
Et les yeux se sont remplis d’ombre.

Oh ! qu’ils aient perdu le regard,
Non, non, cela n’est pas possible !
Ils se sont tournés quelque part
Vers ce qu’on nomme l’invisible ;

Et comme les astres penchants,
Nous quittent, mais au ciel demeurent,
Les prunelles ont leurs couchants,
Mais il n’est pas vrai qu’elles meurent :

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Ouverts à quelque immense aurore,
De l’autre côté des tombeaux
Les yeux qu’on ferme voient encore.

René-François Sully Prudhomme, « Les yeux », La vie intérieure
]]></description>
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        <pubDate>Fri, 14 Oct 2022 10:54:03 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[La Chambre, Paul Géraldy]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[J’aime plus fort, aux fins des soirs trop doux, 
ma chambre tiède, intime, quotidienne, 
intérieure, où dans des clartés miennes, 
tout mon passé m’a donné rendez-vous. 

Je l’ai peuplée avec de vieilles lettres. 
Je m’y suis fait mes amours en lisant. 
Et le miroir où se rit ma fenêtre 
double pour moi le ciel insuffisant. 

Le grand fauteuil est tout plein des histoires 
d&#039;un livre rouge et or que j&#039;ai aimé.
Et mon enfance est là, dans les armoires, 
Qui dort tout bas sous des jouets brisés.

Parfois cependant, des fadeurs remontent 
des murs gris et lourds d&#039;ennuis amassés.
Je n&#039;écoute plus ce qu&#039;il me racontent,
je n&#039;ai plus d&#039;amour pour mon temps passé.
 
Et tandis qu&#039;usé par des habitudes
et n&#039;évoquant plus ce qui dort en eux,
les objets qui me font une solitude,
je rêve à la chambre où nous serions deux.

Paul Géraldy, « La Chambre », Les Petites Âmes
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[J’aime plus fort, aux fins des soirs trop doux, 
ma chambre tiède, intime, quotidienne, 
intérieure, où dans des clartés miennes, 
tout mon passé m’a donné rendez-vous. 

Je l’ai peuplée avec de vieilles lettres. 
Je m’y suis fait mes amours en lisant. 
Et le miroir où se rit ma fenêtre 
double pour moi le ciel insuffisant. 

Le grand fauteuil est tout plein des histoires 
d&#039;un livre rouge et or que j&#039;ai aimé.
Et mon enfance est là, dans les armoires, 
Qui dort tout bas sous des jouets brisés.

Parfois cependant, des fadeurs remontent 
des murs gris et lourds d&#039;ennuis amassés.
Je n&#039;écoute plus ce qu&#039;il me racontent,
je n&#039;ai plus d&#039;amour pour mon temps passé.
 
Et tandis qu&#039;usé par des habitudes
et n&#039;évoquant plus ce qui dort en eux,
les objets qui me font une solitude,
je rêve à la chambre où nous serions deux.

Paul Géraldy, « La Chambre », Les Petites Âmes
]]></description>
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        <pubDate>Tue, 11 Oct 2022 16:11:51 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Une allée du Luxembourg, Gérard de Nerval]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Elle a passé, la jeune fille
Vive et preste comme un oiseau
À la main une fleur qui brille,
À la bouche un refrain nouveau.

C’est peut-être la seule au monde
Dont le coeur au mien répondrait,
Qui venant dans ma nuit profonde
D’un seul regard l’éclaircirait !

Mais non, – ma jeunesse est finie…
Adieu, doux rayon qui m’as lui, –
Parfum, jeune fille, harmonie…
Le bonheur passait, – il a fui !

Gérard de Nerval
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Elle a passé, la jeune fille
Vive et preste comme un oiseau
À la main une fleur qui brille,
À la bouche un refrain nouveau.

C’est peut-être la seule au monde
Dont le coeur au mien répondrait,
Qui venant dans ma nuit profonde
D’un seul regard l’éclaircirait !

Mais non, – ma jeunesse est finie…
Adieu, doux rayon qui m’as lui, –
Parfum, jeune fille, harmonie…
Le bonheur passait, – il a fui !

Gérard de Nerval
]]></description>
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        <pubDate>Thu, 06 Oct 2022 17:10:26 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Tristesse, Alfred de Musset]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[J&#039;ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaieté;
J&#039;ai perdu jusqu&#039;à la fierté
Qui faisait croire à mon génie.

Quand j&#039;ai connu la Vérité,
J&#039;ai cru que c&#039;était une amie ;
Quand je l&#039;ai comprise et sentie,
J&#039;en étais déjà dégoûté.

Et pourtant elle est éternelle,
Et ceux qui se sont passés d&#039;elle
Ici-bas ont tout ignoré.

Dieu parle, il faut qu&#039;on lui réponde.
Le seul bien qui me reste au monde
Est d&#039;avoir quelquefois pleuré.

Tristesse, Alfred de Musset
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[J&#039;ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaieté;
J&#039;ai perdu jusqu&#039;à la fierté
Qui faisait croire à mon génie.

Quand j&#039;ai connu la Vérité,
J&#039;ai cru que c&#039;était une amie ;
Quand je l&#039;ai comprise et sentie,
J&#039;en étais déjà dégoûté.

Et pourtant elle est éternelle,
Et ceux qui se sont passés d&#039;elle
Ici-bas ont tout ignoré.

Dieu parle, il faut qu&#039;on lui réponde.
Le seul bien qui me reste au monde
Est d&#039;avoir quelquefois pleuré.

Tristesse, Alfred de Musset
]]></description>
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        <pubDate>Wed, 28 Sep 2022 17:27:00 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Le Diable de Papefiguière, Jean de La Fontaine]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Maître François dit que Papimanie
Est un Pays ou les gens sont heureux :
Le vrai dormir ne fut fait que pour eux ;
Nous n&#039;en avons ici que la copie,
Et, par saint Jean, si Dieu me prête vie,
Je le verrai ce pays ou l’on dort.
On y fait plus, on n’y fait nulle chose :
C&#039;est un emploi que je recherche encor.

[...]

Le Diable de Papefiguière, Jean de La Fontaine
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Maître François dit que Papimanie
Est un Pays ou les gens sont heureux :
Le vrai dormir ne fut fait que pour eux ;
Nous n&#039;en avons ici que la copie,
Et, par saint Jean, si Dieu me prête vie,
Je le verrai ce pays ou l’on dort.
On y fait plus, on n’y fait nulle chose :
C&#039;est un emploi que je recherche encor.

[...]

Le Diable de Papefiguière, Jean de La Fontaine
]]></description>
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        <pubDate>Fri, 23 Sep 2022 09:55:44 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Les Fables de La Fontaine]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Dieu fait bien ce qu’il fait. Sans en chercher la preuve
En tout cet Univers, et l’aller parcourant,
Dans les Citrouilles je la treuve.
Un villageois considérant,
Combien ce fruit est gros et sa tige menue :
À quoi songeait-il, dit-il, l’Auteur de tout cela ?
Il a bien mal placé cette Citrouille-là !
Hé parbleu ! Je l’aurais pendue
À l’un des chênes que voilà.
C’eût été justement l’affaire ;
Tel fruit, tel arbre, pour bien faire.
C’est dommage, Garo, que tu n’es point entré
Au conseil de celui que prêche ton Curé :
Tout en eût été mieux ; car pourquoi, par exemple,
Le Gland, qui n’est pas gros comme mon petit doigt,
Ne pend-il pas en cet endroit ?
Dieu s’est mépris : plus je contemple
Ces fruits ainsi placés, plus il semble à Garo
Que l’on a fait un quiproquo.
Cette réflexion embarrassant notre homme :
On ne dort point, dit-il, quand on a tant d’esprit.
Sous un chêne aussitôt il va prendre son somme.
Un gland tombe : le nez du dormeur en pâtit.
Il s’éveille ; et portant la main sur son visage,
Il trouve encor le Gland pris au poil du menton.
Son nez meurtri le force à changer de langage ;
Oh, oh, dit-il, je saigne ! et que serait-ce donc
S’il fût tombé de l’arbre une masse plus lourde,
Et que ce Gland eût été gourde ?
Dieu ne l’a pas voulu : sans doute il eut raison ;
J’en vois bien à présent la cause.
En louant Dieu de toute chose,
Garo retourne à la maison.

Le Gland et la Citrouille, Jean de La Fontaine

 

Maître François dit que Papimanie
Est un Pays ou les gens sont heureux :
Le vrai dormir ne fut fait que pour eux ;
Nous n&#039;en avons ici que la copie,
Et, par saint Jean, si Dieu me prête vie,
Je le verrai ce pays ou l’on dort.
On y fait plus, on n’y fait nulle chose :
C&#039;est un emploi que je recherche encor.

[...]

Le Diable de Papefiguière, Jean de La Fontaine
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Dieu fait bien ce qu’il fait. Sans en chercher la preuve
En tout cet Univers, et l’aller parcourant,
Dans les Citrouilles je la treuve.
Un villageois considérant,
Combien ce fruit est gros et sa tige menue :
À quoi songeait-il, dit-il, l’Auteur de tout cela ?
Il a bien mal placé cette Citrouille-là !
Hé parbleu ! Je l’aurais pendue
À l’un des chênes que voilà.
C’eût été justement l’affaire ;
Tel fruit, tel arbre, pour bien faire.
C’est dommage, Garo, que tu n’es point entré
Au conseil de celui que prêche ton Curé :
Tout en eût été mieux ; car pourquoi, par exemple,
Le Gland, qui n’est pas gros comme mon petit doigt,
Ne pend-il pas en cet endroit ?
Dieu s’est mépris : plus je contemple
Ces fruits ainsi placés, plus il semble à Garo
Que l’on a fait un quiproquo.
Cette réflexion embarrassant notre homme :
On ne dort point, dit-il, quand on a tant d’esprit.
Sous un chêne aussitôt il va prendre son somme.
Un gland tombe : le nez du dormeur en pâtit.
Il s’éveille ; et portant la main sur son visage,
Il trouve encor le Gland pris au poil du menton.
Son nez meurtri le force à changer de langage ;
Oh, oh, dit-il, je saigne ! et que serait-ce donc
S’il fût tombé de l’arbre une masse plus lourde,
Et que ce Gland eût été gourde ?
Dieu ne l’a pas voulu : sans doute il eut raison ;
J’en vois bien à présent la cause.
En louant Dieu de toute chose,
Garo retourne à la maison.

Le Gland et la Citrouille, Jean de La Fontaine

 

Maître François dit que Papimanie
Est un Pays ou les gens sont heureux :
Le vrai dormir ne fut fait que pour eux ;
Nous n&#039;en avons ici que la copie,
Et, par saint Jean, si Dieu me prête vie,
Je le verrai ce pays ou l’on dort.
On y fait plus, on n’y fait nulle chose :
C&#039;est un emploi que je recherche encor.

[...]

Le Diable de Papefiguière, Jean de La Fontaine
]]></description>
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        <pubDate>Wed, 21 Sep 2022 13:10:34 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[À son page, Pierre de Ronsard]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Fais rafraîchir mon vin, de sorte 
Qu&#039;il passe en froideur un glaçon ; 
Fais venir Jeanne, qu&#039;elle apporte 
Son Luth pour dire une chanson ; 
Nous ballerons tous trois au son ; 
Et dis à Barbe qu&#039;elle vienne, 
Les cheveux tors à la façon 
D&#039;une folâtre Italienne.

Ne vois-tu que le jour se passe ? 
Je ne vis point au lendemain : 
Page, reverse dans ma tasse, 
Que ce grand verre soit tout plein : 
Maudit soit qui languit en vain ! 
Ces vieux Médecins je n&#039;approuve ; 
Mon cerveau n&#039;est jamais bien sain 
Si beaucoup de vin ne l&#039;abreuve.

Ode IX, Pierre de Ronsard

 
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Fais rafraîchir mon vin, de sorte 
Qu&#039;il passe en froideur un glaçon ; 
Fais venir Jeanne, qu&#039;elle apporte 
Son Luth pour dire une chanson ; 
Nous ballerons tous trois au son ; 
Et dis à Barbe qu&#039;elle vienne, 
Les cheveux tors à la façon 
D&#039;une folâtre Italienne.

Ne vois-tu que le jour se passe ? 
Je ne vis point au lendemain : 
Page, reverse dans ma tasse, 
Que ce grand verre soit tout plein : 
Maudit soit qui languit en vain ! 
Ces vieux Médecins je n&#039;approuve ; 
Mon cerveau n&#039;est jamais bien sain 
Si beaucoup de vin ne l&#039;abreuve.

Ode IX, Pierre de Ronsard

 
]]></description>
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        <pubDate>Wed, 14 Sep 2022 17:56:57 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Elle avait pris ce pli..., Victor Hugo]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin
De venir dans ma chambre un peu chaque matin ;
Je l&#039;attendais ainsi qu&#039;un rayon qu&#039;on espère ;
Elle entrait, et disait: Bonjour, mon petit père ;
Prenait ma plume, ouvrait mes livres, s&#039;asseyait
Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait,
Puis soudain s&#039;en allait comme un oiseau qui passe. 
Alors, je reprenais, la tête un peu moins lasse,
Mon oeuvre interrompue, et, tout en écrivant,
Parmi mes manuscrits je rencontrais souvent
Quelque arabesque folle et qu&#039;elle avait tracée,
Et mainte page blanche entre ses mains froissée
Où, je ne sais comment, venaient mes plus doux vers.
Elle aimait Dieu, les fleurs, les astres, les prés verts,
Et c&#039;était un esprit avant d&#039;être une femme.
Son regard reflétait la clarté de son âme.
Elle me consultait sur tout à tous moments.
Oh! que de soirs d&#039;hiver radieux et charmants
Passés à raisonner langue, histoire et grammaire,
Mes quatre enfants groupés sur mes genoux, leur mère
Tout près, quelques amis causant au coin du feu !
J&#039;appelais cette vie être content de peu !
Et dire qu&#039;elle est morte! Hélas! que Dieu m&#039;assiste !
Je n&#039;étais jamais gai quand je la sentais triste ;
J&#039;étais morne au milieu du bal le plus joyeux
Si j&#039;avais, en partant, vu quelque ombre en ses yeux.
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin
De venir dans ma chambre un peu chaque matin ;
Je l&#039;attendais ainsi qu&#039;un rayon qu&#039;on espère ;
Elle entrait, et disait: Bonjour, mon petit père ;
Prenait ma plume, ouvrait mes livres, s&#039;asseyait
Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait,
Puis soudain s&#039;en allait comme un oiseau qui passe. 
Alors, je reprenais, la tête un peu moins lasse,
Mon oeuvre interrompue, et, tout en écrivant,
Parmi mes manuscrits je rencontrais souvent
Quelque arabesque folle et qu&#039;elle avait tracée,
Et mainte page blanche entre ses mains froissée
Où, je ne sais comment, venaient mes plus doux vers.
Elle aimait Dieu, les fleurs, les astres, les prés verts,
Et c&#039;était un esprit avant d&#039;être une femme.
Son regard reflétait la clarté de son âme.
Elle me consultait sur tout à tous moments.
Oh! que de soirs d&#039;hiver radieux et charmants
Passés à raisonner langue, histoire et grammaire,
Mes quatre enfants groupés sur mes genoux, leur mère
Tout près, quelques amis causant au coin du feu !
J&#039;appelais cette vie être content de peu !
Et dire qu&#039;elle est morte! Hélas! que Dieu m&#039;assiste !
Je n&#039;étais jamais gai quand je la sentais triste ;
J&#039;étais morne au milieu du bal le plus joyeux
Si j&#039;avais, en partant, vu quelque ombre en ses yeux.
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        <pubDate>Thu, 08 Sep 2022 12:08:17 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Après avoir longtemps erré sur le rivage, Joachim Du Bellay]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Après avoir longtemps erré sur le rivage
Où l&#039;on voit lamenter tant de chétifs de cour,
Tu as atteint le bord où tout le monde court,
Fuyant de pauvreté le pénible servage.

Nous autres cependant, le long de cette plage,
En vain tendons les mains vers le nautonnier sourd,
Qui nous chasse bien loin ; car, pour le faire court,
Nous n&#039;avons un quatrain pour payer le naulage.

Ainsi donc tu jouis du repos bienheureux,
Et comme font là-bas ces doctes amoureux,
Bien avant dans un bois te perds avec ta dame :

Tu bois le long oubli de tes travaux passés,
Sans plus penser en ceux que tu as délaissés,
Criant dessus le port ou tirant à la rame.
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Après avoir longtemps erré sur le rivage
Où l&#039;on voit lamenter tant de chétifs de cour,
Tu as atteint le bord où tout le monde court,
Fuyant de pauvreté le pénible servage.

Nous autres cependant, le long de cette plage,
En vain tendons les mains vers le nautonnier sourd,
Qui nous chasse bien loin ; car, pour le faire court,
Nous n&#039;avons un quatrain pour payer le naulage.

Ainsi donc tu jouis du repos bienheureux,
Et comme font là-bas ces doctes amoureux,
Bien avant dans un bois te perds avec ta dame :

Tu bois le long oubli de tes travaux passés,
Sans plus penser en ceux que tu as délaissés,
Criant dessus le port ou tirant à la rame.
]]></description>
        <enclosure url="https://api.podcasts.institutdefrance.fr/sites/default/files/audios/voi844.mp3" length="3365457" type="audio/mpeg" />
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        <pubDate>Fri, 22 Jul 2022 11:57:38 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Sagesse, Paul Verlaine]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Le ciel est, par dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par dessus le toit,
Berce sa palme.
La cloche, dans le ciel qu&#039;on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l&#039;arbre qu&#039;on voit
Chante sa plainte.
Mon Dieu, Mon Dieu, la vie est là,
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur là
Vient de la ville.
Qu&#039;as tu fait, ô toi que voilà,
Pleurant sans cesse,
Dis, qu&#039;as tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Le ciel est, par dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par dessus le toit,
Berce sa palme.
La cloche, dans le ciel qu&#039;on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l&#039;arbre qu&#039;on voit
Chante sa plainte.
Mon Dieu, Mon Dieu, la vie est là,
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur là
Vient de la ville.
Qu&#039;as tu fait, ô toi que voilà,
Pleurant sans cesse,
Dis, qu&#039;as tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?
]]></description>
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        <pubDate>Wed, 13 Jul 2022 13:30:58 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Isolement, Petrus Borel ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Gui ! liane ! palmier ! mon âme vous envie !
Mon coeur voudrait un lierre et s&#039;enlacer à lui.
Pour passer mollement le gué de cette vie,
Je demande une femme, une amie, un appui !

- Un ange d&#039;ici-bas ?... une fleur, une femme ?...
Barde, viens, et choisis dans ce folâtre essaim
Tournoyant au rondeau d&#039;un preste clavecin. -
Non ; mon coeur veut un coeur qui comprenne son âme.

Ce n&#039;est point au théâtre, aux fêtes, qu&#039;est la fille
Qui pourrait sur ma vie épancher le bonheur :
C&#039;est aux champs, vers le soir, groupée en sa mantille,
Un Verther à la main sous le saule pleureur.

Quand viendra cette fée ? - En vain ma voix l&#039;appelle !
Apporter ses printemps à mon coeur isolé.
Pourtant jusqu&#039;aux cyprès je lui serais fidèle !
Sur la plage toujours resterai-je esseulé ?

Sur mon toit le moineau dort avec sa compagne ;
Ma cavale au coursier a donné ses amours.
Seul, moi, dans cet esquif, que nul être accompagne,
Sur le torrent fougueux je vois passer mes jours.

 

Isolement, Petrus Borel 
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Gui ! liane ! palmier ! mon âme vous envie !
Mon coeur voudrait un lierre et s&#039;enlacer à lui.
Pour passer mollement le gué de cette vie,
Je demande une femme, une amie, un appui !

- Un ange d&#039;ici-bas ?... une fleur, une femme ?...
Barde, viens, et choisis dans ce folâtre essaim
Tournoyant au rondeau d&#039;un preste clavecin. -
Non ; mon coeur veut un coeur qui comprenne son âme.

Ce n&#039;est point au théâtre, aux fêtes, qu&#039;est la fille
Qui pourrait sur ma vie épancher le bonheur :
C&#039;est aux champs, vers le soir, groupée en sa mantille,
Un Verther à la main sous le saule pleureur.

Quand viendra cette fée ? - En vain ma voix l&#039;appelle !
Apporter ses printemps à mon coeur isolé.
Pourtant jusqu&#039;aux cyprès je lui serais fidèle !
Sur la plage toujours resterai-je esseulé ?

Sur mon toit le moineau dort avec sa compagne ;
Ma cavale au coursier a donné ses amours.
Seul, moi, dans cet esquif, que nul être accompagne,
Sur le torrent fougueux je vois passer mes jours.

 

Isolement, Petrus Borel 
]]></description>
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        <pubDate>Thu, 30 Jun 2022 12:24:21 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Autres chants, Philippe Jaccottet]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Oh mes amis d’un temps, que devenons-vous,

notre sang pâlit, notre espérance est abrégée,

nous nous faisons prudents et avares,

vite essoufflés – vieux chiens de garde sans grand-chose

à garder ni à mordre -,

nous commençons à ressembler à nos pères.

N’y a-t-il donc aucun moyen de vaincre

ou au moins de ne pas être vaincu avant le temps ?

Nous avons entendu grincer les gonds sombres de l’âge

le jour où pour la première fois

nous nous sommes surpris marchant la tête retournée

vers le passé, prêts à nous couronner de souvenirs…

 

N’y a-t-il pas d’autre chemin

que dépérir dans la sagesse radoteuse,

le labyrinthe des mensonges ou la peur vaine ?

 

Un chemin qui ne soit ni imposture

comme les fards et les parfums du vieux beau,

ni le geignement de l’outil émoussé,

ni le bégaiement de l’aliéné qui n’a plus de voisin

qu’agressif, insomniaque et sans visage ?

 

Oh amis devenus presque vieux et lointains,

j’essaie encore de ne pas me retourner sur mes traces

de languir alors, de larmoyer sur de la cendre -,

j’essaie,

 

mais il y a presque trop

de poids du côté sombre ou je nous vois descendre,

et redresser avec de l’invisible chaque jour,

qui le pourrait encore, qui l’a pu ?

 

Philippe Jaccottet
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Oh mes amis d’un temps, que devenons-vous,

notre sang pâlit, notre espérance est abrégée,

nous nous faisons prudents et avares,

vite essoufflés – vieux chiens de garde sans grand-chose

à garder ni à mordre -,

nous commençons à ressembler à nos pères.

N’y a-t-il donc aucun moyen de vaincre

ou au moins de ne pas être vaincu avant le temps ?

Nous avons entendu grincer les gonds sombres de l’âge

le jour où pour la première fois

nous nous sommes surpris marchant la tête retournée

vers le passé, prêts à nous couronner de souvenirs…

 

N’y a-t-il pas d’autre chemin

que dépérir dans la sagesse radoteuse,

le labyrinthe des mensonges ou la peur vaine ?

 

Un chemin qui ne soit ni imposture

comme les fards et les parfums du vieux beau,

ni le geignement de l’outil émoussé,

ni le bégaiement de l’aliéné qui n’a plus de voisin

qu’agressif, insomniaque et sans visage ?

 

Oh amis devenus presque vieux et lointains,

j’essaie encore de ne pas me retourner sur mes traces

de languir alors, de larmoyer sur de la cendre -,

j’essaie,

 

mais il y a presque trop

de poids du côté sombre ou je nous vois descendre,

et redresser avec de l’invisible chaque jour,

qui le pourrait encore, qui l’a pu ?

 

Philippe Jaccottet
]]></description>
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        <pubDate>Thu, 23 Jun 2022 18:00:33 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Tant que mes yeux pourront larmes épandre, Louise Labé]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Tant que mes yeux pourront larmes épandre
A l&#039;heur passé avec toi regretter,
Et qu&#039;aux sanglots et soupirs résister
Pourra ma voix, et un peu faire entendre ;

Tant que ma main pourra les cordes tendre
Du mignard luth, pour tes grâces chanter ;
Tant que l&#039;esprit se voudra contenter
De ne vouloir rien fors que toi comprendre,

Je ne souhaite encore point mourir.
Mais, quand mes yeux je sentirai tarir,
Ma voix cassée, et ma main impuissante,

Et mon esprit en ce mortel séjour
Ne pouvant plus montrer signe d&#039;amante,
Prierai la mort noircir mon plus clair jour.

 

Louise Labé
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Tant que mes yeux pourront larmes épandre
A l&#039;heur passé avec toi regretter,
Et qu&#039;aux sanglots et soupirs résister
Pourra ma voix, et un peu faire entendre ;

Tant que ma main pourra les cordes tendre
Du mignard luth, pour tes grâces chanter ;
Tant que l&#039;esprit se voudra contenter
De ne vouloir rien fors que toi comprendre,

Je ne souhaite encore point mourir.
Mais, quand mes yeux je sentirai tarir,
Ma voix cassée, et ma main impuissante,

Et mon esprit en ce mortel séjour
Ne pouvant plus montrer signe d&#039;amante,
Prierai la mort noircir mon plus clair jour.

 

Louise Labé
]]></description>
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        <pubDate>Thu, 16 Jun 2022 12:16:35 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Et la mer et l’amour…, Pierre de Marbeuf]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Et la mer et l’amour ont l’amer pour partage,
Et la mer est amère, et l’amour est amer,
L’on s’abîme en l’amour aussi bien qu’en la mer,
Car la mer et l’amour ne sont point sans orage.

Celui qui craint les eaux qu’il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu’on souffre pour aimer,
Qu’il ne se laisse pas à l’amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

La mère de l’amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l’amour, sa mère sort de l’eau,
Mais l’eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

Si l’eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j’eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.


 

Pierre de Marbeuf, « Et la mer et l’amour… », 1628
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Et la mer et l’amour ont l’amer pour partage,
Et la mer est amère, et l’amour est amer,
L’on s’abîme en l’amour aussi bien qu’en la mer,
Car la mer et l’amour ne sont point sans orage.

Celui qui craint les eaux qu’il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu’on souffre pour aimer,
Qu’il ne se laisse pas à l’amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

La mère de l’amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l’amour, sa mère sort de l’eau,
Mais l’eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

Si l’eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j’eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.


 

Pierre de Marbeuf, « Et la mer et l’amour… », 1628
]]></description>
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        <pubDate>Thu, 09 Jun 2022 17:12:11 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[De la jeune dame qui a vieil mari, Clément Marot]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[En languissant et en griève tristesse
Vit mon las coeur, jadis plein de liesse,
Puisque l&#039;on m&#039;a donné mari vieillard.
Hélas, pourquoi ? Rien ne sait du vieil art
Qu&#039;apprend Vénus, l&#039;amoureuse déesse.

Par un désir de montrer ma prouesse
Souvent l&#039;assaus : mais il demande : &quot; où est-ce ? &quot;,
ou dort (peut-être), et mon coeur veille à part
En languissant.

Puis quand je veux lui jouer de finesse,
Honte me dit : &quot; Cesse, ma fille, cesse,
Garde-t&#039;en bien, à honneur prends égard. &quot;
Lors je réponds : &quot; Honte, allez à l&#039;écart :
Je ne veux pas perdre ainsi ma jeunesse
En languissant.

De la jeune dame qui a vieil mari, Clément Marot
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[En languissant et en griève tristesse
Vit mon las coeur, jadis plein de liesse,
Puisque l&#039;on m&#039;a donné mari vieillard.
Hélas, pourquoi ? Rien ne sait du vieil art
Qu&#039;apprend Vénus, l&#039;amoureuse déesse.

Par un désir de montrer ma prouesse
Souvent l&#039;assaus : mais il demande : &quot; où est-ce ? &quot;,
ou dort (peut-être), et mon coeur veille à part
En languissant.

Puis quand je veux lui jouer de finesse,
Honte me dit : &quot; Cesse, ma fille, cesse,
Garde-t&#039;en bien, à honneur prends égard. &quot;
Lors je réponds : &quot; Honte, allez à l&#039;écart :
Je ne veux pas perdre ainsi ma jeunesse
En languissant.

De la jeune dame qui a vieil mari, Clément Marot
]]></description>
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        <pubDate>Tue, 31 May 2022 17:23:01 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Cantique à Elsa, Louis Aragon]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Je te touche et je vois ton corps et tu respires
Ce ne sont plus les jours du vivre séparés
C&#039;est toi tu vas tu viens et je suis ton empire
Pour le meilleur et pour le pire
Et jamais tu ne fus aussi lointaine à mon gré

Ensemble nous trouvons au pays des merveilles
Le plaisir sérieux couleur de l&#039;absolu
Mais lorsque je reviens à nous que je m&#039;éveille
Si je soupire à ton oreille
Comme des mots d&#039;adieu tu ne les entends plus.

Elle dort. Longuement je l&#039;écoute se taire
C&#039;est elle dans mes bras présente et cependant
Plus absente d&#039;y être et moi plus solitaire
D&#039;être plus près de son mystère
Comme un joueur qui lit aux dés le point perdant.

Le jour qui semblera l&#039;arracher à l&#039;absence
Me la rend plus touchante et plus belle que lui
De l&#039;ombre elle a gardé les parfums et l&#039;essence
Elle est comme un songe des sens
Le jour qui la ramène est encore une nuit

Buissons quotidiens à quoi nous nous griffâmes
La vie aura passé comme un air entêtant
Jamais rassasié de ces yeux qui m&#039;affament
Mon ciel mon désespoir ma femme
Treize ans j&#039;aurais guetté ton silence chantant

Comme le coquillage enregistre la mer
Grisant mon coeur treize ans treize hivers treize étés
J&#039;aurais tremblé treize ans sur le seuil des chimères
Treize ans d&#039;une peur douce-amère
Et treize ans conjuré des périls inventés

Ô mon enfant le temps n&#039;est pas à notre taille
Que sont mille et une nuit pour des amants
Treize ans c&#039;est comme un jour et c&#039;est un feu de paille
Qui brûle à nos pieds maille à maille
Le magique tapis de notre isolement

 

Louis Aragon, Cantique à Elsa 
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Je te touche et je vois ton corps et tu respires
Ce ne sont plus les jours du vivre séparés
C&#039;est toi tu vas tu viens et je suis ton empire
Pour le meilleur et pour le pire
Et jamais tu ne fus aussi lointaine à mon gré

Ensemble nous trouvons au pays des merveilles
Le plaisir sérieux couleur de l&#039;absolu
Mais lorsque je reviens à nous que je m&#039;éveille
Si je soupire à ton oreille
Comme des mots d&#039;adieu tu ne les entends plus.

Elle dort. Longuement je l&#039;écoute se taire
C&#039;est elle dans mes bras présente et cependant
Plus absente d&#039;y être et moi plus solitaire
D&#039;être plus près de son mystère
Comme un joueur qui lit aux dés le point perdant.

Le jour qui semblera l&#039;arracher à l&#039;absence
Me la rend plus touchante et plus belle que lui
De l&#039;ombre elle a gardé les parfums et l&#039;essence
Elle est comme un songe des sens
Le jour qui la ramène est encore une nuit

Buissons quotidiens à quoi nous nous griffâmes
La vie aura passé comme un air entêtant
Jamais rassasié de ces yeux qui m&#039;affament
Mon ciel mon désespoir ma femme
Treize ans j&#039;aurais guetté ton silence chantant

Comme le coquillage enregistre la mer
Grisant mon coeur treize ans treize hivers treize étés
J&#039;aurais tremblé treize ans sur le seuil des chimères
Treize ans d&#039;une peur douce-amère
Et treize ans conjuré des périls inventés

Ô mon enfant le temps n&#039;est pas à notre taille
Que sont mille et une nuit pour des amants
Treize ans c&#039;est comme un jour et c&#039;est un feu de paille
Qui brûle à nos pieds maille à maille
Le magique tapis de notre isolement

 

Louis Aragon, Cantique à Elsa 
]]></description>
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        <pubDate>Wed, 25 May 2022 11:05:16 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Certes, elle n&#039;était pas femme, Victor Hugo]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Certes, elle n&#039;était pas femme et charmante en vain, 
Mais le terrestre en elle avait un air divin. 
Des flammes frissonnaient sur mes lèvres hardies ; 
Elle acceptait l&#039;amour et tous ses incendies, 
Rêvait au tutoiement, se risquait pas à pas, 
Ne se refusait point et ne se livrait pas ; 
Sa tendre obéissance était haute et sereine ; 
Elle savait se faire esclave et rester reine, 
Suprême grâce ! et quoi de plus inattendu 
Que d&#039;avoir tout donné sans avoir rien perdu ! 
Elle était nue avec un abandon sublime 
Et, couchée en un lit, semblait sur une cime. 
À mesure qu&#039;en elle entrait l&#039;amour vainqueur, 
On eût dit que le ciel lui jaillissait du coeur ; 
Elle vous caressait avec de la lumière ; 
La nudité des pieds fait la marche plus fière 
Chez ces êtres pétris d&#039;idéale beauté ; 
Il lui venait dans l&#039;ombre au front une clarté 
Pareille à la nocturne auréole des pôles ; 
À travers les baisers, de ses blanches épaules 
On croyait voir sortir deux ailes lentement ; 
Son regard était bleu, d&#039;un bleu de firmament ; 
Et c&#039;était la grandeur de cette femme étrange 
Qu&#039;en cessant d&#039;être vierge elle devenait ange. 

Certes elle n&#039;était pas femme, Victor Hugo
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Certes, elle n&#039;était pas femme et charmante en vain, 
Mais le terrestre en elle avait un air divin. 
Des flammes frissonnaient sur mes lèvres hardies ; 
Elle acceptait l&#039;amour et tous ses incendies, 
Rêvait au tutoiement, se risquait pas à pas, 
Ne se refusait point et ne se livrait pas ; 
Sa tendre obéissance était haute et sereine ; 
Elle savait se faire esclave et rester reine, 
Suprême grâce ! et quoi de plus inattendu 
Que d&#039;avoir tout donné sans avoir rien perdu ! 
Elle était nue avec un abandon sublime 
Et, couchée en un lit, semblait sur une cime. 
À mesure qu&#039;en elle entrait l&#039;amour vainqueur, 
On eût dit que le ciel lui jaillissait du coeur ; 
Elle vous caressait avec de la lumière ; 
La nudité des pieds fait la marche plus fière 
Chez ces êtres pétris d&#039;idéale beauté ; 
Il lui venait dans l&#039;ombre au front une clarté 
Pareille à la nocturne auréole des pôles ; 
À travers les baisers, de ses blanches épaules 
On croyait voir sortir deux ailes lentement ; 
Son regard était bleu, d&#039;un bleu de firmament ; 
Et c&#039;était la grandeur de cette femme étrange 
Qu&#039;en cessant d&#039;être vierge elle devenait ange. 

Certes elle n&#039;était pas femme, Victor Hugo
]]></description>
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        <pubDate>Thu, 19 May 2022 12:51:48 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[À la lumière d&#039;hiver, Philippe Jaccottet]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Un homme qui vieillit est un homme plein d&#039;images
raides comme du fer en travers de sa vie,
n&#039;attendez plus qu&#039;il chante avec ces clous dans la gorge.
Autrefois la lumière nourrissait sa bouche,
maintenant il raisonne et se contraint.

Or, on peut raisonner sur la douleur, sur la joie,
démontrer, semble-t-il, presque aisément
l&#039;inanité de l&#039;homme. On peut parler
comme je parle à présent dans cette chambre
qui n&#039;est pas encore en ruines, par ces lèvres
que ne coud pas encore le fil de la mort,
indéfiniment.


Toutefois, on dirait
que cette espèce-là de parole, brève ou prolixe,
toujours autoritaire, sombre, comme aveugle,
n&#039;atteint plus son objet, aucun objet, tournant
sans fin sur elle-même, de plus en plus vide,
alors qu&#039;ailleurs, plus loin qu&#039;elle ou simplement
à côté, demeure ce qu&#039;elle a longtemps cherché.
Les mots devraient-ils donc faire sentir
ce qu&#039;ils n&#039;atteignent pas, qui leur échappe,
dont ils ne sont pas maîtres, leur envers ?

De nouveau je m&#039;égare en eux,
de nouveau ils font écran, je n&#039;en ai plus
le juste usage,
quand toujours plus loin
se dérobe le reste inconnu, la clef dorée,
et déjà le jour baisse, le jour de mes yeux...

 

Philippe Jaccottet, À la lumière d&#039;hiver
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Un homme qui vieillit est un homme plein d&#039;images
raides comme du fer en travers de sa vie,
n&#039;attendez plus qu&#039;il chante avec ces clous dans la gorge.
Autrefois la lumière nourrissait sa bouche,
maintenant il raisonne et se contraint.

Or, on peut raisonner sur la douleur, sur la joie,
démontrer, semble-t-il, presque aisément
l&#039;inanité de l&#039;homme. On peut parler
comme je parle à présent dans cette chambre
qui n&#039;est pas encore en ruines, par ces lèvres
que ne coud pas encore le fil de la mort,
indéfiniment.


Toutefois, on dirait
que cette espèce-là de parole, brève ou prolixe,
toujours autoritaire, sombre, comme aveugle,
n&#039;atteint plus son objet, aucun objet, tournant
sans fin sur elle-même, de plus en plus vide,
alors qu&#039;ailleurs, plus loin qu&#039;elle ou simplement
à côté, demeure ce qu&#039;elle a longtemps cherché.
Les mots devraient-ils donc faire sentir
ce qu&#039;ils n&#039;atteignent pas, qui leur échappe,
dont ils ne sont pas maîtres, leur envers ?

De nouveau je m&#039;égare en eux,
de nouveau ils font écran, je n&#039;en ai plus
le juste usage,
quand toujours plus loin
se dérobe le reste inconnu, la clef dorée,
et déjà le jour baisse, le jour de mes yeux...

 

Philippe Jaccottet, À la lumière d&#039;hiver
]]></description>
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        <pubDate>Thu, 12 May 2022 16:16:43 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Fêtes galantes, Louis Aragon]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[On voit des marquis sur des bicyclettes
On voit des marlous en cheval-jupon
On voit des morveux avec des voilettes
On voit des pompiers brûler les pompons

On voit des mots jetés à la voierie
On voit des mots élevés au pavois
On voit les pieds des enfants de Marie
On voit le dos des diseuses à voix

On voit des voitures à gazomètre
On voit aussi des voitures à bras
On voit des lascars que les longs nez gênent
On voit des coïons de dix-huit carats

On voit ici ce que l&#039;on voit ailleurs
On voit des demoiselles dévoyées
On voit des voyous On voit des voyeurs
On voit sous les ponts passer des noyés

On voit chômer les marchands de chaussures
On voit mourir d&#039;ennui les mireurs d&#039;œufs
On voit péricliter les valeurs sûres
Et fuir la vie à la six-quatre-deux

 

Fêtes galantes, Louis Aragon
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[On voit des marquis sur des bicyclettes
On voit des marlous en cheval-jupon
On voit des morveux avec des voilettes
On voit des pompiers brûler les pompons

On voit des mots jetés à la voierie
On voit des mots élevés au pavois
On voit les pieds des enfants de Marie
On voit le dos des diseuses à voix

On voit des voitures à gazomètre
On voit aussi des voitures à bras
On voit des lascars que les longs nez gênent
On voit des coïons de dix-huit carats

On voit ici ce que l&#039;on voit ailleurs
On voit des demoiselles dévoyées
On voit des voyous On voit des voyeurs
On voit sous les ponts passer des noyés

On voit chômer les marchands de chaussures
On voit mourir d&#039;ennui les mireurs d&#039;œufs
On voit péricliter les valeurs sûres
Et fuir la vie à la six-quatre-deux

 

Fêtes galantes, Louis Aragon
]]></description>
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        <pubDate>Fri, 06 May 2022 09:38:48 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Recueillement, Charles Baudelaire ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma douleur, donne-moi la main ; viens par ici,

Loin d&#039;eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;

Le Soleil moribond s&#039;endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l&#039;Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.

 

Recueillement, Charles Baudelaire 

 
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma douleur, donne-moi la main ; viens par ici,

Loin d&#039;eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;

Le Soleil moribond s&#039;endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l&#039;Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.

 

Recueillement, Charles Baudelaire 

 
]]></description>
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        <pubDate>Thu, 28 Apr 2022 14:00:20 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Les Pas, Paul Valéry]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Tes pas, enfants de mon silence,
Saintement, lentement placés,
Vers le lit de ma vigilance
Procèdent muets et glacés.

Personne pure, ombre divine,
Qu&#039;ils sont doux, tes pas retenus !
Dieux !... tous les dons que je devine
Viennent à moi sur ces pieds nus !

Si, de tes lèvres avancées,
Tu prépares pour l&#039;apaiser,
A l&#039;habitant de mes pensées
La nourriture d&#039;un baiser,

Ne hâte pas cet acte tendre,
Douceur d&#039;être et de n&#039;être pas,
Car j&#039;ai vécu de vous attendre,
Et mon coeur n&#039;était que vos pas.

Les Pas, Paul Valéry

 
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Tes pas, enfants de mon silence,
Saintement, lentement placés,
Vers le lit de ma vigilance
Procèdent muets et glacés.

Personne pure, ombre divine,
Qu&#039;ils sont doux, tes pas retenus !
Dieux !... tous les dons que je devine
Viennent à moi sur ces pieds nus !

Si, de tes lèvres avancées,
Tu prépares pour l&#039;apaiser,
A l&#039;habitant de mes pensées
La nourriture d&#039;un baiser,

Ne hâte pas cet acte tendre,
Douceur d&#039;être et de n&#039;être pas,
Car j&#039;ai vécu de vous attendre,
Et mon coeur n&#039;était que vos pas.

Les Pas, Paul Valéry

 
]]></description>
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        <pubDate>Thu, 21 Apr 2022 11:21:30 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[L&#039;espoir en Dieu,  Alfred de Musset ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Tant que mon pauvre cœur, encor plein de jeunesse,
A ses illusions n&#039;aura pas dit adieu,
Je voudrais m&#039;en tenir à l&#039;antique sagesse,
Qui du sobre Épicure a fait un demi-dieu
Je voudrais vivre, aimer, m&#039;accoutumer aux hommes
Chercher un peu de joie et n&#039;y pas trop compter,
Faire ce qu&#039;on a fait, être ce que nous sommes,
Et regarder le ciel sans m&#039;en inquiéter.

Je ne puis ; — malgré moi l&#039;infini me tourmente.
Je n&#039;y saurais songer sans crainte et sans espoir ;
Et, quoi qu&#039;on en ait dit, ma raison s&#039;épouvante
De ne pas le comprendre et pourtant de le voir.
Qu&#039;est-ce donc que ce monde, et qu&#039;y venons-nous faire,
Si pour qu&#039;on vive en paix, il faut voiler les cieux ?
Passer comme un troupeau les yeux fixés à terre,
Et renier le reste, est-ce donc être heureux ?
Non, c&#039;est cesser d&#039;être homme et dégrader son âme.
Dans la création le hasard m&#039;a jeté ;
Heureux ou malheureux, je suis né d&#039;une femme,
Et je ne puis m&#039;enfuir hors de l&#039;humanité.

Que faire donc ? « Jouis, dit la raison païenne ;
Jouis et meurs ; les dieux ne songent qu&#039;à dormir.
— Espère seulement, répond la foi chrétienne ;
Le ciel veille sans cesse, et tu ne peux mourir. »
Entre ces deux chemins j&#039;hésite et je m&#039;arrête.
Je voudrais, à l&#039;écart, suivre un plus doux sentier.
Il n&#039;en existe pas, dit une voix secrète ;
En présence du ciel, il faut croire ou nier.

Je me résigne donc, et, puisque la matière
Me laisse dans le cœur un désir plein d&#039;effroi. 

Entre l&#039;indifférence et la religion.
J&#039;y consens. — Où sont-ils, ces faiseurs de systèmes,
Qui savent, sans la foi, trouver la vérité,
Sophistes impuissants qui ne croient qu&#039;en eux-mêmes ?
Quels sont leurs arguments et leur autorité ?

Je vois rêver Platon et penser Aristote ;
J&#039;écoute, j&#039;applaudis, et poursuis mon chemin
Sous les rois absolus je trouve un Dieu despote ;
On nous parle aujourd&#039;hui d&#039;un Dieu républicains.

Voilà donc les débris de l&#039;humaine science !
Et, depuis cinq mille ans qu&#039;on a toujours douté,
Après tant de fatigue et de persévérance,
C&#039;est là le dernier mot qui nous en est rester
Ah ! pauvres insensés, misérables cervelles,
Qui de tant de façons avez tout expliqué,
Pour aller jusqu&#039;aux cieux il vous fallait des ailes ;
Vous aviez le désir, la foi vous a manqué.

Venez, rhéteurs païens, maîtres de la science,
Chrétiens des temps passés et rêveurs d&#039;aujourd&#039;hui ;
Croyez-moi&#039; la prière est un cri d&#039;espérance !
Pour que Dieu nous réponde, adressons-nous à lui,
Il est juste, il est bon ; sans doute il vous pardonne.
Tous vous avez souffert, le reste est oublié.
Si le ciel est désert, nous n&#039;offensons personne ;
Si quelqu&#039;un nous entend, qu&#039;il nous prenne en pitié !
 

L&#039;espoir en Dieu, Alfred de Musset
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Tant que mon pauvre cœur, encor plein de jeunesse,
A ses illusions n&#039;aura pas dit adieu,
Je voudrais m&#039;en tenir à l&#039;antique sagesse,
Qui du sobre Épicure a fait un demi-dieu
Je voudrais vivre, aimer, m&#039;accoutumer aux hommes
Chercher un peu de joie et n&#039;y pas trop compter,
Faire ce qu&#039;on a fait, être ce que nous sommes,
Et regarder le ciel sans m&#039;en inquiéter.

Je ne puis ; — malgré moi l&#039;infini me tourmente.
Je n&#039;y saurais songer sans crainte et sans espoir ;
Et, quoi qu&#039;on en ait dit, ma raison s&#039;épouvante
De ne pas le comprendre et pourtant de le voir.
Qu&#039;est-ce donc que ce monde, et qu&#039;y venons-nous faire,
Si pour qu&#039;on vive en paix, il faut voiler les cieux ?
Passer comme un troupeau les yeux fixés à terre,
Et renier le reste, est-ce donc être heureux ?
Non, c&#039;est cesser d&#039;être homme et dégrader son âme.
Dans la création le hasard m&#039;a jeté ;
Heureux ou malheureux, je suis né d&#039;une femme,
Et je ne puis m&#039;enfuir hors de l&#039;humanité.

Que faire donc ? « Jouis, dit la raison païenne ;
Jouis et meurs ; les dieux ne songent qu&#039;à dormir.
— Espère seulement, répond la foi chrétienne ;
Le ciel veille sans cesse, et tu ne peux mourir. »
Entre ces deux chemins j&#039;hésite et je m&#039;arrête.
Je voudrais, à l&#039;écart, suivre un plus doux sentier.
Il n&#039;en existe pas, dit une voix secrète ;
En présence du ciel, il faut croire ou nier.

Je me résigne donc, et, puisque la matière
Me laisse dans le cœur un désir plein d&#039;effroi. 

Entre l&#039;indifférence et la religion.
J&#039;y consens. — Où sont-ils, ces faiseurs de systèmes,
Qui savent, sans la foi, trouver la vérité,
Sophistes impuissants qui ne croient qu&#039;en eux-mêmes ?
Quels sont leurs arguments et leur autorité ?

Je vois rêver Platon et penser Aristote ;
J&#039;écoute, j&#039;applaudis, et poursuis mon chemin
Sous les rois absolus je trouve un Dieu despote ;
On nous parle aujourd&#039;hui d&#039;un Dieu républicains.

Voilà donc les débris de l&#039;humaine science !
Et, depuis cinq mille ans qu&#039;on a toujours douté,
Après tant de fatigue et de persévérance,
C&#039;est là le dernier mot qui nous en est rester
Ah ! pauvres insensés, misérables cervelles,
Qui de tant de façons avez tout expliqué,
Pour aller jusqu&#039;aux cieux il vous fallait des ailes ;
Vous aviez le désir, la foi vous a manqué.

Venez, rhéteurs païens, maîtres de la science,
Chrétiens des temps passés et rêveurs d&#039;aujourd&#039;hui ;
Croyez-moi&#039; la prière est un cri d&#039;espérance !
Pour que Dieu nous réponde, adressons-nous à lui,
Il est juste, il est bon ; sans doute il vous pardonne.
Tous vous avez souffert, le reste est oublié.
Si le ciel est désert, nous n&#039;offensons personne ;
Si quelqu&#039;un nous entend, qu&#039;il nous prenne en pitié !
 

L&#039;espoir en Dieu, Alfred de Musset
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        <pubDate>Thu, 14 Apr 2022 16:52:08 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Mignonne, allons voir si la rose]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Mignonne, allons voir si la rose

Qui ce matin avait éclose

Sa robe de pourpre au Soleil,

N&#039;a point perdu cette vêprée

Les plis de sa robe pourprée,

Et son teint au votre pareil.

Las ! voyez comme en peu d&#039;espace,

Mignonne, elle a dessus la place

Las ! las ses beautés laissé choir !

Ô vraiment marâtre Nature,

Puisqu&#039;une telle fleur ne dure

Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,

Tandis que votre âge fleuronne

En sa plus verte nouveauté,

Cueillez, cueillez votre jeunesse :

Comme à cette fleur la vieillesse

Fera ternir votre beauté.

 

Pierre de Ronsard, À Cassandre
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Mignonne, allons voir si la rose

Qui ce matin avait éclose

Sa robe de pourpre au Soleil,

N&#039;a point perdu cette vêprée

Les plis de sa robe pourprée,

Et son teint au votre pareil.

Las ! voyez comme en peu d&#039;espace,

Mignonne, elle a dessus la place

Las ! las ses beautés laissé choir !

Ô vraiment marâtre Nature,

Puisqu&#039;une telle fleur ne dure

Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,

Tandis que votre âge fleuronne

En sa plus verte nouveauté,

Cueillez, cueillez votre jeunesse :

Comme à cette fleur la vieillesse

Fera ternir votre beauté.

 

Pierre de Ronsard, À Cassandre
]]></description>
        <enclosure url="https://api.podcasts.institutdefrance.fr/sites/default/files/audios/voi829.mp3" length="3279868" type="audio/mpeg" />
        <guid>https://api.podcasts.institutdefrance.fr/sites/default/files/audios/voi829.mp3</guid>
        <itunes:duration>00:01:41</itunes:duration>
        <pubDate>Thu, 07 Apr 2022 15:38:59 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[J’ai fait un rêve, Adémar de Barros]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[J’ai fait un rêve.
Je cheminais sur une plage, côte à côte avec le Seigneur.
Nos pas se dessinaient sur le sable,
laissant une double empreinte
la mienne et celle du Seigneur.
Je me suis arrêté pour regarder en arrière;
et en certains points
au lieu de deux empreintes,
il n’y en avait qu’une.
Les points d’empreintes uniques correspondaient
aux jours les plus sombres de mon existence :
jours d’angoisse, jours d’égoïsme ou de mauvaise humeur,
jours d’épreuves et de doute.
Alors, me retournant vers le Seigneur, je lui dis:
N’avais-tu pas promis d’être avec nous chaque jour?
Pourquoi m’as-tu laissé seul aux pires moments de ma vie,
aux jours où j’aurais eu tant besoin de toi?
Et le Seigneur m’a répondu :
Mon enfant,
Les jours où tu ne vois qu’une trace
sont les jours où je t’ai porté.

Ademar de Barros
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[J’ai fait un rêve.
Je cheminais sur une plage, côte à côte avec le Seigneur.
Nos pas se dessinaient sur le sable,
laissant une double empreinte
la mienne et celle du Seigneur.
Je me suis arrêté pour regarder en arrière;
et en certains points
au lieu de deux empreintes,
il n’y en avait qu’une.
Les points d’empreintes uniques correspondaient
aux jours les plus sombres de mon existence :
jours d’angoisse, jours d’égoïsme ou de mauvaise humeur,
jours d’épreuves et de doute.
Alors, me retournant vers le Seigneur, je lui dis:
N’avais-tu pas promis d’être avec nous chaque jour?
Pourquoi m’as-tu laissé seul aux pires moments de ma vie,
aux jours où j’aurais eu tant besoin de toi?
Et le Seigneur m’a répondu :
Mon enfant,
Les jours où tu ne vois qu’une trace
sont les jours où je t’ai porté.

Ademar de Barros
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        <pubDate>Wed, 30 Mar 2022 12:04:54 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Robert Werner lit les poètes]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Édition 2022 du printemps des poètes ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Depuis 2011, Robert Werner, correspondant de l&#039;Académie des beaux-arts, partage chaque semaine un poème de son choix aux auditeurs de Canal Académies. Ces lectures composent une merveilleuse anthologie sonore. Il revient, à l&#039;occasion de l&#039;édition 2022 du printemps des poètes, sur son amour de la langue et de la poésie, et évoque également les bienfaits de la poésie, qui apaise et console les mœurs.
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Depuis 2011, Robert Werner, correspondant de l&#039;Académie des beaux-arts, partage chaque semaine un poème de son choix aux auditeurs de Canal Académies. Ces lectures composent une merveilleuse anthologie sonore. Il revient, à l&#039;occasion de l&#039;édition 2022 du printemps des poètes, sur son amour de la langue et de la poésie, et évoque également les bienfaits de la poésie, qui apaise et console les mœurs.
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        <pubDate>Thu, 24 Mar 2022 15:19:13 +0100</pubDate>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Le Mondain, Voltaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Regrettera qui veut le bon vieux temps,

Et l&#039;âge d&#039;or, et le règne d&#039;Astrée,

Et les beaux jours de Saturne et de Rhée,

Et le jardin de nos premiers parents ;

Moi je rends grâce à la nature sage

Qui, pour mon bien, m&#039;a fait naître en cet âge

Tant décrié par nos tristes frondeurs :

Ce temps profane est tout fait pour mes moeurs.

J&#039;aime le luxe, et même la mollesse,

Tous les plaisirs, les arts de toute espèce,

La propreté, le goût, les ornements :

Tout honnête homme a de tels sentiments.

Il est bien doux pour mon coeur très immonde

De voir ici l&#039;abondance à la ronde,

Mère des arts et des heureux travaux,

Nous apporter, de sa source féconde,

Et des besoins et des plaisirs nouveaux.

L&#039;or de la terre et les trésors de l&#039;onde,

Leurs habitants et les peuples de l&#039;air,

Tout sert au luxe, aux plaisirs de ce monde.

O le bon temps que ce siècle de fer !

Le superflu, chose très nécessaire,

A réuni l&#039;un et l&#039;autre hémisphère.

Voyez-vous pas ces agiles vaisseaux

Qui, du Texel, de Londres, de Bordeaux,

S&#039;en vont chercher, par un heureux échange,

De nouveaux biens, nés aux sources du Gange,

Tandis qu&#039;au loin, vainqueurs des musulmans,

Nos vins de France enivrent les sultans ?

Quand la nature était dans son enfance,

Nos bons aïeux vivaient dans l&#039;ignorance,

Ne connaissant ni le tien ni le mien.

Qu&#039;auraient-ils pu connaître ? ils n&#039;avaient rien.

Ils étaient nus: et c&#039;est chose très claire

Que qui n&#039;a rien n&#039;a nul partage à faire.

Sobres étaient. Ah! je le crois encor:

Martialo n&#039;est point du siècle d&#039;or.

D&#039;un bon vin frais ou la mousse ou la sève

Ne gratta point le triste gosier d&#039;Eve;

La soie et l&#039;or ne brillaient point chez eux.

Admirez-vous pour cela nos aïeux?

Il leur manquait l&#039;industrie et l&#039;aisance :

Est-ce vertu ? c&#039;était pure ignorance.

Quel idiot, s&#039;il avait eu pour lors

Quelque bon lit, aurait couché dehors ?

Mon cher Adam, mon gourmand, mon bon père,

Que faisais-tu dans les jardins d&#039;Eden ?

Travaillais-tu pour ce sot genre humain ?

Caressais-tu madame Eve ma mère ?

Avouez-moi que vous aviez tous deux

Les ongles longs, un peu noirs et crasseux,

La chevelure un peu mal ordonnée,

Le teint bruni, la peau bise et tannée.

Sans propreté l&#039;amour le plus heureux

N&#039;est plus amour, c&#039;est un besoin honteux.

Bientôt lassés de leur belle aventure,

Dessous un chêne ils soupent galamment

Avec de l&#039;eau, du millet, et du gland ;

Le repas fait, ils dorment sur la dure :

Voilà l&#039;état de la pure nature.

Or maintenant voulez-vous, mes amis,

Savoir un peu, dans nos jours tant maudits,

Soit à Paris, soit dans Londres, ou dans Rome,

Quel est le train des jours d&#039;un honnête homme ?

Entrez chez lui: la foule des beaux-arts,

Enfants du goût, se montre à vos regards.

De mille mains l&#039;éclatante industrie

De ces dehors orna la symétrie.

L&#039;heureux pinceau, le superbe dessin

Du doux Corrège et du savant Poussin

Sont encadrés dans l&#039;or d&#039;une bordure ;

C&#039;est Bouchardon qui fit cette figure,

Et cet argent fut poli par Germain.

Des Gobelins l&#039;aiguille et la teinture

Dans ces tapis surpassent la peinture.

Tous ces objets sont vingt fois répétés

Dans des trumeaux tout brillants de clartés.

De ce salon je vois par la fenêtre,

Dans des jardins, des myrtes en berceaux ;

Je vois jaillir les bondissantes eaux.

Mais du logis j&#039;entends sortir le maître :

Un char commode, avec grâces orné,

Par deux chevaux rapidement traîné,

Paraît aux yeux une maison roulante,

Moitié dorée, et moitié transparente :

Nonchalamment je l&#039;y vois promené ;

De deux ressorts la liante souplesse

Sur le pavé le porte avec mollesse

Il court au bain : les parfums les plus doux

Rendent sa peau plus fraîche et plus polie.

Le plaisir presse; il vole au rendez-vous

Chez Camargo, chez Gaussin, chez Julie ;

Il est comblé d&#039;amour et de faveurs.

Il faut se rendre à ce palais magique

Où les beaux vers, la danse, la musique,

L&#039;art de tromper les yeux par les couleurs,

L&#039;art plus heureux de séduire les coeurs,

De cent plaisirs font un plaisir unique.

Il va siffler quelque opéra nouveau,

Ou, malgré lui, court admirer Rameau.

Allons souper. Que ces brillants services,

Que ces ragoûts ont pour moi de délices !

Qu&#039;un cuisinier est un mortel divin !

Chloris, Églé, me versent de leur main

D&#039;un vin d&#039;Aï dont la mousse pressée,

De la bouteille avec force élancée,

Comme un éclair fait voler le bouchon ;

Il part, on rit; il frappe le plafond.

De ce vin frais l&#039;écume pétillante

De nos Français est l&#039;image brillante.

Le lendemain donne d&#039;autres désirs,

D&#039;autres soupers, et de nouveaux plaisirs.

Or maintenant, monsieur du Télémaque,

Vantez-nous bien votre petite Ithaque,

Votre Salente, et vos murs malheureux,

Où vos Crétois, tristement vertueux,

Pauvres d&#039;effet, et riches d&#039;abstinence,

Manquent de tout pour avoir l&#039;abondance :

J&#039;admire fort votre style flatteur,

Et votre prose, encor qu&#039;un peu traînante;

Mais, mon ami, je consens de grand coeur

D&#039;être fessé dans vos murs de Salente,

Si je vais là pour chercher mon bonheur.

Et vous, jardin de ce premier bonhomme,

Jardin fameux par le diable et la pomme,

C&#039;est bien en vain que, par l&#039;orgueil séduits, Huet, Calmet, dans leur savante audace,

Du paradis ont recherché la place :

Le paradis terrestre est où je suis.

 

Le Mondain, Voltaire, 1736
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Regrettera qui veut le bon vieux temps,

Et l&#039;âge d&#039;or, et le règne d&#039;Astrée,

Et les beaux jours de Saturne et de Rhée,

Et le jardin de nos premiers parents ;

Moi je rends grâce à la nature sage

Qui, pour mon bien, m&#039;a fait naître en cet âge

Tant décrié par nos tristes frondeurs :

Ce temps profane est tout fait pour mes moeurs.

J&#039;aime le luxe, et même la mollesse,

Tous les plaisirs, les arts de toute espèce,

La propreté, le goût, les ornements :

Tout honnête homme a de tels sentiments.

Il est bien doux pour mon coeur très immonde

De voir ici l&#039;abondance à la ronde,

Mère des arts et des heureux travaux,

Nous apporter, de sa source féconde,

Et des besoins et des plaisirs nouveaux.

L&#039;or de la terre et les trésors de l&#039;onde,

Leurs habitants et les peuples de l&#039;air,

Tout sert au luxe, aux plaisirs de ce monde.

O le bon temps que ce siècle de fer !

Le superflu, chose très nécessaire,

A réuni l&#039;un et l&#039;autre hémisphère.

Voyez-vous pas ces agiles vaisseaux

Qui, du Texel, de Londres, de Bordeaux,

S&#039;en vont chercher, par un heureux échange,

De nouveaux biens, nés aux sources du Gange,

Tandis qu&#039;au loin, vainqueurs des musulmans,

Nos vins de France enivrent les sultans ?

Quand la nature était dans son enfance,

Nos bons aïeux vivaient dans l&#039;ignorance,

Ne connaissant ni le tien ni le mien.

Qu&#039;auraient-ils pu connaître ? ils n&#039;avaient rien.

Ils étaient nus: et c&#039;est chose très claire

Que qui n&#039;a rien n&#039;a nul partage à faire.

Sobres étaient. Ah! je le crois encor:

Martialo n&#039;est point du siècle d&#039;or.

D&#039;un bon vin frais ou la mousse ou la sève

Ne gratta point le triste gosier d&#039;Eve;

La soie et l&#039;or ne brillaient point chez eux.

Admirez-vous pour cela nos aïeux?

Il leur manquait l&#039;industrie et l&#039;aisance :

Est-ce vertu ? c&#039;était pure ignorance.

Quel idiot, s&#039;il avait eu pour lors

Quelque bon lit, aurait couché dehors ?

Mon cher Adam, mon gourmand, mon bon père,

Que faisais-tu dans les jardins d&#039;Eden ?

Travaillais-tu pour ce sot genre humain ?

Caressais-tu madame Eve ma mère ?

Avouez-moi que vous aviez tous deux

Les ongles longs, un peu noirs et crasseux,

La chevelure un peu mal ordonnée,

Le teint bruni, la peau bise et tannée.

Sans propreté l&#039;amour le plus heureux

N&#039;est plus amour, c&#039;est un besoin honteux.

Bientôt lassés de leur belle aventure,

Dessous un chêne ils soupent galamment

Avec de l&#039;eau, du millet, et du gland ;

Le repas fait, ils dorment sur la dure :

Voilà l&#039;état de la pure nature.

Or maintenant voulez-vous, mes amis,

Savoir un peu, dans nos jours tant maudits,

Soit à Paris, soit dans Londres, ou dans Rome,

Quel est le train des jours d&#039;un honnête homme ?

Entrez chez lui: la foule des beaux-arts,

Enfants du goût, se montre à vos regards.

De mille mains l&#039;éclatante industrie

De ces dehors orna la symétrie.

L&#039;heureux pinceau, le superbe dessin

Du doux Corrège et du savant Poussin

Sont encadrés dans l&#039;or d&#039;une bordure ;

C&#039;est Bouchardon qui fit cette figure,

Et cet argent fut poli par Germain.

Des Gobelins l&#039;aiguille et la teinture

Dans ces tapis surpassent la peinture.

Tous ces objets sont vingt fois répétés

Dans des trumeaux tout brillants de clartés.

De ce salon je vois par la fenêtre,

Dans des jardins, des myrtes en berceaux ;

Je vois jaillir les bondissantes eaux.

Mais du logis j&#039;entends sortir le maître :

Un char commode, avec grâces orné,

Par deux chevaux rapidement traîné,

Paraît aux yeux une maison roulante,

Moitié dorée, et moitié transparente :

Nonchalamment je l&#039;y vois promené ;

De deux ressorts la liante souplesse

Sur le pavé le porte avec mollesse

Il court au bain : les parfums les plus doux

Rendent sa peau plus fraîche et plus polie.

Le plaisir presse; il vole au rendez-vous

Chez Camargo, chez Gaussin, chez Julie ;

Il est comblé d&#039;amour et de faveurs.

Il faut se rendre à ce palais magique

Où les beaux vers, la danse, la musique,

L&#039;art de tromper les yeux par les couleurs,

L&#039;art plus heureux de séduire les coeurs,

De cent plaisirs font un plaisir unique.

Il va siffler quelque opéra nouveau,

Ou, malgré lui, court admirer Rameau.

Allons souper. Que ces brillants services,

Que ces ragoûts ont pour moi de délices !

Qu&#039;un cuisinier est un mortel divin !

Chloris, Églé, me versent de leur main

D&#039;un vin d&#039;Aï dont la mousse pressée,

De la bouteille avec force élancée,

Comme un éclair fait voler le bouchon ;

Il part, on rit; il frappe le plafond.

De ce vin frais l&#039;écume pétillante

De nos Français est l&#039;image brillante.

Le lendemain donne d&#039;autres désirs,

D&#039;autres soupers, et de nouveaux plaisirs.

Or maintenant, monsieur du Télémaque,

Vantez-nous bien votre petite Ithaque,

Votre Salente, et vos murs malheureux,

Où vos Crétois, tristement vertueux,

Pauvres d&#039;effet, et riches d&#039;abstinence,

Manquent de tout pour avoir l&#039;abondance :

J&#039;admire fort votre style flatteur,

Et votre prose, encor qu&#039;un peu traînante;

Mais, mon ami, je consens de grand coeur

D&#039;être fessé dans vos murs de Salente,

Si je vais là pour chercher mon bonheur.

Et vous, jardin de ce premier bonhomme,

Jardin fameux par le diable et la pomme,

C&#039;est bien en vain que, par l&#039;orgueil séduits, Huet, Calmet, dans leur savante audace,

Du paradis ont recherché la place :

Le paradis terrestre est où je suis.

 

Le Mondain, Voltaire, 1736
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        <pubDate>Thu, 24 Mar 2022 12:44:27 +0100</pubDate>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Chanson d&#039;après-midi, Charles Baudelaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Quoique tes sourcils méchants
Te donnent un air étrange
Qui n&#039;est pas celui d&#039;un ange,
Sorcière aux yeux alléchants,

Je t&#039;adore, ô ma frivole,
Ma terrible passion !
Avec la dévotion
Du prêtre pour son idole.

Le désert et la forêt
Embaument tes tresses rudes,
Ta tête a les attitudes
De l&#039;énigme et du secret.

Sur ta chair le parfum rôde
Comme autour d&#039;un encensoir ;
Tu charmes comme le soir,
Nymphe ténébreuse et chaude.

Ah ! les philtres les plus forts
Ne valent pas ta paresse,
Et tu connais la caresse
Qui fait revivre les morts !

Tes hanches sont amoureuses
De ton dos et de tes seins,
Et tu ravis les coussins
Par tes poses langoureuses.

Quelquefois, pour apaiser
Ta rage mystérieuse,
Tu prodigues, sérieuse,
La morsure et le baiser ;

Tu me déchires, ma brune,
Avec un rire moqueur,
Et puis tu mets sur mon coeur
Ton oeil doux comme la lune.

Sous tes souliers de satin,
Sous tes charmants pieds de soie,
Moi, je mets ma grande joie,
Mon génie et mon destin,

Mon âme par toi guérie,
Par toi, lumière et couleur !
Explosion de chaleur
Dans ma noire Sibérie !

Chanson d&#039;après-midi, Charles Baudelaire

 
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Quoique tes sourcils méchants
Te donnent un air étrange
Qui n&#039;est pas celui d&#039;un ange,
Sorcière aux yeux alléchants,

Je t&#039;adore, ô ma frivole,
Ma terrible passion !
Avec la dévotion
Du prêtre pour son idole.

Le désert et la forêt
Embaument tes tresses rudes,
Ta tête a les attitudes
De l&#039;énigme et du secret.

Sur ta chair le parfum rôde
Comme autour d&#039;un encensoir ;
Tu charmes comme le soir,
Nymphe ténébreuse et chaude.

Ah ! les philtres les plus forts
Ne valent pas ta paresse,
Et tu connais la caresse
Qui fait revivre les morts !

Tes hanches sont amoureuses
De ton dos et de tes seins,
Et tu ravis les coussins
Par tes poses langoureuses.

Quelquefois, pour apaiser
Ta rage mystérieuse,
Tu prodigues, sérieuse,
La morsure et le baiser ;

Tu me déchires, ma brune,
Avec un rire moqueur,
Et puis tu mets sur mon coeur
Ton oeil doux comme la lune.

Sous tes souliers de satin,
Sous tes charmants pieds de soie,
Moi, je mets ma grande joie,
Mon génie et mon destin,

Mon âme par toi guérie,
Par toi, lumière et couleur !
Explosion de chaleur
Dans ma noire Sibérie !

Chanson d&#039;après-midi, Charles Baudelaire

 
]]></description>
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        <pubDate>Thu, 10 Mar 2022 18:03:30 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Allégeance, René Char]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n&#039;est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l&#039;aima?

Il cherche son pareil dans le voeu des regards. L&#039;espace qu&#039;il parcourt est ma fidélité. Il dessine l&#039;espoir et léger l&#039;éconduit. Il est prépondérant sans qu&#039;il y prenne part.

Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s&#039;inscrit son essor, ma liberté le creuse.

Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n&#039;est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l&#039;aima et l&#039;éclaire de loin pour qu&#039;il ne tombe pas?
 

Allégeance, René Char 
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n&#039;est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l&#039;aima?

Il cherche son pareil dans le voeu des regards. L&#039;espace qu&#039;il parcourt est ma fidélité. Il dessine l&#039;espoir et léger l&#039;éconduit. Il est prépondérant sans qu&#039;il y prenne part.

Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s&#039;inscrit son essor, ma liberté le creuse.

Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n&#039;est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l&#039;aima et l&#039;éclaire de loin pour qu&#039;il ne tombe pas?
 

Allégeance, René Char 
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        <pubDate>Thu, 03 Mar 2022 16:18:48 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Se voir le plus possible, Alfred de Musset]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Se voir le plus possible et s&#039;aimer seulement,
Sans ruse et sans détours, sans honte ni mensonge,
Sans qu&#039;un désir nous trompe, ou qu&#039;un remords nous ronge,
Vivre à deux et donner son coeur à tout moment ;

Respecter sa pensée aussi loin qu&#039;on y plonge,
Faire de son amour un jour au lieu d&#039;un songe,
Et dans cette clarté respirer librement
Ainsi respirait Laure et chantait son amant.

Vous dont chaque pas touche à la grâce suprême,
C&#039;est vous, la tête en fleurs, qu&#039;on croirait sans souci,
C&#039;est vous qui me disiez qu&#039;il faut aimer ainsi.

Et c&#039;est moi, vieil enfant du doute et du blasphème,
Qui vous écoute, et pense, et vous réponds ceci :
Oui, l&#039;on vit autrement, mais c&#039;est ainsi qu&#039;on aime.

 

Se voir le plus possible, Alfred de Musset 
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Se voir le plus possible et s&#039;aimer seulement,
Sans ruse et sans détours, sans honte ni mensonge,
Sans qu&#039;un désir nous trompe, ou qu&#039;un remords nous ronge,
Vivre à deux et donner son coeur à tout moment ;

Respecter sa pensée aussi loin qu&#039;on y plonge,
Faire de son amour un jour au lieu d&#039;un songe,
Et dans cette clarté respirer librement
Ainsi respirait Laure et chantait son amant.

Vous dont chaque pas touche à la grâce suprême,
C&#039;est vous, la tête en fleurs, qu&#039;on croirait sans souci,
C&#039;est vous qui me disiez qu&#039;il faut aimer ainsi.

Et c&#039;est moi, vieil enfant du doute et du blasphème,
Qui vous écoute, et pense, et vous réponds ceci :
Oui, l&#039;on vit autrement, mais c&#039;est ainsi qu&#039;on aime.

 

Se voir le plus possible, Alfred de Musset 
]]></description>
        <enclosure url="https://api.podcasts.institutdefrance.fr/sites/default/files/audios/voi824.mp3" length="3563358" type="audio/mpeg" />
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        <itunes:duration>00:01:50</itunes:duration>
        <pubDate>Wed, 23 Feb 2022 14:29:56 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Colloque sentimental, Paul Verlaine  ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Dans le vieux parc solitaire et glacé 
Deux formes ont tout à l&#039;heure passé. 
 
Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles, 
Et l&#039;on entend à peine leurs paroles. 
 
Dans le vieux parc solitaire et glacé 
Deux spectres ont évoqué le passé. 
 
Te souvient-il de notre extase ancienne? 
Pourquoi voulez-vous donc qu&#039;il m&#039;en souvienne? 
 
Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom? 
Toujours vois-tu mon âme en rêve? - Non. 
 
Ah ! les beaux jours de bonheur indicible 
Où nous joignions nos bouches ! - C&#039;est possible. 
 

Qu&#039;il était bleu, le ciel, et grand, l&#039;espoir ! 
L&#039;espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir. 
 
Tels ils marchaient dans les avoines folles, 
Et la nuit seule entendit leurs paroles. 

Colloque sentimental, Paul Verlaine 
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Dans le vieux parc solitaire et glacé 
Deux formes ont tout à l&#039;heure passé. 
 
Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles, 
Et l&#039;on entend à peine leurs paroles. 
 
Dans le vieux parc solitaire et glacé 
Deux spectres ont évoqué le passé. 
 
Te souvient-il de notre extase ancienne? 
Pourquoi voulez-vous donc qu&#039;il m&#039;en souvienne? 
 
Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom? 
Toujours vois-tu mon âme en rêve? - Non. 
 
Ah ! les beaux jours de bonheur indicible 
Où nous joignions nos bouches ! - C&#039;est possible. 
 

Qu&#039;il était bleu, le ciel, et grand, l&#039;espoir ! 
L&#039;espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir. 
 
Tels ils marchaient dans les avoines folles, 
Et la nuit seule entendit leurs paroles. 

Colloque sentimental, Paul Verlaine 
]]></description>
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        <itunes:duration>00:01:50</itunes:duration>
        <pubDate>Wed, 16 Feb 2022 12:51:31 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Pour Jeanne seule, Victor Hugo ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Je ne me mets pas en peine
Du clocher ni du beffroi ;
Je ne sais rien de la reine,
Et je ne sais rien du roi ;

J&#039;ignore, je le confesse,
Si le seigneur est hautain,
Si le curé dit la messe
En grec ou bien en latin ;

S&#039;il faut qu&#039;on pleure ou qu&#039;on danse,
Si les nids jasent entr&#039;eux ;
Mais sais-tu ce que je pense ?
C&#039;est que je suis amoureux.

Sais-tu, Jeanne, à quoi je rêve ?
C&#039;est au mouvement d&#039;oiseau
De ton pied blanc qui se lève
Quand tu passes le ruisseau.

Et sais-tu ce qui me gêne ?
C&#039;est qu&#039;à travers l&#039;horizon,
Jeanne, une invisible chaîne
Me tire vers ta maison.

Et sais-tu ce qui m&#039;ennuie ?
C&#039;est l&#039;air charmant et vainqueur,
Jeanne, dont tu fais la pluie
Et le beau temps dans mon coeur.

Et sais-tu ce qui m&#039;occupe,
Jeanne ? c&#039;est que j&#039;aime mieux
La moindre fleur de ta jupe
Que tous les astres des cieux.

Victor Hugo, Pour Jeanne Seule
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Je ne me mets pas en peine
Du clocher ni du beffroi ;
Je ne sais rien de la reine,
Et je ne sais rien du roi ;

J&#039;ignore, je le confesse,
Si le seigneur est hautain,
Si le curé dit la messe
En grec ou bien en latin ;

S&#039;il faut qu&#039;on pleure ou qu&#039;on danse,
Si les nids jasent entr&#039;eux ;
Mais sais-tu ce que je pense ?
C&#039;est que je suis amoureux.

Sais-tu, Jeanne, à quoi je rêve ?
C&#039;est au mouvement d&#039;oiseau
De ton pied blanc qui se lève
Quand tu passes le ruisseau.

Et sais-tu ce qui me gêne ?
C&#039;est qu&#039;à travers l&#039;horizon,
Jeanne, une invisible chaîne
Me tire vers ta maison.

Et sais-tu ce qui m&#039;ennuie ?
C&#039;est l&#039;air charmant et vainqueur,
Jeanne, dont tu fais la pluie
Et le beau temps dans mon coeur.

Et sais-tu ce qui m&#039;occupe,
Jeanne ? c&#039;est que j&#039;aime mieux
La moindre fleur de ta jupe
Que tous les astres des cieux.

Victor Hugo, Pour Jeanne Seule
]]></description>
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        <pubDate>Thu, 10 Feb 2022 12:26:15 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Réversibilité, Charles Baudelaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Ange plein de gaieté, connaissez-vous l&#039;angoisse,
La honte, les remords, les sanglots, les ennuis,
Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits
Qui compriment le coeur comme un papier qu&#039;on froisse ?
Ange plein de gaieté, connaissez-vous l&#039;angoisse ?

Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine,
Les poings crispés dans l&#039;ombre et les larmes de fiel,
Quand la Vengeance bat son infernal rappel,
Et de nos facultés se fait le capitaine ?
Ange plein de bonté connaissez-vous la haine ?

Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres,
Qui, le long des grands murs de l&#039;hospice blafard,
Comme des exilés, s&#039;en vont d&#039;un pied traînard,
Cherchant le soleil rare et remuant les lèvres ?
Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres ?

Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides,
Et la peur de vieillir, et ce hideux tourment
De lire la secrète horreur du dévouement
Dans des yeux où longtemps burent nos yeux avide !
Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides ?

Ange plein de bonheur, de joie et de lumières,
David mourant aurait demandé la santé
Aux émanations de ton corps enchanté ;
Mais de toi je n&#039;implore, ange, que tes prières,
Ange plein de bonheur, de joie et de lumières !
 

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Ange plein de gaieté, connaissez-vous l&#039;angoisse,
La honte, les remords, les sanglots, les ennuis,
Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits
Qui compriment le coeur comme un papier qu&#039;on froisse ?
Ange plein de gaieté, connaissez-vous l&#039;angoisse ?

Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine,
Les poings crispés dans l&#039;ombre et les larmes de fiel,
Quand la Vengeance bat son infernal rappel,
Et de nos facultés se fait le capitaine ?
Ange plein de bonté connaissez-vous la haine ?

Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres,
Qui, le long des grands murs de l&#039;hospice blafard,
Comme des exilés, s&#039;en vont d&#039;un pied traînard,
Cherchant le soleil rare et remuant les lèvres ?
Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres ?

Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides,
Et la peur de vieillir, et ce hideux tourment
De lire la secrète horreur du dévouement
Dans des yeux où longtemps burent nos yeux avide !
Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides ?

Ange plein de bonheur, de joie et de lumières,
David mourant aurait demandé la santé
Aux émanations de ton corps enchanté ;
Mais de toi je n&#039;implore, ange, que tes prières,
Ange plein de bonheur, de joie et de lumières !
 

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal
]]></description>
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        <pubDate>Wed, 02 Feb 2022 18:26:38 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[L’absence, Paul Éluard  ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Je te parle à travers les villes 
Je te parle à travers les plaines 
Ma bouche est sur ton oreiller 
Les deux faces des murs font face 
À ma voix qui te reconnaît 
Je te parle d&#039;éternité 
 
O villes souvenirs de villes 
Villes drapées dans nos désirs 
Villes précoces et tardives 
Villes fortes villes intimes 
Dépouillées de tous leurs maçons 
De leurs penseurs de leurs fantômes 
 
Campagne règle d&#039;émeraude 
Vive vivante survivante 
Le blé du ciel sur notre terre 
Nourrit ma voix je rêve et pleure 
Je ris et rêve entre les flammes 
Entre les grappes du soleil 
 
Et sur mon corps ton corps étend 
La nappe de son miroir clair. 

 

  L’absence, Paul Éluard, 1963 
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Je te parle à travers les villes 
Je te parle à travers les plaines 
Ma bouche est sur ton oreiller 
Les deux faces des murs font face 
À ma voix qui te reconnaît 
Je te parle d&#039;éternité 
 
O villes souvenirs de villes 
Villes drapées dans nos désirs 
Villes précoces et tardives 
Villes fortes villes intimes 
Dépouillées de tous leurs maçons 
De leurs penseurs de leurs fantômes 
 
Campagne règle d&#039;émeraude 
Vive vivante survivante 
Le blé du ciel sur notre terre 
Nourrit ma voix je rêve et pleure 
Je ris et rêve entre les flammes 
Entre les grappes du soleil 
 
Et sur mon corps ton corps étend 
La nappe de son miroir clair. 

 

  L’absence, Paul Éluard, 1963 
]]></description>
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        <pubDate>Tue, 25 Jan 2022 14:20:43 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Hie ! Arthur Cravan ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Quelle âme se disputera mon corps ?
J&#039;entends la musique :
Serai-je entraîné?
J&#039;aime tellement la danse
Et les folies physiques
Que je sens avec évidence
Que, si j&#039;avais été jeune fille,
J&#039;eusse mal tourné.
Mais, depuis que me voilà plongé
Dans la lecture de cet illustré.
Je jurerai n&#039;avoir vu de ma vie
D&#039;aussi féeriques photographies :
L&#039;océan paresseux berçant les cheminées,
Je vois dans le port, sur le pont des vapeurs.
Parmi des marchandises indéterminées.
Les matelots se mêler aux chauffeurs ;
Des corps polis comme des machines,
Mille objets de la Chine,
Les modes et les inventions ;
Puis, prêts à traverser la ville,
Dans la douceur des automobiles,
Les poètes et les boxeurs.
Ce soir, quelle est ma méprise,
Qu&#039;avec tant de tristesse,
Tout me semble beau ?
L&#039;argent qui est réel,
La paix, les vastes entreprises.
Les autobus et les tombeaux ;
Les champs, le sport, les maîtresses.
Jusqu&#039;à la vie inimitable des hôtels.
Je voudrais être à Vienne et à Calcutta,
Prendre tous les trains et tous les navires,
Forniquer toutes les femmes et bâfrer tous les plais.
Mondain, chimiste, putain, ivrogne, musicien, ouvrier,
peintre, acrobate, acteur;
Vieillard, enfant, escroc, voyou, ange, et noceur;
millionnaire, bourgeois, cactus, girafe ou corbeau;
Lâche, héros, nègre, singe, Don Juan, souteneur, lord,
paysan, chasseur, industriel.
Faune et flore :
Je suis toutes les choses, tous les hommes et tous les animaux !

 

Arthur Cravan, Hie !, 1913
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Quelle âme se disputera mon corps ?
J&#039;entends la musique :
Serai-je entraîné?
J&#039;aime tellement la danse
Et les folies physiques
Que je sens avec évidence
Que, si j&#039;avais été jeune fille,
J&#039;eusse mal tourné.
Mais, depuis que me voilà plongé
Dans la lecture de cet illustré.
Je jurerai n&#039;avoir vu de ma vie
D&#039;aussi féeriques photographies :
L&#039;océan paresseux berçant les cheminées,
Je vois dans le port, sur le pont des vapeurs.
Parmi des marchandises indéterminées.
Les matelots se mêler aux chauffeurs ;
Des corps polis comme des machines,
Mille objets de la Chine,
Les modes et les inventions ;
Puis, prêts à traverser la ville,
Dans la douceur des automobiles,
Les poètes et les boxeurs.
Ce soir, quelle est ma méprise,
Qu&#039;avec tant de tristesse,
Tout me semble beau ?
L&#039;argent qui est réel,
La paix, les vastes entreprises.
Les autobus et les tombeaux ;
Les champs, le sport, les maîtresses.
Jusqu&#039;à la vie inimitable des hôtels.
Je voudrais être à Vienne et à Calcutta,
Prendre tous les trains et tous les navires,
Forniquer toutes les femmes et bâfrer tous les plais.
Mondain, chimiste, putain, ivrogne, musicien, ouvrier,
peintre, acrobate, acteur;
Vieillard, enfant, escroc, voyou, ange, et noceur;
millionnaire, bourgeois, cactus, girafe ou corbeau;
Lâche, héros, nègre, singe, Don Juan, souteneur, lord,
paysan, chasseur, industriel.
Faune et flore :
Je suis toutes les choses, tous les hommes et tous les animaux !

 

Arthur Cravan, Hie !, 1913
]]></description>
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        <pubDate>Wed, 19 Jan 2022 18:12:58 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Le Pont Mirabeau, Guillaume Apollinaire ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913
]]></description>
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        <pubDate>Wed, 12 Jan 2022 11:23:01 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
        <itunes:explicit>No</itunes:explicit>
      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[J’ai dit à mon cœur, Alfred de Musset ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[J&#039;ai dit à mon cœur, à mon faible cœur : 
N&#039;est-ce point assez d&#039;aimer sa maîtresse ? 
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse, 
C&#039;est perdre en désirs le temps du bonheur ? 
 
Il m&#039;a répondu : Ce n&#039;est point assez, 
Ce n&#039;est point assez d&#039;aimer sa maîtresse ; 
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse 
Nous rend doux et chers les plaisirs passés ? 
 
J&#039;ai dit à mon cœur, à mon faible cœur : 
N&#039;est-ce point assez de tant de tristesse ? 
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse, 
C&#039;est à chaque pas trouver la douleur ? 
 
Il m&#039;a répondu : Ce n&#039;est point assez 
Ce n&#039;est point assez de tant de tristesse ; 
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse 
Nous rend doux et chers les chagrins passés ? 

 

Alfred de Musset, Premières poésies 
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[J&#039;ai dit à mon cœur, à mon faible cœur : 
N&#039;est-ce point assez d&#039;aimer sa maîtresse ? 
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse, 
C&#039;est perdre en désirs le temps du bonheur ? 
 
Il m&#039;a répondu : Ce n&#039;est point assez, 
Ce n&#039;est point assez d&#039;aimer sa maîtresse ; 
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse 
Nous rend doux et chers les plaisirs passés ? 
 
J&#039;ai dit à mon cœur, à mon faible cœur : 
N&#039;est-ce point assez de tant de tristesse ? 
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse, 
C&#039;est à chaque pas trouver la douleur ? 
 
Il m&#039;a répondu : Ce n&#039;est point assez 
Ce n&#039;est point assez de tant de tristesse ; 
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse 
Nous rend doux et chers les chagrins passés ? 

 

Alfred de Musset, Premières poésies 
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        <pubDate>Thu, 06 Jan 2022 10:09:40 +0100</pubDate>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Marie, Guillaume Apollinaire ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Vous y dansiez petite fille 
Y danserez-vous mère-grand 
C’est la maclotte qui sautille 
Toutes les cloches sonneront 

Quand donc reviendrez-vous Marie 

 

Les masques sont silencieux 
Et la musique est si lointaine 
Qu’elle semble venir des cieux 
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine 
Et mon mal est délicieux 

 

Les brebis s’en vont dans la neige 
Flocons de laine et ceux d’argent 
Des soldats passent et que n’ai-je 
Un cœur à moi ce cœur changeant 
Changeant et puis encor que sais-je 

 

Sais-je où s’en iront tes cheveux 
Crépus comme mer qui moutonne 
Sais-je où s’en iront tes cheveux 
Et tes mains feuilles de l’automne 
Que jonchent aussi nos aveux 

 

Je passais au bord de la Seine 
Un livre ancien sous le bras 
Le fleuve est pareil à ma peine 
Il s’écoule et ne tarit pas 
Quand donc finira la semaine 

 

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913 
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Vous y dansiez petite fille 
Y danserez-vous mère-grand 
C’est la maclotte qui sautille 
Toutes les cloches sonneront 

Quand donc reviendrez-vous Marie 

 

Les masques sont silencieux 
Et la musique est si lointaine 
Qu’elle semble venir des cieux 
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine 
Et mon mal est délicieux 

 

Les brebis s’en vont dans la neige 
Flocons de laine et ceux d’argent 
Des soldats passent et que n’ai-je 
Un cœur à moi ce cœur changeant 
Changeant et puis encor que sais-je 

 

Sais-je où s’en iront tes cheveux 
Crépus comme mer qui moutonne 
Sais-je où s’en iront tes cheveux 
Et tes mains feuilles de l’automne 
Que jonchent aussi nos aveux 

 

Je passais au bord de la Seine 
Un livre ancien sous le bras 
Le fleuve est pareil à ma peine 
Il s’écoule et ne tarit pas 
Quand donc finira la semaine 

 

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913 
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        <pubDate>Tue, 21 Dec 2021 14:11:13 +0100</pubDate>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans, Charles Baudelaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit quelques vers du « Spleen », de Charles Baudelaire.
]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Thu, 16 Dec 2021 15:34:33 +0100</pubDate>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Stances à Marquise, Pierre Corneille]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit « Stances à Marquise », de Pierre Corneille (1658).
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        <pubDate>Fri, 10 Dec 2021 16:57:04 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Chanson dada, Tristan Tzara]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit « Chanson dada », de Tristan Tzara (1896-1963)
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        <pubDate>Thu, 02 Dec 2021 14:10:37 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Il pleut, Francis Carco]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit « Il pleut », de Francis Carco (1860-1958).
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        <pubDate>Thu, 25 Nov 2021 11:25:35 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Cousinons la cousine, Marc Papillon]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit « Cousinons la cousine », de Marc Papillon de Lasphrise (1555-1599)
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        <pubDate>Wed, 17 Nov 2021 18:54:57 +0100</pubDate>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Cœur volé, Arthur Rimbaud]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit “Cœur volé” d’Arthur Rimbaud
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        <pubDate>Wed, 10 Nov 2021 11:42:17 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[Regarde, Tristan Derème]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit « Regarde » de Tristan Derème.]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit “Regarde” de Tristan Derème.

 

 

Regarde. La glycine a jauni sur la porte,
Et voici que l’automne aux tempes couronnées
De lierre caduc et de roses fanées
S’avance et d’un pied lourd foule les feuilles mortes.
Il marche et son manteau de pourpre au crépuscule
Se dénoue et se mêle aux nuances champêtres.

Leur destinée en est plus magnifique encore.
C’est un laurier fleuri d’étoiles qui décorent
Ceux dont l’aube ne fut qu’un prélude à la mort.
Je dirai pour l’instruction des biographes
Que ton corsage avait quarante-deux agrafes,
Que dans tes bras toute la nuit j’étais inclus,
Que c’était le bon temps, que je ne quittais plus
Ta chambre qu’embaumait un pot d’héliotrope.

Un jour, les écoliers penchés sur leurs pupitres
En écoutant vibrer les mouches sur les vitres
Trouveront-ils au fond de collèges moisis
Une page de moi dans leurs morceaux choisis.

Tristan Derème, La Verdure dorée

 

 
]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit “Regarde” de Tristan Derème.

 

 

Regarde. La glycine a jauni sur la porte,
Et voici que l’automne aux tempes couronnées
De lierre caduc et de roses fanées
S’avance et d’un pied lourd foule les feuilles mortes.
Il marche et son manteau de pourpre au crépuscule
Se dénoue et se mêle aux nuances champêtres.

Leur destinée en est plus magnifique encore.
C’est un laurier fleuri d’étoiles qui décorent
Ceux dont l’aube ne fut qu’un prélude à la mort.
Je dirai pour l’instruction des biographes
Que ton corsage avait quarante-deux agrafes,
Que dans tes bras toute la nuit j’étais inclus,
Que c’était le bon temps, que je ne quittais plus
Ta chambre qu’embaumait un pot d’héliotrope.

Un jour, les écoliers penchés sur leurs pupitres
En écoutant vibrer les mouches sur les vitres
Trouveront-ils au fond de collèges moisis
Une page de moi dans leurs morceaux choisis.

Tristan Derème, La Verdure dorée

 

 
]]></description>
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        <pubDate>Fri, 05 Nov 2021 13:43:51 +0100</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
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      </item>
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        <title><![CDATA[Aux Feuillantines, Victor Hugo ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Mes deux frères et moi, nous étions tout enfants.Notre mère disait : jouez, mais je défendsQu&#039;on marche dans les fleurs et qu&#039;on monte aux échelles.Abel était l&#039;aîné, j&#039;étais le plus petit.Nous mangions notre pain de si bon appétit,Que les femmes riaient quand nous passions près d&#039;elles.Nous montions pour jouer au grenier du couvent.Et là, tout en jouant, nous regardions souventSur le haut d&#039;une armoire un livre inaccessible.Nous grimpâmes un jour jusqu&#039;à ce livre noir ;Je ne sais pas comment nous fîmes pour l&#039;avoir,Mais je me souviens bien que c&#039;était une Bible.Ce vieux livre sentait une odeur d&#039;encensoir.Nous allâmes ravis dans un coin nous asseoir.Des estampes partout ! quel bonheur ! quel délire !Nous l&#039;ouvrîmes alors tout grand sur nos genoux,Et dès le premier mot il nous parut si douxQu&#039;oubliant de jouer, nous nous mîmes à lire.Nous lûmes tous les trois ainsi, tout le matin,Joseph, Ruth et Booz, le bon Samaritain,Et, toujours plus charmés, le soir nous le relûmes.Tels des enfants, s&#039;ils ont pris un oiseau des cieux,S&#039;appellent en riant et s&#039;étonnent, joyeux,De sentir dans leur main la douceur de ses plumes. Victor Hugo, Aux feuillantines]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Mes deux frères et moi, nous étions tout enfants.Notre mère disait : jouez, mais je défendsQu&#039;on marche dans les fleurs et qu&#039;on monte aux échelles.Abel était l&#039;aîné, j&#039;étais le plus petit.Nous mangions notre pain de si bon appétit,Que les femmes riaient quand nous passions près d&#039;elles.Nous montions pour jouer au grenier du couvent.Et là, tout en jouant, nous regardions souventSur le haut d&#039;une armoire un livre inaccessible.Nous grimpâmes un jour jusqu&#039;à ce livre noir ;Je ne sais pas comment nous fîmes pour l&#039;avoir,Mais je me souviens bien que c&#039;était une Bible.Ce vieux livre sentait une odeur d&#039;encensoir.Nous allâmes ravis dans un coin nous asseoir.Des estampes partout ! quel bonheur ! quel délire !Nous l&#039;ouvrîmes alors tout grand sur nos genoux,Et dès le premier mot il nous parut si douxQu&#039;oubliant de jouer, nous nous mîmes à lire.Nous lûmes tous les trois ainsi, tout le matin,Joseph, Ruth et Booz, le bon Samaritain,Et, toujours plus charmés, le soir nous le relûmes.Tels des enfants, s&#039;ils ont pris un oiseau des cieux,S&#039;appellent en riant et s&#039;étonnent, joyeux,De sentir dans leur main la douceur de ses plumes. Victor Hugo, Aux feuillantines]]></description>
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        <pubDate>Fri, 29 Oct 2021 12:31:45 +0200</pubDate>
        <itunes:keywords>académie, francophonie, lettres, histoire, sciences, arts, économie, académicien, actualités</itunes:keywords>
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        <title><![CDATA[Je ne voudrais pas crever, de Boris Vian ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit « Je ne voudrais pas crever » de Boris Vian.
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        <pubDate>Thu, 14 Oct 2021 15:48:55 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Le temps de vivre, Anna de Noailles]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
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        <pubDate>Fri, 01 Oct 2021 17:25:40 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Mes occupations, Henri Michaux]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
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        <pubDate>Fri, 24 Sep 2021 10:11:25 +0200</pubDate>
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          <item>
        <title><![CDATA[Complainte des crépuscules célibataires, Jules Laforgue]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit “Complainte des crépuscules célibataires” de Jules Laforgue, tiré du recueil Des fleurs de bonne volonté.
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        <pubDate>Thu, 16 Sep 2021 14:31:08 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Ma maison, André Frénaud ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit “Ma maison” d’André Frénaud, tiré du recueil &quot;Il n’y a pas de paradis&quot;.    ]]></itunes:subtitle>
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        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit “Ma maison” d’André Frénaud, tiré du recueil Il n’y a pas de paradis.
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        <pubDate>Thu, 09 Sep 2021 17:23:49 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[ J’ai tant rêvé de toi, de Robert Desnos ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit “J’ai tant rêvé de toi&quot;, de Robert Desnos. ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit “J’ai tant rêvé de toi&quot;, de Robert Desnos. 

 
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        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit “J’ai tant rêvé de toi&quot;, de Robert Desnos. 

 
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        <pubDate>Tue, 27 Jul 2021 18:30:09 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[L’isolement, Alphonse de Lamartine ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit L’isolement d’Alphonse de Lamartine.    ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit L’isolement d’Alphonse de Lamartine.
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        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit L’isolement d’Alphonse de Lamartine.
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        <pubDate>Fri, 23 Jul 2021 12:16:05 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Ave, de Catherine Pozzi ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit Ave de Catherine Pozzi (1882-1934), publié dans la revue Mesures. ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit Ave de Catherine Pozzi (1882-1934), publié dans la revue Mesures. 

 
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        <pubDate>Fri, 02 Jul 2021 10:00:00 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Les amis inconnus, Jules Supervielle ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts]]></itunes:subtitle>
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        <pubDate>Thu, 24 Jun 2021 16:28:13 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[ Si tu t’imagines , de Raymond Queneau ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit “Si tu t’imagines”, de Raymond Queneau.
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        <pubDate>Fri, 18 Jun 2021 14:39:30 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Je n’aime pas dormir, Jean Cocteau ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit “Je n’aime pas dormir”, de Jean Cocteau, tiré du recueil Plain-chant. 
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        <pubDate>Fri, 18 Jun 2021 14:32:40 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Innocentines de René de Obaldia ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner ]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit René de Obaldia, Innocentines. 
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        <pubDate>Fri, 11 Jun 2021 16:00:00 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Aragon ]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts,]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit Aragon, Est-ce ainsi que les hommes vivent ? 

 
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        <pubDate>Fri, 04 Jun 2021 11:36:36 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Mai, de Guillaume Apollinaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit Guillaume Apollinaire, Mai, extrait de Alcools, 1913.
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        <pubDate>Wed, 26 May 2021 11:59:43 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Ma bohème, d’Arthur Rimbaud]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
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        <itunes:summary><![CDATA[Pour aller plus loin : Sonnet à la Ducale, de Pierre Bénard.
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        <title><![CDATA[L’Adieu à la Meuse, de Charles Péguy]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
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        <pubDate>Fri, 16 Apr 2021 15:49:13 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[La chambre, de Paul Géraldy]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
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        <title><![CDATA[Déserts où j’ai vécu dans un calme si doux, de François Maynard]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
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        <title><![CDATA[Ta voix grave et basse, un poème de Paul Verlaine]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
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        <title><![CDATA[La semaine pâle, de Benjamin Péret]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
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        <title><![CDATA[Guillaume de Lorris]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
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        <title><![CDATA[Les Regrets, de Nicolas-Germain Léonard]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
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        <title><![CDATA[Mon rêve familier, de Paul Verlaine]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
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        <pubDate>Tue, 03 Nov 2020 18:32:42 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[« L’angoisse », de Paul Verlaine]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine « L’angoisse » de Paul Verlaine (1844-1896)), extraits de Poèmes saturniens (1866).]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine « L’angoisse » de Paul Verlaine (1844-1896)), extraits de Poèmes saturniens (1866).]]></description>
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        <pubDate>Tue, 20 Oct 2020 17:09:54 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Ballade des mauvaises personnes, de Charles Cros]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine « Ballade des mauvaises personnes » de  Charles Cros (1842-1888), extraits du recueil posthume Le collier de griffes (1908).]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine « Ballade des mauvaises personnes » de  Charles Cros (1842-1888), extraits du recueil posthume Le collier de griffes (1908).]]></description>
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        <pubDate>Tue, 13 Oct 2020 17:30:23 +0200</pubDate>
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      </item>
          <item>
        <title><![CDATA[« Automne » et « Automne malade », de Guillaume Apollinaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine « Automne » et « Automne malade » de Guillaume Apollinaire (1880-1918), extraits d’Alcools (1913).]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine « Automne » et « Automne malade » de Guillaume Apollinaire (1880-1918), extraits d’Alcools (1913).]]></description>
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        <pubDate>Tue, 06 Oct 2020 15:50:37 +0200</pubDate>
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          <item>
        <title><![CDATA[Ce masque, qui celait tantôt votre beauté, de Pierre Motin]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine « Ce masque, qui celait tantôt votre beauté » de Pierre Motin (1566-1612 ).]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine « Ce masque, qui celait tantôt votre beauté » de Pierre Motin (1566-1612 ).]]></description>
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        <pubDate>Tue, 29 Sep 2020 15:40:03 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Au bord du quai, un poème d’Emile Verhaeren]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Au bord du quai, un poème d’Emile Verhaeren (1855-1916) extrait de Les Visages de la vie (1899).]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Au bord du quai, un poème d’Emile Verhaeren (1855-1916) extrait de Les Visages de la vie (1899).]]></description>
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        <pubDate>Wed, 15 Apr 2020 16:22:18 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Quand tu me parles de gloire, un poème de Victor Hugo]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Quand tu me parles de gloire de Victor Hugo (1802-1885), extrait de Les rayons et les ombres (1840).]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Quand tu me parles de gloire de Victor Hugo (1802-1885), extrait de Les rayons et les ombres (1840).]]></description>
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        <pubDate>Wed, 08 Apr 2020 12:21:22 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Rêvé pour l’hiver, un poème d’Arthur Rimbaud]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Rêvé pour l’hiver, un poème d’Arthur Rimbaud (1854-1891) tiré de Poésies.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Rêvé pour l’hiver, un poème d’Arthur Rimbaud (1854-1891) tiré de Poésies.]]></description>
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        <pubDate>Tue, 31 Mar 2020 19:32:21 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Recueillement, un poème de Charles Baudelaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Recueillement, extrait des Fleurs du Mal (1861).]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Recueillement, extrait des Fleurs du Mal (1861).]]></description>
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        <pubDate>Tue, 24 Mar 2020 19:16:52 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Les mains d’Elsa, un poème de Louis Aragon]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Les mains d’Elsa, un poème de Louis Aragon (1897-1982) issu du recueil Le Fou d’Elsa (1963).]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Les mains d’Elsa, un poème de Louis Aragon (1897-1982) issu du recueil Le Fou d’Elsa (1963).]]></description>
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        <pubDate>Tue, 17 Mar 2020 16:55:20 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Bonjour mon cœur, un poème de Pierre de Ronsard]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Bonjour mon cœur, un poème de Pierre de Ronsard (1524-1585), Le Livre des Amours 1556 (1556).]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Bonjour mon cœur, un poème de Pierre de Ronsard (1524-1585), Le Livre des Amours 1556 (1556).]]></description>
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        <pubDate>Tue, 10 Mar 2020 12:29:26 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Bagages, un poème de Jean-Louis Chrétien]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Bagages, un poème de Jean-Louis Chrétien (1952-2019), issu du recueil Traversées de l’imminence (L’Herne, 1989).]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Bagages, un poème de Jean-Louis Chrétien (1952-2019), issu du recueil Traversées de l’imminence (L’Herne, 1989).]]></description>
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        <pubDate>Tue, 03 Mar 2020 11:39:42 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[La cousine, un poème de Gérard de Nerval]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
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        <pubDate>Tue, 25 Feb 2020 17:07:01 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Sonnet, un poème de Louise Labé]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
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        <pubDate>Tue, 18 Feb 2020 11:33:08 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Colchiques, un poème de Pierre de Guillaume Apollinaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
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        <pubDate>Tue, 11 Feb 2020 16:41:46 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Quand ces beaux yeux, un poème de Pierre de Ronsard]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
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        <pubDate>Wed, 05 Feb 2020 13:17:22 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Gaspard Hauser, un poème de Paul Verlaine]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Gaspard Hauser de Paul Verlaine (1844-1896).]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Tue, 28 Jan 2020 12:43:25 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Cors de chasse, de Guillaume Apollinaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
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        <pubDate>Mon, 20 Jan 2020 17:31:18 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Maintenant que la jeunesse, Louis Aragon]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
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        <pubDate>Mon, 13 Jan 2020 16:02:59 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[L’habitude, de Sully Prudhomme,]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
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        <pubDate>Mon, 06 Jan 2020 17:50:20 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Chanson de la plus haute tour, d’Arthur Rimbaud]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
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        <pubDate>Tue, 17 Dec 2019 16:32:10 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Chanson d’Alfred de Musset]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
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        <pubDate>Tue, 10 Dec 2019 15:27:03 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Épitaphe, de Gérard de Nerval]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Épitaphe, de Gérard de Nerval (1808 - 1855).]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Mon, 02 Dec 2019 15:31:31 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Chanson, de Philippe Desportes]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Chanson, de Philippe Desportes (1546-1606).]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Mon, 25 Nov 2019 11:46:50 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Rêvé pour l’hiver, d’Arthur Rimbaud]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
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        <pubDate>Tue, 19 Nov 2019 15:29:04 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Ils m’ont dit, d’André Spire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Ils m’ont dit, d’André Spire (1868-1966).]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Tue, 12 Nov 2019 11:19:37 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Ballade à la lune, un poème d’Alfred de Musset]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Ballade à la lune, poème d’Alfred de Musset (1810-1857), paru en décembre 1829 dans Les Contes d’Espagne et d’Italie.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Ballade à la lune, poème d’Alfred de Musset (1810-1857), paru en décembre 1829 dans Les Contes d’Espagne et d’Italie.]]></description>
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        <pubDate>Tue, 05 Nov 2019 14:20:39 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Le long du quai, de René-François Sully Prudhomme]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Le long du quai, de René-François Sully Prudhomme (1839-1907), élu membre de l’Académie française en 1881.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Le long du quai, de René-François Sully Prudhomme (1839-1907), élu membre de l’Académie française en 1881.]]></description>
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        <pubDate>Mon, 28 Oct 2019 17:01:11 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Rondeau, de Vincent Voiture]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Rondeau, de Vincent Voiture (1597-1648), élu en 1634 à l’Académie française.]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Mon, 21 Oct 2019 18:10:54 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[La solitude, de Marc-Antoine Girard, sieur de Saint-Amant]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
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        <pubDate>Mon, 14 Oct 2019 16:53:05 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[L’amour de l’amour, de Germain Nouveau]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
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        <pubDate>Mon, 30 Sep 2019 12:43:28 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Ballade des dames du temps jadis, de François Villon]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
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        <pubDate>Mon, 23 Sep 2019 18:04:49 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Je t’aime, de Paul Éluard]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
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        <pubDate>Mon, 16 Sep 2019 17:28:50 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Pour Jeanne seule, de Victor Hugo]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
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        <title><![CDATA[Prière de femme, de Marceline Desbordes-Valmore]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
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        <pubDate>Tue, 03 Sep 2019 17:20:57 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Stances amoureuses, de Marguerite de Navarre]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
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        <title><![CDATA[Seulette suis…, de Christine de Pisan]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Seulette suis, de Christine de Pisan (vers 1361-1430 ?).]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Seulette suis, de Christine de Pisan (vers 1361-1430 ?).]]></description>
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        <pubDate>Mon, 08 Jul 2019 17:07:17 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[« Douce dame que j’aime tant » de Guillaume de Machaut]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine « Douce dame que j’aime tant » de Guillaume de Machaut (vers 1300-1377)..]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Mon, 01 Jul 2019 11:42:44 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[La ballade des pendus, de François Villon]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine La ballade des pendus, de François Villon (1431-1463).]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Mon, 24 Jun 2019 15:55:29 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[À Mme Lullin, de Voltaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine À Mme Lullin, de Voltaire (1694-1778).]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Mon, 17 Jun 2019 13:40:30 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[À George Sand, d’Alfred de Musset]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine À Georges Sand, un poème d’Alfred de Musset (1810-1857), extrait de Poésies posthumes (1888).]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Fri, 07 Jun 2019 11:36:05 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Chanson, de Jean de Lingendes]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Chanson, un poème de Jean de Lingendes (vers 1580-vers 1615).]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Mon, 03 Jun 2019 18:01:47 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[De sa grande amie, rondeau de Clément Marot]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine De sa grande amie, un rondeau de Clément Marot (1497-1544).]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Mon, 27 May 2019 14:38:44 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[La Complainte de Rutebeuf]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine La Complainte de Rutebeuf (vers 1230-vers 1280).]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Mon, 20 May 2019 10:38:11 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Que vient-elle me dire… de Sainte-Beuve]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine « Que vient-elle me dire… », de Charles-Augustin Sainte-Beuve (1804-1869).]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine « Que vient-elle me dire… », de Charles-Augustin Sainte-Beuve (1804-1869).]]></description>
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        <pubDate>Mon, 13 May 2019 17:14:47 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Les yeux seigneuriaux, de Guy Lévis Mano]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner 	]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Les yeux seigneuriaux, poème de Guy Lévis Mano (1904-1980), issu du recueil Loger la Source (Gallimard, 1971).]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Les yeux seigneuriaux, poème de Guy Lévis Mano (1904-1980), issu du recueil Loger la Source (Gallimard, 1971).]]></description>
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        <pubDate>Tue, 23 Apr 2019 10:29:36 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Première soirée, d’Arthur Rimbaud]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner 	]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Première soirée, d’Arthur Rimbaud (1854-1891), extrait des Cahiers de Douai (1870).]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Première soirée, d’Arthur Rimbaud (1854-1891), extrait des Cahiers de Douai (1870).]]></description>
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        <pubDate>Mon, 15 Apr 2019 10:28:05 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Floraison successive, un poème de René Char]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
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        <title><![CDATA[Sonnet astronomique, de Charles Cros]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Sonnet astronomique, de Charles Cros (1842-1888), tiré du recueil Le coffret de santal (1873).]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Sonnet astronomique, de Charles Cros (1842-1888), tiré du recueil Le coffret de santal (1873).]]></description>
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        <pubDate>Mon, 08 Apr 2019 11:32:52 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Stances à Thirsis, d’Honorat de Bueil de Racan]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Stances à Thirsis, d’Honorat de Bueil de Racan (1589-1670).]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Mon, 01 Apr 2019 12:37:42 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Que j’aime ces forêts…, de François Maynard]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine « Que j’aime ces forêts ! », de François Maynard (1582-1646).]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Thu, 21 Mar 2019 17:18:25 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Et la mer et l’amour ont l’amer pour partage,  de Pierre de Marbeuf]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner​]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine « Et la mer et l’amour ont l’amer pour partage », poème de Pierre de Marbeuf (1596-1645).]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Mon, 18 Mar 2019 15:34:06 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Heureux qui comme Ulysse, de Joachim Du Bellay]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine « Heureux qui comme Ulysse » de Joachim Du Bellay (1522-1560), extrait de Regrets.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine « Heureux qui comme Ulysse » de Joachim Du Bellay (1522-1560), extrait de Regrets.]]></description>
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        <pubDate>Mon, 11 Mar 2019 14:49:13 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Le plus beau vers de la langue française de René de Obaldia]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine le plus beau vers de la langue française de René de Obaldia, élu à l’Académie française le 24 juin 1999.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine le plus beau vers de la langue française de René de Obaldia, élu à l’Académie française le 24 juin 1999.]]></description>
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        <pubDate>Mon, 04 Mar 2019 18:25:39 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Les animaux qui demandent des fables de Jean de La Fontaine]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Les animaux qui demandent des fables, de Jean de La Fontaine (1621-1695).]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Mon, 25 Feb 2019 14:46:25 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Couvre-feu de Paul Éluard]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner lit Couvre-feu, de Paul Eluard (1895-1952), extrait du recueil Poésie et vérité.
]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Mon, 18 Feb 2019 10:55:48 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Plus ne suis ce que j’ai été, de Clément Marot]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semainePlus ne suis ce que j’ai été , un poème de Clément Marot (1496-1544)]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Mon, 11 Feb 2019 15:29:19 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Rondeau, un poème de Charles d’Orléans]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Rondeau, un poème de Charles d’Orléans (1394-1465).]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Mon, 04 Feb 2019 14:05:15 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[La Grieche d’hiver, un poème de Rutebeuf]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine La Grieche d’hiver, un poème de Rutebeuf (1230-1285).]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Fri, 25 Jan 2019 17:41:30 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[L’hiver qui vient, un poème de Jules Laforgue]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine L’hiver qui vient, un poème de Jules Laforgue (1860-1887) issu de son recueil posthume Derniers vers.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine L’hiver qui vient, un poème de Jules Laforgue (1860-1887) issu de son recueil posthume Derniers vers.]]></description>
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        <pubDate>Fri, 18 Jan 2019 11:17:14 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Complainte amoureuse, un poème d’Alphonse Allais]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Complainte amoureuse, d’Alphonse Allais (1854-1905).]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Wed, 09 Jan 2019 15:04:52 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[« Mes occupations » et « Qui je fus », deux poèmes d’Henri Michaux]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Mes occupations et Qui je fus, d’Henri Michaux (1899-1984).]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Thu, 20 Dec 2018 11:28:07 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Dis-moi, ma simple et ma tranquille amie, un poème d’Émile Verhaeren]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Dis-moi, ma simple et ma tranquille amie, un poème d’Émile Verhaeren (1855-1916).]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Thu, 13 Dec 2018 12:17:59 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[La vieille demoiselle, un poème d’Émile Verhaeren]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine La fille au bandeau noir, un poème du poète Émile Verhaeren (1855-1916).]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Wed, 05 Dec 2018 11:43:34 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Le Nom, un poème d’Henry Bataille]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Le Nom, un poème du poète et dramaturge Henry Bataille (1872-1922).]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Wed, 28 Nov 2018 14:23:27 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Je t’écris ô mon Lou, un poème de Guillaume Apollinaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Je t’écris ô mon Lou, poème de Guillaume Apollinaire (1880-1918), issu des Poèmes à Lou, écrits en 1914.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Je t’écris ô mon Lou, poème de Guillaume Apollinaire (1880-1918), issu des Poèmes à Lou, écrits en 1914.]]></description>
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        <pubDate>Wed, 21 Nov 2018 16:30:08 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Une soirée perdue, un poème d’Alfred de Musset]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Une soirée perdue, poème d’Alfred de Musset (1810-1857), extrait du recueil Poésies nouvelles, publié en 1850.]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Wed, 14 Nov 2018 13:07:15 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Jamais adieu de Marceline Desbordes-Valmore]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Jamais adieu, de Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859).]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Wed, 31 Oct 2018 10:56:47 +0100</pubDate>
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        <title><![CDATA[Portrait légèrement déhanché de Pierre Seghers]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
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        <pubDate>Wed, 24 Oct 2018 11:20:21 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[La grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf de Jean de La Fontaine]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
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        <pubDate>Wed, 17 Oct 2018 11:46:39 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Elsa au miroir de Louis Aragon]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
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        <pubDate>Tue, 09 Oct 2018 17:45:12 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[La cousine de Gérard de Nerval]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine La cousine, de Gérard de Nerval (1808 - 1855).]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine La cousine, de Gérard de Nerval (1808 - 1855).]]></description>
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        <pubDate>Tue, 02 Oct 2018 16:06:55 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[L’homme et la mer de Charles Baudelaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine L’homme et la mer, de Charles Baudelaire (1821 - 1867) extrait des Fleurs du Mal (1868).]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine L’homme et la mer, de Charles Baudelaire (1821 - 1867) extrait des Fleurs du Mal (1868).]]></description>
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        <pubDate>Wed, 26 Sep 2018 11:58:04 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Chanson de Fortunio..., un poème d’Alfred de Musset]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine la 
Chanson de Fortunio, un poème d’Alfred de Musset (1810-1857) issu du recueil Poésies nouvelles.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine la 
Chanson de Fortunio, un poème d’Alfred de Musset (1810-1857) issu du recueil Poésies nouvelles.]]></description>
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        <pubDate>Wed, 12 Sep 2018 10:42:46 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Jeanne était au pain sec..., un poème de Victor Hugo]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Jeanne était au pain sec..., poème de Victor Hugo (1802-1885) issu du célèbre recueil L’Art d’être grand-père.]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Jeanne était au pain sec..., poème de Victor Hugo (1802-1885) issu du célèbre recueil L’Art d’être grand-père.]]></description>
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        <pubDate>Wed, 05 Sep 2018 11:10:44 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Que la fin nous illumine, un poème de Philippe Jaccottet]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Que la fin nous illumine, un poème de Philippe Jaccottet.]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Wed, 18 Jul 2018 11:17:23 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Nuit rhénane, un poème de Guillaume Apollinaire]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner 	]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Nuit rhénane, un poème de Guillaume Apollinaire (1880-1918), tiré d’Alcools.]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Wed, 11 Jul 2018 10:24:39 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Tsigane, un poème de Charles Cros]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Tisgane, un poème de Charles Cros (1842-1888).]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Thu, 05 Jul 2018 12:05:34 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[La Mort et le bûcheron, un poème de Jean de La Fontaine]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine La Mort et le bucheron de Jean de La Fontaine (1621-1695).]]></itunes:summary>
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        <pubDate>Wed, 27 Jun 2018 16:58:38 +0200</pubDate>
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        <title><![CDATA[Vers à mettre en chant, un poème de Nicolas Boileau,]]></title>
        <itunes:author>Institut de France</itunes:author>
        <itunes:subtitle><![CDATA[Lecture par Robert Werner]]></itunes:subtitle>
        <itunes:summary><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Vers à mettre en chant, un poème de Nicolas Boileau (1636-1711).]]></itunes:summary>
        <description><![CDATA[Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Vers à mettre en chant, un poème de Nicolas Boileau (1636-1711).]]></description>
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        <pubDate>Wed, 20 Jun 2018 09:45:02 +0200</pubDate>
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